ארכיון יומי: 3 באוגוסט 2015


Temoinages sur la condition des Juifs au Maroc

Il etait une fois le Maroc

david bensoussanTemoignage du passe judeo-marocain

David Bensoussan

Temoinages sur la condition des Juifs au Maroc

David Bensoussan

Dans une lettre adressée au consul de France à Tanger en 1841, le sultan Abderrahmane caractérisa en ces termes le statut traditionnel des juifs  Notre foi glorieuse ne leur permet que des signes de bassesse et de dégradation. Aussi, le simple fait qu'un Juif élève sa voix contre un Musulman constitue une violation des conditions de protection

Dans l'ouvrage Le Maroc et ses tribus nomades paru en 1844, John Drummond Hay décrivit ainsi la condition des Juifs : « L'existence des "Juifs, est là, comme partout, un mystère. En butte aux plus ignominieux traitements dans tout l'Empire, plus ménagés, peut-être, par les habitants du Rif et par certaines tribus des montagnes qui tolèrent leur présence… Quoique les Juifs de cette contrée soient gouvernés par des despotes mahométans avec la dernière tyrannie et la plus criante injustice, l'on comprend bien de quelle importance ils sont pour la rrospérité de l'Etat.» Il ajouta en regard des processions de la secte des Aïssawas : « Lorsque les Aïssawas sont plongés dans l'ivresse que provoque cet excitant, plus violent que l'opium, ils parcourent les rues, enchaînés deux à deux et précédés de leur chef à cheval. Ils poussent les plus horribles hurlements, font les plus terribles sauts, et si les spectateurs leur jettent un mouton vivant, il est à l'instant même dévoré nu, tête, chair, entailles et tout. Si ces malheureux parviennent à briser les chaînes qui les retiennent, ils se jettent sur les Juifs, les Chrétiens, vaquant de préférence ceux qui portent des vêtements bruns ou noir couleur imposée aux Juifs et que les Maures ne peuvent souffrir); ils mordent, égratignent, dévorent tout ce qui se trouve à leur portée

Narcisse Cotte, attaché au consulat de France à Tanger, écrivit en 1857 dans La revue contemporaine: «Les Juifs, au Maroc, sont rangés rarmi les animaux immondes… La tolérance des princes musulmans consiste à laisser vivre les Juifs comme on laisse vivre un troupeau d'animaux utiles… Le fardeau de leur servitude est tel, que j'imagine à reine comment cette race étonnante peut le porter sans perdre jusqu'au souvenir de la foi antique qui leur vaut tant de persécutions

L'abbé Léon Goddard écrivit en 1858 dans l'ouvrage Le Maroc, notes d'un voyageur, 1858-59 : « On dit qu'à Rome ils (les Juifs) ne passent jamais sous l'Arc de Triomphe de Titus, mais, s'ils gardaient de pareilles rancunes en pays musulmans, je ne sais quels chemins ils devraient prendre

Dans L'Espagne et le Maroc en 1860, Achille Etienne Fillias écrivit : « Leur situation (des Juifs) est intolérable; il n'est point de pays au monde où ils soient plus maltraités que dans l’empire des Chérifs. La nomenclature des avanies qu'ils ont à subir serait trop longue à dresser… Les Juifs sont parqués hors de la ville, comme un bétail immonde; tous, depuis l'enfant au berceau jusqu'au vieillard, paient un droit de capitation fixé à huit francs par personne. Les riches paient pour les pauvres. On leur accorde huit jours pour acquitter l'impôt. Ce délai passé, le quartier qu'ils habitent (le Mellah) est mis au pillage. En dehors du Mellah, ils ne peuvent ni cultiver ni posséder d'immeubles; défense leur est faite de monter à cheval en ville ou en vue d'une ville; une ordonnance spéciale et rigoureusement observée règle la forme et la couleur de leurs vêtements. Lorsqu'ils passent devant une mosquée, devant le tombeau d'un marabout ou devant la demeure de certains personnages, ils sont tenus de quitter leurs chaussures et de marcher pieds nus… Leurs morts sont enterrés sans pompe : on les porte en courant au cimetière… Ainsi vivent les Juifs: rançonnés, battus, conspués à toute heure et par tous, mais opposant au mépris dont on les accable une indifférence stoïque, souriant à l'injure, courbant l'échiné sous la trique du Maure… Les Juifs de Tanger vivent dans l'état d'esclavage des plus affreux : ils n'ont pas de quartier séparé, comme dans toutes les autres villes barbaresques et cette circonstance est pour eux une cause de vexations continuelles de la part des autres classes de la population musulmane. Il n'est sorte d'humiliations qu'on ne leur fasse endurer… dans toutes les contestations et les querelles qu'ils ont avec les Maures, ils sont toujours condamnés et battus, quelle que soit la justice de leurs réclamations. Ainsi, pour se soustraire à cet état d'oppression, souvent intolérable, la plupart se font attacher en guise de domestiques aux consulats européens, qui seuls ont le pouvoir de les protéger

