ארכיון יומי: 7 באוגוסט 2012


Juifs au Maroc et leurs Mellahs

II

Les Juifs de la vieille cité de Fès s'installèrent en l'année 1438 à Fès al-Jadid, au Mellah. L'essentiel a déjà été dit sur le sens et l'étymologie du mot MELLAH, appelation purement marocaineet il faut se résoudre à admettre, une fois pour toutes, qu'il s'agit tout simplement d'un toponyme. 

. La date de la création du ghetto de Fès est donnée par ces deux chroniques du XIXe siècle d'après un très vieux document (début XVIe siècle?) dont il existe une copie comprise dans la Chronique de Fès, Ms. de l'Institut Ben-Zvi. Le motif de l'expulsion des Juifs de la médina de Fès et leur ségrégation est, d'après les sources juives, quelque peu ima- ginatif: on aurait accusé les Juifs d'avoir rempli de vin les réservoirs des lampes de la mosquée (des Kairouanais?). —

. Sur les marchands juifs hispano- africains au Maroc et particulièrement à Fès, cf. Dufourcq, passim. L'hy­pothèse relative au lieu de résidence de toutes ces personnalités n'est, à ma connaissance, confirmée d'une manière précise par aucun texte ni document.

 Cependant je la tiens pour très plausible car je pense qu'elle explique le choix de l’emplacement, dans Fès al-Jadid, du premier Ghetto marocain situé, comme on le sait, tout près du palais royal. On verra qu'à Marrakech, redevenue capitale sous les Saddiens, au XVIe siècle, il en sera de même.

Mellah était le nom d'un territoire::: sur lequel une partie de Fès al-Jadid a été édifiée. Ce quartier foi appelé Himç (Hom — ville de Syrie, Emèse — Séville) lorsque des archers syriens ou andalous y furent cantonnés.

 Quand les Juifs s'y installèrent, l’emplacement reprit son nom Mellah qui ne fut probablement utilisé d'abord que de temps en temps et dans le langage populaire. En relatant l'assassinat du sultan Abd al-Hakk, de son vizir juif Haroun ben Battas, le massacre des Juifs de Fès et le pillage du Mellah qui s'ensuivit en 1465, les auteurs arabes ne se servent pas du mot Mellah.

Le premier d'entre eux, Abd al-Basit ibn Khalil, qui se trouvait à Tlemcen au moment où ces graves événements se dé­roulaient à Fès, désigne le quartier juif de cette ville par "Hara't al- Yahoud" (quartier des Juifs), de même que le Marocain Ibn al- Kadi (1553-1616) qui puise pourtant ses informations dans  des sources locales de l'époque.

 C'est "Hara't al-Yahoud" qui est employé auss. par Ibn al-Kadiri (1712-1773). Il est vrai qu'il résume, en cette cir­constance, Ibn al-Kadi qui, par ailleurs, est reproduit dans les mêmes termes par l'historien marocain du dernier siècle, an-Nasiri as-Salou:

 Pourtant, ce dernier en racontant, toujours d'après des sources an­ciennes la fuite des Musulmans de Ceuta attaquée par les Chrétien; et leur arrivée à Fès en 1416, dit que le sultan les plaça dans le "Mellah des Musulmans", terme employé visiblement après 1428 pour désigner une partie de l’emplacement dit Mellah non attribué aux Juifs

Ce qui semble être le texte hébraïque le plus ancien qui relate clairement les événements de Fès en 1465 ne mentionne pas le nom Mellah. Il s'agit d'un document recopié textuellement par R. Moïse Gabizon de Tétuan en 1689; cf. photo-copie N° 2651 de l'Institut Ben-Zvi. Ce document avait été transcrit à peu près mot pour mot par R. Joseph Benaïm dans son Malkhé Rabbanan, 1931, art. Moché Gabizon.

Comme le professeur Hirschberg l'a déjà fait remarquer, c'est dans une lettre en judéo-arabe datée de 1541 que pour la première fois le quartier juif de Fès est appelé Mellah. Ensuite, on retrouve ce terme avec son caractère juif dans un texte hébraïque daté de 1552.

