ארכיון יומי: 11 בנובמבר 2018


Il était une fois le Maroc-David Bebsoussan-Qu'en fut-il de la presse spécifiquement juive?

Il y avait cependant une grande influence britannique au Maroc…

Le Times ofMorocco fut fondé par l'écrivain Edward Meakin. Il dévoila la corruption tangéroise. Son fils Budgett Meakin fut l'auteur de livres importants sur le Maroc dont The Moorish Empire publié en 1899 et The land ofthe Moors paru en 1901. Le style critique de Meakin père et fils finit par les faire comparaître par-devant le Tribunal consulaire. Le journal fut racheté en 1893 par le Gibraltarien G.T. Abrines, propriétaire de Moghreb al Aksa, et se fit le défenseur de la politique britannique.

Avant d'être racheté, le Times of Morocco que l'on disait être le seul journal non israélite de Tanger, avait une attitude anti-française et il rejoignait en cela la position de la presse britannique. Parallèlement, le Réveil du Maroc et Al Moghreb al Aksa jouaient généralement le jeu de la France. Ils furent très critiques devant l'inaction du représentant britannique Drummond Hay devant les massacres des Juifs de Demnat. Le Réveil du Maroc dénonça auprès de la communauté internationale « la barbarie du gouvernement marocain » et attaqua les légations étrangères : « Pendant combien de temps l'Europe tolérera-t-elle ces crimes abominables? Et vous Représentants de la civilisation qui faites prôner constamment l'intégrité du Maroc, vous qui soutenez les actes infâmes du gouvernement chérifien au nom du droit des peuples, ne sentez-vous rien battre au fond de vos cœurs? » Lorsque Drummond Hay tenta de minimiser les évènements de Demnat, la réaction de la presse reprise par les journaux britanniques tels que le Times, le Daily News ou le Manchester Guardian, fut si violente que le Foreign Office fut contraint d'émettre cm communiqué officiel pour faire une mise au point. Le nouveau représentant français Charles Féraud fut encensé par la presse à son arrivée. Toutefois, lorsqu'il se fit l'ardent défenseur du statu quo, il eut droit au même traitement que Drummond Hay. Al Moghreb al Aksa se rapprocha de l'Espagne et se déchaîna contre la France soupçonnée de vouloir démembrer le territoire marocain suite à une rectification de frontière algéro-marocaine.

Les légations consulaires ne pouvaient ignorer ces journaux…

De plus en plus, les légations étrangères influencèrent la presse. Il y eut d'autres journaux tout comme La Africana publié pendant deux ans; le bihebdomadaire El Eco Mauritano dura de 1878 à 1886. La plupart de ses collaborateurs étaient juifs, parmi lesquels figurait Isaac Laredo, auteur des Memorias de un viejo Tangerino. Ce journal critiqua vivement l'inaction du représentant espagnol Diosdado.

El Diario fut un journal en langue espagnole fondé à Tanger en 1889, bien que financé par la légation française. Il fut publié pendant six ans. Ce journal dénonça la venue de navires de guerre britanniques à Tanger, à Tétouan et dans le Sous et fit mauvaise presse au nouveau représentant britannique Sir Charles Evans Smith.

De fait, Le Réveil du Maroc fut acquis par des intérêts français en 1889 et défendit les positions de la France. Moghreb el Aksa et Times of Morocco s'alignèrent sur la politique anglaise cependant que L'Eco Mauritano devint un organe espagnol officiel. La presse évolua alors dans le giron des puissances coloniales de l'époque.

Le journal hebdomadaire Le Maroc, lancé en 1894, fut un journal rédigé en langue française. Il fut suspendu en 1895 par la légation française pour un manquement à la réserve qu'exigent certaines convenances internationales. Il continua de paraître jusqu'en 1905. L'organe israélite La Cronica sous-titré « Organo defensor de los intereses internationales y locales des Imperio de Marruecos » fut dirigé par Messod Chriqui. H y eut encore le journal allemand Le Commerce du Maroc, rédigé en français, et l'éphémère La Duda des Progresso Marroqui. La Revista de Marruecos fut un bimensuel qui parut entre 1890 et 1891 et La Lintrena fut un journal satirique qui parut régulièrement entre 1888 et 1891.

Sous le pseudonyme d'Aïsa Farech, Budgett Meakin tenta de lancer le journal en langue arabe El Moghreb, mais l'essai ne dura pas longtemps.

Qu'en fut-il de la presse spécifiquement juive?

Les revues en judéo-arabe Kol Israël (1891), Mébasser Tov (1894-1895), Moghrabi (1904), éditées par Salomon Benaïoun parurent durant un temps relativement court. D'autres organes d'information juifs existèrent par la suite : La Liberté (1915-1922), hebdomadaire en langue française et judéo- arabe consacré à la défense des intérêts israélites au Maroc; Adelante (1929- 1932) fut un bimensuel hispanophone indépendant. Par la suite, des journaux juifs parurent à Casablanca, parmi lesquels : Or Hama'arav (1922- 1924), journal sioniste en judéo-arabe édité par les frères Hadida qui fut fermé par les autorités qui interdirent également la distribution du journal sioniste Ha'olam; L'avenir illustré (1926-1940), journal francophone, nationaliste et pro-sioniste fut édité par Jonathan Thurz lequel représenta le Maroc à tous les congrès sionistes jusqu'à la Seconde Guerre mondiale; L'Union marocaine (1932-1940), journal d'expression française représentant la tendance émancipatrice de l'Alliance Israélite Universelle, édité par Élie Nattaf. Ces deux derniers journaux furent fermés sous le régime de Vichy. Le journal sioniste Noar parut de 1948 à 1952. La voix des communautés, organe du conseil des Communautés israélites, parut à partir de 1950. De 1891 à 1964, on dénombre 38 périodiques juifs – dont 16 publiés à Tanger – et paraissant en français, en espagnol, en judéo-arabe ou en hébreu.

Quelle était l'influence réelle de la presse?

La vitalité de la presse tangéroise fut considérable si l'on tient compte de la population qu'elle desservait. Lors de l'avènement du statut international de Tanger en 1923, la ville comptait 60 000 habitants dont 35 000 Musulmans, 15 000 Juifs et 10 000 étrangers de nationalités diverses. Précisons que la ville comptait 648 étrangers en 1868,1 412 en 1888 et plus de 8 000 en 1906. La presse de Tanger visa à améliorer les conditions de vie locale. La défense des coreligionnaires juifs persécutés fut également sa priorité. La presse s'exprima librement et sans équivoque contre les injustices, ce qui constituait un geste osé dans le contexte de la monarchie absolue du pays théocratique qu'était le Maroc. Mais la rivalité des puissances fut transparente et, le fait que les légations consulaires tentèrent de prendre le contrôle des journaux et que le gouvernement marocain s'inquiéta sérieusement des critiques exprimées publiquement, montre à quel point la presse avait rempli un rôle de premier plan qu'il n'était plus possible d'ignorer.

D'autres journaux parurent au Maroc au XXe siècle : La Vigie marocaine en 1907, Le petit Marocain en 1912, La Presse Marocaine en 1913, Le soir Marocain en 1929. D'autres journaux locaux parurent, mais ces organes d'information atteignirent rarement le degré de liberté de presse des journaux tangérois.

Il était une fois le Maroc-David Bebsoussan-2010-page127-129

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