Les noms de famille juifs d'Afrique du nord des origines a nos jours – Joseph Toledano.Corcos.Part 1

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Corcos

Nom patronymique d'origine espagnole, ethnique de la petite ville de Corcos dans la province de Valladolid en Castille. Il existe egalement une ville portant un nom proche. Carcossa, en Aragon. Le rabbin Eisenbeth avance une autre hypothese: ethnique de Caracassone, en France, centre juif florissant au Moyen Age. Autre explication basee sur l'origine arabe du nom, indicatif d'un metier: le fabricant de cuir, le gratteur, le frotteur de cuir grossier. Sous ces deux formes de Corcos et Carcossa ce patronyme est atteste en Espagne depuis le Xeme siecle, en faisant une des plus anciennes families sepharades connues. Apres l'expulsion, les membres de la famille se sont disperses au Maroc, en Algerie, au Portugal, Italie, et de la ont emigre plus tard vers la Terre Sainte et la Hollande. Mais c'est au Maroc que cette faimille s'est le plus illustree a partir du milieu du XlXeme siecle, particulierement a Marrakech et a Mogador, dans le negoce et la direction de la communaute. Le role eminent joue par cette famille dans la vie juive marocaine est illustre dans l'opuscule que le professeur Michel Abitbol lui a consacre sous le litre: "Les Corcos, temoins et acteurs de l'hstoire". Une des rares families marocaines a avoir conserve un arbre genealogique qui remonte jusqu'a l'Espagne. Autre orthographe: Karkos. Au XXeme siecle, nom moyennement repandu, porte essentiellement au Maroc (Marrakech, Mogador, Safi, Mazagan, Tanger, Casablanca), en Algerie (Oran, Alger, Mascara, Constantine, Guelma) et en Tunisie (Tunis).

  1. ABRAHAM: Celebre rabbin espagnol, disciple de rabbi Yehouda Ben Acher qui vecut a Avila et ecrivit en 1332 un commentaire au traite d'astronomie d'Isaac Israeli, "Yessod ’01am".
  2. YOMTOB: Grand Rabbin de la ville de Monzon, en Espagne, il fut un des defenseurs de la foi juive au cours de la celebre disputation de Tortosa en 1413-14, convoquee par l'Eglise, opposant rabbins et pretres sur les fondements de la foi juive.

 DAVID: En quittant la Castille en 1492, il trouva refuge a Rome et fonda la branche italienne de la famille qui s'illustra dans la rabanout pendant deux siecles. Son fils, Salomon, fut le Grand Rabbin de Rome.

  1. YOSSEF: Ancetre de la branche de Terre Sainte, il mourut a un age tres avance a Jerusalem en 1575. Son commentaire du livre de Mai'monide, "Michne Torah" fut publie pour la premiere fois a Smyme en 1757.
  2. YEHOSHOUA: Un des rabbins expulses d'Espagne installes a Fes en 1492. Il fut un des protagonistes de la grande controverse entre les nouveaux venus, les Megourachim et les anciens habitants indigenes, les Tochabim, sur l'interpretation de la regie de l'abattage rituel sur l'insuflation des poumons, la "Nefiha" (pour plus de details voir Hayim Gaguin). Il fut entre 1540 et 1552 un des redacteurs des "Takanot des Expulses de Castille", organisant la vie communautaire et religieuse des expulses d'Espagne qui imprimerent definitivement leur cachet sur l'ensemble du judaisme marocain.
  3. ABRAHAM: Rabbin ne a Fes, il fut appele a exercer sa fonmction a Tunis ou il mourut en 1575. Son tombeau etait devenu un lieu de pelerinage local.
  4. YOSSEF: Fils de rabbi Yeoshoua, rabbin ne a Fes au cours de la seconde moitie du XVIIIeme, il fut appele par la communaute des originaires du Maroc de la colonie anglaise de Gibraltar a leur servir de guide spirituel. C'est la qu'il devait ecrire l'oeuvre qui devait l'immortaliser, "Shiur Koma" (Livoume, 1811), poeme kabbalistique base sur le livre du Zohar, entre dans la liturgie des synagogues marocaines et qui etait lu avant l'office de Minha les jours de chabbat. II fut aussi l'auteur d'un commentaire du Pentateuque, "Yossef Hen" (Livoume, 1825).

