Tehila le David.R.D.Hassine..SYNAGOGUES

TEHILA LE DAVID

Poemes de David ben Hassine

Le chantre du judaisme marocain

Edtion critique etablie et annotee par

תהלה לדוד 001Andre E. Elbaz et Ephraim Hazan

SYNAGOGUES

Au XVIIIe siecle, l'activite creatrice des juifs marocains est incessante, meme aux heures les plus sombres de leur histoire. Aux exactions de toutes sortes qui appauvrissent et deciment la communaute, repond une veritable effervescence intellectuelle, comme si le judaisme marocain meurtri se refugiait dans l'etude, trouvait sa consolation, et la justification de son existence, dans la production d'oeuvres qui affirmaient sa foi dans la perennite et la gloire d'lsrael. Chaque sage se croit litteralement investi de la mission sacree de transmettre la parcelle de l'enseignement divin qui lui a ete revele.

Au debut du siecle, Fez reste le centre inconteste du juda'isme marocain. Ses savants eminents, Yehouda Ben 'Attar (1655-1733) et Ya'aqov Abensour (1673-1752) sont reconnus dans tout le Maroc comme les autorites spirituelles supremes. Meknes beneficie quelque temps du prestige de ces maitres, puisque Yehouda Ben 'Attar s'y refugie en 1701 et de 1721  a 1724    tandis que Ya'aqov Abensour y exerce les fonctions de president du Tribunal rabbinique de 1718  a 1729     A la mort de Ya'aqov Abensour, Fez perd peu a peu sa place preponderate au profit de Meknes, la nouvelle capitale du Maroc sous Moulay Ismail, qui connait un essor intellectuel sans precedent pendant la vie de David Ben Hassine.

Comme tous les rabbins du Maroc, ceux de Meknes s'interessent particulierement au droit hebraique, a la halakha. Presque tous composent des recueils de jurisprudence et de responsa. Les responsa sont des reponses ecrites donnees par des autorites rabbiniques reconnues, a des questions qui leur sont posees sur divers aspects de la halakha, et qui font jurisprudence. Ces responsa constituent souvent des sources inestimables pour l'histoire de la societe juive de l'epoque. A Meknes, ce domaine est particulierement illustre par les oeuvres de Moshe Berdugo, dit Ha-Mashbir, Hayyim Toledano, Mordekhay Berdugo, dit Ha- Marbis, Moshe Toledano, Rephael Berdugo, Binyamin Elkhrief, Petahia Mordekhay Berdugo, et Mimoun Berdugo.

Les rabbins de Meknes ecrivent aussi des oeuvres d'exegese de la Thora et des autres livres de la Bible juive, sans doute basees sur les lecons et sermons qu'ils prodiguent aux fideles. L'exegese du Talmud est relativement moins frequente, car, comme chez la plupart des rabbins sephardis, l'etude du Talmud est surtout consideree comme un moyen d'arriver a des conclusions halakhiques pratiques. Parmi les oeuvres publiees, les plus marquantes sont celles de Moshe Berdugo, Yehouda Berdugo, Moshe Toledano, Rephael Berdugo et Petahia Mordekhay Berdugo.

Pour la premiere fois dans l'histoire des letters juives, l'oeuvre poetique complete d'un paytan marocain, replace dans son contexte historique et litteraire, fait l'objet d'une etude systematique, destinee aux specialistes comme au grand public.

A Meknes, comme dans les autres grands centres de culture juive, les rabbins gardent une conscience aigue de l'heritage spirituel des Megorashim, dont ils se considerent comme les continuateurs historiques directs. Deux dayyanim illustres le proclament hautement en 1720:

Mordekhay Berdugo 1705 – 1762' דברי מרדכי  Meknes 1947.

Moshe Toledano 1724 – 1773 השמים החדשים   Casablanca 1939

 Rephael Berdugo (1747-1821):  משפטים ישרים  (Cracovie,1891   תורות אמת (Meknes, 1939).

Binyamin Elkhrief (mort apres 1798  op. cit.

