Juifs au Maroc et leurs Mellahs-David Corcos

Les rues des deux Mellahs furent purifiees, pavees, tandis que le souverain faisait construire en 1869  une nouvelle Kasba avec de tres belles maisons pour y loger des marchands, juifs pour la plupart, que Mogador continuait d'attirer, la Kasba al־Kadima (l'ancienne) devenant trop petite pour lozer tant de monde.

  Depuis 1808 il n'y avait pas et des lors, il n'y aura plus de Mellahs dans les villes marocaines autres que ceux de Fes, Marrakech, Meknes, Tetuan, Sale, Rabat et    et Mogador , mais en 1894, un Mellah fut cree dans un gros bourg de montagne, a l'est

de Marrakech, Demnat, ou quelque 2000 Juifs avaient vecu jusque la en parfaite entente avec les Musulmans. Depuis 1864, ces  Juifs avaient subi maintes persecutions. Pour les protegcr, Moulay Hassan decida la creation d'un Mellah avec enceinte, dont l'uniquc porte etait fermee toutes les nuits. Ce "Ghetto" fut fonde contre l'agrement des Juifs qui furent contraints d'y habiter

. Par contre, dans le nord-est du pays, chez les Ai't Izdeg, sur l'Oued Outat, les Juifs, assez nombreux, construisirent eux-memes lcur Mellah, un tirremt (village fortifie): "On les y a attaques, ils ne se sont pas contentes de fermer leurs portes, ils ont riposte a coups de fusils et rendu coup pour coup, et depuis lors, ils traitent avec les Musulmans de puissance a puissance.

Au Maroc, il etait donc devenu normal que des Juifs habitent au "Mellah", une situation qui, dans la grande majorite des cas, avait fini par provoquer la decheance de ceux a qui elle etait imposee. Dans l'interieur, au sein des Mellahs ou tous les Juifs etaient forces dc vivre, a Fes, Meknes et Marrakech, il y avait depuis toujours des rues residentielles avec de tres belles demeures. Cet avantage ne valait que pour quelques dizaines de families riches. Quand dans l'une ou l'autre des villes marocaines, il n'y avait pas de Mellah a proprement parler, les Juifs de la 'seconde classe' se voyaient obliger, par la force des choses, d'habiter dans des quartiers pauvres ou ils se groupaient souvent corame en des temps plus lointains; mais l'espace n'y etait pas strictement limite. Aussi, n'y avait-il pas dans ces quartiers la profonde misere et l'incroyable malproprete des Mellahs de la deuxieme rnoitie du siecle dernier, de ces Ghettos surpeuples et etouffants. Cet etat de choses s'etait aggrave, si l'on peut dire, apres la mort de Moulay Hassan en 1894  L'instabilite du pouvoir avait cree l'anarchie qui fut naturellement suivie par une situation economique desastreuse. Les pauvres gens en furent, bien entendu, les principals victimes. En cette fin du XIX״ siecle, dans les milieux juifs, si deux classes sociales s'etaient affirmees plus nettement separees que jamais, il restait toujours et chez tous, pour le present et pour l'avenir, la foi en Dieu et la solidarite humaine.

Jerusalem, Janvier 1969

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