Les Institutions Publiques du Judaïsme Marocain-Michel Knafo


Les
Institutions Publiques du Judaïsme Marocain

De tout temps ont existé au sein du judaïsme marocain des institutions charitables en matière de Dernier Devoir (Hévra Kadicha) et de bienfaisance. Des institutions comme le JOINT, l'ORT et l'O.S.E datent d'une époque plus récente et disposaient de fonds plus importants. L'OSE, Oeuvre de Secours à l'Enfance, avait fondé depuis sa création en 1945 des dispensaires à travers tout le pays. Les recettes des communautés étaient fournies par diverses taxes sur la viande et le vin cacher, les galettes de Pessah et les dons des notables à l'occasion des grandes fêtes.

La transmission fidèle des valeurs traditionnelles de génération en génération a permis la survie du peuple à travers toutes les épreuves. Le peuple a une grande dette envers les maîtres qui tout au long de l'histoire ont transmis leur savoir et maintenu l'étude de la Torah et l'usage de la langue hébraïque. C'est l'esprit qui a maintenu le peuple juif tout au long de l'histoire et est devenu sa marque. Et encore plus dans les conditions particulières de la diaspora en pays musulmans – avec le déclin culturel et la propagation de l'ignorance au cours des derniers siècles.

Ces circonstances ont sans aucun doute eu une influence sur la vie publique juive au Maroc et ses institutions, car les dirigeants n'apparaissent pas et n'œuvrent pas dans le vide, mais bien au sein de leur peuple.

La Rabanout

Le Maroc a toujours compté nombre de rabbins éminents dominant parfaitement la mer des études bibliques et talmudiques. Une grande partie de ces guides spirituels ont fait leur Alyah en Israël au cours des dernières décades. Parmi les rabbins, il faut distinguer les rabbins-juges qui au Maroc depuis l'instauration du Protectorat, étaient des fonctionnaires nommés et payés par l'Etat. Malgré ce mode de désignation, la majorité d'entre eux bénéficiaient dans leur communauté d'un prestige qui allait bien au-delà de leur simple fonction de membre du tribunal rabbinique. Sur le plan judicaire, les français avaient bien établi un Haut Tribunal Rabbinique d'Appel, mais dans les autres domaines religieux chaque communauté conservait son autonomie, l'institution d'un Grand Rabbinat comme en France ou en Israël, étant étrangère à la tradition marocaine.

Comités des communautés et conseil des communautés

Le Dahir de 1918 établit un comité à la tête de chaque communauté. Le Dahir de 1945 créa un organisme central de coordination, le Conseil des Communautés avec Rabat pour siège, qui avait également un rôle de représentation des intérêts de la communauté auprès des autorités. Le rôle des Comités des Communautés était théoriquement limité à la gestion du culte et à la bienfaisance, mais dans la pratique leur pouvoir moral était plus étendu, incluant la défense des intérêts de la communauté auprès des autorités locales. Le combat pour les droits des juifs, et plus particulièrement le droit de circulation, ou en d'autres termes le droit de quitter le pays, a évolué selon les circonstances.

Pendant la période de neuf ans sujet de ce livre (1955-1964), la Misguéret devait avoir une influence non négligeable dans ce combat. Si au début de son action, la voix des dirigeants de la communauté ne s'est pas faite entendre de manière claire, vers la fin de la période, après la visite de Nasser et le naufrage de l'Egoz, elle s'est faite plus ferme et plus assurée. Ce changement dans l'attitude de la direction de la communauté et la relève des générations, ont été la conséquence directe de l'évolution survenue dans l'opinion publique juive et de l'effet pédagogique de l'idée d'autodéfense et de fierté.

Le premier emissaire d'Israël – Ephraïm Ben-Haïm:

Au Maroc on ne connaissait pas de juifs laïcs, il y avait ceux qui étaient plus attachés à la pratique religieuse et ceux qui l'étaient moins, mais tous étaient traditionalistes, constituaient une unité ethnique distincte et autonome

. Si en Europe la majorité juifs et des rabbins n'étaient pas sionistes – sinon anti-sionistes – en Afrique Nord tous étaient sionistes. Il y avait un mouvement sioniste organisé dans les trois pays d'Afrique du Nord, avec une Fédération Sioniste active et il y eut même un représentant de l'Afrique du Nord au Premier Congrès Sioniste, Je suis arrivé à Casablanca en janvier 1945, comme officier des services de

Renseignements français, en compagnie d'Igal Cohen du kibboutz Bet-Oren. Nous avons rencontré les dirigeants du sionisme au Maroc, M. Calamaro, Raphaël Benazeraf, Alfonso Sabah et d'autres. Un Comité d'action a été mis sur pied et

avons établi des rapports d'amitié qui se sont poursuivis des années. Nous avons trouvé à Casablanca des groupes de jeunesse sioniste, comme les groupements "Trumpeldor" et "Ben-Yéhouda", qui se sont regroupés plus tard dans le cadre du club "Charles Netter". Il s'est même crée une "ferme de preparation du dimanche" dans laquelle venaient s'entraîner les jeunes un jour par semaine.

Nous avons organisé un cours de préparation de cadres. Nous n'étions pas venus pour créer un nouveau mouvement de jeunesse, mais nous avons essayé de regrouper les jeunes autour du projet de fondation du kibboutz nord-africain, dont les premiers haloutsims étaient déjà arrivés en Israël pour une période de preparation au kibboutz Bet-Oren. Et c'est ainsi que les premiers pionniers du Maroc, er parmis eux Elie Moyal, ont rejoint fin 1945 le " Garin " nord-africain.

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