Les noms de famille juifs d'Afrique du nord des origines a nos jours – Joseph Toledano-Bouzaglo

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Bouzaglo

Nom patronymuque fort repandu au Maroc dont le sens est controverse. Abraham Laredo y decele une origine berbere ayant pour sens le fabricant de joug pour l'attelage des bœufs, ou l'homme aux perches. Comme on sait qu'en milieu berbere particulierement l'artisant du bois était dans le passe une specialite juive, l'explication parait tout a fait plausible. Mais la seconde ne l'est pas moins qui se base sur la racine arabe : deformation de Abou Zaghlou qui signifie celui qui a sa propre affaire, l'independant qui ne travaille pas chez autrui, ideal de la societe juive traditionnelle. Ce qui est certain c'est que ne c'était au depart qu'un surnom ajoute au nom principal. On sait par exemple que ce surnom a été tres anciennement adopte par une branche de la celebre famille Azoulay de Marrakech et de la famille De Paz de Mogador. Ce surnom est devenu nom patronymique effacant le souvenir du patronyme originel, au Maroc des le debut du XVIeme siecle, figurant sur la liste Toledano des noms usuels a l'epoque, sous la forme de Abouzaglo. A partir de la seconde moitie du XVIIIeme siecle, des membres de cette famille marocaine ce sont installes en Europe, en particulier en Angleterre et a partir du milieu du XIXeme siecle au Portugal. Au XXeme siecle, nom moyennement repandu, porte presque uniquement au Maroc, ou il faisait partie des 40 noms les plus frequents, essentillement au sud du pays, Marrakech, Safi, Mogador, Atlas, mais egalement dans le nord a Rabat, Casablanca, Tanger, Larrache. Bien qu'il ne soit pas le patronyme marocain le plus repandu, ils est devenu curieusement en Israel le synonyme de Marocain de " basse extraction, au point de donner naissance a un critere juridique : " L'epreuve de Bouzaglo " pour detreminer qu'un traitement egal est donne a tous les accuses, qu'ils soient d'humble extraction comme un vulgaire Bouzaglo " ou qu'il appartiennent a l'elite economique et sociale achkenaze. Se prononce aussi : Abouzaglo, Bouzaglou

  1. YAMIN: Un des rabbins des Tochabim (indigènes) de Fès au début du XVIème siècle qui s'opposèrent à la prétention des Mégourachim d'étendre aux Tochabim l'autorisation de consommer la viande abattue selon la règle de l'insuflation du poumon, la ”Néfiha" (voir Hayim Gaguine).
  2. MORDEKHAY: Célèbre kabbaliste de l'école dite du Drâa qui a prospéré dans cette région du sud du Maroc aux XVII- XVIIIèmes siècles. Selon la tradition, le prophète Elie lui serait apparu pour lui commander de monter en Terre Sainte. Il s'installe d'abord à Jérusalem puis à Safed avec son compagnon rabbi Abraham Shlush, pour étudier auprès du successeur du Ari, rabbi Hayim Vital. Il est l'auteur d'un traité de Kabbale, "Ma'yanaot Hakhoma", les sources de la Sagesse, dont le manuscrit a été perdu.
  3. ABRAHAM AZOULAY- ABOUZAGLO: Fils de Réouben, fils de Nahman, commerçant et rabbin à Marrakech au début du XVIIème siècle. Envoyé en 1620 par son proche parent, le Naguid Abraham Benouaïch acheter à Venise des objets précieux pour le sultan Moulay Zidan, il y resta bloqué un an et demi dans l'attente du navire amenant le financement. Mais Moulay Zidan tout occupé à lutter contre la révolte de son frère Moulay Abdallah, ne songea pas à lui envoyer les sommes nécessaires. De plus, il eut un différent avec un marchand local et pour se gagner les faveurs du ciel, il édita des Minchnayot peu connues du Talmud avec les commentaires de Maimonide. Dans sa préface où il raconte les circonstances qui l'ont amené à publier le livre, il fait remonter sa généalogie à la famille Azoulay expliquant que son nom n'était qu'un surnom ajouté. Autre confirmation du lien avec la famille Azoulay ־ le célèbre rabbin Shalom Bouzaglo.
  4. SHALOM BOUZAGLO: Fils de Moché, frère de Joseph de Paz. Rabbin kabbaliste à Marrakech début du XVIIIème siècle, disciple de son proche parent, rabbi Abraham Azoulay. Il quitta Marrakech pour la Terre Sainte et il fut ensuite envoyé comme émissaire en Europe. Sur les circonstances qui l'ont amené à quitter le Maroc, il ne donne pas de détails sauf qu'à deux reprises il a échappé à la condamnation à mort dans le four à chaux. Il publia à Amsterdam en 1750 son chef d'oeuvre, le commentaire sur le Zohar, "Mikdach Melekh", recueil de commentaires mystiques de quatre rabbins marocains, qui devint vite célèbre et fut réimprimé à Londres en 1755 et à Bné Berak en 1976. Mort à Londres en 1780 laissant trois manuscrits non encore édités: "Kissé Melekh", "Hadrat Melekh" et "Hadérot Hod" tous consacrés à la Kabbale. Pendant son séjour à Londres, il fut consulté sur la conformité de la vaccination contre la variole – cultivée sur la vache – qui venait d’être mise au point par Jenner. Contrairement à l'opinon des ultra-orthodoxes, il se prononça en faveur de cette nouveauté médicale estimant qu'elle ne portait pas atteinte à l'intégrité de la personne humaine, tout en sauvant des vies.

