Les noms de famille juifs d'Afrique du nord des origines a nos jours – Joseph Toledano- Cansino- Caravahlo.

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CANSINO

Nom patronymique espagnol, ethnique de la ville de Cansinos dans la province de Cordoue, porté par l'une des familles les plus anciennement installées en Espagne. La tradition rapporte que ses ancêtres sont arrivés à la suite des Romains dans la péninsule avant la destruction du Second Temple. On sait que dans les disputations théologique imposees par l'Eglise sur le theme du peuple deicide, il arrivait a certaines communautes juives de décliner toute responsabilité dans la mort de Jésus ־ étant déjà installées en Espagne à la date de son martyr et… de sa résurrection ! Mais cela ne fut d'aucune utilité, particulièrement pour cette famille dont les premiers membres ont commencé à quitter l'Espagne pour l'Algérie dès ce qu'on appelle la première expulsion, à la suite de la vague de massacres qui s'étendit à tout le pays, à l'exemple du sac de la Juderia de Séville en 1391, Après la prise d'Oran par les Espagnols en 1509 et l'expulsion de sa communauté juive, la famille Cansino fut parmi les trois familles juives – outre les Stora et les Aben Zimra ־ officiellement autorisées par le Rois Très Catholiques Ferdinand et Isabelle à demeurer dans la ville pour y maintenir les liens avec le royaume musulman de Tlemcen, Pendant plus d'un siècle, cette famille domina la vie juive dans le port et s'illustra au service des Espagnols jusqu'à l'expulsion définitive des Juifs de la grande ville portxxaire. Au XXème siècle, nom très peu répandu, porté essentiellement en Algérie et par émigration au Maroc, alors qu’il était plus d'Orient et des Balkans.

 YAACOB: Le fondateur de la dynastie d'interprètes du gouverneur d'Oran. Il assuma cette fonction à partir de 1550, après la mort de Reuben Stora. Quelques années plus tard, il fut chargé de mener de délicates négociations pour la conclusion d'une alliance avec le sultan du Maroc. Le nouveau souverain fondateur de la dynastie Saadienne, Mohamed-el-Cheikh était en effet intéressé comme les Espagnols à arrê­ter la progression des Turcs qui venaient d'achever la conquête de l'Algérie. Les négociations durèrent deux mois à Marra­kech, le souverain marocain étant égale­ment représenté par un diplomate juif, Itshak Lévy, mais ne purent aboutir, une alliance ouverte avec les infidèles étant trop voyante pour une dynsatie qui avait fondé sa légitimité sur la lutte contre les Chrétiens.

ITSHAK: Fils de Yaacob. Il succéda à son père comme interprète du gouverneur après sa mort en 1568 et resta à son poste jusqu'à sa mort en 1604. D'une grande piété, il apporta un grand soutien aux yéchibot de Terre Sainte, en particulier celles du centre de la Kabbale, Safed.

HAYIM: Fils de Itshak, il sxxccèda à son père comme interprète officiel jusqu'à sa mort en 1625. Les deux émissaires de Terre Sainte envoyés en mission en Algérie, les rabbins Yéhouda Achkénazi et Shélomo Bensour vinrent spécialement à Oran pour régler avec lui les modalités de l’exécution du testament de son père en faveur des yéchivot de Safed.

AHARON: Il succéda à son père Hayim en 1625, mais connut une fin tragique, fixé dans une rixe avec un Arabe en 1633. Son frère, Samuel connut aussi un destin dramatique, ayant perdu aux jeux la fortune colossale qu'il avait accumulé dans le commerce. Le grand poète de la famille, son neveu Itshak, a consacré plusieurs des ses poèmes à ce destin tragique.

R, ITSHAK: Le poète de la famille, surnommé pour son érudition, el sabio, le savant en espagnol. Il traduisit en espagnol l'oeuvre du célèbre rabbin de Constantinople, rabbi Moché Elmosnino, Les textes de ses poèmes étaient conservés dans la yéchiva de Safed entretenue par sa famille,

YAACOB: Le dernier représentant de cette dynastie d'interprètes à Oran. A la mort de son père, en 1633, le roi Philippe IV dérogea à la tradition et nomma comme interprète Yaho Sasportas, Yaacob alla s'en plaindre à Madrid et revint avec le titre d'interprète qu'il conserva jusqu’à sa mort en 1666, Il fut un des très rares Juifs autorisé à résider en Espagne sous la protection du duc d'Olivares. Quand ce dernier, devenu premier ministre du roi Philippe IV, projeta d’autoriser les descen­dants des exilés de revenir en Espagne, il le chargea d'en négocier les termes avec les dirigeants des communautés du Maroc et d'Algérie, mais l'opposition de l'Eglise fit échouer le projet. Après le limogeage de son protecteur, il fut un moment jeté en prison. Il édita le livre de rabbi Moché Elmosnino qui fut traduit par son proche rabbi Itshk et qui fut imprimé à Madrid en 1638. Son dècès devait fournir aux enne­mis des Juifs le prétexte pour "purifier" Oran comme les autres territoires espa­gnols de la présence juive. Après sa dispa­rition, le gouverneur de la ville proclama que la colonie n'avait plus besoin de Juifs pour servir d'interprètes avec les Musul­mans, car il y avait assez de bons chrétiens pour remplir cette fonction. En consé­quence, la justification de la tolérance des Juifs depuis plus d'un siècle et demi – le versement d'impôts au roi de Tlemcen – n’était plus d'actualité. Il fit valoir de plus, que contrairement aux limitations origi­nelles, de trois familles tolérées au départ, on était passé par "infiltration" à plusieurs centaines de personnes. Il intrigua donc sans relâche auprès de la Reine, avec le concours de l'Inquisition, pour faire révo­quer l'édit de tolérance. La Reine fut vite convaincue mais demanda à garder le secret sur la future expulsion de crainte que les Juifs s'ils en apprenaient l'imminence ne demandent l'intervention des Turcs. Le secret fut effectivement bien gardé et en avril 1669 la communauté juive surprise n'eut que deux semaines pour liquider ses affaires. Le gouverneur afrêta trois navires qui devaient mener les 458 membres de la communauté dans les ports de Livourne. Villafranca et Nice, en Italie.Il fut un des rares juifs admis à résider en Espagne grâce à la protection du duc d'Olivares. Quand ce dernier, devenu premier ministre du roi Philippe IV projeta en 1641 de pro­poser aux descendants des expulsés de revenir en Espagne, il avait chargé Yaacob d’engager des négociations en ce sens avec les dirigenats des communautés d'Algérie et du Maroc, mais l'opposition de l'Eglise enterra le projet et il fut même un moment emprisonné.

