?Les événements antijuifs de Demnat furent-ils une exception

    1. Il etait une fois le Maroc

      il-etait-une-foisTemoignage du passe judeo-marocain

      David Bensoussan

    1. Les événements antijuifs de Demnat furent-ils une exception?
    1. Non, ils illustrent une condition de vie de minoritaires. La différence est que, les moyens de communication aidant, l'Occident fut au courant de ces exactions. On se souvient qu'après la visite de Sir Moses Montefiore, le sultan avait signé un dahir dans lequel il interdisait que l'on s'en prenne sans raison aux Juifs. L'euphorie qui régna dans les milieux juifs d'Angleterre fut toutefois prématurée. En effet, deux mois à peine après la promulgation du décret, le Vice-gouverneur (khalifa) de la ville de Mogador donna la bastonnade à un Juif qui ne s'était pas déchaussé en passant devant une mosquée. Un autre reçut 200 coups de bâton pour avoir osé demander à un administrateur combien il serait payé pour la confection d'un vêtement. Quand le Grand rabbin alla demander à commuer cette peine injuste, il lui fut rétorqué de ne pas insister, faute de quoi le châtiment passerait à 2000 coups de bâton. Six mois plus tard, le Juif Ben Eish mourut roué de coups pour avoir osé se plaindre au Khalifa d'avoir été l'objet d'un vol. Quarante et un petits commerçants juifs furent assassinés sur les routes de la région de Mogador entre 1865 et 1880. Ceci se passait à Mogador, ville réputée être la plus sécuritaire pour les Juifs du Maroc.
    1. Par ailleurs, les tailleurs juifs de Meknès reçurent la bastonnade pour ne pas avoir livré à temps un vêtement commandé par un haut fonctionnaire… La compilation des excès – connus – contre les Juifs ferait l'objet d'un volume en soi. Il en ressort que les protégés consulaires étaient pratiquement les seuls à pouvoir demander justice pour des méfaits commis contre eux. Les incidents qui suivent donnent une idée de leur teneur.
    1. En 1792, cinquante Juifs d'Oufrane dans le Sud marocain furent placés devant un bûcher en flammes pendant sept jours. On leur offrit le choix entre la conversion et le bûcher. Ils choisirent le bûcher.
    1. En 1811, il fut ordonné de détruire les synagogues de Meknès construites cette année-là.
    1. En 1820, le Mellah de Fès fut saccagé et des atrocités y furent commises suite à la fausse information selon laquelle le sultan Slimane était mort. Le saccage reprit de façon bien plus grave lorsqu'il mourut vraiment deux ans plus tard.
    1. En 1826, suite aux tueries de quinze des leurs, les Juifs du village d'Agouraï abandonnèrent leur village et déménagent en masse à Meknès.
    1. En 1834, un prince tomba follement amoureux d'une jeune juive tangéroise Sol Hachuel. Il se trouva deux musulmanes pour affirmer que Sol s'était converti à l'islam, ce qu'elle réfuta totalement. Elle fut emprisonnée mais refusa d'abjurer. Elle mourut décapitée sur la place publique. Des Juifs jetèrent des pièces en l'air pour pouvoir détourner l'attention de la foule et récupérer le corps avant que l'on en abuse. Sol ou Solika devint un symbole de résistance à l'oppression et sa tombe dans la ville de Fès, un lieu de pèlerinage.
    1. En 1837, les Juifs de Fès demandèrent la permission de construire un bain public dans l'enceinte du Mellah. Les oulémas consultés répondirent par la négative…
    1. En 1844, le Mellah de Mogador fut mis à sac par les tribus voisines lorsque la ville fut bombardée par la flotte française. Élie Benamozegh écrivit dans la préface de l'ouvrage d'Abraham Ben Judah Koriat Brith Avoth : « Comme les colombes des vallées, les navires français fondirent sur la ville, déversant sur elle une pluie de feu et de fer… De la campagne s'abattirent sur la cité les hordes sauvages des Bédouins semant la terreur, rançonnant, pillant et massacrant les populations juives innocentes.»
    1. Suite au départ de l'Espagne de Tétouan, conséquence de la fin de la guerre hispano-marocaine de 1860, la population musulmane s'attaqua violemment à la communauté juive de cette ville.
  1. En 1867, les Juifs de Tétouan furent attaqués par des pirates du Rif. Ces attaques se reproduisirent l'année suivante et la France et l'Angleterre intervinrent pour empêcher que la situation n’empirât. Le complice de l'assassinat de M. Pariente fut remis en liberté par le pacha, lequel interdit aux Juifs de passer par la porte qui mène au cimetière.
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