ארכיון יומי: 12 בספטמבר 2015


Les veilleurs de l'aube-V.Malka

L'étonnant avec un tel personnage et ce qui frappait en premier chez lui, c'est qu'avant d'être un musicien accom­pli et un fin poète, Bouzaglo était d'abord un homme d'une foi profonde. Il l'exprimait dans les larmes qui, durant les veillées du shabbat, perlaient de temps à autre à ses yeux éteints. Il la disait avec grâce et puissance le jour de Kippour, alors qu'il dirigeait les offices à la syna­gogue et que des centaines de fidèles venaient l'écouter. La solennité de Kippour prenait avec lui une dimension particulière. Métaphysique et solaire. « C'était quelque chose de très impressionnant » dit Haïm Louk. « Il m'arri­vait de déserter ma synagogue pour aller ce jour-là l'écou­ter », dit de son côté le rabbin Méir Attias. Il faut avoir vécu cela, ne fut-ce qu'une fois, pour comprendre le concept juif de repentance et de techouva (retour). Les fidèles l'écoutaient comme s'il se fut agi du grand prêtre, officiant avec majesté au Temple de Jérusalem. Ils sui­vaient tous dans un rituel. Lui connaissait tout, par la force de sa disgrâce, par cœur. Il lui arrivait même de corriger de la voix le texte écrit dans les livres. Et nul parmi les fidèles ne se serait autorisé à faire la moindre observation.

  1. Un expert de l'œuvre de David Bouzaglo, Méir Attias, nous a confirmé cette confidence du poète, au cours d'une rencontre dans son domicile à Jérusalem, le 29 janvier 2009.

Tous savaient qu'il avait sûrement raison contre le livre qu'ils tenaient à la main.

On pouvait alors reprendre à son propos ce que le grand écrivain du monde ashkénaze Cholem Aleikhem disait du chantre Yossele :

Jamais fidèle parmi ceux qui priaient n'entendit une telle prière. […] Sa voix était tendre comme s'il voulait réveiller le cœur du public et lui rappeler qu'il y a dans le monde des pauvres infortunés et que le devoir de cha­cun était de voler à leur secours et de les aider afin qu'ils ne meurent pas de faim. […] Et le public était fasciné comme s'il se trouvait dans un autre monde.

Du chantre Yossele Rosenthal le grand rabbin d'Israël, Abraham Kook, dit en son temps : « Des anges chantaient par sa voix. »

La foi de ses pères, David Bouzaglo la chantait dans le moindre de ses poèmes, dans le plus banal ou le plus ordi­naire de ses chants. Elle était sérénité, acceptation de son sort parce qu'on ne discute évidemment pas les décrets du ciel. Elle était aussi interrogation. Mais elle était surtout humilité. Nulle trace d'agressivité. Rien d'un homme pré­somptueux ou d'un donneur de leçons. Cette foi était sup­plication et dialogue avec le ciel. Un homme prie en pleurant et en levant ses yeux morts vers le maître des univers et des destinées humaines, et les fidèles, jeunes ou vieux, lettrés ou pas, en ont les tripes remuées.

Il arrivait aussi que cette foi s'exprime concrètement dans la vie pratique (« La foi qui n'agit point, est-ce une foi sincère ? » disait un autre poète, français celui-là). Ainsi cet homme qui, comme tous ceux qui, avant lui, avaient choisi le même type d'activité, avait bien du mal à joindre les deux bouts, réservait-il la moitié de ses gains à une institution appelée tsédaka basséter. Il s'agissait de donner à des pauvres sans se faire connaître. Anonymement. Un homme donne à un autre qui donne au nécessi­teux, celui-ci ignorant du coup la réelle identité de son bienfaiteur. La chose étant secrète, comment la sait-on alors ? Les disciples du maître, témoins de la chose, s'en vont répéter cela dans la ville.

