ארכיון יומי: 1 ביולי 2015


Premiere periode L'HISTOIRE des JUIFS du SUD AVANT COLOMB-BECHAR

Premiere periode

Jacob Oliel

L'HISTOIRE des JUIFS du SUD AVANT COLOMB-BECHAR

Par ailleurs, «l'histoire a conserve le souvenir d'un sultan qui, au IX° siecle de I'hegire, detruisit toutes les palmeraies de la region de Colomb-Bechar.»

 Toujours est-il qu'avant l'installation des Francais dans ces regions du Maroc, la situa- tion des Juifs etait des moins enviables : soumis au statut de dhimmis qui leur imposait des conditions inhumaines, les sujets israelites vivant dans les regions de la dissidence, le Blad es Siba, loin de l'autorite du Sultan, subissaient les abus, les vexations, injures, agressions… sans pouvoir ni se defendre, ni en appeler a l'arbitrage de juges, la parole d'un Juif n'ayant aucune valeur devant un tribunal musulman.

Isabelle Eberhardt fut le temoin privilegie de la vie des Juifs tafilaliens, juste avant leur exode ; insensible, voire meprisante, elle nous permet neanmoins d'analyser la situation des communautes soumises a l'lslam :

«Dans [le] labyrinthe des rues de Zenaga [Figuig], il est un coin de nuit plus profonde, d'etouffement et de salete contrastant avec les autres quartiers d'une si surprenante nettete ou flottent seules des odeurs humides de terre tres vieille, et quelquefois des relents de benjoin s'echappant des koubba et des mosquees. C'est le Mellah, le quartier ou s'entassent les Beni-Israel besogneux, prolifiques, courbes sous le joug musulman, sans voix a la djemaa, tout comme les Kharatine noirs, mais point persecutes cepenclant. Etrangement, la jeune femme si sensible par ailleurs, ne cherche pas a connaitre et comprendre les causes du malheur de ces Juifs vivant dans l'obscurite de ce qu'elle-meme regarde comme un cachot.

Quand, pour la premiere fois, je penetrai dans une maison juive du Mellah de Zenaga, ce fut en compagnie d'un mokhazni et d'un juif de Kenadsa. Nous venions pour voir des bijoux.(…)

Dans le sombre Mellah, dans l'obscurite lourde, une puanteur nous prit a la gorge. Pour trouver la porte doublee en vieux fonds de bidons a petrole, il nous fallut frotter une allumette. Enfin, on nous ouvrit, lentement, avec mefiance, une cour irreguliere, etroite et profonde comme une piece, avec, tout autour, aux deux etages, une large galerie ouverte, precedant les chambres aux plafonds bas.

Un jour gris, un jour faux de cachot, tombait sur le sol jonche de detritus, trempe d'eaux grasses.

La, grouillait une nuee d'enfants roux en gandoura sales. lis s'enfuirent a notre entree, se tassant derriere les piliers noircis de graisse, tout luisants.

Une acre fumee de palmes seches montait, rampant le long des murs couleur de suie. Dans les coins c'etaient des tas d'ordures, de chiffons, de vieilleries informes, jamais remuees depuis des annees.

Le statut de DHIMMl, imposé aux Juifs vivant en terre d'Islam, les maintenait dans un état d'abaissement, par lequel ils devaient payer un impôt spécial, porter un vêtement distinctif ridicule ; les armes, le luxe, le cheval leur étaient interdits (ils ne pouvaient monter qu'un âne) ; en ville céder le trottoir aux Musulmans auxquels ils devaient le respect et aller pieds nus en passant devant une mosquée… de surcroît, ils devaient endurer de voir déverser les ordures aux portes de leur mellah, sans pouvoir les déblayer.

la qubba est. en principe, le dôme de la mosquée ; ici le mot désigne un tombeau

  1. Eberhardt appelle Kharatine les anciens esclaves africains, les Haratine (au singulier Hartani )

mokhazni (de Makhzen) : au Maroc fonctionnaire du Sultan ; dans l'armée française, le Makhzen était un corps composé de militaires supplétifs