Les veilleurs de l'aube-Victor Malka

Il écrit lui-même (il dicte plus précisément, notamment à sa fille), comme l'ont toujours fait, dans le pays, tous les rabbins et tous les hommes lettrés de sa communauté. Ne fut-ce, dans son cas, que pour dire ce qui déchire son cœur et lui ôte tout sommeil. Raconter le côté désormais tra­gique de son existence. Il compose des textes hébraïques sur des musiques populaires marocaines et parfois égyp­tiennes.

Mais il ne donne jamais à ses poèmes – quoi que lui en disent ceux qui, shabbat après shabbat, viennent l'écou­ter – une importance quelconque. Il ne les signe même pas de son nom complet, se contentant d'avoir recours à telle ou telle forme d'acrostiche. C'est désormais pour lui essentiellement un gagne-pain, voilà tout ! Il ne se consi­dère pas comme un véritable poète. C'est pourquoi il refusera toujours avec humilité, mais résolument, les dif­férents projets qu'on lui apporte – clefs en mains, comme on dit – consistant à réunir ses poèmes dans un recueil. Il a une grande admiration pour des poètes comme David Elkaïm ou David Hassine, ou encore Raphaël Moshé Elbaz qu'il chante avec jubilation et délectation. Mais aussi avec une admiration enthousiaste qu'il exprime publiquement (par des onomatopées du folklore local comme « Allah, allah ! » pour dire « que c'est beau ! ») au moment même où il les chante. Mais qui est-il, fait-il observer calmement à ses amis et à ses élèves, pour oser se comparer à de telles sommités ? Le signataire de ces lignes se souvient de l'avoir entendu dire un jour : « Face à ces géants, je ne suis que poussière. »

Et reprenant un vers célèbre du poète de l'âge d'or espagnol Abraham Ibn Ezra, il ajoute : « Ne sont-ils pas des lions quand je ne suis qu'un vermisseau ? »

David aurait par ailleurs écrit une lettre dans laquelle il évoque le rapport qu'il a à ses poèmes. Il dit n'avoir jamais considéré « ces chuchotements de (son) cœur » ou ses méditations comme des textes pouvant tenir le coup face à la critique. « J'accepte, ajoutait-il, que, demain, l'oubli les frappe et en balaie jusqu'au souvenir. Je ne m'en soucie pas »

Sans doute David Bouzaglo se considérait-il davantage comme musicien que comme poète, plutôt comme chantre religieux que comme un réel écrivain. De la musique avant toute chose : voilà ce qu'était son idéal. Les vers qu'il écrivait ne semblaient être pour lui que prétexte à faire vivre par le chant les modes les plus difficiles et les plus sophistiqués de la musique andalouse. Et il n'ajoutait guère foi à ceux des rabbins pourtant éminents qui, le samedi au petit matin, après l'avoir écouté, lui faisaient mille compliments sur ses poèmes et sur la beauté et l'élé­vation de son inspiration. Il s'était, en matière de poésie, formé à rude école. Il y avait appris l'exigence. Il pensait sans doute que, tant qu'à se livrer à l'écriture de poèmes, il fallait tenter d'être Yehouda Halévy ou rien. Mais des Halévy, il n'y en a qu'un par siècle – et encore ! Il importe peu : lui ne se considérait pas comme un poète. Mais tout le judaïsme marocain, en ces années 1960, n'évoquait son nom que comme l'un de ses poètes les plus représentatifs. Une sorte de porte-parole. Une fois installé en Israël, il y sera d'ailleurs – ainsi qu'on va le voir – accueilli, reconnu et célébré comme tel.