MAIMON: Fils d'Isaac de Marrakech, le fondateur de la branche de Mogador qui domina le commerce de la ville et la direction de la communaute pendant pres d'un siecle. II fut parmi les 10 premiers "Tajar esultan", marchands du roi, installes dans le nouveau port par le sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah. II transmit ce privilege par heritage a ses ses successeurs qui en benificierent jusqu'a la fin du XlXeme siecle. L'edification du port de Mogador en 1766 fut un toumant a la fois dans l'histoire du Maroc et dans celle de la communaute juive. La faillite de la conception centralisatrice de Moulay Ismael qui avait conduit le pays a la ruine, aggravee encore par les trente annees d'anarchie des guerres de succession (1727-1757), avaient convaincu le nouveau souverain Sidi Mohamed Ben Abdallah (1757-1790) de la necessite de trouver pour assurer les recettes du Maghzen, une autre source de revenus que les impots ecrasants leves par la force. Alors qu'il etait gouvemeur du Sud, les negotiants juifs lui avaient fait valoir les importantes recettes qu'il pourrait tirer des droits de douane sur le commerce international. Mais l'essentiel du commerce avec  l'Europe etait entre les mains des commercants du port frondeur d'Agadir qui ne versaient pas au tresor royal les impots dus, il decida done de construire a Mogador un nouveau port dependant uniquement du Makhzen. Il chargea un architecte francais qui etait prisonnier au Maroc, Courbet, de dessiner les plans du nouveau port et le plan fut si ingeneieux qu'on dit que c'est de la que lui vient son nom en arabe, Essaouira (souira, la (bien) dessinee ). Pour donner vie au nouveau port, et devant les reticences des commercants chretiens de s'y installer, son interprete et conseiller favori, Samuel Sumbal, lui proposa de faire appel aux grandes families juives ayant fait leurs preuves dans les differentes communautes du Maroc et de leur demander d'envoyer un delegue a Mogador. Samuel fut alors charge d'etablir la liste de ces heureux elus, au nombre de dix, representant les grandes families commercantes du pays: les Corcos et Delmar de Marrakech, Sumbal et Delevante-Chriqui de Safi, Bensoussan, Nahorai' et Ben-Yuli de Rabat, Aflalo et Penia d'Agadir, et Aboudraham de Tetouan. Le statut de commercants du roi comportait d'enormes privileges politiques, fiscaux et economiques: avance de capitaux, gestion de fonds du tresor, obtention de concessions et monopoles sur les importations et exportations; foumiture d'un logement confortable et inviolable, le loctaire n'etant justiciable que devant le sultan lui-meme. Mais face a ces privileges, de lourdes obligations: garantie de la famille, dependance totale du souverain, necessite d'une autorisation pour se deplacer, disponibilite immediate pour toute mission economique ou politique et Europe. La famille Corcos de Marrakech designa donc pour la representer Maimon (qui devait mourir au cours de l'epidemie de 1799), seconde par son cousin Abraham (mort en 1797). Le port de Mogador, grace au dynamisme de ses commercants juifs justifia tous les espoirs mis en lui par le sultan et en dix ans devint le plus actif du Maroc.

SALOMON: Grand commercant de Marrakech, il recut en 1846 l'ordre du Sultan de transporter ses affaires a Mogador. II laissa a la direction de ses affaires a Marrakech, son fils Yaacob. II devait inaugurer une autre tradition familiale: la representation des puissances etrangeres, bien que cela puisse sembler a priori incompatible avec la fonction de marchand du sultan. 11 fut l'agent consulaire de 1'Angleterre, redevenue le principal partenaire commercial du Maroc. Son influence etait telle a Mogador qu'un touriste anglais s'en etonna et demanda a un notable juif: "Mogador appartient-elle a Sa Majeste britannique ou au souverain du Maroc ?" et s'entendit repondre ironiquement: "bin jouj", e'est-a-dire entre les deux ! Ses affaires prospererent dans le port ou il mourut en 1857.

YAACOB: Fils de Salomon. Apres avoir dirige l'affaire familiale a Marrakech apres le deaprt de son pere en 1846 pour Mogador, il prit sa succession et s'installa definitivement a Mogador en 1857, confiant la direction de la branche de Marrakech a son cousin Haim. Peu de temps apres son arrivee dans le port, il fut confirme par le sultan dans ses privileges de tajer esultan en meme temps que son frere Abraham. Le sultan ecrivit l'annee suivante au nouveau caid d'Essaouira "Les deux marchands, Abraham et Jacob, fils de Salomon Corcos, sont Nos Juifs de meme que le pere etait Notre Juif. Ils sont la creme parmi les Juifs et tres peu de Juifs peuvent leur etre compares quant aux benefices qu'ils rapportent. Protege-les donc et veille a leur bien-etre." Apres l'accession au trone de Moulay Abderahman, ils furent de nouveau confirmes dans leurs fonctions. Mort en 1878.

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