Manifestations d'hostilité aux juifs

le-mossadManifestations d'hostilité aux juifs

Au mois de mars 1962, suite à l'ambiance créée par la presse, nous sommes témoins  d'actes d'hostilité de la part de jeunes Marocains contre les juifs. Le journal Itihad : -publie un article intitulé "La sortie des juifs continue" et rapporte que le 8 du mois, un bateau avait quitté Tanger avec à bord de centaines de juifs qui se dirigent vers la Palestine et non comme le prétendent les autorités vers d'autres destinations. Ces juifs vont coloniser le Néguev et prendre la place de réfugiés palestiniens. Les dockers du port sont au courant du "scandale" et en sont choqués. Le journal rapportait qu'un groupe de jeunes de Tanger avaient envahi une librairie et menacé de la détruire si les ouvrages sionistes n'en étaient pas retirés de la vitrine. C'était une des séquelles du choc de la sortie de ce bateau, un incident sans précédent dans la ville.

Fin mars, c'es le viol par 4 musulmans de l'épouse du rabbin de Marrakech, Mme Habiba Arzouane, 64 ans. Ils avaient d'abord commencé par lui promettre la vie de palais si elle acceptait de les suivre et de se convertir à l'islam. Le viol fut accompagné par des blessures corporelles. La police alertée, ouvre une enquête. A Casablanca le même mois, un voyou musulman attaque une femme bien connue dans la communauté. Un instituteur juif reçoit une lettre d'injures et de menace de mort.

Le 24.3.62 on découvre sur les murs de maisons juives des inscriptions formées des lettres S.X. dont on ignorait les auteurs. Le président de la communauté Meir Obadia demande une audience au gouverneur pour l'informer de l'incident. Le colonel Driss est convaincu que c'est l'initiative de jeunes voyous. Le journal Le Jeune Maghrébin, autorisé à reparaître après une longue interruption, accuse les juifs de ne pas avoir pavoisé et décoré leur maisons de drapeaux nationaux à l'occasion des fêtes de l'Indépendance, ce qui était totalement faux. Il y a eu certainement quelques magasins qui n'ont pas pavoisé, mais ils appartenaient sans doute à des Européens.

Malgré cette campagne dans la presse en arabe et la politique des autorités il est difficile de dire que cela ait entraîné des manifestations d'hostilité dans des cercles marocains bien définis.

L'attitude des partis politique fut diverse. Quant au public Marocain en général, il a eu trois attitudes: la première: l'apathie, la seconde: l'opposition aux départs, la troisième: favorable à la liberté de circulation pour les juifs. De nombreux cercles ont assisté dans le calme aux événements. Au début, il y eut un certain émoi, soit en raison des préparatifs des juifs, soit par les dettes laissées par les partants, en particulier les loyers impayés. Dans la suite, le public marocain s'est habitué à la délivrance de passeports. Comme la majorité des partants venaient des couches pauvres et moyennes, la vie commerciale ne s'en est pas trop ressentie

et le grand public ne suivait pas avec une attention particulière la progression des . chiffres des départs. L'opposition à la sortie des juifs était particulièrement forte dans les cercles dirigeants de la gauche et de l'Istiqlal. Principalement en raison de leur sensibilité à la solidarité arabe et de la conviction que le Maroc pouvait tirer profit de la présence juive.

I est difficile de définir le cercle des partisans de la liberté de circulation. Il convient de rappeler la déclaration d'Allal Elfassi qui y a vu une partie intégrante des droits de l'homme.

1l convient de souligner que nombre de musulmans ont pris congé amicalement de leurs connaissances juives avant leur départ. Citons le cas particulier du village Amizmiz où les habitants ont accompagné leurs juifs avant le grand départ.

Libéralisation sans proclamations

Le gouvernement marocain n'a pas annoncé un revirement de sa politique même lorsque la pression de la presse en arabe ait amené un arrêt provisoire des départs, ni accepté d'ouvrir un débat sur la question. Il a préfère voir le calme revenu pour reprendre la libéralisation dans l'attribution de passeports. En politique étrangère, le Maroc a continué à prétendre qu'il n'y avait aucun changement au-delà des déclarations passées sur la liberté de circulation. Dans une déclaration du 25 mars 1962, le ministre des Affaires Étrangères, Ahmed Balafredj à la Commission Arabe Supérieure, affirme que le Maroc reste et restera toujours fidèle à ses principes, jusqu'au retour des réfugiés palestiniens dans leurs foyers.

Le régime démocratique est basé sur la liberté de circulation et rejette toute distinction entre ses citoyens, qui sont tous des Marocains à ses yeux, les juifs ont les mêmes droits que les citoyens musulmans et c'est à ce titre que les juifs reçoivent des titres de voyage pour les besoins de leurs affaires. Le Maroc est opposé à l'émigration de ses citoyens vers la Palestine, et interdira l'activité de toute organisation encourageant l'émigration hors du Maroc. Une réponse analogue fut donnée à une demande d'information du gouvernement libanais. La situation était en fait que d'un côté, les responsables des services de sécurité étaient au courant de la sortie des juifs du pays, et de l'autre côté les autorités continuaient à veiller à ce qu'aucune activité sioniste n'y soit menée. Il est possible que nombre d'officiers de police aient été influencés par les articles de presse.

Le 25 mars, il y eut une vague d'arrestations à Casablanca. Des femmes et des jeunes filles juives ont été arrêtées et menées au commissariat. La police prétendait qu'il s'agissait de coupables d'incitation à la prostitution. En fait les arrestations ont été opérées sur la Place de Verdun au centre du quartier juif. Il s'avère que 20 des femmes arrêtées revenaient de leur travail ou avaient accompagné leurs jeunes frères a l'école.

Le Président du Comité de la Communauté, Méir Ovadia, est intervenu pour certifier les bonnes mœurs des détenues, mais la police s'était acharnée à les garder en détention et elles passèrent la nuit au commissariat.

Il est difficile de comprendre cette conduite de la police qui connaissait la vérité, à savoir que ces jeunes filles ne se livraient nullement à la prostitution. On apprit également que le directeur de l'école de l'Alliance à Marrakech, René Camille, de nationalité françâise, avait été arrêté pour activité sioniste. Il devait rester détenu en secret pendant deux mois sans être déféré devant aucun juge avant d'être libéré fin mars.

La libéralisation dans l'octroi des passeports était sensible principalement à Casablanca et a Fès et un peu â Tanger.

A Casablanca, les chiffres étaient très élevés, se montant à plusieurs milliers par mois grâce à la bonne volonté manifestée par son gouverneur, le colonel Driss Ben Omar.

Des soupçons de corruption dans l'octroi de passeports devaient amener le limogeage d'un des responsables et à la réorganisation du service des passeports, desormais divisé en quatre départements distincts. Soit dit en passant, un grand nombre d’employés juifs ont été recrutés dans ce cadre. A la tête de chaque département fut placé un directeur. Le premier était chargé de recevoir la demande le passeport, accompagné des documents nécessaires.

Le demandeur reçoit un récépissé avec un numéro et la date de l'ouverture du dossier. Le second service préparait les passeports, le troisième y apposait les tampons et le quatrième préparait les listes. Cette réforme était entrée en vigueur à la mi-mars.

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