Presence juive au Tafilalet – Brit 31

ברית 31 - תאפילאלת 001

Rabbin Professeur Moché Amar

La personnalité du Grand Rabbin Yaacov Abehssera 

L'origine de la famille Abehssera

Son œuvre spirituelle

Rabbi Yaacov était un immense rabbin de la Thora. Il correspondait avec les plus grands rabbins du Maroc. Les rabbins de Sefrou, Fez, Marrakech, Tanger, Tétouan et d'autres villes encore. Il a laissé dix livres élaborés. D'après le modèle de P.A.R.D.E.S où la kabbale prend une place centrale. Voici la liste de ses écrits :

Liste des livres selon la date d'impression

Chaaré Arouca, Jérusalem 5643: sermons de morale sur des sujets de Téchouva pour le mois de Tishré, Roch Hachana, Yom Kipour, Souccot, Hoshaana Raba et Chmini Atseret. Le livre est élaboré d'après l'ordre alphabétique, il comporte 22 chapitres.

Doresh Tov, Jérusalem 5644: 17 sermons pour les chabbat Zakhor, Chabbat Hagadol et des élégies qu'il a dites sur des défunts et entre autres celle de sa propre mère.

Pitouhé Hotam, Jérusalem 5645: commentaires de la Thora, selon la kabbale.

Yorou Michpatéha Léyaacov, Jérusalem 5645: responsa sur des lois de relations du couple et sur les arrangements financiers entre les conjoints.

Bigdé Hasrad, Jérusalem 5646: commentaire sur la Hagada de Pessah selon la kabbale.

Bigdé Hamelekh, Jérusalem 5649: notions morales et explications du mot Béréchit. (le premier mot de la Thora) Le texte comprend trois parties: Tikoun Hatechouva, Tikoun Haclikhina et Tikoun Habriot.

Elef Bina, Livourne 5650 : explications extensives de l'alphabet alpha beta selon la pensée kabbalistique du Haari (Rabbi Ytshak Louria).

Mahsof Halavan, Jérusalem 5652 : commentaire sur la Thora basé sur la pensée kabbalistique du Haari.

Maagalé Tsedek, Jérusalem 5653 : explications extensives de l'alphabet. Le psaume 119. C'est surtout un commentaire moral, presque pareil à Elef Bina dont il est une édition élargie.

Levona Zaka. Jérusalem 5689 : explications de quelques chapitres de la Michna selon les Sidra de la semaine.

Chaaré Techouva. Jérusalem 5716 : sur la Téchouva (le retour à D.) en 28 chapitres.

Chabbat Kodesh : il s'avère que ce livre traite des différents aspects du Chabbat. Le livre n'a pas été imprimé et le manuscrit a été égaré, semble-t-il.

Rabbi Yaacov a aussi composé de nombreux poèmes qui expriment la nostalgie et l'attente de la rédemption du peuple d'Israël. Ses poèmes ont été joints aux poèmes de ses fils, petits-fils et ses élèves et ont été imprimés dans le livre Yaguel Yaacov (Tunis 5662). Le premier poème du recueil mérite une attention particulière. Il a été écrit en louanges à la jeune Soulika Hatchouel qui s'est sacrifiée pour la sanctification de D., en 1834 à Fès. Tous les textes de Rabbi Yaacov ont été imprimés par ses fils et ses proches après sa mort, sauf le livre "Chabbat Kodesh" qui semble être perdu.

Rabbi Yaacov diffère des autres rabbins marocains, en cela que ses œuvres ont été publiées en plusieurs éditions par ses descendants Chacun de ses arrière petits-fils se voit honoré de mettre en valeur les écrits du saint grand -père. L'édition publiée par le grand Rabbin David Abehssera est une édition avec Nikoud (ponctuée de ses voyelles). Il a aussi publié une magnifique édition du Pentateuque commenté par Rabbi Yaacov et avec les commentaires de Rachi et d'Or Hahaim (Rabbi Haim Ben Attar). Cette édition comprend également des textes d,Ateret Rochenou – le grand Rabbin David Abehssera, petit-fils de rabbi Yaacov.

