ארכיון יומי: 14 באוקטובר 2018


Evolution du judaisme marocain-Doris Bensimon-Donath

  1. Structures socio-économiques

Sous des apparences qui, aux yeux de l’observateur venu de l’extérieur, semblaient à peine différenciées, les structures socio-économiques de la société juive maghrébine traditionnelle présentaient, en réalité, une certaine diversité.

Il faut distinguer, tout d’abord, les ruraux des urbains. Les premiers furent probablement assez nombreux  avant la pénétration française au Maroc. Dans les années 1950-1955, P. Flamand en trouva les derniers vestiges en pays berbère. Dans les mellahs ruraux, les Juifs n’étaient pas propriétaires des terres qu’ils exploitaient : il s’agissait de biens acquis par antichrèse, contrat qui permet au créancier d’entrer en possession d’un bien et de jouir de l’usufruit jusqu’à extinction de la dette contractée par le débiteur. Le droit sur le bien hypothéqué pouvait être transmis de père en fils, au cas où la dette qui, elle aussi, se transmettait par héritage, n’était pas éteinte. Par ailleurs, pour l’exploitation des terres elles-mêmes, les Juifs avaient le plus souvent recours à l’emprunteur berbère.

Ainsi, même parmi les Juifs ruraux, l’agriculteur exploitant était rare. L’économie juive et l’économie berbère étaient imbriquées. Depuis des temps immémoriaux, le Juif était l’auxiliaire indispensable de l’économie berbère où, avant de jouer le rôle de prêteur, il remplissait celui d’artisan et de com­merçant. D’ailleurs, dans les mellahs urbains, les Juifs avaient des fonctions semblables. Traditionnellement, certains métiers leur étaient réservés : on signale généralement leur spécialisation dans la transformation des métaux et surtout des métaux précieux, la fabrication de vêtements et des sandales .

Toutefois, l’artisanat juif restait assez rudimentaire. L’artisan juif produisait des articles de première nécessité, aussi bien pour le consommateur israélite que pour le consommateur musulman. Les articles de luxe, tels que tapis, couvertures, ébénisterie d’art, cuirs brodés, étaient fabriqués par des Musulmans. Une seule exception : les bijoux.

                Certains auteurs, de Foucault à La Porte de Vaux en passant par N. Slouschz et P. Fla­mand, ont essayé de dénombrer les mellahs ruraux au Maroc et leur population. Toutefois, tous ces dénombrements sont approximatifs : les seuls chiffres qui ont quelque chance d’être réels sont ceux fournis par les différents recensements des populations effectués par les autorités françaises. Cf. infra, chap. IV.

  1. Flamand a consacré deux ouvrages au judaïsme en pays berbère : une monographie sur Demnate (Un mellah en pays berbère : Demnaté) parue en 1952, une thèse sur l’ensemble des communautés israélites du Sud marocain (Diaspora en terre d’Islam,. Les communautés israélites du Sud marocain. Essai de description et d’analyse de la vie juive en milieu berbère). Imprimé à Casablanca, le livre ne porte pas de date. Nous savons par ailleurs que l’information a été recueillie dans les années qui précédaient l’indépendance du Maroc. Malgré de très sérieuses lacunes, ce livre est le seul essai quelque peu scientifique décrivant l’ensemble des communautés juives du Sud marocain à la veille de leur disparition.

Au Maroc, les artisans juifs comme les artisans musulmans étaient groupés en corporations. Les corporations étaient représentées auprès des autorités par leur chef, appelé amin. Il était choisi parmi les patrons les mieux établis et agréé par les autorités musulmanes, Mothasseb et Pacha. Il pouvait intervenir dans les litiges entre patrons et ouvriers. Il répartissait les tâches à effectuer pour le Pacha qui avait le privilège de se faire exécuter gratuite­ment les travaux de sa maison par des artisans juifs.

L’artisan, dans la société traditionnelle, était un homme considéré. II avait la fierté de celui qui crée de sa main. Dans certaines familles, les métiers traditionnels se transmettaient de père en fils. Toutefois, la fixation dans un métier était liée à la possession d’un atelier, ce qui supposait déjà un certain avoir. Aussi, à côté des plus favorisés, y avait-il une foule de petits artisans qui passaient facilement d’un métier à l’autre.