TÉMOIGNAGES SUR LA CONDITION DES JUIFS AU MAROC

Il etait une fois le Maroc

david bensoussanTemoignage du passe judeo-marocain

David Bensoussan

TÉMOIGNAGES SUR LA CONDITION DES JUIFS AU MAROC

Évoquons le statut de dhimmi qui fut celui des Juifs et des Chrétiens au Maroc

Le statut des Juifs et des Chrétiens est régi par le Pacte d'Omar : Ces Peuples du livre ont droit de cité à la condition de payer une taxe spéciale : la jiziya. Leur témoignage n'est pas valide par-devant les cours de justice musulmanes. Ils doivent porter des vêtements spéciaux et se déchausser en passant devant une mosquée. Enfin, ils doivent faire preuve d'un grand respect envers les Musulmans. Il faut noter que la taxe spéciale doit être payée en faisant preuve d'humilité, ce qui s'est historiquement traduit par une gifle donnée au représentant de la communauté juive alors qu'il en remettait le montant. L'orientaliste Bernard Lewis rapporte dans son ouvrage The Jews of Islam l'opinion d'un juriste médiéval sur la jiziya : « Quand le dhimmi paye, il doit être debout alors que le percepteur est assis. Le collecteur doit le saisir par la peau du cou, le secouer et lui dire: « Paye la Jiziya ! » et quand il paye il doit être giflé.» Par ailleurs, durant les fêtes musulmanes, les communautés juives offraient des présents de très grande valeur au monarque. Les Juifs étaient cantonnés dans des quartiers spéciaux : les Mellahs. Ils y vivaient dans une densité inouïe : Dans L'histoire des Juifs d'Afrique du Nord, André Chouraqui précise qu'encore en 1940, la densité de la population par kilomètre carré s'élevait à 215 000 à Casablanca, 128 000 à Marrakech, 110 000 à Fès, 62 000 à Mogador etc. Les Juifs ne pouvaient pas, en théorie, posséder de terres hors du Mellah. Il arrivait que les Juifs fussent contraints de rester enfermés au Mellah jusqu'à paiement de la totalité de la jiziya

À titre indicatif, en 1847, la jiziya en francs français de l'époque s'élevait à 10 000 francs à Mogador, 25 000 francs à Meknès, 9 000 francs à Tétouan, 15 000 francs à Meknès, 12 000 francs à Marrakech, 15 000 Francs à Salé, 5 000 francs à Tanger, etc

De façon générale, les conditions de vie pouvaient varier. Les Juifs de cour jouissaient d'un statut particulier mais devaient malgré tout porter une attention extrême, car l'attitude du souverain envers eux pouvait changer suite à un simple caprice. Le petit peuple pouvait être soumis à des vexations et des razzias. De façon générale, les périodes de désordres politiques se sont souvent accompagnées de persécutions : il en allait unsi lors de la mort d'un souverain, par exemple. Toutefois et genéralement parlant, le mode de vie commun aux Musulmans et aux _Juifs a permis de tisser malgré tout des liens durables qui furent soumis  l'épreuve de façon intermittente

Comment ces limitations se traduisaient-elles en pratique ?

Les voyageurs qui traversaient le Maroc étaient offusqués par la condition des Juifs. Il y aurait de quoi remplir un ouvrage entier de descriptions horrifiantes. Il faut prendre en considération que les voyageurs européens avaient tendance à mettre en évidence une image negative des pays non chrétiens et que certains reportaient peut-être l'image des Juifs de leur pays sur celle des Juifs du Maroc. Il n'en demeure pas moins que la description qu'on en fit en différentes epoques et émanant de voyageurs de nationalités diverses, montre des constantes reflétant un état des choses alarmant: au XVIIe siècle, Germain Mouette qui passa onze ans au Maroc, écrivit : « Les Juifs sont grand nombre dans la Barbarie, et n'y sont pas plus estimés qu' ailleurs; au contraire, s'il y a quelques immondices à jeter dehors, ils y Sont les premiers employés. Ils sont obligés de travailler de leurs métiers pour leur nourriture seulement, et sujets à souffrir les coups et les injures de tout le monde, sans oser dire une parole à un enfant de six ans qui leur jettera quelques pierres.» Toutefois, vus de l'intérieur, leur portrait est tout autre. Dans l'ouvrage The present state of the Jews in Barbary publié en 1675, Lancelot Addison qui fut l'aumônier de la garnison britannique a Tanger observait que « la condition des Juifs du Maroc n'était rien d'autre qu'une meilleure forme d'esclavage… Leur conduite est droite, conforme aux lois d'une vie très civilisée. On ne peut leur reprocher aucune des débauches qui ont si grande réputation parmi toutes les nations chrétiennes, en scandale et en contradiction avec leur nom et leur profession, fornication, adultère, ivrognerie, gloutonnerie, vanité, sont si loin d'être leur lot, que leur pratique, fréquente parmi les Chrétiens, les scandalise