Et voici une histoire qui illustre bien l'ampleur de la sainteté de Rabbi Yaacov. Cet événement est arrivé au Rabbin kabbaliste divin Rabenou Ytshak Alfiya, fondateur du mouvement de la Taanit Dibour (Les Journées de mutisme), pendant la Deuxième Guerre Mondiale quand les allemands et leurs alliés approchaient des frontières de l'Égypte et arrivaient à El Alamein avec à leur tête, Rommel. Un grand danger menaçait le Moyen-Orient et en particulier la population d'Eretz-Israël. Il est facile de comprendre que les Arabes et les ennemis d'Israël ont repris du poil de la bête et se partageaient déjà ouvertement les biens des Juifs et leurs femmes dans les rues de Jérusalem. Inutile de dire combien étaient ferventes les prières dans toutes les couches de la sainte population adressées à D. pour qu'il épargne le reste de son peuple d'Israël. En Égypte même, les Arabes sont passés des menaces aux actes violents envers les Juifs. Il en était de même pour les arméniens et les autres communautés chrétiennes qui sont entrés à Damenhour jusqu'à la limite de la pierre tombale du saint, célèbre par ses miracles, le pilier du monde, Rabbi Yaacov Abehssera. Ils ont sorti le Sefer Thora de l'autel et l'ont piétiné et brûlé. Ils mirent le feu au caveau lui-même et à tous ses alentours. Ce soir-là, Rabenou a rêvé : dans son songe un Tsadik est apparu devant lui portant la tunique des rabbins. Il est venu à lui et lui a dit : "Pourquoi as-tu coutume d'organiser des études sur les tombes des Tsadikim et tu ne viens pas chez moi"? Le rabbin lui demanda : "Qui êtes-vous Maître"? Il lui fut répondu : "Je suis Yaacov Abehssera"

 – "Et où êtes-vous enterré Maître?"

