Les martyrs juifs d’Oufrane-Omar Lakhdar

 

Selon la courtoisie de l'auteur Mr Omar Lakhdar

 Les martyrs juifs d’Oufrane

Les martyres juifs d’Oufrane (Ifrane de l’Anti-Atlas), est une histoire qui se confond aujourd’hui avec la légende :

« Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende, phrase célèbre du film américain l’homme qui tua Valérie valence,

Ces révélations historiques des descendants des nisrafims d’Oufrane, publiées dans des manucrits et ouvrages, sont conservés précieusement depuis plusieurs générations dans les archives familiales de l’ancienne communauté juive de Mogador. C'est d'Oufrane que bien des Israélites de Mogador, et d'ailleurs, tirent leur origine. Les principales familles d'Oufrane, qui étaient sur place ou émigrées, sont les suivantes: Afriat, Abitbol, Ammar, Abecassis, Bougamin, Elgebbas, Elharrar, Ifergan, Knafo, llewi, Kohen, Ouhiyyun, Rebboh, Rebbibo, Qadus, Qidüsim, Süsan, Tedgi, Sebbagh, Serraf, Zafrani.

Au Maroc et ailleurs, on a beaucoup parlé d'lfran et de ses Juifs. Ceux-ci seraient installés dans la région depuis des siècles. Un de leurs tombeaux porterait même une date antérieure à l'ère chrétienne. On sait que la palmeraie d' Ifran était, autrefois, placée sur une des routes commerciales du Soudan. C'est, notamment. l'Offaran de Valentim Fernandes (1506-1507). l'Ifran de Léon (in Ramusio. 1606). l'Ufaran de Marmol (1667), l'Oufran de Venture de Paradis (1841).

En 1790, juste après la mort du sultan Mohammed ben Abdallah, un ascendant de Ma-El-Amine, et de M’Rebbi Rebbou, un chef de clan qui avait semé la terreur parmi les naufragés des rivages de Oued Noun , du nom de Bou Hlassa, l’homme au bat, ainsi nommé parce qu’il portait constamment sur le dos un sac d’amulettes gros comme un bat, arriva un jour à l’improviste, dans le souk des Ait Bou-Bker chez les Ait Ba-'Amran, région d'Ifni, où 60 juifs d’Oufrane étaient venus pour leurs affaires. Il leur aurait donné un délai de huit jours pour se convertir ou de mourir dans un bucher. Cette nouvelle glaça tous les habitants d’Oufran. Indignés, musulmans et juifs étaient irrités contre la décision fanatique de Bou-Hlassa. On redoutait qu’un drame allât se passer.

Au jour dit, dix parmi les juifs avaient réussi à s'enfuir. Les autres s’étaient présentés au rendez-vous avec leur rabbin, Yehuda ben Naftali Aferiat. Il y en avait des adolescents, des hommes mûrs et des vieillards. D’autres avaient des jeunes femmes et des enfants. Tous déterminés à ne pas céder au chantage du cynique personnage. Certains avaient même apporté le bois pour alimenter le feu du bucher qui serait tenu sur la grande place. La seule personne de la communauté qui manquait encore à l’appel, c’était Moise Knafo, qui s’était occupé ce jour là, à la circoncision de son fils. On l’attendait. Il arriva, après avoir lui-même circoncis son enfant. Sa jeune femme, encore malade de ses couches, se sauva à travers champs, en emportant son bébé, attaché derrière son dos, à la manière des autochtones, et se dirigea à pied sur Mogador, sa ville d’origine. Il fallait sauver l’enfant pour perpétuer la race. Une fois arrivée dans cette ville après trois mois de voyage, tout en haillon et le corps brulé par un soleil torride, elle fut accueillie avec bienveillance à Mogador par la famille Corcos, à laquelle elle raconta le drame de la communauté juive d’Oufrane.

Dans le souq on alluma le brasier. Les flammes s’élevèrent dans le ciel avec un panache de fumée noire. Les cris, les pleurs, les supplications et les hurlements de la population se faisaient entendre partout. Bou Hallassa qui supervisait les opérations, resta insensible à cette scène atroce, qui impressionnait tout le monde. Les juifs, tous, d’une seule voix, entonnèrent alors la prière du Chémah.

Naftaly Afriat le rabbin de la communauté les poussait un par un au bûcher. D’un regard sévère, il glaçait les hésitants. Tous se jetèrent au feu. Les cris atroces des premiers suppliciés semblaient décupler l’ardeur de ceux qui suivaient, et une émulation sauvage s’empara de cette troupe exaltée.

Seul, Naftaly Afriat, comme le capitaine à bord, demeura le dernier, avant de se livrer aux flammes. Il voulut se laver les mains pour ses ablutions. Il appela une femme qui passait avec un seau d’eau. Il arracha son anneau d’or de son oreille pantelante, et le lui offrit pour un peu d’eau. Puis, sans un cri, il entra au bûcher.

Les Afriat, qui portaient l’anneau, signe qu’ils n’avaient pas livré leurs bijoux au Veau d’Or, ont cessé depuis l’événement d’Oufran, d’en orner leur oreille, en souvenir du sacrifice de Naftaly Afriat. Les cendres des cinquante victimes de Bou Hlassa sont inhumés aujoud’hui dans une grotte au cimetière d’Ifrane.

Les descendants des héros d’Oufran qui pleuraient en contraignant la paupière de leurs yeux de verser un torrent de larmes mais qui s’y refusaient et s’y substituaient un torrent de flammes, se montraient toujours très fiers à l’évocation de ces faits glorieux, qui constituent une des plus belles pages de leur histoire.

Pour commémorer cet événement dramatique il est est temps de penser à dresser un mémorial à Ifrane à la mémoire de nos compatriotes juifs qui avaient perdu la vie, victimes de fanatiques sans scrupules.

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