  1. ABRAHAM: Fils de Yaacb. Il fut le dernier grand rabbin de la communauté d'Oran avant l'expulsion de 1669. Il avait été à Oran le grand ami de son proche parent, rabbi Yaacob Sasportas avant son départ pour le Maroc puis l’Europe et devait rester en correspondance avec lui et le seconder dans sa lutte contre le mouve­ment messianique de Shabtaï Zvi (voir Sasportas). C'est ainsi qu'il reçut le plus ardent des combattants contre les idées et le mouvement du faux Messie au Maroc, rabbi Aharon Sibony qui devait laisser le témoigange le plus complet sur l'expulsion des juifs d'Oran, dont il fut témoin. Arrêté en 1630 pour possession d'un livre du Talmud, il avait été envoyé en métropole et emprisonné à Murcie. Il ne devait être libéré que contre le versement d'une forte rançon et grâce à l'intervention de son cousin, l'interprète Aharon Cansino. Il acheva en 1668 un livre de commentaires, "Agoudat Ezob", dont il ne devait pas être autorisé à emporter avec lui le manuscrit lors de la grande expulsion de 1669. 11 devait finir ses jours à Livourne.

1SAAC: Il fut le seul membre de cette famille qui pour rester à Oran préféra se convertir au Christianisme.

MOSES: Commerçant d'origine maro­caine installé à Gibraltar, il fut parmi les premiers juifs de la colonie à bénéficier de l'égalité des droits à la suite de la signature en 1723 de l'accord de paix et de com­merce entre l'Angleterre et le Maroc prévoyant l'égalité des droits pour les ressortissants des deux pays dans leurs territoires respectifs.

ABRAHAM: Commerçant né à Casa­blanca en 1883. il s'installa ensuite à Londres puis à New York où il mourut en 1958. Son frère, David, né à Casablanca en 1892, immigra lui à Manchester où il mourut en 1965.

JACK: Négociant et notable bien connu de la communauté de Casablanca dans les années trente, lié par des liens de parenté à la famille Bellicha de Londres, il reçut les félicitations de la communauté quand son parent Lord Lore Bellicha fut nommé secrétaire d'Etat à la Guerre du gouver­nement Chamberlain en 1939.

CARAVAHLO

Nom patronymique d'origine portugaise emprunté à la botanique: le chêne. Après la conversion massive et forcée des Juifs du Portugal, empêchés dans la pratique de quitter le pays à la suite de l'édit d'expulsion en 1497, se développa une vértitable religion marrane parmi ceux qui continuèrent à pratiquer secrètement le judaïsme. Pour ne pas avoir à prendre des patronymes trop chrétiens, certains adoptèrent à la place de leurs anciens noms hébraïques des noms d’animaux et de plantes comme Caravahlo. Ils les conservèrent même après avoir quitté le Portugal pour revenir ouvertement au judaïsme, principalement en Italie, en Hollande et au Maghreb. Ce patronyme figurait au XVIème siècle parmi les noms usuels au Maroc, en particulier à Safi, mais y avait depuis disparu. Au XXème siècle, nom très peu répandu, porté uniquement à Tunis par une famille originaire de Livourne.

  1. MORDEKHAY BAROUKH: Un des plus illustres rabbins de Tunisie au XVIIIème siècle. Disciple de rabbi Itshak Lumbroso, il lui succéda en 1752 à la tête de la communauté livoumaise, les Grana, et resta à son poste jusqu'à sa mort à un âge très avancé au cours de la grande épidémie de 1785. Riche commerçant, il refusa toujours d'émarger à la caisse publique même quand à la fin de sa vie il avait perdu sa fortune. Il a laissé deux ouvrages de commentaires talmudiques "Toafot reem" (Livourne, 1761), sur-commentaire du livre de rabbi Eliahou Mizrahi sur Rachi, "Reem"; et "Mira dékhya", commentaire talmudique paru après sa mort, avec une préface de rabbi Itshak Elhaïk (Livourne, 1792 ).
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  3. ITSHAK: Fils unique de rabbi Mordekhay, il mourut à la fleur de l'âge, à 28 ans. Il laissa deux ouvrages, "Sefer hazikhronot " et "Hayé Itshak" que son père joignit après sa mort à son propre ouvrage "Toafotreem" (Livourne, 1761 ).

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