Brit-La vie Juive a Mogador

Plan de la ville

Le port est situé à la suite d'une double rangée de grands rochers qui constituaient une espèce de fortification naturelle. Entre les deux rangées de rochers, les pêcheurs dans leurs embarcations pouvaient naviguer el surveiller de loin les trois points cardinaux. C'est-à-dire Ouest, Nord el Est. I ,e port lui-même était surmonté d'un grand donjon. Cette construction se prolongeait par une grande jetée

La muraille fortifiée qui encerclait la ville était percée de deux portes dont l'une n'était pas fortifiée, car elle se trouvait face aux deux rangées de rochers dont nous avons parlé. Cette porte pouvait servir de porte de service à une tour large et spacieuse qui se trouvait à proximité, où une petite garnison pouvait loger

A une cinquantaine de mètres environ une autre tour se dressait, formant un coin enfoncé dans la ville qui était également le point de départ perpendiculaire vers le nord d'une muraille très fortifiée surmontée d'un chemin de ronde c!ui menait à une autre tour, où une nouvelle tourelle formai( un angle enfoncé dans la mer. Cette tourelle très haute à trois étages, avait aussi un accès a l'intérieur de la ville et était construite à même les rochers el la mer. A ce niveau se trouvait une rangée d'une vingtaine de logements ton( le long d'une allée pavée de pierres dures comme du granit, avec un grand portail, a droite

Appuyée à la muraille, s'ouvrait une grande porte blindée qui donnait accès au premier étage, formant lui aussi une grande allée pavée de grosses pierres, enduites d'une sorte de ciment brillant comme du silex. Cette allée était bordée du côté de la mer par les mêmes créneaux que sur le port où s'encastraient également des canons aux longs cours. Les plus vieux dataient de la Bataille de Marignan, car la date 1510 y était inscrite. Mais la plupart des autres canons ne dataient que du 18ème siècle. On dit que ces canons ont été offerts comme cadeaux au Sultan du Maroc par les derniers rois de France, et que ceux-ci se sont ainsi débarrassés de leurs plus vieux canons. Ils n'auraient donné que quelques-uns des derniers modèles de l'époque

L'allée basse, avait deux issues. L'une, l'entrée principale donnant sur la rue, l'autre, donnant accès à une cour formant le rez-de-chaussée central d'une grande bâtisse. Cette cour comprenait également plusieurs logements desservant des magasins et des bureaux, avec des portes secrètes allant au sous-sol, comme dans tous les châteaux forts, des oubliettes, des magasins d'armements etc. ainsi que des escaliers creusés dans l'épaisseur des murailles et donnant accès à l'étage supérieur que l'on pouvait atteindre également par une montée en pente douce, la Scala

Le premier étage était composé d'une grande esplanade formant l'angle de la bâtisse avec à gauche, une porte sur la grande allée (décrite plus haut) et à droite une autre allée plus petite, également garnie de canons dirigés vers l'horizon nord. D'ailleurs, toutes les tours de fortification en étaient flanquées… Le tout surmonté d'un donjon très haut (par rapport aux autres constructions de la ville) dominant l'horizon au nord, à l'ouest et au sud et d'où l'on surveillait toute la mer par des échauguettes

 La muraille continuait toujours dans la même direction : ouest, nord et est, toujours posée à même les rochers abrupts et déchiquetés, difficiles à escalader et qui formaient un rempart naturel imprenable muni du même chemin de ronde, jusqu'à une porte surmontée d'un petit donjon contenant deux logements exigus, pour les veilleurs

Cette porte s'ouvrait également sur un petit tertre dominant une crique que l'on atteignait par un petit escalier creusé à même le rocher. Poursuivant son chemin, la muraille continuait à s'enfoncer de plus en plus profondément dans la mer (la ville était construite sur une presqu'île.) Arrivait encore une grande bâtisse ayant presque la forme de la Scala, mais en plus petite. Et là, s'arrêtait le front de mer. Tout le long de cette façade, les remparts étaient blindés de plaques de fer. Cela n’empêchait pas la mer de s'engouffrer lorsque les éléments se déchaînaient dans les fondations des maisons des quartiers accolées à la muraille. Les crêtes des vagues qui venaient battre cette muraille étaient hautes de plus de vingt mètres, car, en cet endroit la muraille atteignait huit à dix mètres. Les maisons qui la surplombaient recevaient de temps en temps des paquets d'eau de mer sur les terrasses. Par temps modéré, certaines personnes debout sur la muraille péchaient à la ligne de grands et coriaces poissons. D'autres péchaient même, à partir .des fenêtres des maisons qui avaient vue sur la mer

