ארכיון יומי: 21 באוקטובר 2019


Joseph Toledano-L'esprit du mellah-humour et folklore des juifs du Maroc

Qdou –quad fmmou….il vaut ce que vaut sa bouche

Le Talmud dit a peu pres la meme chose "quand un homme ouvre la bouche — on sait qui il est" ­d’où ce conseil de faire attention à cette arme redoutable qu'est la langue, qui est, dit un dicton frabcais. le seul instrument qui s'aiguise avec l'usage.

El foum elmsdoud                                       Dans une bouche fermée les mouches

ma tkhel feh dbbana                                                    ne rentrent point

 

En una boca cereda no entran moscas     Qui ne parle pas trop ne risque pas gros

  • El hiot boudnihoum Les murs ont des oreilles

Ce proverbe était aussi très connu sous son énoncé hébraique qui dit exactement dans les mêmes termes "ouznaim la kir".

Il faut se méfier de tout et ne pas croire qu'un secret peut être gardé à jamais, tout finit par se savoir car même les murs ont des oreilles.

  • Eli ma hadersi Ma sm'ou rbi Qui ne parle pas — Dieu ne l'entend pas

Si l'excès de parole est un défaut, le silence est loin d'être toujours d'or, car celui qui ne parle pas ne sera pas écouté, Hillel déjà disait dans le Pirké Abot "si je n'ai pas soin de moi qui aura soin de moi?". Il faut d'abord faire son propre effort: aide-toi le ciel t'aidera.

LA LOTERIE DIVINE

Au Mellah de Casablanca, le plus ouvert à l'influence occidentale, on jouait beaucoup à la loterie et ce petit rabbin n'oubliait pas après chaque office d'adresser au ciel une prière spéciale: "faites que je gagne cette semaine le gros lot". Les semaines passèrent et notre rabbin ne se fit pas plus jeune jusqu'à ce Dieu un jour le ramena à lui. Arrivé au Paradis il dit à Dieu "Que de fois j'ai prié pour ce gros lot pourquoi me l'avoir si obstinément refusé?

— Mais si, lui repondit-on du Ciel, on voulait te faire gagner mais jamais tu n'as acheté de billet!

Eli ma a 'ndo kher f-mkanou          Qui n'a pas de biens à la banque

 Ya'mlou a'la terf el-sanou             Qu'il en ait au moins sur la langue 

L'insolence est incompatible avec la pauvreté, humilité oblige, le pauvre doit au moins savoir flatte les riches. Comme dit Racine dans les Plaideurs: "Mais sans argent l'honneur n'est qu'une maladie". A rapprocher du proverbe français: qui n'a pas d'argent en bourse — qu'il ait du miel en bouche.

  • Li skssini— Hsen mliya 'tini Politesse — Vaut mieux que richesse

Textuellement: celui qui demande de mes nouvelles me fait plus de bien que celui qui me donne Prendre des nouvelles relevait de tout un cérémonial surtout entre femmes. Il y avait une progression respecter: comment vas-tu? comment va ta santé? comment va ton mari? comment vont tes enfants Comment va X (si on sait qu'il est malade ou qu'il est en voyage). Et ce n'est qu'après avoir poliment répondu à toutes ces questions qu'on pouvait les reposer à son tour et exactement dans les mêmes termes. Ce n'est qu' après ces échanges de salutations que l'on peut commencer la conversation. I moindre manquement était considéré comme une grave injure, une atteinte à l'honneur, une marque de grande impolitesse.

  • Blsano idbah                                                Avec sa langue _ defie
  • Ouakha ma'ndo mno rbah .                Même s'il n'en tire aucun profit.