Dans l’échelle sociale, le commerçant se situait au-dessus de l’artisan. Mais la désignation de « commerçant » recouvrait un vaste éventail d’occupations allant du colporteur au grand commerce international. Dans le commerce, le Juif fut longtemps un intermédiaire indispensable. Il savait prendre des risques, il savait créer des liens. Cependant dans l’insécurité qui caractérisait la condition du Juif dans la cité musulmane, peu nombreux furent ceux qui réellement savaient non seulement acquérir des richesses, mais encore les conserver. A côté de quelques grands négociants qui avaient accès auprès des princes et des gouverneurs et qui assuraient le commerce avec l’étranger, il y avait la masse des petits boutiquiers, des colporteurs transportant tout leur avoir à dos d’âne, des revendeurs de tout et de rien, de tous ceux qui vivotaient au jour le jour.

Enfin, certains Juifs remplissaient des fonctions officielles auprès du Makhzen. De tout temps, on a connu des chargés de mission juifs. Dans chaque mellah urbain, quelques familles avaient leurs entrées chez le sultan et ses représentants : par leurs richesses, leurs relations et parfois aussi la sagesse de leurs conseils, ces notables s’étaient rendus indispensables auprès du pouvoir et avaient acquis des faveurs qu’ils tenaient à conserver.

Ainsi s’est créée une caste qui, sans être vraiment riche au sens occidental du terme, vivait à l’aise et jouissait d’une certaine influence auprès des pou­voirs. Son aisance était d’autant plus remarquée que la masse du peuple végétait dans une indescriptible misère.

C’est parmi les membres de ces « grandes familles », comme ils s’appelaient eux-mêmes, que furent choisis d’habitude les notables du Conseil dirigeant la communauté. A la suite de J. Halévy  qui accuse « cette oligarchie d’être toujours de connivence avec l’administration afin d’étouffer les voix et les plaintes du peuple », la plupart des auteurs s’accordent pour décrire cette classe des riches du mellah comme une vraie féodalité. Entre les « grandes familles » et la masse des pauvres, il y avait des gens aisés dont le nombre semble avoir augmenté au cours du xixe siècle.

Lorsqu’au xixe siècle, les grandes puissances européennes cherchèrent à étendre leur influence dans le Maghreb, elles trouvèrent une importante clientèle parmi les Juifs désireux d’acquérir le statut de « protégé » d’une nation étrangère, et qui, de plus, servaient d’intermédiaires entre l’Européen et l’autochtone.

Toutefois, il n’y avait pas de cloisons étanches entre riches et pauvres : non seulement les pauvres vivaient de la charité des plus aisés, qui était généralement pratiquée de façon à ne pas froisser la susceptibilité de celui qui tendait la main, mais encore l’aisance des riches était exposée quoti­diennement aux revers du sort : pillages, méventes, crises économiques pouvaient réduire à l’extrême pauvreté, en l’espace d’une nuit, le plus riche du mellah.

Dans la mesure où ils jouissaient d’une certaine liberté, les notables assu­maient les destinées temporelles de la communauté. Mais le personnage central du mellah était le Grand Rabbin. Autorité spirituelle et morale, il disposait de pouvoirs judiciaire et exécutif : il avait le droit de punir, voire d’excommunier. Tous les rabbins ne jouissaient d’ailleurs pas de pouvoirs aussi étendus; selon le degré de son savoir et la fonction qui lui incombait, chacun occupait son rang dans l’échelle sociale du mellah. La renommée d’un rabbin découlait de son savoir, de sa sagesse, de sa piété. L’estime qu’on portait à un rabbin de renom rejaillissait sur toute sa famille et sur ses des­cendants qui, eux, d’ailleurs, ne manquaient jamais de rappeler la gloire de leur aïeul. Certaines fonctions se transmettaient de père en fils. Les rabbins, comme d’ailleurs les notables, étaient fiers de pouvoir faire état de leurs ascendants espagnols : dans le Maghreb septentrional et dans les villes côtières, le savoir et le pouvoir étaient généralement l’apanage des Juifs espa­gnols considérés comme plus raffinés que les autochtones.

