Mariage juif a Mogador-fran-angl

La communaute juive de Mogador

חתונה במוגדור כתובהDavid Bensoussan et Asher Knafo

La ville de Mogador, ou de son nom arabe Essaouira, a été fondée vers 1760 par le Sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah. Le Sultan voulut faire dévier le commerce maritime d'Agadir à M
ogador, afin de punir Agadir pour sa rébellion constante. Plus proche du pouvoir central et d'accès plus facile par voies terrestre et maritime, Mogador était plus facile à contrôler.

 Le Sultan demanda à l'ingénieur français Cornut de tracer les plans d'une ville moderne et d'en surveiller les travaux. Il choisit dans diverses villes de son pays 10 familles juives riches et leur demanda de s'installer dans cette ville et d'y développer le commerce extérieur. Il leur accorda habitations et privilèges commerciaux et les exempta de la taxe spéciale de la jazzia imposée aux Juifs en raison de leur statut de protégés (dhimmis). Ces commerçants portèrent le titre spécial de toujjar el Sultan (les négociants du Sultan). Ils eurent, avec les autres commerçants juifs qui vinrent plus tard à Mogador, une influence prépondérable auprès du pouvoir central.

Les commerçants juifs exerçaient leur commerce avec les pays d'Europe et particulièrement avec l'Angleterre, la France et l'Allemagne. L'Europe importait alors des arachides et des cuirs ainsi que des produits exotiques de l'Afrique subsaharienne tels l'ivoire, les peaux d'animaux sauvages, les plumes d'autruche. Des caravanes de chameaux traversaient le Sahara et leurs marchandises étaient traitées dans la ville de Mogador avant d'être exportées vers l'Europe.

Au XIXe siècle, Mogador devint alors le premier port marocain. La communauté  juive entretenait des relations culturelles et commerciales avec des communautés juives du monde entier et notamment celles d Amsterdam, de Londres, de Livourne et dAlger. Pendant ses 150 premières années, la ville vécut essentiellement sous l'influence de l'Angleterre. Certaines familles envoyèrent leurs enfants faire leurs études en Angleterre. Quelques-uns d'entre eux finirent par s'y établirent et y ouvrir des succursales du commerce mogadorien.

La population juive de Mogador alla croissant et, en 1785, elle comptait déjà près de 6000 âmes. La ville prit un caractère juif. La communauté juive représentait la moitié de la population de Mogador, sinon plus. La majorité des Juifs provenait de la région du Sous, ou même de centres éloignés du Sud Marocain tels Tiznit, Oufrane et Illigh. En 1873, l'on recensait 7000 Juifs dont 1000 vivaient dans le quartier de la Kasba où habitaient les Européens et les Juifs nantis.

Le reste de la communauté vivait avec les musulmans dans un quartier nommé Médina. En 1807, le sultan Moulay Souleiman décréta que les Juifs devraient désormais habiter dans un quartier réservé. Le Mellah de Mogador fut alors fondé. La Médina fut évacuée de ses Juifs qui durent habiter le Mellah fort exigu. Dix ans après, une épidémie de peste décima une grande partie de la population juive qui s'y était installée.

En 1844, la France entra en guerre contre le Maroc, dans le but de décourager le souverain marocain de porter secours aux Algériens en rébellion contre la colonisation française de l'Algérie. La flotte du Prince de Joinville bombarda Mogador. Le quartier juif du Mellah situé le long de la muraille nord de la ville souffrit grandement de ces bombardements. Profitant de la situation, les Berbères du pays Haha accoururent et mirent la ville à sac.