JOSEPH BOUZAGLO DE PAZ: Fils de Moché. Promoteur, commerçant né à Marrakech, il s'installa à Londres qu'il quitta au bout de quelques années pour la France. Là pour des motifs obscurs, il fut arrêté et envoyé aux galères pour dix ans. Après sa libération, il continua sa vie aventureuse à travers l'Europe et arriva à Copenhague. Il revint au Maroc en 1751 avec une délégation commerciale danoise pour signer un traité de commerce avec le Maroc, car il savait que le sultan Moulay Aballah était très intéressé à développer les relations commerciales avec l'Europe, au- delà des relations déjà étroites avec l'Angleterre et la France. Mais arrivés à Safi, il eut un différend avec le chef de la délégation danoise qui le soupçonna d'avoir détourné une partie de l'argent destiné à acheter les cadeaux habituels en la circonstance pour le roi du Maroc. L’accord fut tout de même signé, mais les Marocains refusèrent de le ratifier accusant les Danois de l'avoir violé. Il fallut l'intervention de l'interprète conseiller du sultan, Samuel Sumbal, qui se rendit à Copenhague pour débloquer la situation et contresigner enfin en 1753 le premier traité de paix et de commerce avec un pays nordique. Il fonda alors une maison de commerce spécialisée dans les relations avec ce pays. Tombé en disgrâce, il revint à la Cour comme secrétaire du sultan pour la langue française, avant de repartir pour l'Angleterre où il mourut en 1763.

YAACOB: Fils de Moché. Négociant à Marrakech et installé à Londres où il se lança avec succès dans le négoce interna­tional avant de faire faillite en 1774. Ses fils Eliahou et Aharon s'installèrent en Hollande où ils fondèrent une nouvelle branche de la famille qui existe à nos jours.

ABRAHAM: Fils de Shalom. Après avoir participé avec son frère Joseph à l’établis­sement de relations commerciales avec le Danemark, il s'installa en Angleterre où il se rendit célèbre comme inventeur et où il mourut en 1788.

SHALOM: Un des premiers juifs du Maroc à s'installer au Portugal dès la levée de l'inquisition en 1821. Né à Mogador en 1790, il s'installa d'abord à Gibraltar, puis fort de sa nationalité anglaise, il passe pour ses affaires à San Miguel des Açores en 1819.

