Claude Bouhadana – Décision de départ

Temoignage

ברית 32-פרסומיםClaude Bouhadana

Décision de départ

Né à Casablanca (Maroc), je suis arrivé avec ma famille au Canada en 1982 après un périple qui nous a conduits de Casablanca à Paris, puis à Caracas, et finalement à Montréal. Je dois admettre que ce périple ne correspondait nullement à mon tempérament plutôt stable mais Dieu merci, je suis très heureux de vivre à Montréal et n'ai qu'un regret : celui de n'y être pas venu directement du Maroc. J'aime Montréal et apprécie surtout beaucoup le fait de vivre à Côte-St-Luc, au sein de ma communauté et de ma synagogue Or Hahayim.

Pharmacien, de profession j'ai exercé ce métier à Casablanca, Paris et Montréal. Tout comme la plupart des Juifs marocains, nous avons dû quitter notre pays natal pour des raisons de sécurité et d'avenir. Il y a tellement de mythes qui circulent sur le judaïsme marocain que j'éprouve le besoin de m'expliquer sur le sujet, en me basant sur ma propre expérience au Maroc.

 Je reconnais tout d'abord qu'en tant que Juif, ma situation a été relativement privilégiée. Mon départ en 1967 a été motivé par des raisons de sécurité et, surtout, par le sentiment qu'il n'y avait plus d'avenir pour un Juif dans un pays arabe, ce qui s'est avéré totalement fondé et largement confirmé par les circonstances dont je vais vous donner un aperçu.

 Lorsque la guerre des Six Jours débuta, installé comme pharmacien d'officine à Casablanca, je fus l'objet d'actes marquants d'hostilité de la part de la clientèle musulmane, alors que j'entretenais avec celle-ci de bons rapports. Le lundi 5 Juin, voulant ouvrir la pharmacie comme d'habitude, je découvre que les cadenas fermant les rideaux métalliques avaient été obstrués par des échardes de bois, ce qui m’empêcha de les ouvrir m'obligeant à les sectionner pour pouvoir faire l'ouverture. Je passe sur de nombreux détails, mais finalement je décidai de fermer la pharmacie pour de bon. Le commissaire de police du quartier m'enjoignit cependant de rouvrir en m'assurant qu'il se portait garant de ma sécurité. Nous étions le vendredi 9 juin et j'avais fermé durant 5 jours, lorsque je me rendis compte qu'à l'extérieur, un jeune garçon empêchait les clients d'entrer ce qui provoqua ma colère. Je le repoussais. Celui-ci alla consulter un médecin du quartier qui lui délivra un certificat attestant qu'il avait des marques de strangulation. Sur ces entrefaites la police intervint et je fus conduit au commissariat où je passais la soirée, ne devant ma libération qu'à l'intervention du Ministre de l'Intérieur de l'époque, Oufkir, contacté par une relation. N'ayant rien à me reprocher et ne pouvant imaginer qu'un tel sort me serait réservé, je décidai sans hésitation de fermer définitivement la pharmacie, préparer mon déménagement et quitter le Maroc pour la France.

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