Ainsi, piété, puissance, richesse étaient les traits caractéristiques de la classe dirigeante traditionnelle. Toutefois, si le petit peuple respectait et craignait les riches et les puissants, il vénérait l’homme au rayonnement spirituel : les chefs les plus influents étaient ceux qui alliaient la sagesse selon la loi religieuse à la richesse et aux relations auprès des puissants.

Les Juifs maghrébins non seulement étaient profondément religieux, mais encore avaient l’expérience de l’instabilité économique. Il n’est pas étonnant que, dans ces conditions, l’autorité spirituelle et morale ait été plus vénérée que le pouvoir fondé sur la richesse. Par ailleurs, ils avaient constamment devant les yeux l’exemple de leur société d’accueil qui, elle aussi, vivait selon des normes religieuses.

En définitive, la théocratie du mellah était une réplique de la théocratie musulmane dans laquelle elle s’insérait.

            Les budgets des communautés distinguaient entre les « dons » et les « dons aux histarim », c’est-à-dire aux familles dites « honorables » tombées dans le besoin.

            En haut de l’échelle, il y avait un rabbin-juge (dayan), en bas, le petit maître duTalmud- Thora. Le chokhet, chargé de l’abattage rituel, n’était pas considéré comme rabbin.

            La serarah, « droit héréditaire d’assurer les fonctions de rabbin et de serviteur du culte » était pratiquée au Maroc (cf. H. Zafrani, « Pédagogie juive en terre d’Islam », Les nouveaux Cahiers, n° 6, juin-juillet-août 1966, p. 57).

Evolution du judaisme marocain-Doris Bensimon-Donath-1948-page19-21

Juifs du Maroc a travers le monde Robert Assaraf

Dans ce contexte, la question juive, objet au départ d’une unanimité sur la nécessité : d'intégrer sans réserve à la nation la communauté juive, en respectant ses libertés et ses droits, devint avec le temps un des enjeux de la vie politique, un des moyens préférés de l'opposition pour attaquer indirectement le pouvoir en place quand elle ne pouvait le faire face  avec les inévitables conséquences de telles enchères.

Au début, l’euphorie l’emporta. Le report – à la suite de désordres provoqués par des jeunes au mellah de Marrakech – des élections des comités des communautés des grandes villes, prévues pour décembre 1955, n’ayant pas permis l’accession à leur tête d’hommes nouveaux, le sultan désigna de nouveaux membres acquis au nationalisme au comité de Casablanca, et mit à sa tête l’homme d’affaires David Benazeraf, qui en remercia ainsi le souverain, le 13 septembre 1956 :

La sollicitude de Votre Majesté s’est toujours étendue à Ses sujets israélites. Après s׳être formellement opposée à l'application au Maroc des lois du régime de Vichy en 1941, Votre Majesté a heureusement proclamé dans son discours du Trône du 18 novembre 1955 que les Israélites avaient les mêmes droits.

Fidèle à sa promesse de faire participer ses sujets juifs aux affaires du pays, le Sultan avait nommé cinq personnalités juives parmi les 76 membres de l’Assemblée consultative selon un judicieux dosage : un avocat, Me Jacques Elkaïm de Rabat ; un rabbin, rabbi Bensabat de Larache, de l’ancienne zone espagnole ; un indépendant, Lucien Bensimon de Casablanca ; et deux hommes d’affaires de la grande métropole, Jo Ohana et David Benazeraf.

Parlant sur ce point le même langage, les deux grands partis rivalisèrent de zèle sur la nécessité de traduire dans les faits les déclarations du sultan sur l’égalité des droits. Le PDI, qui dans le lointain passé ne s’était pas distingué – loin de là – dans la recherche du rapprochement avec l’élément israélite, se découvrit une vocation juive et réussit effective­ment à enrôler dans ses rangs nombre de personnalités israélites attirées par son laïcisme proclamé.