David venait en aide également à des chantres synagogaux vieillissants, en espérant, malgré sa cécité, ne jamais se trouver lui-même dans leur situation et leur désespoir, abandonnés un jour par leurs cordes vocales puis par leurs fidèles. Et, plus grave encore, par leurs mécènes.

Epreuves et liberation. Joseph Toledano

epreuves-et-liberation

Redoutant les effets néfastes de ce boycott, l'Allemagne pressa les autorités du Protectorat d'y mettre fin, avant qu'il ne se développe davantage, arguant de la clause de la " porte ouverte ", adoptée par la Conférence d'Algésiras de 1911. Ce dernier garantissait la liberté de commerce à toutes les nations et interdisait toute mesure discriminatoire contre l'un des pays signataires. Au-delà de l'impact économique, entraient aussi en ligne de compte les considérations de prestige. Il était insupportable pour Berlin que le Maroc, sur lequel, jusqu'au début des années 1910, elle avait disputé la prédominance à la France, soit le seul pays économiquement fermé devant elle ! A Tanger, ville ouverte à tous, en raison de son statut international, les appels au boycott prirent un ton encore plus militant, comme le rapportait le représentant des intérêts économiques allemands dans la ville. Il fit état d'un long tract en espagnol signé Yeshouron, diffusé le 19 mai 1933, qui justifiait l'abstention des délégués de la communauté juive à l'Assemblée Législative, dans le vote sur le nouveau statut des agents économiques allemands au Maroc. Le tract expliquait qu'en l'absence de possibilité de pression politique, le boycott était un moyen de défense légitime non violent contre le monstre nazi. Les consignes de boycott concernaient les marchandises et les navires allemands, l'interdiction de louer des bâtiments ou des équipements, de travailler dans les firmes allemandes ou d’employer des salariés allemands, de leur fournir la moindre information. Il s'agissait de dénoncer aux autorités les actions de propagande politique allemande, bref de prévenir toute relation commerciale, sociale et culturelle avec les Allemands, tant que Hitler n'aurait pas changé sa politique " qui aboutit à la destruction de la science et du progrès

La réaction française au mouvement de boycott ne pouvait être qu'ambiguë. D'un côté, les milieux coloniaux, satisfaits de cet affaiblissement de la concurrence allemande, craignaient de plus que, sous couvert d'ouverture économique, Berlin ne renforce son influence politique alors que la guerre du Riff avait prouvé la vivacité du nationalisme marocain. De l'autre, le ministère des Affaires Étrangères ne voulait pas d'épreuve de force avec le nouveau régime nazi. Il lui fallait également tenir compte des menées espagnoles qui saisissaient toutes les occasions pour critiquer la politique française au Maroc – comme le faisait par exemple le journal de Madrid La Opinion 

L'origine de la réaction vigoureuse des Juifs du Maroc contre l'Allemagne s'explique par les informations persistantes et étendues sur plusieurs colonnes que les journaux de la zone française donnent aux persécutions nazies. Cette campagne est menée au moment même où l'on discute de la réouverture des consulats allemands dans cette zone. Nous aussi protestons contre les atteintes aux droits de l'homme commises par les nazis, mais nous ne pouvons pas ne pas souligner la façon dont cela est exploité par les Français à leur avantage propre

En conséquence, sur les consignes de Paris qui ne voulait surtout pas envenimer inutilement ses relations avec Berlin, la Résidence demanda avec fermeté aux dirigeants de la communauté juive d'adopter un profil plus bas — pour éviter aussi d'indisposer la population musulmane, peu habituée à voir les Juifs prendre publiquement position sur une question politique. En effet, au boycott économique s'ajoutaient la condamnation morale, l'expression politique de la solidarité avec les frères opprimés, alors que la Résidence était accusée de ne pas accorder la même liberté aux manifestations de solidarité avec les "frères musulmans de Palestine ". On s'étonnait dans les milieux musulmans de voir les Israélites des grandes villes organiser des réunions de protestation contre l'antisémitisme hitlérien. En effet, à l'époque des incidents en Palestine en 1929, les Musulmans s'étaient heurtés au refus formel de tenir des meetings de ce genre et à l'interdiction de toute quête en faveur de leurs coreligionnaires. Les commerçants musulmans, de leur côté, s'insurgeaient contre les projets de boycottage des produits allemands au moment où ils avaient envisagé, avec satisfaction, la réapparition sur le marché marocain de marchandises d'un " négoce profitable 