Ils s'acharnèrent surtout sur le Mellah qu'ils saccagèrent. En 1863, le philanthrope britannique Sir Moses Montefiore arriva au Maroc pour plaider devant le Sultan du Maroc la cause des Juifs. Il obtint de lui un dahir qui reconnaissait que les Juifs marocains étaient égaux devant la loi. Ce même dahir interdisait tout mauvais traitement à l'égard des Juifs. Par conséquent, la bastonnade infligée aux Juifs devenait dorénavant interdite. Sa visite à Mogador, eut des conséquences bénéfiques. Des ressortissants de Mogador installés à Londres et des organisations philanthropiques judéo-britanniques prirent de nombreuses initiatives visant à assainir le Mellah surpeuplé et mirent sur pied des secours d'urgence lors des crises de disette ou d'épidémies. Le Mellah fut pavé et une première école anglaise fut fondée.

Parallèlement à l'instruction religieuse traditionnelle, de nouvelles institutions scolaires furent créées. À partir de 1874, l'Alliance israélite universelle ouvrait sa première école à Mogador, marquant ainsi le début de la francisation de la communauté juive. En 1885, l'Anglo-Jewish School fonda une école de filles qui devint un établissement de grand renom. Sa directrice Madame Stella Corcos oeuvra pour !amélioration des conditions de vie des Juifs de Mogador et  n'hésita pas a faire un voyage jusqu'a Marrakech pour obtenir  du Sultan la permission d'ajouter au Mellah 150 habitations. Quelques annees plus tard les Juifs furent autorisés à habiter une partie du quartier des Sbanat connu sous le nom de Nouveau Mellah.

Le vingtième siècle fut témoin du déclin économique de Mogador, jusqu'alors premier port du Maroc. Lorsque l'Afrique fut conquise par les puissances coloniales, le commerce transsaharien des denrées exotiques cessa. L'économie de Mogadcr s'en ressentit de façon dramatique. De nombreux          commerçants    juifs s'appauvrirent. Il y eut en outre des crises de famine, des épidémies graves et une recrudescence du brigandage sur les routes

En 1912, la France établit son Protectorat sur le Maroc. L'ensemble de la communauté juive subit un processus d'émancipation. Les Juifs ne furent plus obligés de se limiter à résider dans des quartiers désignés. L'habit européen remplaça graduellement la djellaba et la calotte noires, habits traditionnels des Juifs. En 1917, l'Anglo-Jewish School ferma ses portes, marquant l'adoption de la langue française au sein de la communauté juive de Mogador. La présence française amena la sécurité et mit fin aux nombreuses mesures arbitraires du passé.

Une communauté heureuse s'épanouit alors à Mogador. Dans l'ensemble, les relations entre les Français, les Arabes et les Juifs furent cordiales.

Il n'en demeure pas moins qu en 1942. un décret raciste du gouvernement vichyssois obligea les Juifs à se soumettre à un recensement et à une déclaration de biens. Le rapport du chef des services municipaux daté du 15 avril 1942 décrit l'état d'âme des Mogadoriens : frayeur chez les Juifs, joie chez les Arabes et satisfaction chez les Français. Aussi, le débarquement américain à Casablanca le 8 novembre 1942 fut-il accueilli avec grand soulagement par les Juifs du Maroc. Le protectorat français prit fin avec l'avènement de l'indépendance du Maroc en 1956.

D'illustres commerçants, diplomates, rabbins et érudits vécurent à Mogador. Pour la plupart, les auteurs mogadoriens imprimèrent leurs ouvrages à Livourne en Italie. Mogador fut réputée pour sa tradition de poésies religieuses (baqachot) et par ses ensembles de musique andalouse.

Après la création de l'Etat d'Israël Mogador, comme le reste du Maroc, se vida quasiment de ses Juifs. La plupart émigrèrent en Israël, en France et au Canada. L'appel du sionisme et la crainte ce retrouver une situation d'insécuritf semblable à celle qui existait avant le protectorat français furent les principales raisons du départ des Juifs.

En quelques années, Mogador, qui a certains moments de son existence a été une ville à majorité juive, fut complétement abandonnée de ses Juifs, qui lui gardèrent néanmoins dans leurs coeurs des sentiments de reconnaissance et de tendresse

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