REFLEXIONS SUR L'ORIGINE DES JUIFS DES REGIONS NORD-SAHARIENNES

Environenmont et structures sociales

REFLEXIONS SUR L'ORIGINE DES JUIFS DES REGIONS NORD-SAHARIENNES

Au XIXe siècle lorsque les historiens européens commencèrent à s'intéresser aux communautés juives du Maghreb, ils constatèrent rapidement l'existence d'un véritable peuplement judéo-berbère, qui constituait l'élément fondamental omniprésent dans le Maghreb et le Nord du Sahara, auquel s'étaient juxtaposés, plutôt que véritablement intégrés, d'autres groupes, à l'origine moins nombreux, venus d'Europe. Ces Juifs Sefardim d'origine principalement Ibérique, vinrent au Maghreb peut-être dès le très haut Moyen-Age au moment des persécutions ordonnées par les rois Wisigoths du VII siècle, mais la grande masse arriva à la fin du XlVe siècle (massacre de Séville en 1391) et surtout au début du XVle (à la suite du décret d'expulsion de 1492). Les arrivées de Juifs Sefardim se succédèrent tout au long du XVIIe siècle; simultanément plusieurs familles italiennes prirent le chemin de l'exil et s'établirent au Maghreb

Ces immigrés choisirent d'habiter, de préférence, les ports, et c'est avec eux que commercèrent les négociants européens avant la con­quête d'Alger ou l'établissement des protectorats sur la Tunisie puis le Maroc. Ces mêmes communautés maintinrent fidèlement les tradi­tions andalouses dans les arts des pays barbaresques, particulièrement dans l'orfèvrerie et la musique. Dans le domaine juridique et culturel elles conservèrent leurs coutumes, distinctes de celles des Juifs autoch­tones. Elles fournirent aussi, en Algérie, un contingent non négligeable d'interprète et parurent très rapidement, à l'administration française, l'élément le plus facilement assimilable de la population.

Mais ces Juifs des grandes villes, rapidement francisés, ne cons­tituaient qu'une partie du peuplement juif du Maghreb. Il existait des communautés plus anciennes, distinctes de cette élite urbaine et dont l'origine est différente ainsi que le révèlent souvent l'onomastique, les coutumes, l'implantation géographique voire les genres de vie

Au XIXe siècle, avant que le Maghreb ne subisse l'impact colonial il est difficile de chiffrer l'importance de ces communautés qu'il n'est pas dans notre intention d'énuniérer ici. Elles étaient, de fait, disper­sées dans une vaste zone sub-aride s'étendant de la Tripolitaine à l'Atlantique avec des lieux de plus forte concentration comme le Sous et le voisinage de Tiznit, le Tafilalet, le Mzab, le Souf et Djerba. Or ces communautés n'étaient, la plupart, que des éléments résiduels d'un peuplement plus important qui, au cours de l'Histoire, avait subi des vicissitudes, des massacres ou des conversions forcées. Des souvenirs très précis d'anciennes communautés disparues, voire de cités-états comme Tamentit dans le Touat, ou de groupes majoritaires comme chez les Hanencha, demeurent, qui révèlent l'importance ancienne de ce peuplement juif dans le nord du Sahara. Cependant, regroupées ou non dans des mellah, ces communautés vivaient en symbiose avec les populations musulmanes. Notons dès maintenant un fait impor­tant: la plupart de ces communautés juives des zones prédésertiques vivaient au milieu de populations berbères, ou, à tout le moins, ara­bisées récemment, que ce soit en pays Chleuh, au Mzab ou à Djerba. A l'inverse des Juifs venus d'Europe assez strictement localisés dans les ports et les principales villes arabophones, ces Judéo-berbères sont dispersés, et, même dans le Tell, on n'a pas perdu le souvenir de petites tribus juives qui nomadisaient encore au milieu du XIXe siècle entre le Kef et Constantine. Ces Bahusim, conservaient même en ville, leurs coutumes originales et fort anciennes.

Cette dispersion et cette multiplication donnent l'impression que ces communautés avaient une très vieille origine

Les auteurs, qui sont souvent des historiens juifs d'Afrique du

les rabbins Abraham Cahen de Constantine au milieu du XIXe siècle ou Maurice Eisenbeth grand rabbin d'Alger vers 1930, ont élaboré, en se fondant sur des sources aussi diverses que l'arché­ologie, les historiens antiques, les Pères de l'Eglise, le Talmud et les écrivains arabes du Moyen-Age, un catalogue devenu classique des origines possibles de ces Juifs

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