Avishay Bar Asher Rabbi Chlomo Hayoun, disciple de Rabbi Yaacov Abehssera et la littérature kabbalistique au Tafilalet

פתוחי חותם-הקדמהAvishay Bar Asher

Rabbi Chlomo Hayoun, disciple de Rabbi Yaacov Abehssera et la littérature kabbalistique au Tafilalet.

Rabbi Chlomo ben Makhlouf Hayoun du Tafilalet est connu pour son attachement particulier au Rabbin Yaacov Abehssera. Sa préface poétique du célèbre livre de son Maître, Pitouhé Hotam, a été jointe à toutes les éditions du livre et c'est une source importante et fiable pour notre connaissance de Rabbi Yaacov. Rabbi Chlomo était non seulement le disciple de Rabbi Yaacov pour l'étude de la mystique juive mais aussi un partenaire très considéré, comme le prouvent les comptes rendus de leurs discussions lors de leur étude commune. Cela transparaît dans ladite préface qui nous révèle qu'il a étudié auprès de Rabbi Yaacov durant de longues années pendant lesquelles il s'est imprégné de sa science et de ses agissements et durant lesquelles se sont tissés entre eux des liens d'étude et d'affection. Comme d'habitude, les préfaces écrites par des élèves ou des descendants d'un auteur sont pleines de propos qui tout en louant l'auteur de l'œuvre, minimisent leur propre personnalité. Pourtant, les formules savantes de Hayoun fortifient le sentiment qu'il était un rabbin extrêmement érudit. Nos connaissances sur sa vie sont rares et émanent surtout de la littérature élogieuse sur Rabbi Yaacov par d'autres auteurs, écrite longtemps après la disparition des deux savants.

Dans le livre laudatif Maassé Nissim, son auteur Rabbi Abraham Mizrahi raconte l'histoire du décès de Rabbi Chlomo qu'il a entendue de Rabbi Israël Abehssera (Baba Salé) : Rabbi Yaacov avait prévu l'approche de la mort de son disciple grâce à la "science du visage" et à la "vision des anges préposés à l'accompagnement du défunt à sa dernière demeure" apparus sur l'écharpe qui enveloppait le visage de Rabbi Chlomo. D'après ce récit, cela eut lieu à Midelt où Rabbi Chlomo avait était envoyé par la communauté pour y effectuer une quête. Baba Salé raconte aussi que son père, Rabbi Messoud, l'aîné des fils de Rabbi Yaacov, était le compagnon d'études de Rabbi Chlomo. Ce récit se termine par la date de la mort de Rabbi Chlomo, 5632, et son âge, 42 ans. Si ces chiffres sont exacts, Rabbi Chlomo aurait eu 24 ans de moins que son maître.

Les notes de l'auteur de cet article n'ont pas été traduites (Elles se trouvent dans l'article en hébreu, voir la partie hébraïque). Par contre quelques notes explicatives ont été ajoutées dans le texte même. Dans la partie hébraïque, cet article est suivi du texte intégral de la préface de Rabbi Chlomo Hayoun.

L'éloge funèbre du maître en l'honneur de son disciple décédé prématurément est rapporté dans le dixième et dernier des textes réunis dans le livre Dorech Tov. Ce texte est titré ainsi: "J'ai écrit cet éloge à la mémoire du « Rabbin accompli », Rabbi Chlomo Hayoun que Dieu ait son âme ». De ce texte, on peut aussi apprendre qu'il était considéré comme Tsadik. Rabbi Yaacov conclut son éloge par ces mots : "On peut dire dans le cas d'un mort et surtout s'il était Tsadik et savant, que toute la communauté dans laquelle il vivait doit s'endeuiller et se lamenter, l'essentiel de ce propos est de souligner la responsabilité de la communauté envers ses Tsadikim."

Nous avons également trouvé dans le livre Yafa Chaa de Rabbi Makhlouf Abehssera, un document concernant un différend entre deux héritiers de Rabbi Chlomo, un petit-fils et la veuve de son autre petit-fils. Cela se passait vers 5685 c'est à dire plus de 40 ans après la mort de Hayoun. De cette source, nous apprenons que Rabbi Chlomo était surnommé "Le Rav Hassid" et qu'il eut deux filles qui héritèrent à sa mort de la synagogue au mellah du Tafilalet (Sla Lousstiya).

