La symbiose judeo-ibadite-Pessah Shinar

communautes-juives

Egalement vexatoire mais non moins conforme aux règles de la Dhimma, était l'interdiction faite aux Juifs de ne construire qu'une seule synagogue. En 1872, à la suite de dissensions au sein de la com­munauté, un nommé Lalou ben Daoud construisit une nouvelle syna­gogue. Peu après, par décision de la Djemà'a des Laïcs, cet édifice fut démoli et la caisse communautaire pillée. Après l'annexion du Mzab, les Mzabites ont quelque peu adouci leur attitude : la synagogue principale a pu être agrandie et reconstruite (en 1887) et deux petits ora­toires ont été ouverts en 1890 et 1892.

L'ibadisme (arabe : الاباضية al-ibaḍīya) est l'école la plus ancienne en islam, elle a été fondée moins de 50 ans après la mort du prophète Mahomet.

L’ibadisme a été chassé par d'autres courants musulmans pour ses pensées politiques : selon les ibadites, le commandeur des croyants ne doit pas être nécessairement de la lignée de Mahomet, ni d'une certaine race ou couleur.

Le nom de l'école dérive du nom : Abdullah ibn-Ibad at-Tamimi. Cependant, les disciples de cette école revendiquent que Jabir ibn Zaid al-Azdi, originaire d'Oman, était leur vrai fondateur. Il fut parmi les meilleurs élèves d'Aïcha, la femme du prophète et d'Abdullah Ibn Abbas, le cousin du prophète (et l'un des grands connaisseurs des principes islamiques après lui). L’école ibadite représente la vue islamique de la vie : principes, travail, égalité… Les ibadites, pendant toute leur histoire, ont développé les études islamiques et celles de la langue arabe. L'ibadisme est le courant dominant du sultanat d'Oman, dans la région du Mzab en Algérie  avec le Kharidjisme (dont est issu l'ibadisme), mais aussi dans l'ile de Djerba en Tunisie, à Zanzibar et en Libye, dans le Djebel Nefoussa.

III

Afin d'apprécier à sa juste valeur le comportement des Ibâdites en­vers la minorité juive, il convient de le comparer avec leur attitude envers un autre élément sectaire, les Arabes màlikites Beni Merzoug et Médabih. Ces anciens nomades ayant dû fuir leur tribus d'origine pour diverses raisons, s'installèrent entre le Xlle et le XVI siècle au­tour de la ville de Ghardaïa. Les Mzabites avaient besoin d'eux pour tenir en échec les Chaamba, mais connaissant leur turbulent caractère, ils s'efforcèrent de les tenir hors de la ville. Les Arabes surent se ren­dre indispensables en tant que mercenaires à la solde des "partis" qui divisaient Ghardaïa, comme du reste les autres qsûr de la bordure saharienne, et de la sorte, ils réussirent à acquérir des immeubles à l'intérieur de la ville où ils construisirent leur mosquée. En 1869, celle- ci fut détruite sur l'ordre de la djemà'a mzabite qui autorisa les Arabes à faire leurs prières à la mosquée ibâdite. Les Béni Merzoug se sou­mirent à ces conditions et acceptèrent de faire partie intégrante des fractions mzabites sans toutefois embrasser leur foi. Les Médabih, par contre, formant un groupe plus nombreux et plus compact, refusèrent d'être absorbés et constituèrent un foyer permanent de désordre. A l'arrivée des Français en 1882, ils ne possédaient qu'un petit local comme maison de prière. Profitant de la présence française ils agran­dirent immédiatement ce local et demandèrent en 1893 l'autorisation de la transformer en mosquée, et de procéder, comme il se doit, à l'appel à la prière, l'adhàn. La djemâ'a ibâdite, consultée, opposa un net refus. L'affaire rebondit en 1902 lorsque les B. Merzoug, qui avaient eux aussi agrandi leur local, se mirent à faire l'appel à la prière, et encore en 1930, parce qu'un iraàm màliMte fit cet appel clans la rue, déclenchant de ce fait une violente campagne de presse et engageant les bureaux d'Alger.

