La persecution anti-juive-Joseph Toledano..L'accueil des réfugiés d'Europe

La persecution anti-juiveL'accueil des réfugiés d'Europe

Le malheur des juifs d'Europe Centrale ne tarde pas à frapper aux portes du Maroc. Début juillet, Nelly Cazès Benattar, la première femme avocate du Maroc, descendant d'une grande famille de notables de Tanger naturalisée française, reçut un message de détresse d'un des correspondants philatélistes viennois de son défunt époux, lui apprenant qu'il avait fui l'Europe et que son bateau se trouvait bloqué au port de Casablanca, les autorités ne permettant pas aux passagers de descendre à terre, qu'ils étaient consignés à bord comme des pestiférés et qu'ils mouraient de faim et de soif. Elle se précipite au Contrôleur Civil qui lui confirme les faits lui avouant qu'il ne savait que faire, n'ayant reçu aucune instruction et que rien n'avait été prévu pour accueillir un tel afflux de réfugiés, dont un grand nombre de nationalité belge, néerlandaise, allemande, autrichienne et française. Le Contrôleur débordé, accepte sa proposition de fondation d'un comité d'Assistance dont elle fixe le siège au local de l'association des Anciens Elèves des Ecoles de l'Alliance dont elle était présidente. En garantie, elle accepte d'engager sa responsabilité personnelle vis-à-vis de l'administration pour tous les problèmes qui pourraient surgir suite au débarquement des réfugies. En contrepartie, le Contrôleur civil promit, de son côté, l'aide financière provisoire de la Municipalité de Casablanca.

Une quarantaine de personnalités, dont S.D. Lévy, Jules Nataf, Zédé Schulman, Yahya Zagury et Célia Bengio, devaient se joindre au Comité d'assistance aux réfugiés étrangers. Des médecins dont Léon Benzaquen, futur ministre des Postes du Maroc indépendant, assurèrent bénévolement le suivi médical et l'hospitalisation pour les plus atteints.

Les réfugiés sont transférés au camp de transit d'Ain Chock, centre habituel d'épouillage des clochards. Elle obtint de les loger dans les locaux mis à sa disposition par la communauté de Casablanca et les autres institutions juives ainsi que chez des particuliers qui ouvrent leurs maisons, en particulier pour accueillir les enfants jusqu'à leur départ vers l'Espagne, Lisbonne, Londres ou Tanger pour ceux qui avaient des visas pour les Amériques. Dans ses mémoires "Chronique juive marocaine", Jacques Harboun de Marrakech rapporte:

Les rumeurs de guerre se faisaient plus insistantes. On ne parlait plus que de cela, d'autant plus que des réfugiés, très rares, échappés d'Allemagne, d'Autriche ou d'ailleurs, arrivaient jusqu'à nous. Ils étaient hébergés dans des familles en attendant qu'ils puissent trouver du travail. Nous reçûmes chez nous un de ces malheureux. Il parlait français avec un fort accent et jouait aux échecs. Il s'amusait à jouer avec moi. Il me battait bien sûr aisément chaque fois… Il contait à mes parents et à leurs amis l'effroyable condition des juifs sous la férule allemande.

Il le fit même en public, un samedi à la synagogue. De vieilles gens pleuraient.

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