La langue est plus acérée qu'une épée et peut tuer avec autant de tranchant. Le pire est celui qui defie gratuitement, qui tue par sa langue uniquement pour le plaisir, même s’il n’en tire aucun bénéfice pour lui-même. C’est au fond la définition même de la médisance et de la diffamation, cette médisance que le Talmud met au même plan que le serpent qui séduisit Eve et chassa du paradis le genre humain. Mais l’amour du commérage est plus fort que tous les avertissements. Le Roi Salomon le savait bien qui a placé cette phrase en tête de ses Psaumes: “heureux l’homme qui ne suit pas les conseils des méchants et ne prend point place dans la société des railleurs”. A ce critère il y avait peu de bonheur au Mellah. . .

Liyitouqal flouzahmayouza’              Ce qui est dit en face ne blesse pas 

Il vaut mieux entendre ses quatre vérités en face que des ragots derrière son dos. Et quand le pot- aux-roses est découvert — et nous l’avons vu, tout finit par se savoir il faut s’excuser, exercise on ne peut plus périlleux. . .

  • Klam el a’ib — sa’ib                            Médire — c’est dur

Outleb smaha sa’ib mno         Mais demander des excuses — encore plus

Dans une société à l’amour-propre ombrageux, s’excuser était considéré non comme une preuve de courage moral, mais comme une preuve de faiblesse de caractère, une véritable humiliation. Comme il etait difficile d’obtenir des excuses, on contournait la difficulté en faisant ses excuses à une tierce personne qui les portait à la personne offensée, l’essentiel était de ne pas s’abaisser à s’excuser devant la victime.

 

Msat el hmmam                               

                                                                                                      Zabet ma ta 'oued a 'm

Aicha fue al bano

            Truxco de contar  un ano

 

Une heure au bain public

Un an de commerages-chic

Aicha au bain s'en est allee

Elle a ramene quoi raconter une annee

 

Dans l’ancien temps peu de familles possédaient une salle de bains et le bain public en tenait lieu. ! C'était pour les femmes une occasion unique de se rencontrer entre elles sans risquer d’être surprises par les hommes, et la nudité des corps aidant, on “désahabillait” tout le monde, le bain devenant la boursee des commérages.

 

Joseph Toledano-L'esprit du mellah-humour et folklore des juifs du Maroc

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Benider-Benillouce-Benisti-Benizri

BENIDER

Nom patronymique arabo-berbère, formé de Idder ou Iddir, prénom votif berbère qui signifie il est vivant – équivalent de l'hébreu Haïm, de l'espagnol Bibas et de l'arabe Yaïch, précédé de l'indice de filiation arabe: Ben. Ce prénom berbère était autrefois fort répandu dans les communautés juives du Sous et du Haut Atlas au Maroc. Il n'est resté comme prénom que chez les Berbères musulmans, ne subsistant dans les communautés juives à partir du XVIIème siècle, que comme nom patronymique. Au XXème siècle, nom très peu répandu, porté uniquement au Maroc (Tétouan, Tanger, Meknès) et par émigration à Gibraltar et en Angleterre.

ABRAHAM: Un des premiers juifs de Tétouan installés à Gibralatar dès son occupation par les Anglais en 1704. En 1713 lorsque l'Espagne accepta par le traité d'Utrecht de céder la presqu'île à la couronne britannique, elle posa comme condition expresse l'interdiction de rési­dence sur ce territoires des Juifs et des Musulmans, comme dans le reste de la péninsule ibérique. Les Anglais accpetèrent dans un premier temps de s'y soumettre et expulsèrent en 1717 tous les habitants juifs, mais furent contraints de les rappeler un an plus tard, étant les intermédiaires indispensables dans le commerce avec Tétouan, le seul port d'approvisionnement en vivres frais et en matériaux de construction, en raison du blocus terrestre espagnol. La légitimation de la présence juive ne se fera qu'en 1721 avec la signature, sous l'influence de Moché Benattar, du traité de paix entre le Maroc et l'Angleterre, prévoyant l'octroi des droits civils aux sujets de l’empereur du Maroc, Juifs ou Musulmans, habitant en territoire anglais. Abraham Benider participa activement à la rédaction de ce traité en tant qu'interprète de l'ambassadeur anglais, Stewart. Il en fut un des premiers bénéficiaires se voyant octroyer en 1721 le droit de posséder des propriétés à Gibraltar. Il réussit à se gagner la confiance du gouverneur de la colonie britannique dont il devint l’interprète et le conseiller. En récompense pour les services rendus à la Couronne, le roi d'Angleterre lui attribua une belle demeure dans la colonie. Il resta pourtant actif dans la politique marocaine, se rangeant aux côtés du gouverneur de Tanger Ahmed, quand profitant de la guerre de succession de Moulay Ismael, il proclama son indépendance du sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah en 1737.

