?Comment les Juifs ont-ils pu survivre dans de telles conditions

Il etait une fois le Maroc

david bensoussanTemoignage du passe judeo-marocain

David Bensoussan

En 1900, Victor Collin rapporta ce qui suivit dans Le Maroc et les intérêts belges : « Les Juifs sont les parias du pays. Honnis, pourchassés, parqués dans des ghettos, mis au ban, comme des animaux impurs, de certains endroits réputés saints, pressurés par le fisc, volés par les fonctionnaires, persécutés par la justice, ou plutôt l'injustice des cadis, ils n'en sont pas moins parvenus à monopoliser tout le commerce de l'intérieur… Il va sans dire que les Juifs sont fréquemment dévalisés et assassinés, malgré toutes les précautions qu'ils prennent…, dont, à force d'humiliations, ils sont parvenus à s'entourer.»

En 1902, Frances Macnab auteur de A ride in Barbary notait : « Le Juif de Barbarie ne combattra pas, il n'a pas suffisamment de fierté pour la décence, et ses nerfs sont simplement atrophiés…»

En regard de la condition des Juifs marocains, Edmond Doutte ecrivait en 1914 dans Mission au Maroc : « On reste confondu que sous une pareille tyrannie, un peuple ait pu conserver intacte la foi qui lui alait ce martyre. On conçoit encore la haine inspirée aux vainqueurs par la résistance de ces malheureux et les massacres périodiques qui les décimaient. » Henri de la Martinière écrivait en 1918 : « Les malheureux habitants (juifs) offraient de nombreux stigmates de dégénérescence et de cruelles maladies… De notre époque, les Juifs étaient obligés de marcher pieds nus dès qu'ils sortaient de leur quartier. On les voyait enlever leurs babouches noires (en dehors du Mellah) par distinction de celles des Musulmans qui seuls avaient le privilège de les porter jaunes…»

Le témoignage de Salomon Haï Knafo de Mogador (1905-1995) dont les mémoires retranscrites dans la revue israélienne Brit en 2009, traitent du statut de dhimmi en ces termes : « Les Arabes nous qualifiaient de dhimmi. C'est un mot qui n'a ni traduction ni équivalent dans la langue -française. C'est un état qui va de l'état d'esclave à celui de protégé, de tolere. Les Arabes voulaient bien jouir des bienfaits que nous leur procurions, mais cela ne les empêchait pas de nous considérer comme inférieurs.»

Comment les Juifs ont-ils pu survivre dans de telles conditions?

En acceptant l'humiliation et peut-être en rusant, en rusant enorormément, au pont même qu'on fit une légende de sa ruse. Dans In Morocco publié en 1920, Edith Wharton écrivit : « Nulle part ailleurs ne vivent-ils (les Juifs) dans des conditions de promiscuité aussi demoralisante que dans certaines villes du Maroc. Ils ont fait si longtemps l'objet d'extorsions sans réserve de la part des Musulmans que même les Juifs nantis (qui sont nombreux) ont sombré dans les habitudes et l'apparence des plus pauvres.» Dans l'ouvrage d'ethnographie de Joseph Goulven Les Mellahs de Rabat-Salé, qui étudie de bien plus près la condition des Juifs, l'aumônier militaire Farb décrivit ainsi les Mellahs : « Dans ces milieux ouvriers, la misère est effroyable, physique, psychologique et morale. Ce sont des déchets d'humanité que l'on rencontre dans l'enceinte comprimée, étouffante, ou végètent et pullulent 15 000 âmes.» Les mendiants étaient fort nombreux. Farb ajoutait : « Derrière la légende du Juif marocain exploiteur et trafiquant, il faut voir la vérité… La richesse des Juifs marocains, c'est là encore une légende qui s'évanouit lorsqu'on regarde la réalité en face… Les quelques Juifs riches, affichant leur richesse dans leur besoin de paraître, ne constituent qu'une brillante façade derrière laquelle s'agite la plus pitoyable souffrance humaine qui existe.»

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