Il etait une fois le Maroc david bensoussanTemoignage du passe judeo-marocain David Bensoussan

Il etait une fois le Maroc

david bensoussanTemoignage du passe judeo-marocain

David Bensoussan

Un adage bien connu veut que l'histoire soit de la polémique, mais que l'inverse ne soit pas fondé. Cela s'applique tout particulièrement à l'historiographie marocaine qui est, le plus clair du temps, teintée d'idéologie : une pléthore d'essais datant de l'ère coloniale, essais dans lesquels, le plus souvent, les simplifications, les réductions des données en matière d'information et le ton condescendant ne font que corroborer les préjugés.

Qu'en fut-il au XVIIIe siecle?

En 1721  le Commodore Stewart debarqua a Tetouan pour etablir un traite de non-agression avec les Maures mais ce traite ne fut pas toujours respecte. L'ambassade anglaise obtint neanmoins du sultan Moulay Ismail la liberation de 300 captifs de nationalite anglaise qui etaient restes fideles a la foi chretienne sur les1114  ( 400 Espagnols, 165  Portugais, 152 Frangais, 69  Hollandais, 25  Genois, 3  Grecs et 19  renegats de differentes nationalites) qui se trouvaient alors a Meknes. Capture a l'age de onze ans par les corsaires de Sale, Thomas Pellow fut battu jusqu'a ce qu'il acceptat de se convertir. II fut enrole dans l'armee et, vingt-trois ans, il parvint a s'evader. II publia ses memoires dans l'ouvrage The History of the Long Captivity and Adventures of Thomas Pellow in South Barbary. En 1751Thomas Troughton publia le volume intitule Barbarian cruelty. II y consigna les souffrances de l'equipage capture, qui fut conscrit puis enrole dans la construction : 8 d'entre eux perirent des mauvais traitements recus, 21 autres parjurerent et le reste fut relache 5  ans plus tard. Les recits de voyageurs et captifs anglais jusqu'au XIXe siecle sont recenses dans l'importante bibliographie de l'ouvrage de Budgett Meakin, The Moorish Empire.

La piraterie etait donc payante.

Les equipages pris en otage etaient echanges contre de grosses sommes d'argent voire meme de la poudre a canon, ce qui permettait de continuer a exercer la piraterie encore plus. Au Maroc, les puissances europeennes acqueraient le droit de protection en versant des sommes considerables au Tresor cherifien. La Hollande, Venise, l'Autriche, la Suede, le Danemark et la France versaient des contributions annuelles pour conserver leurs droits de protection. Beaucoup de moines agirent comme intermediaires pour le rachat d'esclaves europeens dont la misere etait extreme. Envoyes aux travaux forces, ces derniers croupissaient des annees durant en attendant leur rachat. Les conditions d’emprisonnement etaient horribles, les punitions corporelles etaient frequentes. Les prisonniers etaient souvent oublies a leur sort et on disait d'eux que leur malchance engendrait de la malchance. En 1682 le sultan Moulay Ismail decida de ne plus se contenter du prelevement de 10% du  butin de la piraterie, que ce soit en hommes ou en marchandises, et se reserva la propriete des captifs. Ces derniers devinrent une monnaie d'echange pour les souverains en vue d'obtenir des puissances europeennes des armes et des embarcations.

En 1724 le Britannique Joseph Betton qui connut la captivite en Barbarie legua un capital considerable a une association de quincaillers afin de pouvoir racheter des captifs britarmiques en Barbarie.

Les conditions d'incarceration evoluerent peu

En effet. Dans son ouvrage Life in Morocco and glimpses beyond publie en 1906 1'historien Budgett Meakin decrit la condition miserable des prisonniers marocains enchaines via des colliers metalliques portes a leur cou. Deux des huit captifs qui avaient peri lors d'une marche forcee furent decapites et leur tete fut ramenee pour prouver qu'ils ne s'etaient pas echappes.

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