Tehila le David.R.D.Hassine-LA JUSTICE ET LE DROIT

TEHILA LE DAVID

Poemes de David ben Hassine

Le chantre du judaisme marocain

Edtion critique etablie et annotee par

Andre E. Elbaz et Ephraim Hazan

 

LA JUSTICE ET LE DROIT

Les juifs marocains jouissant d'une large autonomie judiciaire, chaque communaute organise son propre beit-din, ou tribunal, de trois juges, en general, dans les grandes villes comme Meknes. Le beit-din instruit les affaires entre plaideurs juifs, selon la halakha, ou droit rabbinique, et selon les taqqanot, ou ordonnances communautaires locales. Les contrevenants sont passibles d'amendes, d'excommunication, ou meme de prison. Les sentences du tribunal sont executees par le naguid de Meknes, qui dispose d'une petite prison au mellahJ

Au fur et a mesure de ses besoins, le Conseil de chaque ville adopte des taqqanot proposees par les autorites religieuses, qui amendent la legislation traditionnelle dans l'interet general, et qui ont aussitot force de loi. Semblables a celles qui furent edictees a Alger en 1394, et en Espagne avant l'Expulsion, particulierement a Tolede et a Valladolid, les taqqanot de Fez promulguees entre 1494 et 1750 tendent a proteger les droits de la femme et des enfants, notamment en matiere de succession.

Valladolid

est une ville du nord de l'Espagne, capitale de la province de Valladolid et de la communauté autonome de Castille-et-León. Elle est située à la confluence du Pisuerga et de l'Esgueva. Elle a une population de 334 820 habitants (1995), les Vallisolétans (espagnol : vallisoletanos).

 En general, elles preservent des coutumes et usages communautaires. Appelees "Taqqanot des Expulses de Castille", elles ont ete publiees a plusieurs reprises, et elles se sont rapidement imposees dans la plupart des communautes marocaines.116 A partir de 1750 la communaute de Meknes, qui commence a s'affirmer sur le plan culturel promulgue a son tour de nombreuses taqqanot

LA VIE CuLTURELLE

– LANGUES PARLEES ET ECRITES A MEKNES

Au XVIIIe siecle, les juifs de Meknes parlent tous l'arabe, ou plutot un judeo-arabe emaille d'hebreu et d'espagnol, qui n'a guere change jusqu'a nos jours. A de tres rares exceptions pres, ils ne connaissent pas l'arabe classique, et n,utilisent pas l'alphabet arabe. Le judeo-arabe est la langue d'enseignement, dont ils se servent pour traduire les textes sacres. Les rabbins l'utilisent couramment, transcrit en lettres hebrai'ques, dans leurs oeuvres ecrites. Enfin, une riche litterature populaire, ecrite et orale – poesie, contes et legendes, medecine populaire, textes magiques – est transmise egalement en judeo-תהלה לדוד 001arabe.

A Meknes comme a Fez, l'usage de l'espagnol se perd, bien qu'il se maintienne dans les families aristocratiques originaires de Castille, surtout dans les milieux rabbiniques. Louis Chenier note chez les juifs la persistance de l'enseignement de la traduction espagnole de la Bible, meme quand les ecoliers ne comprennent plus cette langue.

L'hebreu, langue des prieres et de l'etude, est compris et ecrit, mais plus rarement parle, par les lettres. L'hebreu des ouvrages juridiques est souvent mele de formules et de termes arameens, arabes ou espagnols. Les textes rabbiniques sont surcharges de citations et de reminiscences bibliques et talmudiques, ainsi que d'innombrables sigles parfois difficiles a interpreter. David Ben Hassine utilise essentiellement l'hebreu biblique, enrichi d’emprunts a la langue des prieres et a la langue rabbinique. Cependant, comme d'autres poetes nord-africains contemporains, il compose egalement despiyyoutim en arameen. A Meknes, et en Afrique du Nord en general, la difference de prononcia- tion entre les voyelles "i" et "e", "o" et "ou", et entre les consonnes "shin", "sin", "samekh" et "sadi" n'est pas tres nette, ce qui influe sur les rimes choisies par les poetes.