Epreuves et liberation. Joseph Toledano

epreuves-et-liberationDes réunions publiques furent organisées à Casablanca, Rabat, Fès et Meknès auxquelles furent conviées des personnalités libérales et les représentants des organisations françaises antifascistes. C'est ainsi que se tint, le 28 mars 1933, au cinéma Le Régent de Casablanca, une grande assemblée regroupant toutes les associations juives de la ville ainsi que des représentants de la Ligue des Droits de l'Homme, de la Ligue Internationale des Combattants pour la Paix, de la section locale du Parti Socialiste SFIO. En tout, près de 5000 personnes participèrent à cette réunion. Les efforts, bien timides, pour mobiliser également des personnalités musulmanes ne rencontrèrent aucun succès. A l'issue des discussions, l'assemblée adopta par acclamations la résolution suivante 

«Les délégués des Associations Israélites de Casablanca, réunis en assemblée plénière, en présence des autorités religieuses et communautaires de la ville, expriment leur indignation la plus vive contre les violences dont les Israélites d'Allemagne sont victimes en leur qualité de Juifs. Ils décident 

  • La cessation de toute relation d'affaires avec l'Allemagne et le boycottage, par tous les moyens, des produits de fabrication allemande, tant que subsistera le régime des violences antisémites.
  • La fermeture des magasins pendant une heure en signe de deuil. »

Une semaine plus tard, la capitale se joignait au mouvement. Un tract fut diffusé dans les rues de Rabat, appelant toute la population à se joindre au mouvement de protestation et au boycottage des produits allemands 

׳ L'Allemagne du XXème siècle retourne aux temps barbares, elle persécute maintenant ses Juifs qui sont une minorité sans défense. Aux peuples civilisés ! Aux Français du Maroc !

Aux Musulmans comme aux Israélites, nous demandons ? n'achete rien aux Allemands tant qu'Hitler et sa tourbe antisémite n'auront pas mis fin à leurs exactions 

Une manifestation d'une ampleur sans précédent attirant plus de 2000 personnes fut organisée, au cinéma Renaissance. Elle fut largement couverte par le quotidien L'Echo du Maroc qui représentait les milieux coloniaux favorables, pour leurs propres raisons, au boycott. Le Président du Haut Tribunal Rabbinique, le rav Raphaël Encaoua, devait exprimer l'indignation et la stupéfaction générale, face à ce retour de la barbarie au XXème siècle. Le Président du Comité de la Communauté, Isaac Abbou, émit l'espoir de voir l'humanité entière se soulever contre la barbarie nazie et souligna l'impérieuse nécessité du boycott. Il expliqua que l'achat de tout produit allemand constituait, de fait, une aide au régime nazi, dans la persécution des Juifs. Parmi les personnalités non-juives qui prirent la parole : le Président local de la Ligue des Droits de l'homme, M. Pascoué, le Président de la Chambre de Commerce, Peretti, et le professeur Sallefranque du Collège musulman de Fès. Le fondateur de la plus grande usine de pâtes du pays, Melusine, Gaston Baruk, industriel juif d'origine italienne, annonça sous les applaudissements de l'assistance, que sa firme de pâtes venait d'annuler une commande en Allemagne d'un demi-million de francs. Limité au départ aux villes du littoral, le boycott s'étendit progressivement à l'ensemble du pays et ses initiateurs s'enhardirent dans leurs consignes aux commerçants juifs

Dans un premier temps, le boycott porta ses fruits dans tout le Maroc, y compris dans la zone espagnole et Tanger, comme en témoignent les rapports des attachés commerciaux allemands, envoyés à Berlin. Le 4 avril 1933, le consul d'Allemagne à Larache rapportait 

« Cela fait 10 jours que les marchandises allemandes, les maisons de commerce germaniques et les navires allemands sont boycottés par les Juifs, alors que 70 à 80% du commerce allemand au Maroc étaient jusque-là entre les mains des négociants 

Reflexions sur l'origine des Juifs des regions nord-sahariennes

Reflexions sur l'origine des Juifs des regions nord-sahariennes

Pour l'époque romaine nous disposons d'une documentation plus fournie quoique assez décevante. Les sources archéologiques sont particulièrement rares: citons la nécropole juive de Gamarth, ou du Jbel Khaoul, qui doit son nom aux hypogées qui comptent jusqu'à 15 et 17 alvéoles suivant un type bien connu en Orient et qui diffère à la fois de la tombe punique et de la tombe romaine. On a parlé exagérément de plusieurs milliers de sépultures, en fait on peut les estimer à quelques centaines. Un hypogée du même type à loculi rayonnant fut découvert à Cherche! mais à Tipasa un dispositif comparable, dans un hypogée multiple qui s'ouvre dans la chapelle d'Alexandre, est manifestement une sépulture chrétienne. Il est donc difficile d'attribuer formellement à une communauté juive l'hypogée de Cherchel d'autant plus que le modèle sûrement oriental n'est pas limité à la seule Palestine. Une catacombe apparemment juive a été signalée à Oea en Tripolitaine et des noms hébraïques sont portés par des Chrétiens de Syrte, sans doute des Juifs convertis.