Dans une interview au Jewish Chronicle de Londres, parue au cours de l’automne 1955, son secrétaire général adjoint, Me Benjelloun rappela que son parti avait été « le premier à souhaiter la participation d’un Marocain de confession israélite au gouverne­ment de négociation. Il entend habituer ainsi les citoyens de notre pays à l’idée qu’aucune distinction fondée sur des considérations religieuses ne doit exister entre nous ». L’Istiqlal s’en tint aux résolutions intégrationnistes adoptées au Congrès extraordinaire du parti en décembre 1955 :

Considérant que les Israelites marocains sont des nationaux du pays dans toute l’acceptation historique et juridique du terme qu’il importe qu ’ils aient la jouissance et l’exercice des droits et des libertés reconnus à leurs concitoyens musulmans, dans l’égalité la plus complète ;

Considérant que cette intégration ne doit nullement porter atteinte à l’exercice de leur culte, ni à leur statut personnel ;

Demande que l’égalité de tous les citoyens marocains, sans distinction de classe ou de religion, soit hautement proclamée et consacrée dans les textes de lois ;

Suggère au comité exécutif du Parti d'encourager les contacts entre musulmans et Israélites, d’organiser et de promouvoir des activités communes dans différents domaines afin de vaincre les préjugés absurdes et de favoriser au maximum un rapprochement réel et fraternel.

Joignant les actes à la parole, l’Istiqlal créa en février 1956 une organisation pour le rapprochement judéo-musulman, le Wifaq (« l’Entente »), destinée à « encourager l’esprit de coopération dans l’intérêt national ». Un tract en arabe, judéo-arabe en lettres hébraïques et en français fut largement diffusé et proclama :

Notre vœu le plus cher est de bâtir dans la joie et la concorde un Maroc nouveau, uni, libre et indépendant. Ensemble, unis de cœur et d'esprit, musulmans et Israélites, nous mènerons notre pays vers le progrès, la prospérité et le bonheur. Ensemble, nous ferons de notre chère patrie une nation moderne et respectée, où régneront la concorde, la tolérance et la liberté. Notre Association entend mener

la lutte contre l’ignorance, la division et le racisme sous toutes ses formes. Le but d’El Wifaq est de développer les contacts entre Israélites et musulmans, en resserrant leurs liens dans tous les domaines, et notamment dans les domaines culturel, sportif, artistique, professionnel et social. El Wifaq fait appel à tous les Marocains pour qu 'ils viennent grossir ses rangs, lui apporter leur concours afin de mener à bien sa tâche, pour la grandeur et le bonheur de notre patrie.

Témoin privilégié, le journaliste Victor Malka décrit en ternies enthousiastes cette lune de miel » qui poussa de nombreux Juifs marocains à envisager de rester dans leur patrie d’origine :

La torpeur, l’expectative et l'inquiétude se dissipèrent momentanément. On ne voulut plus croire aux orages. On paria sur le printemps. Et l’enthousiasme vint. Les juifs marocains commencèrent à croire que l'indépendance nationale ne signifiait pas nécessairement le saut dans le vide et l’engagement dans l’in­connu. .. Au rendez-vous de la renaissance nationale, les Juifs marocains ne tenaient pas à être en retard comme ils l’avaient été à celui de l'indépendance… Pour une fois, l’avenir enfin signifiait l’espérance. Il s’agissait ni plus ni moins de recréer la symbiose andalouse…

Derrière cette sincère euphorie, il y avait une non moins profonde perplexité devant cette avalanche de bonnes intentions et de décisions spectaculaires. Il était difficile pour les Juifs de s’habituer à être, pour la première fois, non seulement acceptés comme citoyens à part entière, mais en plus courtisés. La réaction ne fut pas homogène. Disposée à jouer le jeu, la grande masse ne pouvait cependant s’empêcher de s’interroger sur l’éventuel prix à payer pour cette soudaine émancipation. Faudrait-il pour la mériter renoncer à sa spécificité, renoncer à une partie de sa personnalité pour se couler dans le moule musulman majoritaire ? Cesser de regarder vers Israël et de se référer à la culture française ?

Le prince hériter Moulay Hassan se montra rassurant en déclarant, devant un grand rassemblement juif à Casablanca, qu’il savait que les regards étaient tournés vers Jérusalem mais que les pieds étaient bien plantés sur la terre marocaine. Cette compréhension n’était pas du goût d’une petite minorité de gauchistes juifs, plus nationalistes que les nationalistes qui condamnaient avec véhémence le sionisme, prônant la disparition pure et simple des institutions communautaires accusées de cultiver le « séparatisme ». La petite minorité des élites – ingénieurs, économistes, médecins, avocats, hommes d’affaires – se montrait plus modérée. Elle croyait à l’avènement d’une « nouvelle Andalousie », avènement très rite contrarié par l’évolution de la situation au Proche-Orient.