Jalousement attachés à leurs principes, les Ibàdites du Mzab refu­sèrent ainsi à leurs coreligionnaires orthodoxes ce qu'ils avaient con­senti aux Juifs "polythéistes." Il est vrai qu'une mosquée mâlikite avec appel à la prière risquait de compromettre davantage le caractère unitaire et dominant de l'Ibàdisme au Mzab qu'une simple maison de prière dans le mellâh, mais les Ibàdites savaient for bien qu'ils avaient affaire à un groupe autrement plus nombreux (18,000 Màlikites contre 40,000 Ibàdites en 1960) que les Juifs, qui appartenait de surcroît à la population majoritaire du pays et jouait un rôle de plus en plus important dans l'économie du Mzab. En outre, les Ibàdites étaient bien conscients qu'en contrariant ce groupe sur un point primordial du culte musulman ils risquaient fort de s'attirer la colère de l'opinion algérienne à un moment où celle-ci commençait à être travaillée par des courants nationalistes arabes. Lors des sanglants événements de Constantine (Août 1934) qui mirent aux prises Juifs et Màlikites, certains journaux musulmans ne se privèrent pas de montrer les négo­ciants mzabites comme les seuls bénéficiaires du tragique conflit, leur concurrents Juifs étant momentanément éliminés à la suite du boycott musulman; telles des "sangsues (dûdat 'imtisâs)", écrit le journal al-Umma, "ils se gorgent du sang de l'indigène puis rentrent dans leur patrie (le Mzab—p.s.) laissant ce dernier les poches vides". Ce faisant, ils servent les intérêts des Juifs frauduleux dont le seul but serait de semer la discorde entre les Musulmans.

Dépassant le cadre religieux, l'attitude l'Ibàdite à l'égard de son voisin arabe était foncièrement négative. Elle s'exprime dans sa légis­lation qui permet à la jeune fille mzabite de refuser le mari qu'on lui imposait si il était "bédouin ou assassin." Cette attitude se serait même accentuée à la suite de l'introduction de la réforme religieuse, vers la fin du XIXe siècle: "Autrefois," écrit Mlle Goichon, "on parlait beaucoup plus l'arabe et il y avait souvent des mariages entre Arabes et Mozabites. Maintenant, au contraire, ils sont très rares et mal vus. 'Une femme qui a du coeur ne se marie pas avec un Arab' ". A la lumière de cette attitude essentiellement négative des Ibàdites envers leurs 'agrégés' arabes mâlikites, il convient de nous interroger sur les relations entre ces derniers et les Juifs. Nous avons vu que dans le Tell, leurs relations, correctes et pacifiques jusqu'aux années trente, subirent une rude épreuve à un moment donné. Dans le Mzab elles semblent avoir été assez ambivalentes. D'une part, les Mâlikites, autant que les Ibàdites, évitaient de se rapprocher du mellâh et, en guise de brimade, profanaient fréquemment les pierres tombales por­tant des inscriptions juives, car ils savaient — affirme le Dr. Huguet — que la religion interdisait aux Juifs de toucher aux sépultures, une fois terminées. D'autre part, ils ne répugnaient pas à rendre certains ser­vices aux habitants du mellâh: vidange des lieux d'aisance, garde des chèvres, travaux de maçonnerie etc. … Les Juifs partageaient avec l'Ibâdite la méfiance et le mépris du nomade arabe et considéraient  l'influence' magique du Musulman arabe comme particulièrement maléfique et dangereuse. A l'approche de l'indépendance algérienne, les Arabes du Mzab, enivrés de leur nouvelle puissance, adoptèrent une attitude de plus en plus menaçante à l'égard des Juifs, ce qui poussa ces derniers à chercher leur salut dans l'exode de 1962, En résumé, le Mzab nous présente un système relationnel triangulaire, où les rapports entre les groupes — et surtout entre Musulmans d'une part et Juifs de l'autre — se situent exclusivement sur le plan des services et des échanges économiques. Cet ostracisme social semble bien répondre à un désir mutuel mais le facteur déterminant y était sans doute la volonté de la majorité ibàdite׳ de sauvegarder la pureté de sa foi et l'intégralité de ses institutions et de son mode de vie.

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