Petahia Mordekhay Berdugo (1764-1820): נופת צופים (Casablanca, 1938).

Mimoun Berdugo (1767-1824): לב מבין (Meknes, 1940); פני מבין (Meknes,

144. Moshe Berdugo: ספר ראש משביר, commentaires talmudiques (Livourne, 1845); כנף רננים, comm. de la Thora (Jerusalem, 1976).

Yehouda Berdugo (1670-1742): ספר מים עמוקים וספר מקוה המים, commentaires de la Thora (Jerusalem, 1978). Ses commentaires des cinq מגילות sont encore inedits.

Moshe Toledano: מלאכת הקדש, sur-commentaire de רשיי sur la Thora (Livourne, 1803). Deux autres commentaires de la Thora, ספר משחת קדש et נזר הקדש, sont encore inedits.

Rephael Berdugo: מי מנוחות, commentaire de la Thora (Jerusalem, 1905 et Djerba,

  1. ;          שרביט הזהב, commentaires talmudiques (Jerusalem, 1975 et 1978); שלל ריב, commentaire de la Haggada de Pessah (Lod, Israel, 1992). D'autres commentaires de la Thora, מענה לשון et משמחי לב, ainsi qu'une traduction en judeo-arabe des passages difficiles de la Bible juive, sont encore inedits.

Petahia Mordekhay Berdugo: פתוחי חותם, commentaire du Talmud (Jerusalem,1980).

"Ainsi ont enseigne nos Maitres de l'Exil, les sages de Castille, dont nous suivons scrupuleusement les directives … dont nous sommes les descendants, et dont nous buvons les paroles avec avidite".

L'influence des kabbalistes de Safed se fait encore sentir a Meknes au XVIIIe siecle. De nombreux rabbins marocains sont profondement influences par la doctrine mystique de Rabbi Yishaq Louria, dit Ha-Ari Ha-QadoshM Des societes d'etude et de lecture liturgique du Zohar reunissent partout de fervents fideles, meme parmi ceux qui ne comprennent pas le sens des textes. Dans l'un de ses poemes, David Ben Hassine fait allusion a la science de son compagnon d'etude, Zikhri Ben Messas, "verse dans les mysteres des disciples du ARI. Les deux grands maitres marocains de la mystique juive, dont le renom s'etend dans le monde entier, Abraham Azoulay et son disciple Shalom Bouzaglo, sont originaires de Marrakech.

Enfin, au XVIIIe siecle, presque tous les lettres composent des piyyoutim, que l'on retrouve disperses dans d'innombrables anthologies manuscrites ou imprimees. Les grands poetes marocains sont Moshe Abensour et son fils Shalom, de Sale, Ya'aqov Abensour, de Fez, David Ben Hassine, dont nous analyserons l'oeuvre en detail, et Shelomo Halewa, de Meknes.

Lors de sa premiere reunion pleniere en 1947, le Conseil Annuel des Grands Rabbins du Maroc rappelle solennellement cette "influence immense de la culture juive espagnole, dont les puissantes communautes, avec leurs rabbins erudits et leurs savants, vinrent s'etablir au Maroc, ou ils assurerent notre gloire intellectuelle. Ces guides religieux dignes de foi dirigerent le peuple juif dans tous les domaines … de generation en generation, jusqu'a aujourd'hui" (cf. המשפט העברי במרוקו, op. cit., p. 212). Voir de meme Ya'aqov M. Toledano, נר המערב, p. 102, et Yossef Ben Nairn, מלכי רבנן, p. 2a.

  1. Les 48 regies de conduite mystique, diffusees au Maroc par les kabbalistes de Safed des la fin du XVIe siecle, sont encore pieusement recopiees a Meknes en 1746 (cf. Ya'aqov M. Toledanoאוצר גנזים, op. cit., pp. 48-51)
  1. Sur cette lecture rituelle du Zohar, voir Abraham Stahl, "Ritualistic Reading among Oriental Jews", Anthropological Quarterly 52 (1979): 115-120.
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