Juifs du Maroc a travers le monde –Robert Assaraf-page 53-55

מ. ד. גאון יהודי המזרח בארץ ישראל חלק שני

טודרום בן יהודה הלוי אבולעפיה

נולד בש׳ ה״א ז. היה שר המלוכה ומשורר בטוליטולא. בימי עלומיו חבר שירים. תתלה שמש בחצר המלד אלפונםו הרביעי ואח״כ בחצר המלך שאגג׳ו הרביעי. כנראה שעמד בראש האוצר. גדולתו עוררה כגגדו את קנאת הנוצרים והמיטה עליו שואה. בימי אלפונםו נאסר כמה פעמים ורכושו הוחרם. אחרי מות אלפונםו מנהו המלך שאנג׳ו הנ״ל לשר האוצר בין השנים הא׳ ס-סו. נודע בחבורו ״גן המשלים והחידות״. כולל שירי ידידות, שירי תהלה, קינות, שירי אהבה, סליחות, וכו'.

ידידיה רפאל חי אבולעפיה

נולד בירושלים בשנת תקס״ז. מגדולי המקובלים בדורו וראש ק״ק החסידים בית אל אחרי הרב אג'ן. את גדולתו בח'ן יש לראות מהקדמותיו, חדושיו והערותיו שנדפסו בראש ספרי מהרח״ו, שיצאו לאור ע״י ר׳ ישראל בק בירושלים. הרא״ל פרומקין בספרו תולדות חכמי ירושלים יכנהו: הצדיק המדוכא ביסורים ומתפרנס מיגיעו, חסידא קדישא, פרישא מבטן ומהריון וכו'. הוא היה תלמידו של הרב אברהם שלום מזרחי שרעבי נכד הרש״ש זצ״ל. בשנת תקפ״ד, בזמן מלחמת המורדים אשר התנהלה בשערי ירושלים נפל שבר של כדור על רגלו ויהי צולע מאז. ההכאה ההיא הדאיבתהו כל כך, עד אשר מת ממחלה זו. הוא היה מורו ורבו בחכמת האמת של הרב הגאון מאיר אוירבאך, הידוע בשם הרב מקאליש בע״ס אמרי בינה ואחרים. ״גדול היה ר׳ ידידיה גם בנגלה, ודרכי הלמוד של האשכנזים לא היו זרים לו. כי עמד בקשר אמיץ עם רבניהם, ויהי אוהב דבק מאח לגאונים מקוטנא וקאליש והתרועע עם ר' יהוסף שוארץ. בהיותו חרד לדת התנגד ליסוד בתי ספר בירושלים, ובבוא הד"ר לודויג אוגוסט פרנקל לירושלים,  ליסד בה את בית הספר למל, היה הספרדי היחידי שהצטרף לרבני האשכנזים וחתם עמהם על החרם הגדול נגד בית הספר הנ״ל וקבל עליו ועל זרעו וזרע זרעו עד ביאת הגואל לא למסור ילדיהם לבית הספר. אבל ההיסטוריא נקמה בו, ונכדו נסים בכר יסד אח״כ את בית הספד המתוקן הראשון בירושלים ובגורלו עלה להניח את היסוד לחנוך העברי, אשר משרשיו אנו יונקים עד היום הזה״. 