Dans son rapport à Paris, le Délégué à la Résidence, Urbain Blanc, écrivait : "Jusque-là, les Juifs prenaient soin de passer inaperçus et voici que maintenant, ils apparaissent au grand jour comme une masse homogène, consciente de sa force et de sa valeur… suscitant en retour l'antisémitisme de leurs voisins musulmans… L'Arabe réagit — telle est la cause de l'antisémitisme. C'était de l'imprudence, l'organisation de ces meetings où les indigènes ont vu avec surprise les hommes du mellah mêlés aux Israélites plus évolués, associés intimement pour manifester leur solidarité avec les persécutés d'Allemagne

Pour le conseiller commercial de l'Allemagne au Maroc également, c'étaient bien les consignes de boycott qui étaient à l'origine des incidents sporadiques entre Juifs et Arabes. Dans son rapport à Berlin, il prétendait que la grande hostilité des Arabes envers leurs voisins juifs s'expliquait par la manière dont les journaux français du Maroc (paraissant également en langue arabe) avaient monté en épingle les atrocités dont seraient victimes les Juifs en Allemagne — afin de porter atteinte au commerce allemand dans ce pays. Mais ce soutien moral accordé aux Juifs, les avait rendus arrogants dans leurs relations avec les Musulmans qui profitaient, selon lui, de la moindre occasion pour se venger

Reflexions sur l'origine des Juifs des regions nord-sahariennes

A cette présence judaïque qui dans l'Antiquité nous paraît relative­ment faible, bien que plus importante que dans les autres provinces de l'Occident, s'oppose curieusement l'ensemble des documents du Moyen Age et des Temps modernes qui révèlent une toute autre ampleur des communautés Juives chez les Berbères

Il serait trop long, et cela dépasserait largement les dimensions que nous voulons donner à cette communication, de faire seulement le recensement de tous les textes qui montrent un renversement complet de la situation. Dès les débuts de l'époque musulmane, au moment même de la Conquête, il semble bien que les communautés juives apparaissent non plus dans un cadre urbain, comme sous l'Empire romain, mais organisées en tribus. Même si nous faisons preuve d'un esprit hypercritique à l'égard de sources, qui paraissent en grande partie légendaires, nous ne pouvons repousser totalement l'impression très nette d'une augmentation de la population juive ou judaïsante à partir du Ve et surtout du Vie siècle et d'une ruralisation de cette population. Certes, on insiste certainement à tort sur le personnage de la Kahéna, reine de la tribu aurasienne des Jarawa qui comme la plupart de ces contribules aurait été de religion juive. Cette héroïne berbère s'appelait en réalité Dahiya et son père Mathia porte un nom hébreu mais qui peut être aussi chrétien. Il n'est pas impossible que le surnom qui lui a été donné par les auteurs arabes "Kahina" (devineresse) ait contribué à accréditer son origine juive par confusion avec le nom de Kohen. Il n’empêche que des tribus entières comme les Mediouna étaient et restèrent juives. Le nom de Medioni est d'ailleurs exclusivement porté par des Juifs au Maghreb. Cette tribu nomadisait dans le Maghreb central, dans l'actuelle Wilaya de Tlemcen. Pendant les premiers siècles de la domination musulmane des principautés juives ou de Berbères judaïsants s'organisèrent; celle du Touat ne disparaîtra qu'au XVe siècle. Dans les nouvelles villes, comme dans les anciennes cités, des communautés juives prospèrent: à Kairouan, où brille l'école rabbinique la plus célèbre après celle de Bagdad et où, sous les derniers émirs aghlabites et le premier calife fatimite, la médecine de cour est assurée par des Juifs tels Ishak ben Amrane et Ishak ben Soleîman; à Fez, où, dès la fonda­tion, les Juifs occupent tout un quartier, celui d'Aghlen et où le gram­mairien Iehouda ben Karish, né à Tahert, participe sous Idriss II à la jeune renommée de la capitale. Comment s'étonner, dès lors, que les Juifs participent activement à la vie politique? Souvent conseillers des émirs, ils n'hésitent cependant pas à donner le signal de la révolte tel cet Abou el Faradj (l'homme au coq) dont An Nuwayri dit qu'il était Juif et qui, au Xe siècle, souleva les Kétama contre les Zirides

