Berdugo-Deuxieme partie

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  1. RAPHAËL (1747-1822) : Fils de rabbi Mordekhay, et petit-fils par sa mère du rav Hamsbir, surnommé "Hamalakh Raphaël", l'Ange Raphaël. Un des plus grands rabbins du Maroc de sa génération. Il illustre dans sa vie l'adage talmudique qui veut que celui qui étudie la Torah dans la misère finira par le faire dans l'opulence. N'ayant pas les moyens de s'acheter des bougies, il étudiait la nuit à la lumière de la lime et quand vint la richesse sa passion de l'étude grandit encore plus car il considérait que l'essentiel dans la vie d'un Juif était l'étude. Un de ses contemporains, rabbi Yossef Maimran raconte comment une nuit qu'il riarrivait pas à s'endormir, troublé par une difficile question du Talmud, il prit son courage malgré l’heure très tardive, et alla consulter le rabbin qu'il trouva tellement plongé dans l'étude qu'il ne remarqua même pas son entrée. Il vit alors que rabbi Raphaël avait fixé au mur un clou auquel était attachée une ficelle enroulée autour de sa chevelure, de manière à ce qu'elle lui tire les cheveux si sa tête venait à se baisser en s'endormant, la douleur le réveillant ainsi pour continuer à étudier. Pour les nuits d'hiver, il avait un autre procédé: un seau d'eau froide où son pied plongeait si par improbable hasard il se laissait involontairement gagner par le sommeil… Il fit prêter serment à son tardif visiteur de ne rien dévoiler de ce qu'il avait vu qu'après sa mort, de manière à ce que son acharnement dans l'étude serve d'exemple, car s'il le faisait déjà de son vivant les gens pourraient l'interpréter comme une manière de se mettre en valeur. C'est alors qu'il était à l'agonie et que tous les rabbins de la ville étaient devant son lit de mort qu'il leur recommanda de veiller à l'étude qu’il délia de son serment rabbi Yossef Maimran et l'autorisa à raconter ce que ses yeux avaient vu. Loin de se cantonner à son rôle de président du tribunal rabbinique, il se mêla activement de la vie de la communauté, n'hésitant pas à s’attaquer aux grands et aux notables, comme cette lettre véhémente de reproches qu'il adressa aux chefs de la communauté de Rabat pour leur peu de considération pour les "talmidé hakhamim". Excellent orateur doté d'une très forte personnalité, il eut la rare audace d'apporter des réformes profondes dans la vie religieuse, n'hésitant pas à bannir des coutumes qui lui parais­saient contraires à la logique ou au bon sens. C'est ainsi qu'il obligea les abatteurs rituels à abandonner plusieurs de leurs coutumes et à ne s'en tenir qu’aux cou­tumes de Castille. Il introduisit dans les actes de mariage la clause considérée à l'époque comme révolutionnaire, dite de la "béhira”, laissant au mari le choix à la mort de sa femme, soit de verser à ses héritiers le montant de sa Kétouba, soit comme c'était jusque là la seule coutume, le partage de l'héritage. Pour rendre compréhensible au peuple les actes de divorce, il y introduisit une traduction en arabe dialectal. Avec le même souci pédagogique, il remit à jour la traduction en arabe dialectal du Pentateuque et des autres textes sacrés qui avait été altérée avec les années au point de devenir incompréhensible pour les fidèles et sa nouvelle version devint désormais celle enseignée jusqu'à nos jours dans tout le Maroc, bien qu'elle n’ait été transmise qu'oralement et jamais imprimée. A sa mort il demanda à être enterré, contrai­rement à la coutume, dans un cercueil et non à même la terre, "car il n'avait jamais au grand jamais déversé en vain sa semence". Son voeu fut exaucé. Heureu­sement, car un an plus tard, son corps fut déterré sur ordre du pacha. La fille de ce grand seigneur qui était stérile, s'était en effet rendue, en grand secret, sur la tombe de rabbi Raphaël pour implorer son intercession. Sa prière porta ses fruits et neuf mois plus tard elle accoucha d'un magnifique bébé qui faisait la fierté de son grand-père. Un jour que le pacha s'émer­veillai encore plus que de coutume devant la beauté de son petit-fils, sa fille ne put se retenir et pour le taquiner, lui fit remarquer qu'après tout ce n'était que l'oeuvre d'un vulgaire rabbin juif. Elle lui dévoila alors le secret de son pèlerinage. Horrifié par cette révélation, le pacha ordonna aux Juifs de déterrer le rabbin et la tradition rapporte qu'on le retrouva dans son cercueil comme au jour de sa mort, comme s'il ne faisait que dormir … De son vivant déjà, il était considéré comme le meilleur interprète de la Halakha vers qui on se tournait de tout le Maroc. Il a laissé une oeuvre monu­mentale qui était connue de tous les rabbins marocains bien que publiée seule­ment partiellement et tardivement. Son recueil des Takanot des Expulsés de Castille avec ses commentaires a servi de base au célèbre recueil de rabbin Abraham Encaoua "Kerm Hemer". Le premier tome de son livre de Responsa, "Michpatim yésharim", a été publié à Cracovie, en Pologne en 1891. Le premier tome de son commentaire du Pentateuque " Mé Ménouhot", fut publié à Jérusalem en 1910, et le second par l'association "Dobeb shifté yéshénim", à Meknès en 1942 et son commentaire sur le Shoulhan Aroukh, "Torot Emet", en 1939. Ses manuscrits pieusement conservés dans la famille, ont permis la publication de son grand ouvrage "Charbit Hazahav", après la alya en Israël de son descendant, rabbi Raphaël, en deux volumes à Jérusalem, en 1975 et 1978, alors que plusieurs autres oeuvres restent à ce jour manuscrites. Ses quatre fils: Mimoun, Mordekhay, Abraham et Méir, lurent tous des rabbins connus à Meknès.
