Les Israelites au Maroc-"Reconnaissance au Maroc" Charles de Foucauld

Les Juifs sont très laids au Maroc. Les femmes, avec des traits réguliers , ont si peu de physionomie, des yeux si éteints, le visage si pâle, qu'il n'en est guère d’agréables, même de quatorze à dix-huit ans. Les hommes, quelquefois bien dans leur extrême jeunesse, sont affligés de bonne heure de mille infirmités et sont vieillards avant d’avoir atteint l’âge mûr. Les difformes, borgnes, boiteux ou autres, sont si nombreux, dans les villes surtout, qu’ils y forment le quart peut-être de la population. A quoi attribuer une laideur et une décrépitude à ce point générales et excessives? Est-ce à une malpropreté extrême, à une hygiène défectueuse , à des mariages prématurés et entre proches ? La nourriture est insuffisante chez les pauvres , immodérée et composée uniquement de viandes chez les riches. Tout le monde fait un usage démesuré d’alcool; on en boit en mangeant et entre les repas; un litre par jour est la moyenne d’un grand nombre.

  1. I) Les Juifs fabriquent eux-mêmes cette eau-de-vie, qu’ils appellent mahia; ils la font, dans le nord.de cire ou de raisins secs; dans la montagne, de figues;dans le Sehara, de dattes. Dans les villes, la mahia s'achète par carafes au marché; dans les campagnes chaque maison distille tous les jeudis ce qu'il lui faut pour la semaine.

Les femmes mémes en prennent plus ou moins. Le samedi surtout, on en absorbe une quantité prodigieuse : il faut en avaler assez au déjeuner pour dormir ensuite d’un trait jusqu’à la prière de 4 heures. Le Juif marche peu, ne se promène point; il ne sort du mellah que pour aller à la ville vaquer à ses affaires et ne voyage que pour un motif grave. S’il n’est obligé de gagner sa vie par un travail assidu, il se couche à 11 heures, se lève à 10, et fait souvent la sieste dans la journée. On se marie entre aussi proches parents que l’on peut. Un Israélite qui a des neveux dont l’âge convient à celui de ses filles ferait injure à son frère et tort a lui-même en ne les demandant pas comme gendres. Les unions sont d’une précocité presque incroyable, surtout dans les villes de l’intérieur; les jeunes filles, ou plutôt les petites filles, s’y marient entre six et huit ans, les garçons vers quatorze ans. A qui demande la cause d’un tel usage , on répond qu’un homme de quatorze ans a besoin de se marier et que, pour lui appareiller sa compagne, il faut la prendre très jeune ; d’ailleurs, pour les filles c’est chose indifférente : qu’est-ce qu’une femme ? « Kerch , chouia djeld itmetted. » Si la manière de vivre des Juifs est peu propre à leur conserver la santé, malades ils se soignent d’une façon déplorable. J’ai vu régner à Fâs une épidémie de rougeole qui, dans le seul mellah, enlevait quatre et cinq enfants par jour. On ne séparait pas les enfants sains des malades ; tous étaient atteints les uns après les autres. On les nourrissait de melons et de pastèques : puisqu’ils avaient la fièvre, il fallait les rafraîchir. Heureusement, point de remèdes. J’en vis pourtant administrer quelquefois. Un jour, à Demnât, un pauvre Israélite avait ses cinq enfants malades, il était inquiet, la fièvre était ardente; à tout prix, il fallait tenter de la calmer. Il possédait dans une vieille caisse divers paquets contenant des remèdes variés de provenance européene; ils étaient de dix ou douze sortes; il sortit ces médicaments, prit un peu de chacun, mêla le tout, en lit cinq parts égales et les distribua à ses enfants. Ils n’en sont pas morts!

Les Israélites, qui, aux yeux des Musulmans, ne sont pas des hommes, à qui les chevaux, les armes sont interdits, ne peuvent être qu’artisans ou commerçants. Les Juifs pauvres exercent divers métiers; ils sont surtout orfèvres et cordonniers; ils travaillent aussi le fer et le cuivre, sont marchands forains, crieurs publics, changeurs, domestiques dans le mellah. Les riches sont commerçants, et surtout usuriers. En ce pays troublé , les routes sont peu sûres, le commerce présente bien des risqués ; ceux qui s’y livrent n’y aventurent qu’une portion de leur fortune. Les Israélites préfèrent en abandonner aux Musulmans les chances, les travaux et les gains, et se contentent pour eux des bénéfices sûrs et faciles que donne l’usure. Ici ni peine ni incertitude. Capitaux et intérêts rentrent toujours. Un débiteur est-il lent â payer? On saisit ses biens. N’est-ce pas assez? On le met en prison. Meurt-il? On y jette son frère. Il suffit pour cela de posséder les bonnes grâces du qaïd ; elles s’acquièrent aisément : donnez un léger cadeau de temps en temps , fournissez à vil prix les tapis , les étoffes dont a besoin le magistrat, peu de chose en somme, et faites toutes les réclamations, fondées ou non ; vous êtes écouté sur l’heure. Il ne reste alors qu’à prendre le titre de rabbi, à demeurer longtemps au lit ét longtemps à table, et à encaisser tranquillement l’argent des goui , en rendant grâce au Dieu d’Israël.

Les Israelites au Maroc-"Reconnaissance au Maroc" Charles de Foucauld

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