       JACOB: Fils de Abraham, né à Gibraltar. Il succéda à son père comme interprète        

de l'ambassadeur anglais au Maroc. Il fut à partir de 1763 vice-consul de Grande Bretagne à Tanger, puis à Tétouan, à Salé puis à Mogador, Safi et Agadir. Il fut autorisé, malgré les protestations des commerçants anglais, par le consul, à prélever un droit de 15 piastes par navire anglais touchant les ports d'Agadir, Mogador et Safi.il remplit avec efficacité sa fonction dans le rachat des prisonniers, l'approvisionnement de Gibraltar et la transmission des informations sur les intrigues espagnoles. Il se lia d’amitié avec les membres de la famille royale marocaine et avec le sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah lui-même qui fit souvent appel à ses dons de diplomate. C’est ainsi qu'il le délégua commme ambassadeur du Maroc en 1772, pour régler les différends commerciaux entre les deux pays, signifier l'expulsion des négociants européens de Tétouan et acheter des munitions pour soutenir le siège du présidés espagnol de Ceuta et recruter des experts dans l'artillerie pour servir d'instructeurs à l’armée marocaine. Dans sa lettre de créance, l’empereur du Maroc soulignait que son ambassadeur "avait à coeur les intérêts de Sa Majesté anglaise". Mais il ne réussit pas à obtenir l'entrevue demandée au premier ministre anglais, officiellement parce que le gouvemment anglais ne voyait pas d'un bon oeil la nomination de l'un de ses citoyens comme ambassadeur d'une nation étrangère, mais en fait pour des raions de haute politique internationale. Il ne fut reçu qu'après avoir menacé de se faire rappleler par le roi du Maroc. Il ne réussit pas pour autant à obtenir satisfaction pour les demandes marocaines. Après cet échec, il décida de rester en Angleterre où sa famille vint le rejoindre, mais pas avant que son fils unique ne fut tué au cours du bombardement de la colonie par les Espagnols, lors de ce qu'on appelle le grand siège qui dura de 1779 à 1783, et que sa sa femme et sa fille ne fussent blessées.

BENILLOUCE

Nom patronymique d'origine arabo-berbère, au sens difficile à cerner, à rapprocher sans doute d'Allouche. Nom typiquement juif tunisien, donné par Albert Memmi au héros de son célèbre roman autobiographique, "La Statue de sel", Mordekhay Benillouche. Au XXème siècle, nom moyennment répandu en Tunisie, en particulier à Tunis, mais inconnu dans les deux autres pays du Maghreb.

BENISTI

Nom patronymique d'origine espagnole, diminutif de Benvenisti qui signifie: sois le bienvenu, traduction du salut hébreu, "Baroukh haba", porté dans toutes les communautés sépharades. Le nom est attesté en Espagne sous sa forme pleine Benveniste, dès le Xlème siècle et après l'expulsion il s'est illustré essentiellement dans les Balkans. Autres formes: Benisty, Benveniste, Benbenisti, BenichtL Au XXème siècle, nom moyennement répandu, porté au Maroc (Mogador, Marrakech, Safi, Fès, Casablanca); en Algérie (Algérois, Oranais, Constantine, Bône) et en Tunisie (Tunis).