ר׳ בנימין זאב הלוי ספיר בנו של בע״ס ״אבן ספיר"  כתב עליו ימים אחדים אחר מותו ב״הלבנון" משנת תרכ״ט כדברים האלה: "בחמשה עשר לירח סיון יצא מבת ציון כל הדרה, הודה ותפארתה- בעצם היום הזה חשך כוכב נוגה בשמי ישורון, ואדמת קודש לבשה קדרות, וכל בניה עטו אבל , כספרדים כאשכנזים, ויגדל המספד בירושלים, על מות הרב המובהק הצדיק החסיד האמיתי החכם הנעלה בנגלה וגדול מאוד בנסתר,  סופר מהיר ומפואר רב לקהל חסידים מק״ק ספרדים יצ״ו, ומורה חכמת האמת ליראי ה׳ וחושבי שמו הראויים ללמדה מוה׳ חי רפאל ידידיה אבועלפיא זצ״ל, בן ששים ושתים שנה היה במותו. אהה אהה על אבדן איש רם ונשא כזה שריד מחכמי האמת, אשר קבלו איש מפי איש עד רבנו האר״י זיע״א, ורוב חכמתו קבל מרבו הרב הגדול הדומה למלאך ה׳ צבאות מוה׳ אברהם החסיד שרעבי זצוק״ל. הצדיק האמיתי הזה היה אהוב ונחמד מאד לכל יושבי ירושלים, וכל גדולי העיר שתו בצמא את דבריו בחכמת האמת, וכולם כאחד הקדישוהו והעריצוהו. וזה חמש עשרה שנה אשר היה כלוא בביתו, כי היה נגוע וחולה ברגליו ולא יכול ללכת , וראשית חליו באתהו זה כארבעים שנה, בעת צר השר עבדאלה פחה על עיר הקדש, ויפקד את צבאותיו על ראש  הר הזיתים לירות כדורי אש אל תוך העיר ויור בזיקים וחצים באין מעצור כגשם שוטף, ובעת ההיא הקשיב הצדיק הזה בלימודי חכמת האמת מאת רבו החסיד הקדוש דומה למלאך ה״צ, רבי אברהם חסיד שרעבי זצ״ל אשר חי בימים ההם. ויהי כאשר הרבה הפחה עבדאלה לירות חציו אל תוך העיר ותבוא במצור, שלחו הישמעאלים אל היהודים לשאת תפלה בעד העיר.

ויתאזר החסיד ר' אברהם שרעבי עוז, ויצו את תלמידו הנעים וסופרו זה לקחת את הקסת וגליון, וילכו שניהם אל בית הטבילה ושם אחרי הטהרם צוה לכתוב קמיע אחת כאשר הורהו, ויתן א ת הקמיע  אל יד שומרי העיר כי ישימוה מעל לשער המצודה אשר  למערב העיר הנקראת מצודת ציון, ויעשו כן ואת תלמידו זה צוה להכלא בביתו עד יעבור זעם הקרב ויהי לפלא , כי מאז נתנה הקמיע על השער כל הכדורים אשר נפלו על העיר לא גרמו כל נזק לעיר וליושביה.אך הצדיק ל א שמר מצות רבו ולא יכל להתאפק לשבת  בית ובחג הסכות יצא אל סכתו ואך צעד במפתן הבית פגע בו רסיס כדור אחד ברגלו ויפול. כל עמל הרופאים להוציאו מבשרו ע ה בתהו. חמש עשרה שנה נשא את חלק הכדור בירכו, עד שהורעל דמו ובט"ו סיון תרכ״ט השיב נפשו הטהורה אל על . תלמידו הרב זאקס מרבני האשכנזים בירושלים בהספדו עליו הזכיר, כי  הרב ידידיה ידע את כל כתבי האר״י ז״ל  בעל פה ויהי אהוב ע ל בני כל העדות  בלי הבדל.

ציונו : קול נהי נשמע מציון אל הלקח ארון האלקים יושב בסתר עליון גדול מרבן פום ממלל רברבן חסידא קדישא פרישא מבטן ומהריון הרב המקובל האלקי תרת אמת היתה בפיהו לילה כיום יעיר בחלום חזיון, איש מכאובות וידוע חלי והוא מחולל מפשעינו מחלון וכליון כמוה״ר ידידיה רפאל אבולעפיה זצ״ל ויעל השמים יום ג' ט"ו סיון תרכ"ט

יוסף דוד אבולעפיה

היה אב״ד ור׳׳מ בטבריה ואח״כ בדמשק. ובאגרת השליחות של הרב יהודה טולידאנו תתום ״ויקילי חכם באשי בעיה״ק טבריה״. הסכים על ספר פאת השלחן לר' ישראל משקלאוו בשנת תקפ״ו ותתום שם: עמוס התלאות ממקרי הזמן ותחלואיו. מת בטבריה. גם בנו ר׳ יהודה היה אח״כ אב״ד בטבריה ובדמשק, ובסוף ימיו ישב על כסא הרבנות בצידון ובה מנוחתו כבוד.

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