Mogador  plan

Quand la mer se retirait, apparaissaient plusieurs petites plages protégées des vents qui soufflaient presque toute l'année. Ces plages étaient les lieux   d'ébats des enfants et même de grandes personnes, surtout de la population juive. (Je reviendrais sur cette distraction par la suite

Au niveau du premier étage de cette bâtisse, la muraille continuait jusqu'à la porte principale Bab Doukala formant encore une allée bordée du côté intérieur des garde-fous, et de l'autre côté de créneaux avec un chemin de ronde, garni de canons semblables aux autres situés sur la Scala. On descendait de cette nouvelleScala par une pente douce terminée par les bâtiments d'une petite garnison. L'entrée de la ville au-dessous de cette Scala formait une voûte ayant à gauche et à droite plusieurs pièces qui servaient de 

Siège du Caïd de cette porte avec le pouvoir de 

La fermer et de l'ouvrir à certaines heures selon ses instructions

La défendre en cas de guerre ou d'invasion par les tribus environnant la ville

Trancher les litiges commerciaux

Condamner les voleurs à la prison provisoire en cas de délits légers, voire leur appliquer la bastonnade

De prison provisoire

De bureaux des employés aux recettes de droits d'entrée etc

De logements pour la sentinelle et les veilleurs de nuit et les gardes de jour

Tout ceci dépendait du Grand Caïd, c'est à dire du Pacha gouverneur de la ville, qui était le maître absolu de la ville après le Sultan et Dieu. Depuis cette tour, la muraille continuait en direction de la Porte de Marrakech et de là jusqu'à la Porte de Bab Sbâa. Elle était flanquée de cinquante mètres en cinquante mètres de petites tours surmontées de petites tourelles. Ces deux portes quoique situées sur le front sud, n'étaient pas aussi bien fortifiées que les précédentes

Il est vrai que la ville était défendue par trois ou quatre contreforts, dont l'un sur le bord de la mer, défendait la ville du côté de la grande baie que formait la plage. L'autre, enfoui dans le sable, dont la construction semblait être plus récente, mais beaucoup plus luxueuse, était plutôt un palais qu'un contrefort

Au premier l'on donnait le nom de Bordj el Bermil, ce qui veut dire : le tonneau, car il avait la forme cylindrique de plusieurs tonneaux. De notre temps, il n'en restait que des moitiés de bloc arrondies par l'érosion. Le second, on l'appelait Dar Elsoultan (la maison du roi) ou Essaouira Elkdima, l'ancienne Mogador

Le troisième à droite de l'entrée de la ville, s'appelait Bordj el Baroud ; comme son nom l'indique, c'était le château de la poudre à canon ou à feu de guerre

Le terrain vague qui se trouvait entre ces trois forts et la route de Safi qui mène à la Porte Doukala, était impraticable. En effet, d'un côté, il y avait de l'eau de mer stagnante que l'on appelait Talbhert ce qui veut dire à peu près: "petite mer", et de l'autre côté, il y avait des fossés pour accueillir les égouts de la ville

Il était extrêmement dangereux de s'y aventurer car on ne savait où mettre le pied sans risquer d'être englouti. D'autre part, la croyance populaire, prêtait à l'air de cet endroit un pouvoir maléfique, et, qui s'y aventurait, risquait d'être frappé par les esprits. Il est possible que les émanations nauséabondes qui s'en dégageaient, agissent sur les personnes faibles de constitution et d'esprit. D'autant plus que le cimetière juif, lui-même voisinant avec les abattoirs, n'était pas loin. Ainsi toutes sortes de légendes fabriquées de toutes pièces par des conteurs publics couraient… Aussi estimait-on, que, de ce côté-là, aucun ennemi n'oserait attaquer la ville

A l'extérieur, entre la petite Scala et l'entrée de la ville Bob Doukala et sous l'allée portant les canons, il y avait une colonnade supportant le toit et formant une galerie couverte, ouverte au public. Elle servait d'une part, d'abri aux voyageurs qui se présentaient à la ville après la fermeture des portes, et, d'autre part, de dépôt pour les marchandises qui craignaient la pluie

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