Or cette population judéo-berbère était, pendant le Haut Moyen Age, bien plus importante, relativement à l'ensemble de la population, qu'elle ne le devînt au cours des siècles car il faut tenir compte des conversions forcées et massives exigées par les Almohades au Xlle Maïmonide, trois siècles avant les Marranes, précise à cette occasion que la conversion cachée n'est pas un péché si elle s'accom­pagne d'une fidélité secrète. Il n’empêche que des communautés en­tières comme celles de Tlemcen et de Sigilmassa disparurent alors. Les siècles suivants virent ainsi disparaître celles de Tamentit et du Touat, et encore au XVIIIe siècle, si on croit A. Cahen, qui écrivait en 1866, les Juifs de Touggourt furent contraints de se convertir à l'Islam par décision de Bou Djellab, sultan de la ville. Ces convertis constituèrent le groupe social des Mehadjerin, qui demeure le plus riche de la ville et garda des relations étroites avec les communautés juives des autres villes du désert

Ce peuplement fut, en effet, particulièrement important dans la zone prédésertique et c'est, je crois, cette répartition qui peut nous donner la clé de son origine. Recherchons tout d'abord l'âge des premières manifestations. Certes, Saint Augustin nous fait connaître la présence de Juifs à Tozeur" mais c'est là un fait isolé et qui peut être mis en relation avec les communautés tripolitaines. On peut songer à des groupes de commerçants établis dans le Nefzaoua et le Djerid pour le commerce des dattes et des produits caravaniers. En fait l'arrivée massive de Juifs ou la conversion de nombreux Berbères au Judaïsme -"est faite dans ces régions avant la conquête arabe, comme tend à le montrer l'histoire, même légendaire, de la Kahina

De nombreux auteurs pensent expliquer cette expansion du Judaisme par les persécutions ordonnées contre les Juifs par l'administration byzantine: les Juifs chassés de Carthage et de Tripolitaine et, plus à l'Est, de Cyrénaïque, auraient gagné le désert et auraient con­verti les tribus dans lesquelles ils trouvaient refuge. Cette explication ne me paraît pas recevable car je ne pense pas que quelques décennies aient suffi pour, à la fois, intégrer les communautés juives et judaïser des tribus entières

En revanche, faire remonter à l'échec de l'insurrection juive de Cyrénaïque (en 115-118) le développement, sous l'influence des Zélotes, de communautés juives du Désert qui n'auraient atteint le Maghreb que quatre à cinq siècles plus tard est aussi illusoire car le mouvement paraît beaucoup trop lent et insuffisamment documenté