  1. MESSOD: Saint vénéré à Tanger. La tradition rapporte que c'est lui qui apparut en rêve au drogman du consulat de France, David Azencot, alors qu'il s'était endormi sur la navire de l'amiral de Joinville en 1844 à la veille du bombardement de Tanger. Il lui ordonna de se lever, ce qu'il fit quelques secondes avant qu'un boulet de canon ne vienne mettre en pièce la chaise qu'il occupait, (voir David Azencot)

SHELOMO: Fils de David, né à Marrakech, il monta enfant en Terre Sainte en 1860. Son père s'installa à Haïfa et fut le premier représentant des machines à coudre Singer en Palestine. Eductaeur, instituteur dans les écoles de l’Alliance en Syrie et en Egypte. Militant sioniste, il consacra de grands efforts à organiser la communauté sépharade de Haifa, et fut un des fondateurs en 1920 de l’organisation sépharad., la Histadrout Hasfaradit.

SALOMON: Fils de Jacob. Notable de la communauté de Tanger qu'il représenta en 1929, puis en 1933 à l'Assemblée Législative établie par le Statut international, comme l'un des 3 rep­résentants attribués par le traité de Paris à la communauté juive. Il fut le directeur de l'importante maison de commerce Braunschwig à Tanger. Après sa mort, c'est son fils Moses qui lui succéda à l'Assemblée Législative.

  1. DAVID (1902-1975): Le plus illustre poète hébraïque du Maroc au XXème siècle. Né à la Zaouia près de Marrakech, il s'installa dès l'âge de 16 ans à Casablanca où il enseigna au Talmud Torah. Passionné de musique, il étudia les secrets de la musique andalouse et son adaptation au chant des bakachot. Il perdit la vue en 1949, mais continua son activité littéraire et musicale. Grand érudit doué d'une mémoire exceptionnelle, il pouvait répéter mot à mot des pages des commentaires de Maimonide qu'on venait de lui lire. Grammarien, hébraïsant de premier plan, il fut le secrétaire de l'Asssociation "Maguen David" pour la propagation de l'étude et de l'enseignement de l'hébreu moderne. Poète, il ajouta aux thèmes classiques de la Guéoula, la délivrance, et de la nostalgie de Sion, des thèmes d'actualité. C’est ainsi qu'il écrivit un poème pour saluer le retour du sultan Mohamed V au Maroc le comparant à Joseph qui pardonna leurs fautes à ses frères. D'une grande humilité, il refusa de publier ses poèmes qui ont été receueillis par ses disciples. Il refusa également de laisser enregistrer sa voix exceptionnellement belle qui l'aida à populariser le chant des bakachot qui autrement auraient disparu au Maroc comme cela arriva en Algérie, où fut pourtant imprimé le premier recueil de Bakachot. Pour attirer les jeunes et les hommes du peuple, il adapta les poèmes hébraïques aux canons de la musique andalouse et de la musique populaire marocaine. Après sa Alya en Israël en 1965, il continua à enseigner les secrets de formant des dizaines de disciples. Mort à Haïfa en 1975. On raconte qu'au moment de son agonie, il corrigea le lecteur du texte du prophète Ezechiel qui avait sauté une phrase.

MORDEKHAY: Payatn israélien né à Casablanca spécialisé dans le chant liturgique juif marocain.

YAACV BAZAK: Administrateur israélien, né à Marrakech, directeur du département des Relations Publiques de la Municipalité de Haïfa. Chargé des relations avec la ville-jumelle de Marseille, il a été décoré à ce titre de la médaille française du Mérite.

HAIM: Fils de Achriel. Jeune cinéaste israélien né à Jérusalem d'une famille de Marrakech. Ses deux premiers films ont connu un grand succès de critique "Divorce tardif' sur un homme qui quitte sa famille et passe quelques jours avec des ouvriers arabes israéliens et palestiniens; " La saison des cerises ", sur la guerre du Liban, produit par Huguette Elhadad.

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