Si Rabbi Chlomo a laissé des écrits, ils auront presque tous disparu, exceptée la préface de Pitouhé Hotam citée plus haut, écrite en 5624. A peu près 15 ans après qu'elle fut écrite à l'occasion de l'accomplissement de la rédaction du livre de Rabbi Yaacov, elle fut jointe en tant qu'entrée en matière et dans la forme d'un lettre de recommandation à la nouvelle réimpression du livre aux éditions Richon à Jérusalem (L'imprimerie Tenenboym et Rokah, 5645) et depuis, elle fut rééditée plusieurs fois. D'autres écrits plus courts de son cru qui nous sont parvenus sont ses discours pour Chavouot restés à l'état de manuscrits. L'un d'eux fut rattaché au livre Or Israël et quelques poèmes en l'honneur de son maître, insérés dans le recueil Yaguel Yaacov.

La principale importance de cette préface est le fait qu'elle a conservé la liste de dizaines d'œuvres écrites dans l'École talmudique du Rabbin Yaacov Abehssera, œuvres parées par Rabbi Chlomo de louanges et d'appréciations enthousiastes. La plupart de ces travaux ont une orientation kabbalistique (nombre de ces œuvres ont été imprimées, d'autres sont restées manuscrites). Grâce à cette liste, nous avons pu reconstituer les titres principaux de la bibliothèque de Rabbi Yaacov. En nous basant uniquement sur ses propres livres, nous n'aurions pu atteindre que le quart des titres inclus dans la préface, et bien entendu même cela ne nous fournit qu'une partie de la vue d'ensemble. À l'instar des listes plus tardives, celle-ci fut composée du temps de Rabbi Yaacov et de là son importance.

En dehors de cela, la liste est un témoignage de quelques coutumes journalières et son avantage tient au fait que la description de ces coutumes soit dénuée de ce style pompeux qui est le lot de la littérature des générations venues après la mort d'un Tsadik. Parmi les actes de piété décrits dans la préface : il se sustentait très peu, il multipliait les bains de purification (même pendant le froid glacial) et enfin accomplissait tout les actes de piété connus.

L’emploi du temps quotidien de Rabbi Yaacov est celui d'un savant et un mystique qui ne sort pas et ne s'occupe pas du tout des choses de ce monde mais reste toute la journée confiné dans sa Yéchiva. Son étude journalière et sa façon de consulter le Talmud étaient centrées sur sa volonté de résoudre les écueils des passages qui se contredisent comme on peut le voir dans son livre Lévona Zaka et probablement aussi dans son œuvre perdue Chita. Du point de vue de l'étude de la Halakha et des sentences rabbiniques, la parabole "Il suivit les pas de Moché et de son pain bénit toujours prêt sur sa table" est instructive et elle est en relation avec son attachement à la Halakha et à ses affinités avec les sentences rabbiniques ashkénazes de Rama (Rabbi Meir Isserlich). Ce lien avec la logique de ses sentences apparaît clairement dans son livre de Responsa (<chéélot outchouvot, questions et réponses en Halakha) Yorou Michpatékha LéYaacov. Hayoun souligne aussi la lecture des livres de Moussar (morale), dont les noms vont suivre, qui d'après elle, le principe de l'étude était selon RabbiYaacov celui "de faire d'abord et d'écouter ensuite" (Naassé vénichma). La liste ne laisse aucun doute quant à la place centrale qu'ont pour lui les études mystiques par rapport aux autres aspects de l'étude, et elles sont nommées « les Sagesses Divines », « le Char Divin » (Maassé Merkava) etc. Le moment le plus propice pour l'étude du mysticisme juif (Nisstar) est la nuit et son apogée est le Tikoun hatsot et «Il doit de nouveau se réveiller pour accomplir les « réparations » de la Pureté Divine ». Mais avant, il y a l'étude du soir pendant la première période d'avant minuit. Dans un autre ouvrage. Rabbi Yaacov a décrit avec détails, l'ordre qu'il suivait pour l'étude pendant les diverses parties de la nuit. L'essentiel de l'étude de la Thora, pendant la nuit, est comme ce qui suit : «Au début de la nuit avantde dormir, il doit apprendre les lois de la Thora ou de la Agada ( les légendes de la Thora) et après le réveil de minuit il s'approfondira dans les secrets de la Thora car c'est une heure propice pour les découvir ». À la première lumière du jour, après la prière de Chahrit qu'avait précédé une profonde concentration et des Tikounim, Rabbi Yaacov « montait à son Beit Midrach » et après un déjeuner frugal, il retournait à son étude. Il paraîtrait qu'il commençait sa journée d'étude par le Hok léisraël.

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