Histoire des juifs de Safi-B. Kredya

SAFI 2PAGES DE L'HISTOIRE DES JUIFS DE SAFI 

L'histoire des juifs de Safi (Maroc) est aussi ancienne que la ville elle-même. Malheureusement, peu d'écrits lui ont été consacrés. Brahim Kredya, historien amoureux passionné pour sa ville, tente de relancer la recherche dans ce domaine. Il ne cesse de piocher dans les rares manuscrits disponibles et incite les chercheurs à suivre son exemple.

Le ministre plenipotentiaire espagnol au Maroc, le seigneur Francisco Merry y Colom se saisit de l'affaire et sans meme diligenter d'enquete prealable, se mit a traiter le Maroc avec impertinence et a vociferer des protestations avec une « grossierete et une rudesse peu communes ». II considera cet evenement comme une humiliation pour l'honneur de son pays, une atteinte a sa dignite et a son pouvoir au Maroc, et il demanda avec insistance et insolence de punir les criminels. Afin d'eviter !'aggravation de ce dossier et de prevenir une nouvelle crise avec l'Espagne, le gouvernement marocain ordonna aux autorites de Safi d'ouvrir avec empressement une enquete. Cela aboutit a l'arrestation du juif Youssef Ben Yahouda apres qu'on eut trouve en sa possession la montre du defunt. II avoua, sous la torture, etre le meurtrier. C'etait un adolescent qui n'avait pas quatorze ans. II revela en outre !'existence de trois complices dans ce crime, tous juifs: il s'agissait de Shalom Al Kai'm, Yacoub Ben Harroch et Elias Ben Allouz. Sous les souffrances des tortures, ces derniers incriminerent d'autres juifs.

Le nombre des inculpes dans le meurtre de l'espagnol Mantilla s'eleva a douze juifs dont deux femmes qui n'echapperent pas non plus a la flagellation. Pendant la poursuite de l'enquete, le ministre plenipotentiaire espagnol intervint avec condescendance demandant au gouvernement central de s'engager a ce qu'il lui dicterait, affirmant: « Si les meurtriers sont deux, l'un doit etre mis a mort a Safi et le deuxieme a Tanger; s'ils sont quatre, deux seront executes a Safi et deux a Tanger. » Cela se passait alors que le jugement des accuses posait un probleme juridique complexe : Youssef Ben Yahouda etait protege espagnol et il ne pouvait etre juge sans l'autorisation du pays protecteur; quant a Elias Ben Allouz, de nationality turque, il devait etre juge par l'Angleterre, chargee des interets ottomans au Maroc. Mais ce probleme fut resolu aisement, contrairement a ce que pensait et craignait le pouvoir central. L'ambassadeur espagnol demanda L'application de la loi marocaine dans cette affaire.

II demit le premier inculpe de la protection de son pays et le consul anglais a Safi abandonna le juif turc aux autorites judiciaires marocaines, disant « qu'il ne pouvait le soutenir dans un crime aussi grand mais qu'il devait etre juge par les tribunaux du Maroc ». Et il consigna cette decision par ecrit.

En meme temps que ces evenements se deroulaient, une autre empoignade avec 1'Espagne surgit, essayant d'etrangler davantage le pays dans 1'espoir d'obtenir plus de concessions et de privileges. Ce pays expedia deux navires de guerre pour exposer sa puissance devant le littoral de Safi et menaga de conquerir militairement le Rif si le Makhzen n'entreprenait pas de laver l'offense faite a son honneur. Le Maroc n'eut d'autre alternative que de hater le jugement dans cette affaire. La sentence fut la peine capitale pour les deux juifs, Youssef et Elias, apres que le sultan eut pris l'avis des « cadis  (juges) et des  oulemas » (savants theologiens) qui validerent ce jugement et deciderent qu'il fallait les mettre a mort. Et simultanement, fut prononce un arret condamnant deux autres juifs a la prison. L'un d'eux nia sa participation au crime et le second recusa son aveu disant « qu'il avait avoue sous la torture ». Deux « adouls » temoignerent de ce fait.

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