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  3. MIMOUN (1762-1824): Surnommé Harab Hamébin, le rabbin qui comprend. Fils de rabbi Raphaël. Malgré sa mort précoce, il a laissé un grand nombre d'ou­vrages. Son premier livre, des commen­taires sur le Talmud, a été écrit à l'âge de 16 ans. Ses deux ouvrages de Responsa "Lev mévin" et "Pné Mévin" ont été publiés à Meknès en 1951.
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  5. PETAHYA (1764-1820): Fils de rabbi Yekoutiel, le frère de rabbi Raphaël. A sa naissance il reçut le nom de son grand-père rabbi Mordekhay, mais à la suite d'une très grave maladie son nom fut changé en celui de Pétahya. Président du tribunal rabbinique, il était considéré de son temps comme une grande autorité en matière de Halakha dans tout le Maroc. Il a laissé deux ouvrages, une méthode sur le Talmud en deux volumes "Pitouhé Hotam" (encore manuscrit) et un recueil de questions et réponses " Nofet Tsofim", le premier livre publié à Meknès en 1938 par l’association "Dobeb shifté yéchanim", fondée par rabbi Shalom Messas.
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  7. YAACOB (1783-1843): Fils de rabbi Yékoutiel et frère de rabbi Pétahya. Plus connu dans tout le Maroc sous son surnom Hakhaham, LE rabbin. Rabbi Yossef Messas attribue ce surnom aux Juifs de Tétouan installés à Meknès qui appelaient le rabbin el senor Hakharn. La synagogue qui portait son nom, slat el Hakharn, était restée en activité jusqu'au grand exode des années soixante. Auteur d'un célèbre recueil de poèmes "Kol Yaacob" (Amsterdam, 1844); d'un commentaire du livre de son parent rabbi Yéhouda Berdugo "Mayim amoukim", "Galé Amikta" (Jérusalem 1911), et d'un ouvrage de questions et réponses "Shofria di Yaacob" dont le premier tome a été imprimé à Jérusalem en 1910, par son petit-fils rabbi Yaacob Berdugo. On raconte que ce dernier avait fait le tour du Maroc pour recueillir les sommes nécessaires à l'impression. A Marrakech il fut l'hôte du chef de la communauté, Yéhoshous Corcos. Au milieu de la nuit du chabbat, un incendie se déclara dans la maison de son hôte et menaça de détruitre tous les trésors du grand millionnaire. Rabbi Yaacob se leva alors et implora son illustre ancêtre d'épargner les biens de son hôte et mit le manuscrit juste devant les flammes leur ordonnant de ne pas dépasser cette limite, et effectivement l'incendie s'arrêta là. Président du tribunal rabbinique de Meknès, il s'était prononcé en faveur de Jérusalem dans la controverse sur le partage des dons de la communauté en faveur de Tibériade et de Jérusalem. Déjà de son vivant sa réputation de piété et de sainteté avait largement dépassé les frontières de sa ville et de pieux contes étaient colportés sur sa droiture et son désintéressement. On raconte par exemple, qu'une fois alors qu'il était en train de construire de ses mains la souka, un riche commerçant était venu lui rendre visite et voyant l'état de vétusté des rideaux de la souka s’empressa d'aller dans son magasin lui apporter des rideaux neufs. Notre rabbin fut heureux d'accueillir la fête avec des rideaux neufs. Le premier jour de la fête, le notable vint avec son futur gendre inviter le rabbin au mariage. Il en profita pour se vanter devant son gendre de lui avoir offert les si beaux rideaux. Dès leur départ, rabbi Yaacob s’empressa d'enlever les nouveaux rideaux et de les remplacer par les anciens et fit le serment de n'accpeter désormais aucun cadeau de qui que ce soit.

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