Une histoire de familles-Joseph Toledano-Borgel

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BORGEL

Nom patronymique d'origine arabe, indicatif d'une particularite physique: l'uni-jambiste, textuellement l'homme du pied, equivalent du patronyme Abergel au Maroc et Bordjel en Algerie, porte par une illustre famille de Tunisie d'origine livoumaise. Autres formes: Bergel, Bordjel, Bourdjel. Au XXeme siecle nom peu repandu porte sous cette forme en Tunisie (Tunis, Sousse. Bizerte), en Algerie (Alger) et tres peu au Maroc (Tanger, Larache)

 

  1. NATHAN: Un des plus celebres rabbins de I'histoire du judaisme tunisien. Kabbaliste et decisionnaire, ne a Tunis au milieu du XVIIIeme siecle, il fut des disciples preferes de de rabbi Abraham Taieb. Intronise rabbin a 18 ans, il acceda au poste de Grand Rabbin de Tunisie a la mort de rabbi Messod Elfassi en 1774. A la fin de sa vie, il monta a Jerusalem ou il mourut en 1792 et fut enterre au Mont des Oliviers. Auteur d'un livre de commentaires tres connu des rabbins tunisiens: "Hok Natan" sur la massekha Kedachim du Talmdud de Babylone (Livoume, 1776). Il laissa deux enfants qui furent des rabbins celebres a Tunis, ainsi que leurs descendants de generation en generation.

 

  1. ELIAHOU HAY (1760-1838): Fils de rabbin Nathan. Il lui succeda a la tete du tribunal de Tunis. Auteur fecond, il publia en 1776 la premiere partie de son chef- d'oeuvre "Magudenot Natan", qu'il avait commence a ecrire a l'age de 12 ans, en meme temps que le livre de son pere "Hok Natan". Il ne devait publier le second tome qu'en 1785 grace a des dons du caid Moi'se Scemmana et du philanthrope Israel Bismuth. Il laissa cinq enfants: Nathan, Shelomo, Hahn, Yossef, Moche.

 

  1. NATHAN (1790-1874): Fils aine de rabbi Eliahou Hay. Grand rabbin de Tunise de 1866 a sa mort, il succeda a la tete du tribunal a rabbi Yeshoua Bessis. Il ne devait pas laisser de descendant.

 

  1. MOCHE: Fils de rabbi Eliahou Hay, il suivit la voie de son pere dans l'erudition. Grand negociant et philathrope, il aida a l’impression de nombreux ouvrages des rabbins tunisiens contemporains avant d’etre brutalement emporte a la fleur de l'age en 1850 dans 1'epidemie de cholera.

 

  1. YOSSEF: Fils de rabbi Eliahou Hay. Grace aux biens recus en heritage de son frere, il entretint a ses frais une grande Yechiva. Auteur du livre de commentaires, "Zeraa Yossef' (Livoume, 1859) et de "Vayikon Yossef', publie apres sa mort, a Livoume en 1862.

 

  1. ELIAHOU HAY: Fils de rabbi Moche. Grand rabbin et dernier Caid des Juifs de Tunisie, il succeda en 1885 a rabbi David Benattar. Il fut en 1878 parmi les signataires de 1'accord avec l'Alliance Israelite Universelle pour 1'ouverture de son reseau d'ecoles en Tunisie et en premier lieu a Tunis. Il nia l'autonomie de la communaute portugaise et tenta de rogner dans ses prerogatives en particulier dans la direction de la Caisse commune de bienfaisance imposee par les autorites en 1888, en les accusant de manquer de fidelite a la France et de garder leur fidelite a l'ltalie. Mais les autorites du Protectorat francais se prononcerent en faveur du statu-quo prevoyant la direction commune de la caisse par un comite mixte – six Twansa et 3 Grana ־ et la division des recettes 85 % pour les Twansa et 15% pour les Livoumais. A la suite de cette querelle les autorites francaises devaient, a la mort de rabbi Eliahou, en 1898, supprimer le poste de Caid (obligatoirement de la communaute des Twansa) n'ayant plus besoin de cet intermediaire dans leurs relations avec la communaute juive.

 

EMILE: Joumaliste et publiciste a Tunis Il dirigea en collaboration avec Victor Netaf et Jacques Abitbol "La Revue Israelite de Tunisie", revue mensuelle illustree de vulgarisation juive et de propagande sioniste qui parut a Tunis entre 1922 et 1924.

 

MOISE: Administrateur et homme-d'affaires. Apres une carriere dans la tresorerie Generate, il se convertit dans les asurances. Chef de la communaute de Tunis au cours des annees dramatiques de la guerre et du regime de Vichy. Par decret special du bey, il fut avec le docteur Nataf le seul juif tunisien exempte de application du Statut des Juifs, ecartant les Juifs de la vie publique et economique. le Resident General, ramiral Esteva, le nomma President de la commission Provisoire d'Administration de la communaute apres la dispersion en fin 1939 du Comite elu dit des Douze. Arrete par les S.S, avec un certain nombre d'autres personnalites de la communaute, le 23 Novembre 1942, il fut libere une semaine plus tard, sur l'intervention du Resident General, l'amiral Esteve et des notables de la communaute musulmane. Il fut alors requis de se presenter deux fois par jour a la Kommandantur pour y prendre les instructions concemant la population juive: requistions, travail force, amendes. Il tenta en vain d'obtenir l'intervention du Resident General pour moderer les exigences allemandes, mais ce dernier conseilla aux dirigeants de la communaute d'obeir aux occupants tout-puissants dans l'attente de jours meilleurs. Pendant les six mois de l'occupation allemande, il maintint le contact avec les chefs de la Guestapo dans l'espoir de reduire ainsi les souffrances de la communaute. Quand dans la premiere semaine de mai 1943 les Allies parvinrent aux abords de Tunis, les Allemands projeterent de l'arreter comme otage. Averti a temps par ses amis musulmans, ils lui proposerent de le cacher dans la medina, mais il n'eut ni le temps ni le besoin de le faire tant fut rapide la retraite des troupes allemandes poursuivies par les Anglais et les forces de la France Libre. Sa gestion pendant l'occupation allemande suscita de nombreuses critiques comme ecrit Paul Sebag: "On s'est demande si le Comite d'Adminsitration n'a pas joue un role analogue a celui des conseils juifs ou "judenrat", institues dans tous les pays occupes par les Allemands ou ils ont force des Juifs a executer des mesures contre des Juifs”. Pour lui, les dirigeants juifs n'avaient pas d'autre choix et au total son action a abouti a alleger les epreuves de la communaute, car s'il avait refuse de collaborer, les Allemands laisses a eux- memes se seraient conduits avec encore plus de brutalite. Pour justifier son action aux yeux de lliistoire, son fils, Robert, publia ses memoires sous le titre "Etoile jaune et Croix Gamrnee" (Tunis, 1944), en reponse au livre de Paul Ghez "Six mois sous la botte" (Tunis, 1943).

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