Les ruines de deux synagogues seulement sont connues dans l'A­frique romaine, l'une à Naro (Hamman Lif, à l'Est de Tunis) semble avoir été construite entre le Ile et le Ve siècle; l'autre est une petite synagogue attenante à la basilique de Lepcis Magna. Mais d'autres vestiges intéressants en raison de leur situation à l'intérieur des terres, méritent d'être cités. C'est en premier lieu une colonette trouvée à Henchir Fouagha, au Nord de Tebessa qui porte l'inscription sui­vante: D(EVS ABR)AHAM, D'EUS ISA(A)C et une succession de chandeliers à sept branches. Un chapiteau très fruste et certainement de basse époque, trouvé à Rouahia, près de Tiaret, porte également une représentation de menorah. Ce motif est connu sur des lampes trouvées à Carthage, Cherchel, Volubilis. Une lampe conservée au Musée de Lyon, de fabrication africaine, a fait l'objet d'une étude très pertinente de M. Simon, le menorah figure au milieu d'un ensemble disparate où le spécialiste décèle, sous un syncrétisme religieux,  la persistance de l'influence punique au IVe ou Ve siècle chez les "Cae- licoles" judaïsants.

Les sources épigraphiques ne sont guère plus nombreuses: elles sont surtout concentrées à Carthage (41 inscriptions à Gamarth) et sur le littoral Naro-Hamman Lif (4 textes), Sala (2 textes), Thaenae, Sullectum, Lepti Minus, Segermes, Caesarea, Lixus (chacun une seule inscription), mais aussi dans les principales villes, capitales de provin­ces, Cirta (4 inscriptions), Sitifis (2 inscriptions), Lambèse (une inscrip­tion) ou de places importantes : Volubilis (5), Auzia (1).

La toponymie n'intervient que faiblement: on connaît un "Lucus Judeorum Augusti" au fond de la Grande Syrte.

Les sources littéraires ne sont pas négligeables : le Talmud et les écrits rabbiniques accordent une place remarquable aux communautés et écoles juives africaines. M. Simon a déjà remarqué que l'Afrique tient dans ces écrits une place plus grande que n'importe quelle autre province de l'Empire romain. On connaît grâce à eux le nom de cinq rabbins de Carthage qui vécurent aux Ile et Ille siècles.

Les Pères de l'Eglise permettent de compléter la documentation. Tertollien nous apprend que les Juifs étaient nombreux à Carthage et influents au point de susciter des poursuites contre les Chrétiens.

Deux siecles plus tard Saint-Augustin et Saint-Jérôme font état de communautés juives à Oea, Simithu (Chemtou), Hippo Regius (Anna- ba-Bône) et même Thusurus (Tozeur). La Passion de Sainte Mar­tienne mentionne une communauté juive à Caesarea (Cherchel).

C'est l'onosmastique étudiée récemment par J.-M. Lasserre qui apporte les enseignements les plus intéressants et les plus inattendus. Sur les 61 noms portés par des Juifs que l'Antiquité africaine nous ait conservés, 10 seulement sont hébreux, 4, à peine, grecs, 1 seul est d'origine nettement africaine, 47 sont des noms romains et près de la moitié se retrouvent à Rome même. J. -M. Lasserre en déduit que sous l'Empire, le Judaïsme africain est en grande partie d'origine italienne, que les éléments orientaux (ou venus directement d'Orient) sont peu nombreux et qu'il est difficile de trouver la moindre trace d'une communauté juive antérieure à Rome.

Il est remarquable également qu'après l'Afrique proconsulaire ce soit la Maurétanie tingitane qui semble compter le plus de Juifs. Ainsi les deux extrémités du Maghreb qui font chacune face à une péninsule européenne sont mieux loties que la Numidie ou la Maurétanie césarienne. Cette répartition semble confirmer l'hypothèse de l'origine allochtone de la plupart de ces Juifs. Ces immigrations européennes doivent cependant être complétées par des arrivées de Juifs en pro­venance de Cyrénaïque et de Tripolitaine.

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