Tehila le David.R.D.Hassine..LA VIE QUOTIDIENNE AU MELLAH DE MEKNES

LA VIE QUOTIDIENNE AU MELLAH DE MEKNES

David Ben Hassine est né à Meknès, y a passé toute sa vie. Jusqu'au XVIIe siècle, les juifs de Meknès vivaient dans la médina, mêlés à leurs voisins musulmans. En 1682, Moulay Ismaïl "expulse les juifs et leur fait construire une cité hors de la ville", dans un mellah un ghetto, situé dans le faubourg de Berrima

Le vieux mellah de Meknès n'a guère changé depuis sa construction. Les murailles massives qui l'entourent n'étaient percées, au XVIIIe siècle, que d'une porte unique, fermée toutes les nuits et tous les samedis, et "gardée par des Maures nommés par le Roy et par un grand nombre de gros chiens, qui servent de sentinelles".

 Le mellah, incluant le cimetière communautaire, occupe un quadrilatère d'environ 300 mètres de long sur 175 mètres de large, où devait s'entasser une population juive de quatre à cinq mille personnes, sans cesse grossie par des réfugiés qui fuyaient les calamités naturelles ou les persécutions.

Au début du XVIIIe siècle, le mellah contient quelques belles maisons appartenant à une minorité de commerçants richissimes, où le sultan loge les ambassadeurs de passage à Meknès.

David Corcos, Studies…, pp. 88 et 130. Ainsi, l'ambassadeur d'Angleterre habite dans la maison de Moshé Ben 'Attar, "une des plus belles de Mequinez" (John Windus, A Journey to Mequinez, op. cit. , p. 9). De même, le Consul de France J.-B. Estelle loge, lui et son serviteur, "chez Maymorain, Juif du Roy de Maroc, dont je reçus toutes les honnêtetés que je pouvais espérer" {Les Sources Inédites…, Arch. et Bibl. de France, op. cit., Dynastie Filalienne, 4:388).

 La situation se détériore pendant la période d'anarchie qui suit la mort de Moulay Ismaïl, comme en témoigne un visiteur anglais: "Ces juifs sont très pauvres pour la plupart, comme ils le sont ordinairement dans les villes éloignées de la mer. Leur quartier est tellement sale qu'il est impraticable pour les gens à pied, à moins qu'ils n'ôtent leurs bas et leurs souliers, et les juifs ne marchent pas autrement. Leurs maisons sont très peu de chose et chacune contient plusieurs familles".

Cf. David Corcos, Studies…, p. 86; Les Sources Inédites…, Arch. et Bibl. de France, Dynastie Filalienne, op. cit., 6:628. Jusqu'au milieu du XXe siècle, les rues du vieux mellah de Meknès n'étaient pas pavées, et par conséquent devenaient boueuses et glissantes en temps de pluie.

 Aux XVIIIe et XIXe siècles, les voyageurs européens seront tous frappés par la misère dégradante des juifs enfermés dans ce quartier surpeuplé, aux maisons insalubres, et aux rues boueuses souvent encombrées par le bétail errant.

Les descriptions détaillées des contemporains de David Ben Hassine nous donnent une idée de l'aspect des hommes et des femmes du mellah de Meknès, au XVIIIe siècle. "Les juifs du Maghreb se laissent pousser la barbe et se rasent la tête, comme les Arabes", écrit le visiteur italien Samuel Romanelli.

משא בערב, p. 68. Voir aussi William Lempriere, A Tourfrom Gibraltar…, p. 193. Une ordonnance communautaire de Fez, à la même époque, oblige tous les juifs, sous peine d'amende, à se raser toute la tête, "y compris les petits enfants à partir de l'â

Ils rejettent souvent sur l'épaule droite leur burnous de laine noire, qu'ils "mettent par-dessus leur camisole et leur culotte à l'espagnole qui va jusqu'à la moitié des jambes"

Romanelli trouve les "femmes [juives] belles et bien en chair".Même l'austère Consul de France Louis Chénier doit reconnaître que "les femmes des juifs … sont en général bien faites, belles, et blanches; elles ont de très beaux yeux; elles sont portées à la parure", une parure dont William Lempriere a brossé le somptueux portrait

Elles portent "une chemise de toile fine, avec de grandes manches tombantes, qui pendent presque jusqu'au sol. Sur la chemise, un caftan, une robe ample de laine ou de velours, aux couleurs variées, … qui couvre tout le corps, sauf le cou et la poitrine… Les bordures du caftan des juives du Maroc sont brodées d'or. De plus, le geraldito – la jupe, est fait de drap fin en laine verte, et les bordures et les coins sont parfois brodés d'or. La jupe est retenue par une large ceinture de soie et d'or, qui entoure la taille… Elles portent ces vêtements à la maison, mais quand elles sortent, elles recouvrent le tout d'un hciik. Les jeunes filles se tressent les cheveux ..

. Elles s'entourent la tête d'un bandeau de soie ouvragé, qu'elles nouent par derrière, d'une manière très gracieuse et avenante. Cette coiffure met en relief leur beauté et les distingue des femmes mariées, qui se couvrent la tête d'un foulard de soie rouge, qu'elles nouent par derrière, et qu'elles recouvrent d'une écharpe de soie dont elles laissent les extrémités flotter sur le dos. Aucune femme juive ne porte de bas, mais elles sont chaussées de babouches rouges, curieusement brodées d'or.

Elles portent de très grandes boucles d'oreilles en or à la partie inférieure des oreilles, et, à la partie supérieure, trois petites boucles de perles et de pierres précieuses. Leur cou est surchargé de perles, et leurs doigts de petites bagues d'or et d'argent. Autour des poignets et des chevilles, elles portent de grands bracelets en argent massif. Les femmes riches ont des chaînes d'or et d'argent suspendues à la ceinture, par derrière.

Les interventions répétées des rabbins pour restreindre cet étalage de toilettes fastueuses restent vaines.

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