-"À Damenhour en Égypte, et maintenant hâte toi, et ne reste pas là debout car c'est de cela que dépend la survie du peuple d'Israël!". Rabenou s'est réveillé tout secoué par son rêve et s'est hâté vers la synagogue "Beit-El" dans la vieille ville. Là, il a raconté son rêve à ses amis les kabbalistes et il leur a demandé : "Savez vous qui est le Tsadik qui m'est apparu en rêve?" Ils lui ont répondu : "C'est le Juste, célèbre dans toutes les villes de l'Occident, c'est un homme à miracles, auteur de livres saints, Pitouhé Hotam, Yorou michpatekha leYaacov, Makhsof Halavan et d'autres encore. Après la prière de chahrit, Rabenou est allé avec deux de ses amis rabbins chez le gouverneur de la région pour recevoir le permis de voyager en Égypte. Quand ils arrivèrent à l'entrée du bureau du gouverneur, le garde préposé à l'entrée les a arrêtés en demandant où ils prétendaient aller? Ils lui ont répondu : chez le gouverneur. "Avez-vous une convocation ou un permis d'entrer chez le gouverneur?" Ils répondirent par la négative et furent immédiatement renvoyés. Mais Rabenou n'a pas bougé de sa place et a maintenu avec entêtement qu'il verrait le gouverneur coûte que coûte. Et voici que soudain, du bureau de gouverneur est descendu un officier haut gradé qui, voyant Rabenou, dit au garde : "Que désire le Rabbin?" On lui répondit qu'il voulait voir le gouverneur et qu'il n'avait pas de permis ni de convocation. "Nous avons ordre, dirent les gardes de ne pas permettre à qui que ce soit de passer sans permis, car nous sommes en état d'alerte". L'officier dit : "Attendez un instant, je vais monter chez le gouverneur et lui transmettre que le rabbin veut le voir". Quelques minutes plus tard, l'officier est venu dire que le gouverneur avait ordonné que Rabenou monte seul chez lui. Rabbi est entré chez le gouverneur et celui-ci l'a reçu avec déférence et a écouté patiemment tout le rêve et la demande du Rabbin de rassembler un Minyan (dix hommes) de Juifs. Ce groupe serait autorisé à voyager en Égypte afin de se prosterner devant la tombe de Rabbi Yaacov et que grâce à cette prière, les allemands fuiraient du front. La réponse du gouverneur fut qu'aucun citoyen n'était autorisé à passer en Égypte. Seuls les soldats voyageaient tous les jours en Égypte, directement au front ; et c'est pourquoi il est impossible de donner un laissez-passer. Cependant, il propose que Rabenou aille seul à la station de chemin de fer et monte dans un voiture avec les soldats et que s'il n'était pas saisi par les gardes, il pourrait réaliser son rêve. Rabenou a remercié le gouverneur de son conseil et a rejoint ses amis qui l'attendaient impatiemment. Quand ils ont entendu les paroles du gouverneur, ils ont dit au Rabbin: "Il faut repousser la proposition du gouverneur, car comment pourrais-tu entrer dans une voiture pleine de soldats sans qu'ils y fassent attention ; cela est très dangereux et c'est pourquoi tu ne dois pas le faire, il vaut mieux ne rien faire dans ce cas". Mais Rabenou n'est pas de ceux qui hésitent devant le danger qui menaçait Israël, surtout en sachant la valeur des Tsadikim et leur mérite. Il savait pertinemment que leur importance est plus grande qu'un laissez-passer et les soldats de tous grades. Donc, le lendemain matin, il a pris son talit et ses îefilins, est arrivé à la station de chemin de fer pour monter dans une voiture. Alors qu'il était devant le train, deux officiers sont venus à lui et ont demandé qui il était. A sa réponse, ils l'ont fait monter dans une voiture et se sont assis à ses côtés, jusqu'à leur arrivée au Caire en Égypte. Ils l'ont emmené jusqu'au quartier juif et ont disparu. Rabenou est entré à la Yechiva Keter Thora au Caire et les Rabbins qui étudiaient là étaient tous étonnés de le voir et se demandaient s'il était bien Rabenou Alfiya de Jérusalem? Et comment était-il arrivé en Égypte, en ces jours difficiles. En entendant son rêve et comment grâce au Tsadik Rabbi Yaacov Abehssera il était parvenu saint et sauf jusqu'au Caire ; ils ont immédiatement amassé des provisions, un sac de farine et deux bouteilles d'huile. Et, plusieurs dizaines d'hommes ont voyagé à Damenhour jusqu'à la tombe du Tsadik Rabbi Yaacov Abehssera. Et là, Rabenou leur a dit : "Nous allons étudier ici pour le salut du peuple d'Israël et pour leur sauvetage de la menace allemande. Nous continuerons à étudier, avec l'aide de D., tant qu'il y aura de la nourriture que nous avons apportée avec nous".

Ils ont étudié deux fois le Seder de Taanit Dibour, et ont fait le tour de la tombe et toutes les prières appropriées jour et nuit sans interruption. La troisième nuit, l'un des pèlerins est sorti et a vu que la ville était toute éclairée (il va sans dire que le couvre-feu était obligatoire pendant la guerre) et on entendait le peuple qui poussait des cris de joie. Il s'est avéré que les allemands s'étaient enfuis du front et que les anglais étaient victorieux. Il est rentré au cimetière et a raconté cela à ses compagnons. Ils ont tout de suite dit le Hallel et organisé une grande fête et tout le monde sut que c'était un miracle. Rabenou a raconté que pendant l'étude il a vu une grande aura autour du tombeau de Rabbi Yaacov Abehssera et une sorte de colonne de feu qui en sortait. (J'ai entendu ce récit de M. Ezra Chacha, présent à ces événements et aussi du Rabbin Naim Eliahou).

Conclusion

Nous avons entendu parler de beaucoup de miracles réalisés grâce à Rabbi Yaacov pendant son existence et après sa mort. Il y en a tant que nous n'avons pas de place pour les écrire. Tout comme a dit son fils Rabbi Aharon dans sa préface au livre Yorou Michpatekha leYaacov : "Si je voulais vous raconter une infime partie des louanges qui reviennent à Rabbi Yaacov même en vivant 1000 ans je n'y parviendrai pas". Plaise à D. que les mérites de notre maître Abir Yaacov et de ses descendants protègent tout le peuple d'Israël, et que grâce à lui nous soyons jugés avec mansuétude et commisération, Amen.

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