Studies in the history of the jews of Morocco David Corcos

Another branch of the Corcos family went to Morocco where they were foremost among the leaders of the "exiled" (m'gurdshim), as the Spanish Jews proudly called themselves. Several members of the family figure among those who signed the takkandt (ordinances) of the Spanish Jewish communi­ties: Hayyim Corcos signed a takkana in 1549, Joshua was a well-known rabbi in the middle of the 16th century and a firmatory of several takkandt, while Joshua's grandson, Joshua ben Jacob, was a leader of the Moroccan Jews in the second half of the 16th century. Ere long the Corcos were called to other Mediterranean countries. Everywhere they occupied the position of esteemed spiritual leaders of the Jewish communities. Moses ben Abraham Corcos, born in Fez, was in the second half of the 16th century dayyan in Tunis, and Joseph ben Joshua Corcos lived in the 18th century in Gibraltar, where he wrote his Yoseph Hen, homiletic commentaries on the Pentateuch (printed in Leghorn, 1825) and his Shfur Koma, a liturgical work containing texts from the Zohar (printed in Leghorn, 18 ll)

It goes without saying that some members of this family, which distinguished itself through the centuries by its faithfulness to Judaism, went to Palestine. One of them was Isaac Corcos, who lived in the first half of the 16th century. He was first rabbi in Egypt and then in Jerusalem. Another was Joseph Corcos, the author of a commentary on the Mishne Tora, the great codex of Maimonides. He lived in the second half of the 16th century in Palestine. His work was printed in Smyrna in 1757 and most recently in Jerusalem in 1958 and 1966. He wrote commentaries on sections of the Talmud, for example K'thubhot, and also left juridical decisions, some of which are included in the collection of Joseph Caro called Abhkat Rokhel.

When the Jews were again allowed to live in England, some members of the Corcos family settled there. Judah ben Yehiel Corcos (d. 1733) was one of the first members of the congregation of "Spanish and Portuguese Jews" in Lon­don. In 1742, Joshua ben Joseph Corcos, a rich merchant, settled in London. Other Corcos were in the 18th century successful merchants in Algiers and Leghorn, then one of the most active ports of the Mediterranean and the seat of a flourishing Jewish community.

However, the achievements of all these branches of the Corcos family cannot be compared with the great role that it played in the economic life of Morocco and in the life of Moroccan Jewry. For a long period the Corcos fulfilled the task of "the sultan's trader" and held a high position at court. First Abraham ben Judah Corcos (d. 1797) became "sultan's trader" and his descendants held this position until 1893. In the course of time the members of this distinguished family were also entrusted with the representation of the interests of Christian powers, and duly appointed consuls. From the foundation of Mogador, the Corcos family held a foremost place in it. Maimon ben Isaac Corcos (d. 1799), a rich merchant, was one of the founders of the Jewish community in Mogador. In 1822 Solomon ben Abraham Corcos be­came the British consular agent. His sons Jacob (d. 1878) and Abraham (d. 1883) undertook various missions for the sultan. Abraham, in 1862 appointed United States consul in Mogador, received Moses Montefiore and aided him in his activities on behalf of Moroccan Jewry. After his death his son Meyer (d. 1931) was American consul in Mogador. He was also learned in Jewish lore and wrote a book about the laws of the Sabbath and Passover. This book, called Ben Meir, was printed in Jerusalem in 1912. A cousin of Meyer's, Joshua ben David Hayyim of Marrakech (d. 1929), was banker to the sultan and for forty years the spokesman of Moroccan Jewry.

Some Corcos emigrated to Central and North America and there too they distinguished themselves in public life. Among these members of the family there should be mentioned Moses who returned with his wife Stella from England to Mogador. In 1884 Stella Corcos founded in Mogador a school for Jewish girls whose language of instruction was English. Other members of the ramified Corcos family lived in France. Fernand Corcos (1875-1956) was a highly esteemed lawyer in Paris and wrote several books. He was also a fervent Zionist and published a two-volume book: Le Sionisme au travail (Paris 1923-25).

com.juives sahariennes.M. Abitbol

Cette théorie fut particulièrement mise en valeur par M. Eisenbeth; nous la résumons en classant ses différentes propositions