 DON VIDAL BENVENISTE: Rabbin et notable d'Aragon, un des plus efficaces défenseurs de la religion juive, aux cotés de rabbi Yossef Albo (voir Albo) au cours de la disputation de Tortosa en 1413 convoquée par l'apostat Gemonimo De Santa Fe, alias Yéshoua Halorqui pour tenter de convaincre les juifs de leur erreur et reconnaître le caractère messianique de Jésus.

  1. YAACOB: Rabbin de Marrakech, appelé vers 1780 à servir de rabbin dans la nouvelle communauté de Mogador en même temps que rabbi Yaacob Bibas de Rabat.
  2. HAYIM: Rabbin-juge à Marrakech, célèbre pour sa longévité – il mourut à l'âge de 110 ans ! On raconte qu'un jour, alors qu'il était très vieux, il demanda à ses enfants de le transporter au domicile d'un autre grand rabbin de l’époque, rabbi Mordekhay Abetan et lui raconta que du ciel on lui avait demandé le sermonner: jusqu'à quand continueras-tu à prier avec des téfilim non-cacher ?. Epouanté, le rabbin vérifia ses philactères et constata que rabbi Hayim avait eu raison !
  3. YOSSEF: Rabbin à Marrakech, il fut le seul survivant de sa famille à la suite de la terrible épidémie de chloéra de 1806. Pour perpétuer son nom, ses pairs rabbins l'obligèrent malgré son âge ttrès avancé à prendre une jeune épouse dont il eut un fils, rabbi Israel, surnommé Bou Rissa, qui fut rabbin à Mogador.

NISSIM BENVENISTI: Juriste-plaideur devant les tribunaux à Alger seconde moitié du XlXème siècle. Il fonda en 1870 le premier journal juif du Maghreb, "El Djaziri", "L'Israélite Algérien", hebdoma­daire en judéo-arabe et en français, "journal commercial, agricole, industriel, maritime, littéraire, scientifique, judiciaire et d'annonces ayant pour vocation la propagation des idées libérales, l'accélération de l'émancipation afin que les Juifs algériens soient dignes de devenir Français ". Le journal disparut – après six parutions- dès l'éclatement de la Guerre de 1870 qui devait justement voir la France accorder collectivement, par le décret Crémieux, la nationalité française aux Juifs d'Algérie.

ZAHAVA BEN: Célèbre chanteuse israélienne née au Maroc arrivée enfant en Israel, spécialisée dans le répertoire oriental, de la musique populaire à Oum Koutloum. Héroïne du film à grand succès de Zeev Révah "Un brin de chance", et d'un film que lui a consacré la télévision israélienne.

LUCIEN: Homme de lettres français né en Algérie, auteur notamment d'un roman sur la vie des colons en Algérie au temps de l'Algérie Française, "Plaine chaude" publié en 1944.

BENIZRI

Nom patronymique semble-t-il d'origine hébraïque, déformation de Ben Nezri, le fils de mon diadème. Autre explication possible, fondée sur l'origine arabe, altératin phonétique de Ben lesry, indicatif d'une particularité physique le gaucher, à rapprocher alors de Lasry. Au XXème siècle nom peu répandu, porté au Maroc ( Tafilalet, Meknès, Casablanca).

  1. SHELOMO: Fils de Maimon. Homme politique israélien né à Nesher en 1961 de parents originaires de Midelt au Tafilalet. Ministre-adjoint de la Santé depuis la formation du gouvernement Nataniahou en 1996. Après des études secondaires dans un lycée laïc et son service militaire, il revint à la religion sous l'influence du

rabbin Elbaz. Rabbin et homme politique, un des fondateurs du mouvemt religieux Shass. Elu à la Knesset en 1992. Il fut ministre adjoint de l'Education pendant la courte période au cours de laquelle le Shass participa au gouvernement Rabin.

Benider-Benillouce-Benisti-Benizri – page 195

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