Joseph Dadia – L'Ecole de l'Alliance de Marrakech

Joseph Dadia

ALLIANCEL'Ecole de l'Alliance de Marrakech

Historique

En cette année du cent cinquantième anniversaire de l'Alliance israélite universelle, il me paraît naturel, avant d'aborder ma scolarité à l'école Yéshoua Corcos, de faire un bref historique de l'école de l'Alliance de Marrakech. Ce n'est pas simple, ayant peu de documentation à ma disposition. C'est un sujet intéressant auquel je pense depuis longtemps. En tant qu'ancien élève de l'Alliance, cela sera ma modeste contribution à la mémoire de celles et de ceux, qui ont fait de nous ce que nous sommes dans la vie et dans la cité.

Les premiers pas des bâtisseurs, 1900-1925

Grâce à l'autorité du président Yéshoua Corcos qui a su calmer les inquiétudes de ses coreligionnaires et l'opposition des rabbins, qui voyaient d'un mauvais œil cette yéshiba d'un nouveau genre, où l'on va enseigner un langage de chrétien, la première école de l'Alliance au mellah de Marrakech ouvrit ses portes en décembre 1900. Sa volonté formelle avait été indispensable pour imposer cet établissement, car les rumeurs les plus fantastiques circulaient au mellah. Et dire que le bon président Yéshoua Corcos a été traité de misonéiste !

Pour Aïemy Hazan, l'école s'installa rue du Commerce, connue par les cartophiles sous le nom de « Rue des balcons ». Pour Monsieur Alfred Goldenberg, c'est dans une rue parallèle à cette dernière que la première école ouvrit ses portes : rue des Ecoles, derb scouella. De commune renommée, il a bel et bien existé, dans cette rue, une école. Son premier directeur fut M. Moïse Lévy, rejoint par la suite par Mlle Messody Coriat pour l'école des filles. Ils sont en charge de trois classes. Il y a là cent seize garçons et soixante et une filles. Cependant, le directeur et la directrice de l'école indiquent, dans un rapport officiel, les chiffres suivants : A- cent cinquante garçons répartis en trois éléments : 1- une vingtaine de garçons de 15 à 18 ans, fils de commerçants, qui quittèrent l'école au bout de trois mois ; 2- 60 enfants environ de 10 à 12 ans, fils de familles aisées ; 3- le restant de l'effectif vient de la partie la plus miséreuse de la communauté. Grâce à la soupe chaude de midi et à la promesse d'un vetement, ces élèves restèrent à l'école. B- soixante-seize écolières, filles des plus riches, presque toutes payantes. Les pauvres n'ont pas les moyens de l'instruction ; mais la promesse d'habiller les enfants les plus indigents vaudra sans doute quelques recrues.

En 1902, recrudescence de la misère au mellah ; à la même époque, une épidémie de variole éclata. En vaccinant de force un grand nombre d'enfants, M. Lévy les sauva d'une mort certaine. Par lettre du 15 février 1904, Moïse Lévy alerta le Président du Comité Central de l'Alliance sur la situation des juifs de Marrakech, suite à une crise monétaire. La famine pour le mellah et la médina. Une escouade de soldats campait aux portes du mellah. Le 20 janvier de la même année, la population arabe, armée de ratons, se dirigea vers le quartier juif aux cris de « Naklou el mellah », « Nous mangerons les juifs du mellah ». La garde aux portes du mellah, prise au dépourvu, a eu à peine le temps d'en fermer les portes. A l'école, plusieurs mamans réclamèrent leurs enfants. M. Souessia ne perdit pas son sang froid, encouragea le personnel et calma les élèves. Le directeur Moïse lévy se trouvait au moment de ces événements au petit village El Yéhoudia a 4 heures de Marrakech.

Paul Lemoine, de passage à Marrakech en automne 1904, visita l' école de l'Alliance. On y apprend à parler, à lire et à écrire le français, avec des rudiments de calcul. Quelques rabbins, rémunérés par l'Alliance, sonnent l'instruction religieuse et hébraïque aux jeunes enfants. M. et Mme Lévy partirent diriger les écoles de Tétouan. M. Souessia est l'unique instituteur. Si dévoué qu'il soit, il ne peut suffire à sa tâche. Il a 250 élèves , repartis en cinq classes, présents de huit heures du matin à cinq heures du soir. Il doit leur donner, non seulement l'enseignement, mais encore la  nourriture de midi, œuvre créée par la baronne Hirsch. Un directeur, accompagné de sa jeune femme, une parisienne, qui va ouvrir une école de filles, vient cependant d'arriver ; sa présence était bien nécessaire. Il s'agit ae M. Nissim Falcon, de Smyrne, et de son épouse. M. Souessia, originaire ie Mogador, devient son adjoint.

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