Histoire des juifs de Safi-B. Kredya

L'histoire des juifs de Safi (Maroc) est aussi ancienne que la ville elle-même. Malheureusement, peu d'écrits lui ont été consacrés. Brahim Kredya, historien amoureux passionné pour sa ville, tente de relancer la recherche dans ce domaine. Il ne cesse de piocher dans les rares manuscrits disponibles et incite les chercheurs à suivre son exemple.

Cette coexistence et ce travail commun des juifs et des musulmans ont tisse en ville et dans les campagnes des relations sociales interferentes et complexes qui les ont reuni en une societe d'interets unie et harmonieuse, malgre les differences de confessions et de traditions. Cette communion a revetu plusieurs aspects dont nous choisissons : 

La cohabitation des juifs et des musulmans ne s'est pas arretee au voisinage des logements, mais certaines maisons etaient occupees en commun par des families juives et musulmanes, sans aucune gene ni embarras, le patio etait habite en commun comme la terrasse, sans aucune sensibilite religieuse.

 Cette situation, en l'abbsence de mellah dans la ville, faisait que le juif de Safi vivait normalement, loin de toute aversion, rejet ou dissension, gardant sa personnalite et sa fierte parce que, comme tous les juifs du Maroc, il considerait la vie dans le mellah  comme une humiliation plus qu'une protection. 

Cette cohabitation et ces liens de voisinage et de vie ont cree des amities solides entre les deux communautes, consolidees par la frequentation et les relations, dans des visites reciproques et des entretiens en temps normal et pendant les fetes et les evenements (familiaux). Et de temps en temps, elles debouchaient sur des unions entre des juives et des musulmans parmi les descendants de families respectees et considerees.

Les juifs et les musulmans de Safi etaient tres ouverts dans leurs convictions religieuses, loin de tout chauvinisme ou sectarisme. Certains juifs apprenaient le Coran et assimilaient bon nombre des miracles de ses chapitres.

 Des discussions theologiques interessantes entre des – foukaha –  (juristes) musulmans et des rabbins juifs se tenaient dans la sereniteet creaient des liens intimes comme ceux qui liaient le rabbin Abraham Siboni avec de nombreux savants musulmans, comme le raconte Hai'm Zafrani dans une anecdote. D'autre part, d'autres recits nous indiquent que plusieurs des habitants musulmans de la ville connaissaient a fond le judai'sme et ses mysteres, ses commandements licites et interdits. La science de l'un des citoyens de Safi en matiere de judai'sme atteignait un point tel que, quand il se rendait a Tanger et se melait aux juifs, on le prenait pour l'un de leurs rabbins. II vecut ainsi longtemps au milieu d'eux avant qu'ils ne se rendissent compte de la realite.

Jusqu'a ces derniers temps, l'administration locale ne permettait guere le libertinage dans les confessions juive ou musulmane.

Un vieillard qui etait mokaddem -chef de quartier  raconte que quand un juif blasphemait au sujet de l'islam, il recevait cent coups de baton sur la plante des pieds et il etait condamne a circuler dans les rues de la ville,criant

Je demande pardon a Dieu, j'ai insulte la foi d'un musulman, puis il était jete en prison pour une annee entiere.

La meme procedure s'appliquait a tout musulman insultant un juif dans sa foi.

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