Culte des saints musulmans  dans l’Afrique du Nord et plus spécialement au Maroc-Edouard Montet -Sîdi Boù-Selhâm.

Sîdi Boù-Selhâm.

Lorsqu’après avoir traversé Larache, on se dirige au sud en parcourant la region côtière, au bout d’un peu plus d’un jour de marche, on aperçoit le grand bassin salé de l’Ez-Zerga, séparé de l’océan par une étroite bande de terre. Entre l’Ez-Zerga et l’Atlantique se dresse la qoubba du célèbre marabout Sîdi Boû-Selhâm. On raconte beaucoup de légendes sur ce personnage, un des grands saints du Maroc. Comme je demandais si l’Ez-Zerga se déversait dans l’océan, j’appris qu’autrefois la lagune était en communication avec la mer. Mais un beau jour, Sîdî Boû-Selhâm, qui suivait le bord du rivage, étant arrivé au canal qui reliait d’Ez-Zerga à l’Atlantique et voulant passer à pied sec, jeta son manteau sur l'eau qui se retira et fut remplacée par un bourrelet de sable. C’est de ce miracle que le saint a pris le nom de Sîdî Boû-Selhàm (Mon Seigneur l’homme au manteau).

D’après les renseignements recueillis par Mouliéras le vrai nom du saint serait Aboû Yezîd el-Maçrî (l’Egyptien). Son surnom de Boû-Selhàm (l’homme au burnous) serait dû à ce vêtement spécial -, habituel aux musulmans de l’est, qu’il avait continué de porter au Maroc, en dépit de la coutume des Marocains qui revêtent tous la jellâba, grande robe de laine avec capuchon et de courtes manches.

Egyptien de naissance, Sîdî Boû-Selhàm était parti, dit-on, des bords du Nil, avait suivi le rivage de la Méditerranée, et, après avoir traversé le Rîf, qui ne lui plaisait pas, était venu s’établir sur les bords de l’Atlantique à l’endroit où se dresse aujourd’hui son mausolée. C’est là qu'il demeura jusqu’à sa mort. L’époque à laquelle il a vécu est tout à fait inconnue.

Le derviche Moh'ammed ben T’ayyeb a raconté à Mouliéras une autre version delà légende del’Ez-Zerga. D’après cette variante intéressante de la tradition populaire, le saint, à peine arrivé à l’endroit où se trouve aujourd'hui l’Ez-Zerga, se mit à faire ses ablutions dans la mer. Témoin du fait, un saint de la contrée Sîdî t’-T'eyyar interpella l’étranger d’un ton méprisant : « Eh! l'homme, tu es assurément de basse extraction ! Quand je veux faire mes ablutions, les vagues de l’océan viennent d’elles-mêmes jusqu’à moi, pour me laver. »

Boû-Selhâm, sous l’injure, se releva plein de dignité et répondit : « Puisque tu parles ainsi, je jure que la mer, par la puissance d’Allâh, montera jusqu’à Fez, et que les filles de la cité viendront s’y baigner. »

Gravissant la dune en laissant traîner son bâton, le saint s’avançait vers l’intérieur du pays, et, à mesure qu’il marchait, les eaux de l’océan le suivaient pas à pas, et envahirent bientôt la dépression où se trouve maintenant l’Ez-Zerga.

C’est alors qu’une sainte Lâlla Mîmoûna Tagnaout, se tournant du côté de la ville de Moûlaye Idrîs, fit avec la main des signaux désespérés. Aussitôt deux belles dames de Fez apparurent et descendant la berge du nouveau lac, se plongèrent dans ses eaux. «Arrête-toi! Boû-Selhâm, cria la sainte, ta prophétie s’est réalisée : les filles de Fez se baignent dans l’océan. » Boû-Selhâm s’arrêta et la mer n’alla pas plus loin.

Culte des saints musulmans  dans l’Afrique du Nord et plus spécialement au Maroc-Edouard Montet -Sîdi Boù-Selhâm.

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