C'est cependant de Cyrénaïque et de la Tripolitaine voisine, qui dans l'Antiquité étaient des provinces où l'implantation juive était ancienne et puissante, que vinrent nécessairement les ferments sinon les groupes qui contribuèrent à judaïser une partie de la population des régions prédésertiques du Maghreb. A mes yeux, le vecteur prin­cipal est l'apparition, à la fin du Ve siècle des groupes chameliers, des nomades Zénètes, ces Néoberbères qui vinrent s'enfoncer comme un coin dans la masse des Paléoberbères Sanhadja descendants des Numides, des Maures et des Gétules de l'Antiquité, les séparant en deux masses principales, les sédentaires montagnards au nord et à l'est, les grands nomades au Sahara central et occidental (Lemtouna et Touareg). On peut suivre entre le IVe siècle et le Moyen Age le lent déplacement de ces tribus Zénètes. Le cas des Louata (les Levathae des auteurs latins) est particulièrement démonstratif, on les voit passer successivement du Sud de la Cyrénaïque au voisinage de l'Aurès puis dans le Maghreb central, tandis que la tribu des Maghrawa se répand de l'Ifriqiya méridionale au Maghreb el 'Aqsa. C'est donc une large bande prenant en écharpe le sud du Maghreb central, l'Oranie et une bonne partie du Maroc et le nord du Sahara qui passe ainsi sous le contrôle des Zénètes. Or, si de nombreuses communautés juives sont liées indiscutablement à ce groupe néoberbère, il faut bien reconnaître qu'elles font pratiquement défaut chez les groupes paléoberbères sanhadja, qu'ils soient Kabyles ou Touareg

La liaison entre les Juifs maghrébins et les Berbères principalement zénètes me paraît donc indéniable. L'existence de textes liturgiques en langue berbère, telle que la Haggadah de Pesah retrouvée à Tinrhir dans le Todrha (sud-marocain) et publiée par Mme Galand et M. Zafrani n'est pas en contradiction avec cette opinion

?Mais pourquoi les Zénètes auraient-ils été les vecteurs de cette judaïsation

Aucune réponse satisfaisante ne peut être donnée à cette question

possible que l'ébranlement initial des Zénètes se soit accompa­gné d'un brassage de populations et que plusieurs groupes juifs de Cyrénaïque et de Tripolitaine, déstabilisés par de multiples persécu­tions mais conservant la tradition zélote et prosélyte, se soient joints aux tribus berbères dans leur lente progression vers l'Ouest. Cette association se serait faite d'autant plus facilement que ces groupes juifs auraient pu conserver ou reprendre une vie nomade.

Si les Zénètes viennent de plus loin encore et descendent vraiment des Himyarites sud-arabiques les possibilités de judaïsation sont encore plus fortes et plus anciennes. Les Falasha d'Ethiopie, qui furent séparés de la Synagogue avant la rédaction du Talmud, sont les témoins de ce très ancien prosélytisme dans la corne est de l'A­frique

On ne saurait, enfin, s'étonner que quelques tribus berbères aient pu être partiellement judaïsées en ces premiers siècles du Haut Moyen Age puisque en d'autres lieux et au même moment les Khazars de la Basse Volga se convertissent en masse au Judaïsme.

Histoire des juifs de Safi-B. Kredya

Safi 1Et c'est ainsi que les fourbes étrangers attendaient le moment favorable 

  1. a) Voilà le Consul Général de l'Amérique qui adresse au Sultan par l'intermédiaire de son Premier ministre une mise en garde dans laquelle il disait 

