Le château de Cambous et l’aliyah des jeunes Par Christian Pioch

Le Chateau de Cambous

Le tout, château et domaine attenant de 302 à 328 hectares, était ainsi cédé en cette année 1959, avec ses installations, selon le descriptif que nous avons évoqué plus haut, moyennant la somme de 79 000 000 de francs, laquelle fut payée comptant à la société vendeuse par ledit Delort, par utilisation des deniers du comité acquéreur (soit 790 000 nouveaux francs de 1960). Mais, à la rubrique origine de propriété, Mme Klotz, assistée de son époux, précisait néanmoins que le prix d’acquisition de 1950, soit 10 000 000 de francs de l’époque, n’était toujours pas payé aux époux Nembriny-Aligro, indiquant page 10 de l’acte «

que ce prix est toujours dû, mais qu’il sera payé au moyen des fonds provenant des présentes et que l’inscription d’office sera [de ce fait] entièrement etdéfinitivement radiée ».

Le but de l’opération est alors d’accueillir en France des colonies de vacances pour enfants de salariés travaillant en Algérie, ce que l’indépendance algérienne viendra bouleverser en 1962. Ainsi, à l’occasion des accords d’Evian, la propriété de plusieurs dizaines d’installations acquises en France par les caisses d’allocations familiales ou desécurité sociale de l’Algérie française fut transférée à la jeune république algérienne.Mais l’Etat algérien se désintéressa de ces propriétés, ne sachant trop quoi en faire, se contentant bien souvent de les faire gardienner, et des associations de rapatriés tenteront par la suite de s’approprier les lieux, quasiment laissés à l’abandon pendant plus de deux decennies

C’est ainsi qu’en 1988, bien après les événements de 1962, l’on verra les militants de l’U.S.D.I.F.R.A. (Union syndicale de défense des intérêts des Français repliés d’Algérie), alors menés par Eugène Ibañez, un pied-noir domicilié à Tourves (Var), s’emparer par laforce du château et de ses dépendances, et ester en justice afin que l’Algérie soit officiellement dépossédée du château au profit des seules organisations representatives des Français d’Algérie. En 1998-1999, un premier jugement donnait néanmoins raison àl’Etat algérien, y compris en appel, sans pour autant que les squatters déguerpissent…Ceux-ci, encore présents sur le site à la fin 2009, envisageaient en 2008 de réaliser sur les lieux un musée de l’histoire et de la culture pied-noir , y organisant de temps à autre diverses festivités ou manifestations, louant même en liquide les bâtiments du domaine à divers particuliers, jusqu’à une trentaine de personnes .

Le site, tel que nous l’avons visité rapidement en septembre 2009, est cependant extrêmement dégradé et sans véritable entretien, faute de véritable solution aux  problèmes juridiques et financiers rencontrés. Le château est toujours occupé par les  pieds-noirs, les vitres parfois brisées, et son statut alimente toujours les polémiques, avec tout autour des terrains désormais en friche. Ainsi verra-t-on apposé sur la façade de l’ancienne chapelle de Julhans une inscription, en lettres de fer forgé : – Notre-Dame des  Pieds-Noir

Mais c’est néanmoins vers le seul consulat d’Algérie de Marseille, qui payait jusque-là les taxes foncières, que les autorités se retournaient en décembre 2008, quand un effondrement de la toiture de la chapelle amena la municipalité à prendre un arrêté de  péril imminent, puisque le site restait officiellement la propriété de la C..N.A.S.A.T. algérienne

( Caisse Nationale des Assurances Sociales des Accidents du Travail et des  Maladies professionnelles)  non de la C.T.P.N. Collectivité territoriale pieds-noirs qui occupait illégalement les lieux…

L’imbroglio juridique était donc total à la fin 2009, plus de dix ans après le jugement de1'ère instance maintenant l’Etat algérien comme seul propriétaire du château de Julhans…A la même époque (1959), les structures sionistes se défont également du château desRhuets, à Vouzon (Loir-et-Cher), un domaine de Sologne, à une trentaine de kilomètresau sud d’Orléans, qui avait été acquis dès le 17 juillet 1944 et qui avait perdu dès1950-1952 sa vocation de Maisons d’enfants en partance pour Israël, devenant en 1952un centre de post-cure sanatoriale puis, en 1954, un centre de reclassement professionnel.

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