LES SANDALES DU "COUSIN CROISE" CHEZ LA MARIEE TOUAREGUE ET LA LOI RABBINIQUE

Marceau Gast

LES SANDALES DU "COUSIN CROISE" CHEZ LA MARIEE TOUAREGUE ET LA LOI RABBINIQUE

Les populations du Sahara central ont formé un ensemble ethnique original tant du point de vue de leur organisation sociale traditionnelle, de leur régime de vie (pastoralisme nomade et rezzous) maintenu jusqu'au début du XXe siècle, que de certains caractères rituels qui n'ont pas d'équivalent ailleurs. Héritières d'une histoire longue et tourmentée, elles ont été le conservatoire d'un certain nombre de traits culturels adoptés à la faveur de mouvements de populations, d'échan­ges économiques, sociaux, culturels dont il est quasiment impossible aujourd'hui de retracer l'histoire exacte. Tel nous paraît être le cas aujourd'hui d'une coutume persistante, intimement liée aux structures de parenté et à leurs fonctions socio-politiques : l'offrande d'une paire de sandales au fils de la sœur du père de la mariée, dans toute céré­monie de mariage

Alors que la société actuelle est en pleine mutation, que toutes les références passées ne sont plus pertinentes, que les nouvelles straté­gies de pouvoir ne sont plus définies au niveau de la parenté, la paire de ncâls cl'Agadez (ou d'In Gall) est plus que jamais l'objet d'une surenchère lors de tous les mariages au Hoggar. Plus encore, cette offrande, persiste aussi chez les populations qui furent sous l'influence culturelle et politique des Touaregs dans le Tidikelt et le Touat (les Mrabtines et les Harratines). Mais elle n'est plus destinée au cousin croisé; elle fait partie de ce qu'on appelle désormais: "La corbeille de la mariée", ensemble de cadeaux complémentaires que le fiancé envoie à sa fiancée le premier jour du mariage

Après une courte présentation sur ce rituel, nous essaierons de poser la valeur de son sens pour situer ensuite son origine possible, comme symbole à caractère juridique, très lié semble-t-il à une coutume judaïque ancienne

La société des Kel Ahaggar, telle qu'elle est apparue au début du XXe siècle, présentait un ensemble de groupes lignagers (les tausit) de petite taille, dépassant assez rarement le millier d'individus cha­cun, classés en deux catégories 

  1. les aristocrates suzerains, Ihaggaren,
  2. les tributaires plébéiens, Kel Ulli (gens de chèvres ou Imrad)
  • Les uns comme les autres se référaient toujours à un ancêtre fémi­nin commun, mythique ou réel, pour définir l'identité de leur groupe respectif. Le groupe domestique demeurait cependant patrilocal en faisant référence au père, qui en était le chef et l'organisateur. La matrilinéarité définissait la parenté, l'organisation du pouvoir politi­que et économique notamment sur trois points importants 
    • L'accès au commandement pour les hommes 
    • — choix du chef au niveau de la tausit

—• choix du chef suprême au niveau de l'ensemble des tausit, regroupés en une unité territoriale, politique et économique appelée ettebel (du mot arabe tohol = tambour, attribut du pouvoir suprême)

  • L'héritage des biens collectifs 

Que ce soit au niveau d'un groupe lignager ou des biens rattachés au commandement suprême

Le paiement de l'impôt en nature (tiuse) qui était le signe à la fois coneret et symbolique de l'allégeance au chef suprême et à Yettebel. Chaque année, chaque groupe d'utérins se devait de fournir un sac de grains de céréales à Yamenùkal (chef suprême)

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