PÉDAGOGIE DU HEDER ET DE LA YESHIBAH, DU MSID ET DE LA MADRASA

 

PROFIL INTELLECTUEL DU LETTRÉ JUIF ET DE SON CONGÉNÈRE MUSULMAN, AU MAGHREB (du 16e au 20e siècle)

AsilahHAÏ M ZAFRANI

PÉDAGOGIE DU HEDER ET DE LA YESHIBAH, DU MSID ET DE LA MADRASA

La pédagogie du heder et de la yeshibah a certes tous les défauts de la pédagogie médiévale traditionnelle; nous sommes en effet en présence des conceptions éducatives de cette "école réceptive" dont les méthodes, en honneur dans les établissements d'enseignement chrétiens, musulmans et juifs du Moyen Age, sont restées dans le heder et la Yeshibah du Maroc contemporain.

 L'enseignement est dominé comme dans le msid et la medersa de la société musulmane, par les abus de la mémoire, le prestige du hifz "culture mnémotechnique" et des nuqul "références. Les études de l'enfance et de l'adolescence, se poursuivant à l'âge mûr et durant la vie entière pour le lettré confirmé, ont pour finalité l'assimi­lation longue et difficile de la science traditionnelle et la maîtrise de la dialectique et de la casuistique rabbiniques.

 L'acquisition de ces "huma­nités" tend à perpétuer un académisme scolastique et formaliste, faisant du lettré un homme de loi expert en halakhah, un érudit en exègèse biblique et talmudique, un prédicateur (darshan), un kabbaliste et un versificateur talentueux ou médiocre, cultivant la rime dans ses compo­sitions poétiques (piyyut) ou l'assonance et l'allitération dans les divers textes qu'il rédige en prose artistique (mlisah). Son homologue musulman est, lui aussi à la fois 'alim "savant", faqïh "juriste", et 'adïb "homme de lettres". 

Notons ici le témoignage recueilli auprès d'un ancient disciple de Rabbi David Attar, maître de Yeshibah d'Essaouira que j'ai connu moi- même, sur l'enseignement du Talmud et de la Halakhah:

"A un premier stade, le maître (hakham) lisait avec nous la page de gemara, en procédant au perush (commentaire) de Rashi. Notre rôle se bornait à réciter le texte et à reprendre sa traduction en arabe. L'étude des tosafot (gloses) n'intervenait que plus tard. Ces gloses ne sont qu'une somme de controverses, car, finalement, tout est dans le texte. La shitah (méthode d'interprétation) des glossateurs consiste, par un jeu de ques­tions et de réponses, à contester l'hypothèse exprimée dans le texte, à confronter une gemara avec une autre; procédant ensuite au hilluq (analyse et partage des opinions), les glossateurs émettent souvent leur avis propre. Nous procédions de façon analogue. Nous demandions pour­quoi les tossafistes n'étaient pas satisfaits de l'interprétation de Rashi, quels étaient les arguments de ce dernier dans le débat, et chacun de nous devait répondre

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