Juifs au Maroc et leurs Mellahs-David Corcos

 

Les juifs au Maroc et leurs Mellahs – David Corcos

Les quartiers speciaux ou etaient relegues les juifs n'ont d'abord existe qu'en Europe. Leur etablissement fut sanct

Fes et Meknes, dont le dernier veritable grand homme fut R. Jacob Abensur, avaient perdu la place de centre intellectuel juif qu'elles avaient occupee au Maroc malgre la concentration deja ancienne de la vie economique dans les principaux ports et l'attirance qu'ils exerfaient sur les Elites. Les efforts louables de ceux dont les families y jouissaient encore d'un certain prestige ne changent rien a cet etat de choses. Seule la ville de Marrakech, apres plus d'un siecle de vie obscure et promue de nouveau au rang de capitale imperiale avec 1'avenement de Sidi Mohammed ben Abd-Allah (1757-1790) disposait maintenant d'une classe de savants dignes de ce nom. A cette epoque, Marrakech ne partageait cet avantage qu'avec Rabat.

 Ses marchands monopolisaient le commerce maritime. C'est a eux qu'etaient affermees les douanes des ports des deux rives du Bou-Regreg et parfois celles de La Mamora, Larache, Arzila et Tanger. Ils affermaient egalement la fabrication et l'exportation de la cire, du tabac (dont la qualite etait la meilleure que l'on pouvait trouver, tres superieure a toutes les autres, ecrivent les auteurs de l'epoque) et d'autres produits. Ces memes marchands formaient, parfois avec des Chretiens, des societes pour la frappe de la monnaie. Leur activite, plus reduite depuis la fondation de Mogador en 1767, restera quand meme appreciable. Les fortunes, accumulees grace a cette activite, faisaient de cette communaute un veritable centre de capitalistes prets a participer a toutes les affaires, surtout extra marocaines: ces capitalistes trouvaient ainsi le moyen de mettre une partie de leur argent a l'abri des caprices du pouvoir, bien en surete dans les pays europeens. D'ailleurs, depuis peu, une nouvelle classe s'etait formee qui n'avait ni la moderation des vieilles families, ni leur discretion, ni leurs solides principes. Les hommes de cette classe, souvent en association avec les Comptoirs etablis par les Chretiens, avaient accentue la fuite des capitaux et privaient ainsi les travailleurs d'une partie de leurs moyens d'existence. La communaute avait alors des difficultes a faire face aux impots fixes et aux impots extraordinaires dont les Autorites musulmanes l'accablaient parfois.

Grace aux soutiens qu'ils achetaient, ces hommes s'arrangeaient pour ne pas subir le contre-coup de leurs mefaits. Tout le poids des taxes retombait sur les anciennes families riches dont la ruine possible etait precisement recherchee par ces parvenus jaloux, qui visaient continuellement a prendre leur place. C'etaient des parvenus d'autant plus agressifs qu'ils n'etaient pas acceptes par ceux qui appartenaient a une societe fermee selon un tres vieil usage. Ils etaient venus s'ajouter aux mercantis et aventuriers venus de Sale a la suite des honnetes gens. Entre ces nouveaux possedants les disputes ne manquaient d'ailleurs pas. Ils melaient imprudemment le souverain a leurs querelles et y perdaient, en meme temps que leurs adversaires.

 En 1790, l'ouragan qui deferla sur la grande partie des communautes juives importantes du Maroc, balaya tout le monde, riches et pauvres, parvenus et aristocrates. Quand Moulay Yazid monta sur le trone, le gouverneur de Rabat-Sale etait Si Abd-Allah Bargach (Vargas). II appartenait a une famille distinguee d'origine andalouse qui comptait parmi ses amis de nombreux Juifs de meme origine que lui. II epargna, momentanement, a ces derniers et a leurs coreligionnaires le pillage et toutes les horreurs qui s'ensuivaient. En effet, Moulay Yazid, comme il l'avait fait dans le nord du Maroc, avait ordonne, le 26 Avril 1790, la mise a sac des maisons juives de Rabat. Bargach le fit revenir sur sa decision et obtint qu'il imposat seulement une contribution. Mais Moulay Yazid exigea l'enorme somme de 500.000 mitkals. Pour payer leur part, de nombreuses families durent vendre tout ce qu'elles possedaient. Le souverain fit en outre arreter et flageller R. Salomon de Avila qui avait ete l'ami et l'un des conseillers du sultan defunt, le frappa d'une forte amende personnelle et fit ensuite piller et saccager sa maison par ses soldats. Apres son avenement en 1792, Moulay Sliman sejourna plusieurs fois a Rabat qui devait jouir de nouveau de la paix et de l'abondance. Mais la terrible epidemie de peste qui sevit sur tout le Maroc en 1799 ravagea litteralement Rabat et Sale qui perdirent les deux tiers de leur population. On s'etonne de constater que malgre ce fleau et d'autres qui s'ensuivirent, la communaute put retrouver son equilibre; mais jamais plus elle ne retrouva sa prosperite passee. En 1804, des marchands juifs y repandent le bruit de la mort du souverain qui etait gravement malade et augmentent aussitot le prix de toutes les marchandises.

 Ils en furent punis par de fortes amendes. L'historien qui relate ce fait semble vouloir le relier a la decision du sultan d'enfermer les Juifs dans un Mellah, car il ecrit aussitot: "Quelques annees plus tard, on cree un veritable Mellah…

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