Le château de Cambous et l’aliyah des jeunes Par Christian Pioch

misgueretLe château de Cambous et l’aliyah des jeunes Par Christian Pioch
Histoire contemporaine du chateau de Cambous

(Viols-en-Laval, Herault)

De l'Aliyah des jeunes a nos jours

1950-2010

EXTRAITS SANS ILLUSTRATION


transmis a M. Yigal Bin-Nun

periode 1950-1972

Christian PIOCH

1ere partie

Un chateau francais au service de la cause sioniste :

Le chateau de Cambous, antichambre de la Terre promise et l'Aliyah des jeunes

Volontaires de la Misgeret  à Cambous en 1960

 (Arch. Yigal Bin-Nun, avec son amiable autorisation.)

Le temps de la Misgeret  à Cambous (1957-1961)

En effet, en raison de l’interdiction de l’émigration marocaine vers Israël, du début 1956 à novembre 1961, une nouvelle structure clandestine, la Misgeret , est mise en place par le  Mossad , comportant cinq sections :

 Maqhela (émigration clandestine) ;

 Lavi (autodéfense) ;

 Ballet (mouvements de jeunesse) ; renseignements ; soutien public.

Sa mission principale est de poursuivre le mouvement d’émigration vers Israël et d’assurer pour cela l’autodéfense de la communauté, et donc, le cas échéant, se defender contre les autorités marocaines ou contre les mouvements populaires antisionistes se faisant menaçants. Elle parviendra ainsi, dans des conditions fort difficiles, à assurer entre1957 et 1961 le départ de près de 29 500 nouveaux migrants qui devront, à chaque pas, se méfier des forces policières et militaires du nouveau régime marocain, comme desmouvements de foule.

De 1956-1961, son action précèdera ainsi le retour en 1961-1966 à une émigration qui sera à nouveau légale, l’opération Yakhin

Lors de son activation en 1956-1961, les Marocains juifs craignent désormais pour leur vie. Les incidents et les arrestations se multiplient. Leur correspondance avec Israël, de l’ordre de 30 000 lettres par mois dans chacune des deux destinations, est même interdite en septembre 1959 et la tension monte encore d’un cran quand le gouvernement marocainse réjouit publiquement de la conversion, forcée ou non, de quelques jeunes filles juives àl’Islam.

Volontaires de la Misgeret  à Fès (Arch. Yigal Bin-Nun, avec son aimable autorisation)

Charles Boushira et Eli Levy, à gauche sur la photo, tous deux nés à Fès en 1938, furent arrêtés lorsd’une distribution de tracts mettant en cause le régime marocain lors du naufrage du Pisces (ou Egoz )et furent torturés par la police marocaine, quittant le Maroc pour Israël aprèsl’intronisation d’Hassan II.

Un martyr de la Misgeret , Raphael Oiknin (1927-1961), à gauche sur la photo, en famille,mort sous la torture après le naufrage du Pisces (ou Egoz) (Arch. Yigal Bin-Nun, avec son aimable autorisation)

Aussi, sur la base d’informations collectées dans les Archives nationales d’Israël, dans celles du Ministère des Affaires étrangères ou dans les Archives sionistes, comme de témoignages de volontaires de la

 Misgeret ainsi que des émissaires israéliens au Maroc,M. Yigal Bin-Nun, spécialiste de l’émigration marocaine vers Israël, a pu établir qu’au moins deux stages professionnels d’autodéfense, a priori sans arme à feu, furent organisés en 1958-1959 à Cambous. Le premier de ces stages eut lieu au cours de l’été 1958.

Le directeur du stage à Cambous était alors Gad Shahar (Georges Chemla), né à Tunis en1923 et membre du kibboutz Regavim, responsable de deux des branches de la Misgeret  (Maqhela, chargée de l’émigration clandestine, et Balet  , chargée des mouvements de jeunesse israéliennes). Yona Zabin, né en 1925, dirigeait quant à lui le stage de la section Lavi, chargée de l’autodéfense. Les autres moniteurs étaient trois émissaires israéliens :Yishay Shtikman, membre du kibboutz Mishmar Hanegev ; Hayim Yehezqeli, né en 1935 à Haïfa ; et Roger Hamou (Ben Ami), né en 1938 à Fès.

Les stagiaires, dont l’un sera torturé à mort, étaient : Marcel Antibi (né à Fès en 1932, de nationalité française), Charles Reboh (né à Fès), Edmond Sadoun, Charles Bouhsira (né à Fès en 1938), Felix Monsonego (né à Fès), Isaac Cohen (né à Fès en 1934), SimonCorcos, Haim Hamou, Raphael Oiknin (né à Casablanca en 1927, mort sous la torture en1961), Suzanne Chkouri, Rachel Zrihen (née à Marrakech en 1940), Lisette Elmosnino,Marie Torjman (ou Corchhia, née à Fès en 1939), Gabriel Benlolo, Jeanette Ohayon, et Jacqueline Hagège.

L’un d’eux, Raphael Oiknin (1927-1961), n’échappera pas aux griffes de la police marocaine. Ainsi, quand une quarantaine de fugitifs, embarqués clandestinement sur lePisces (ou Egoz), sombrèrent en mer en janvier 1961, une campagne de tracts accusa le régime marocain, par son interdiction de l’émigration, d’être responsable du désastre et une violente répression s’abattit aussitôt sur la communauté juive marocaine. Le jeune Oiknin, qui s’était porté volontaire en 1948 pour servir en Palestine lors de la guerre d’indépendance, et qui fut en 1955-1956 l’un des premiers volontaires pour la création de la Misgeret , fut alors arrêté et torturé à mort (le drame maritime de janvier 1951 permit cependant l’ouverture de négociations officielles et le retour à une émigration légale quelques mois après).

Le second des stages organisés à Cambous eut lieu à l’été 1959. Le directeur du stage était alors Fredy Shani, secondé par divers moniteurs, les émissaires Ezra Ayalon, Moni Behar, Pinhas Nemet, Yaacov Stanger et Bruno Sigal, Moshé Liba (né en 1931) etGeorges Benaïm (né à Fès en 1930). Les stagiaires étaient : Georges Elie Oiknin (né àRabat en 1938), Marcel Antibi (né à Fès en 1932, de nationalité française), Léon Zabali(né à Fès), Felix Monsonego (né à Fès), Marcel Ruimy (né à Fès en 1932, de nationalitéfrançaise), Armand Ouliel, Elie Achach, Claude Sultan, Michel (né à Casablanca en1939) et Chantal Knafo, Albert Bensimon, Simon Cohen (né à Fès), Eli Levy (né à Fès en1938), Michel Pariente (né à Larache en 1932), Rachel Assoulin (épouse du précédant),Simon Benlolo, Roland Dukhan, et David Oiknin (de Melilla), ainsi que d’autres personnes venues de Tunisie, dont deux filles, ou d’Algérie.

Mais ce ne sont là que des groupes de passage, assez peu nombreux et sans doute aussi discrets que possible . En 1959, le nombre de chiens taxés pour le château et parc de Cambous passe ainsi de sept à deux seulement, signe de désaffection générale du domaine.

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