« Vous savez qu'il y a de grands troubles aussi bien en Europe qu'en Amérique suite aux nouvelles qui arrivent quotidiennement, relatives aux mauvais traitements et à la persécution sans raison que les sujets de votre majesté infli­gent à la population juive connue pour sa tranquillité et son adresse… Dieu a créé les juifs en ce monde avec les mêmes membres physiques et les mêmes aptitudes intel­lectuelles que le reste des gens ; ils vivent et meurent comme le musulman et le chrétien. Pourquoi les maltrai­terions-nous et pourquoi les dédaignerions-nous ? Cela est contraire à la loi divine… Aussi est-il nécessaire que vous preniez des dispositions urgentes et efficaces pour que de tels événements ne se renouvellent jamais… Sinon, je vous assure qu'ils ne tarderaient guère à devenir "protégés" des nations étrangères, car il n'est plus admis qu'ils soient maltraités, méprisés et tués uniquement parce qu'ils sont israélites. J'ai reçu des ordres de mon gouvernement pour veiller sur la condition des juifs et pour leur offrir mes bons offices. Dieu seul sait jusqu'où cela pourrait aller, si vous ne trouvez pas une solution rapide aux souffrances qu'ils ressentent journellement. Les juifs disposent de frères puissants à travers le monde, leurs voix sont entendues et ils réagis­sent ensemble. Mais seuls les imbéciles pensent qu'ils n'ont pas de valeur. Si vous accordez une excellente protection à vos sujets, ils ne chercheront pas une protec­tion ailleurs et ils en seront heureux ainsi que le pays et le gouvernement… Voilà tout ce que je vous demande de faire parvenir au Sultan.. . 

  1. b) Et voilà aussi que le représentant de l'Angleterre, Drummond -Hay, demande aux consuls de son pays et aux représentants des autres pays étrangers d'accorder facilement le « protectorat consu­laire » aux juifs marocains. Il envoya un ordre dans ce sens à ses vice-consuls, affirmant

« Nous avons été grandement secoués quand nous avons appris certains événements qui se sont produits ces derniers jours, exerçant la haine contre les juifs… Or les temps de la haine et de l'injustice contre les croyants d'autres religions sont passés et il ne convient pas de les ressusciter dans l'État de Marrakech [Le Maroc] et de les ranimer… Nous vous donnons l'ordre d'avertir les gouverneurs du Makhzen dans le lieu de votre travail et de votre résidence que la haine et l'injustice sont toujours courantes contre les juifs. Vous leur direz aussi qu'il est certain que nous vous ordonnerions, nous et également les représentants des autres pays, d'accorder le "protectorat consulaire" à tous les juifs, si nous apprenons un manque d'équité dans les jugement 

Sous l'effet de ces développements, le Makhzen essaya d'agir pour arrêter cette discrimination mena­çant d'anéantissement l'ambiance de tolérance et de coexistence entre ses sujets juifs et musulmans 

1.- L'État marocain manifesta son mécontentement au sujet des empiétements et des interventions suspectes dans les affaires de ses sujets juifs et Sidna (le Sultan), que Dieu l'assiste, déclara : « Comment d'autres interviennent-ils dans les affaires des juifs et trouvent-ils les agissements louables de ceux parmi les juifs égarés qui accusent des gouverneurs loyaux et dignes de confiance

« Sidna m'a donné l'ordre de discuter sérieusement de cette affaire avec l'ambassadeur d'Angleterre qui a écrit à ses représentants dans les ports au sujet des juifs, ce qui a ajouté à leur arrogance, et Sidna a dit : "Est-ce que l'un des sultans [rois] chrétiens intervient dans les affaires des autres sultans ? Non ?! " »

           Le Makhzen central appela ses représentants dans les villes et dans les campagnes, gouverneurs et caids, à avertir sévèrement les « satans juifs » qui usent de mensonges, de fausses accusations et d'imperti­nence envers la population et le Makhzen, ainsi que d'autres faits susceptibles de provoquer des troubles entre eux et les musulmans. Il n'oublia pas de recommander aux dits gouverneurs les juifs pauvres, connus pour leur calme et s'occupant à gagner leur vie

–          Le Makhzen durcit ses avertissements aux gouverneurs au sujet de leurs abus éventuels contre les juifs. Ainsi, le sultan Moulay Al Hassan s'adressa violemment au pacha de Meknès en ces termes : « Ce fait venant de vous nous a étonnés et nous ne l'avons pas cru, car un tel fait ne provient que de celui qui ne consi­dère pas les conséquences de ses actes et qui ne sait pas que la fonction et le service des gouverneurs est de donner aux ayants-droit leur dû, et que le musulman et le non- musulman "protégé" sont égaux en droits

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