  1. Arrivée en Afrique d'Hébreux mêlés aux Tyriens lors de la fon­dation des villes phéniciennes.
  2. La Carthage punique aurait connu une importante communauté juive
  3. Immigration forcée de Juifs en Egypte et en Cyrénaïque sous les Lagides et expansion consécutive jusqu'en Afrique du Nord
  • Immigration de Juifs en Arabie dès le règne de David, établisse­ments au Yémen puis en Abyssinie et expansion vers le Sahara
  1. Déportations de Juifs en Afrique par Titus après la destruction du Temple en 70
  2. Apparition en Afrique du Nord, au Ve siècle, de tribus judéo- berbères "qui semblent avoir été converties au judaïsme par les des­cendants d'Onias, le Zélote, après l'échec de l'insurrection juive en Cyrénaïque (115-118).
  3. Apparition en Afrique du Nord, au Ve siècle, des Berbères judaïsants d'origine himiarite, c'est-à-dire du Yémen, qui paraissent avoir pénétré sur le continent par l'Abyssinie vers la fin du Ile siècle (cf-proposition n° 3)

Plus simple nous semble l'hypothèse de M. Simon qui s'appuie en premier lieu sur une proposition souvent citée d'Ibn Khaldoun selon qui le Judaïsme avait été reçu par une partie des Berbères "de leurs puissants voisins les Israélites de Syrie". Car le Judaïsme rural du Maghreb s'enorgueillit d'une généalogie qui ferait remonter l'ori­gine des Berbères jusqu'aux Cananéens. Cette tradition paraît chez Procope au Vie siècle mais, antérieurement, nous en trouvons des traces chez Saint-Augustin au début du Ve siècle, et plus ancienne­ment encore chez Flavius Josephe

 Des traditions analogues subsistent chez les rabbins du Moyen Age mais M. Simon estime qu'il s'agit d'une légende née très tôt dans les milieux Juifs d'Afrique. En fait la prétendue origine cananéenne des Berbères conserve tout simplement le souvenir de l'ancienne expansion phénicienne en Afrique

 On sait combien fut importante et profonde l'influence punique sur les Afri­cains qui conservèrent la langue de Carthage et certaines croyances religieuses, bien des siècles après la destruction de la ville. Pour M. Simon les communautés Juives de l'Antiquité et du Moyen-Age ont deux origines principales. La première serait une immigration des Juifs héllénisés de la Diaspora occupant les villes du littoral, comme le feront aux Temps modernes les Juifs européens. Ce sont ces Juifs qui nous ont laissé quelques traces archéologiques. Le deuxième courant, plus important mais plus discret, est constitué de Juifs traditionalistes, gardiens de l'esprit zélote qui, fuyant la Cyrénaïque et l'Egypte, trou­vèrent en Tripolitaine et dans le Sud-tunisien un milieu particulière­ment favorable, préparé par une profonde et durable punicisation. Ces Judéo-Berbères auraient assuré, en Afrique, un pont entre Carthage et l'Islam

Ces différentes hypothèses reposent sur l'opinion très largement ré­pandue que les Juifs d'Afrique du Nord et particulièrement ceux des régions prédésertiques sont les descendants, pour la plupart, de Ber­bères convertis au Judaïsme. Il est, en effet, difficile de ne pas parta­ger cette opinion, mais comment et dans quelles conditions s'est effectuée cette conversion?

Quand on examine de plus près les données archéologiques relatives au Judaïsme dans l'Antiquité on est surpris de la faiblesse de ces sources.

En premier lieu, il faut avouer que nous n'avons aucune trace ar­chéologique ou épigraphique venant étayer l'hypothétique existence d'une communauté juive dans la Carthage punique ou dans toute autre ville phénicienne d'Afrique. Il est notoire que la Bible connaît mal Carthage. Les Septantes traduisent les "navires de Tarsis" (Isaïe 23, 1) par les "navires de Carthage". La même traduction est adoptée pour Ezechiel 27, 12 tandis que le Targum de Jonathan traduit Tarsis par Aphrîqî = Afrique = Carthage aussi bien dans I. Chroniques 22, 48 que dans Jérémie 10, 9. Ces curieuses traductions apportent la démonstration que du VIIe au Ve siècle les Juifs de Palestine sem­blaient tout ignorer de Carthage qui était cependant la principale ville sémitique d'Occident.

Quoi qu'il en soit on peut admettre l'existence de quelques familles juives à Carthage qui, du IVe au Ile siècle, était devenue une ville très cosmopolite.

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