– EDUCATION

Les principes directeurs de l'enseignement juif traditionnel n'ont guere change, a Meknes, depuis le Moyen-Age. Entierement centre sur la religion, il neglige, au XVIIIe siecle, les sciences profanes, y compris l'etude de la medecine, jadis repandue chez les juifs. Les deux cycles d'enseignement, primaire et superieur, reserves exclusivement aux hommes, n'ont pas de structure officielle: financement, competence des maitres, locaux d'enseignement, horaires, programmes et methodes pedagogiques sont laisses a l'initiative privee. Malgre cela, les garcons sont scolarises jusqu'a la bar-misva, souvent celebree des l'age de 10 ans, et apprennent tous a lire les prieres et la Thora. Comme les livres sont couteux, et difficiles a obtenir, l'enseignement reste presque exclusivement oral, les textes sacres et leur traduction en judeo- arabe etant assimiles grace a la repetition et la memorisation.127 La plupart des enfants quittent l'ecole apres la bar-misva afin d'apprendre un metier.

Les etudes superieures, a la yeshiva, sont reservees a une minorite d'etudiants, venant des families aristocratiques ou rabbiniques de la ville. Meme tres doues, les eleves qui n'appartiennent pas a ce groupe de privileges arrivent rarement a poursuivre leurs etudes, qui, de toutes facons, ne leur permettraient pas d'acceder aux postes honorables reserves aux detenteurs de la serara. Les cours de la yeshivase don- nent parfois dans une maison particuliere, mais plus souvent dans une synagogue, ou des maitres prestigieux enseignent essentiellement le Talmud et ses commentaires, ainsi que la jurisprudence rabbinique, a un petit groupe d'etudiants. Les yeshivot forment l'elite intellectuelle du mellah, ou se recrutent les rabbins et les juges.

Notes de l'auteur

          Dans les classes les plus avancees, les maitres utilisaient des recueils d'explications commentees, en judeo-arabe, des passages difficiles de la Bible, dont on a retrouve un grand nombre de manuscrits au Maroc. Rephael Berdugo, le beau-frere de David Ben Hassine, redige un de ces manuels: אל פירוש על או״ע בל ערבי (Mss. 9 et 23, Collection Andre E. Elbaz, etc.).

       Situation frequente au Maroc: A Meknes, David Ben Hassine etudie en com- pagnie de Rabbi 'Amram Diwan dans la yeshiva organisee par son ami Zikhri Ben Messas, dans son domicile (1:12 ,אוצר המכתבים). Nous trouvons de meme uneyeshiva chez le riche commergant Ya'aqov Guedalia, a Mogador (משא בערב, p. 120)., et chez Rabbi Abraham Pinto, a Marrakech (Yossef Avivi, ׳״קורא הדורות׳ ממראכש״, op. tit., p. 67).

[1]         Selon Yossef Messas, presque toutes les synagogues de l'ancien mellah de Meknes ont servi de yeshiva a un moment ou a un autre (.(1:18-39 ,אוצר המכתבים

         A la meme epoque, les yeshivot de Jerusalem ne comptent pas plus de dix etudiants chacune (cf. Gerard Nahon, "Yeshivot hierosolymites du XVIIIe siecle",in Les Juifs au regard de I'histoire, Melanges en I'honneur de Bernhard Blumenkranz [Paris, 1985], p. 319). Au XIXe siecle, les cinq yeshivot de Fez n'ont que quatre a sept etudiants chacune ("אגרת יחס פאס", op. tit., 1:92). Au XXe siecle, la yeshiva renommee de Rabbi Yishaq Sebbag, a Meknes, n'en compte pas davantage

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