 Dans les actes rabbiniques, les Takanot de Fès, le nom n'apparaît que rarement et seulement à partir de 1590 . II semble ainsi que des Juifs de langue arabe se soient les premiers servis du nom Mellah pour désigner les autres quartiers juifs du Maroc.

 Déjà en 1541, alors que le seul Ghetto marocain est celui de Fès, l'auteur de la lettre dont nous avons déjà parlée, appelait Mellah tous les quartiers juifs, en dehors même du Maroc et de l'Afrique du Nord.

 Les Musulmans, à leur tour, utilisèrent ce mot et dans le même sens, mais après les Juifs. Une lettre écrite en arabe par deux scribes musulmans et dont un extrait est publié en caractères hébraïques dans une "Question" posée aux Rabbins-juges de Fès en 1721, désigne le quartier juif de Sefrou par Mellah.

Jusqu'au début du XIXe siècle, les Européens paraissent n'avoir pas connu le mot Mellah; en tous cas, ils ne l'ont pas utilisé. Il n'est jamais employé par les meilleurs connaisseurs du Maroc du XV״ siècle, Nicolas Clénard, Diégo de TorrèsLuis del Marmol Car- va jal, Jéronimo de Mendoça dont les ouvrages abondent pourtant en informations de toutes sortes sur les Juifs marocains. 

Le terme Mellah n'existe pas non plus dans les précieux documents des archives européennes publiés dans les vingt-sept gros volumes des Sources Inédites de l'Histoire du Maroc, ni chez aucun des nombreux voya­geurs chrétiens des XVII et XVIII siècles qui se sont tous intéressés aux Juifs pendant leurs séjours au Maroc

Pour désigner les Ghettos de Fcs, Marrakech et Meknès, comme pour parler des quartiers où les Juifs, mais non la totalité, se groupaient dans d'autres villes jusqu'au début du XIX״ siècle, les Portugais écrivaient "Judaeria" et les Espagnols "Juderia". 

 Ce dernier mot a longtemps prévalu et cela à tel point que les Anglais écrivaient "Judaria" et les Français "Juderie". C'est assez tard que les Anglais, qui ont parlé du Maroc, ont employé le mot "Jewdery", puis "Jewrie" ou "Jury" et les Français "Juifverie", puis enfin "Juiverie". 

 Le premier Européen qui, à notre connaissance, s'est servi du mot "El-Millah" est Jackson qui a écrit son ouvrage sur le Maroc en 1809.

Histoire des juifs de Safi

On installait sur les côtes des gardiens qui, dès qu'ils apercevaient une barque sur la mer, allumaient leurs flambeaux au-dessus des phares, annonçant une attaque et s'y préparant. Avec ces torches, ils guidaient également les embarcations, de nuit, vers le port et le salut. 

La disposition des feux et des phares était un fait historique sur ce littoral et l'une des caractéris­tiques de la ville de Safi. Ce qui justifie l'attribution du mot « assafou » et de ses dérivés à la ville et donne une crédibilité et une justification scientifique à cette version.

2.- De même, en ce qui concerne le mot « assif» et ses dérivés : il se justifie par la construction de cette ville en aval du cours de Oued Chaâba, venant de l'est, en un lieu proche de son embouchure pour ne pas dire dans son embouchure même.

Cette « rivière » par ses crues inattendues qui emportaient tout sur leur passage est restée, à travers les âges, objet de terreur et d'inquiétude pour les habitants.      

 Mohamed Majdoub, « Hasilat Ettaharryat al Atarya bi Mantaqat Abda al Koubra » (« Histoire de la Province de Safi, des temps anciens au temps moderne »), Cahiers des Doukkala-Abda, Premier cahier, Casablanca, 2000, p. 34.

    La raison de l'appellation de Djorf Elyahoudi vient du fait qu'un juif qui se promenait en cet endroit est tombé du haut de la falaise et en est mort. Depuis, le site porte ce nom.

            Ahmed Mohamed Sbihi, « Bakourat ezzebda fi tarikh Asafi wa Abda », revu et présenté par Abderrahim EL Attaoui et Mohamed Drif, Imprimerie Al Anbaa, Rabat, 1994, p. 33.

S'il est difficile de considérer les crues des siècles passés, nous en connaissons les catastrophes des trois derniers, qui montrent combien elles étaient fortes dans l'histoire de la ville, et leur fréquence en tout temps.

Le fquih Al Kanouni a relaté plusieurs cas de ces cataclysmes durant les époques passées, dont nous aimerions citer quelques-uns, à titre d'exemples :

« Au cours d'une nuit du mois de Dhoul Hijja de l'an 1057 de l'hégire (correspondant à l'année 1647), après la dernière prière de îcha, une crue, entrant par Bab Chaâba, a inondé la ville, terrorisant la population. Des cris et des pleurs se sont élevés.

Les gens se mirent à déplacer leurs biens vers des lieux plus élevés. La crue s'est intensifiée, submergeant les maisons comme des vagues de l'océan. Elle détruisit la muraille du côté de la mer et dévasta les boutiques des petits commerçants, des marchands d'épices, des cordonniers, le pressoir, les minoteries, les maisons proches du souk, emportant tout sur son parcours.

 Elle creusa un ravin allant de Bab Chaâba à la mer. Ce ravin est resté jusqu'en 1060 de l'hégire (1650) ; les gens le traversaient sur un pont. »

« Au cours d'une nuit de Rabiî Ennabaoui de l'an 1205 de l'hégire (1791) à minuit, il y eut un vent très fort et une pluie abondante occasionnant une énorme inonda­tion de la ville, au moment où les habitants donnaient.

 Le courant fractura la porte de Bab Chaâba, détruisit des boutiques emportant leurs portes et abîmant les marchan­dises qu'elles contenaient… Il y eut plus de cent morts hommes et femmes. Les pertes matérielles furent très importantes. »

« En 1272 de l'hégire (1855), une pluie abondante tomba, provoquant l'inondation de la ville, dévastant les boutiques des potiers, des armuriers, des cordonniers et des épiciers, et détruisant la totalité des marchandises et des céréales, et abîmant tout, valeurs et meubles.

 L'eau de la pluie s'est ajoutée à l'eau de la mer, obligeant les gens à emprunter des barques pour traverser. Lorsque l'eau s'est arrêtée, elle a laissé dans le sol un ravin. Cette inondation est connue sous le nom de Àisout, du nom de la seule victime humaine, qui était un juif. »

« En 1346 de l'hégire (1927), un fort courant traver­sa la ville, venant par Bab Chaâba, emporta les portes des boutiques et envahit les maisons alentour, détruisant les marchandises et les meubles.

 Il pénétra dansla Grande Mosquée, dansla Medersalui faisant face et dansla Zaouia Naciria…Des gens étrangers à la ville moururent. La catastrophe fut terrible et la désolation totale. »

Devant ces témoignages, nous ne pouvons que confirmer que l'Oued Chaâba, par ses catastrophes récurrentes à travers les siècles, a toujours été la sour­ce de dangers, et par ses crues perfides et ses dégâts, est devenu, sans nul doute, l'objet des discussions de toute la population résidante et de passage, et parmi elle, les habitants originels, les amazigh qui utilisaient le mot « assif ».

 Que l'attribution de ce nom à la ville soit fondée ou non, il n'en demeure pas moins que le souvenir de « assif» et de ses malheurs a toujours été constamment présent dans la mémoire des habitants de Safi comme une réalité et une histoire.

Et pour ne pas nous éterniser davantage sur ce sujet, suivant notre approche de la version amazigh, nous essaierons d'expliciter la version hébraïque, d'analy­ser ses retombées historiques et sociales et de porter un jugement pour justifier son emploi ou le rejeter.

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הספר המרתק הזה מהווה סירת־הצלה ספרותית, המתחקה אחר שורשי האמונה והתרבות של יהודי צפון־אפריקה, ודולה מעולם זה, ההולך ונשכח, פניני־תרבות שערכי יהדות עמוקים שזורים בהם.

דעתי האישית, ספר מרתק עם הרבה הומור, ספר שתקראו אותו עוד ועוד…

אלי פילו

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