.Une histoire de familles-JosephToledano- AYACHE

AYACHE

Nom patronymique arabo-berbère, qui a pour sens plein de vie, ou celui qui fait vivre, augmentatif de Yiouch, un des très nombreux prénoms votifs souhaitant longue vie à son porteur, aussi populaires parmi les Juifs que les Musulmans, équivalent de l'hébreu Haïm, de l'espagnol Vital, et du français Vidal. Ce prénom, sans tomber totalement en désuétude, est porté depuis le XVIIème siècle dans les communautés juives essentiellement comme patronyme. Autres orthographes: Aïach, Ayech, Hayache, Ayas, Ayash, Aiech. Au XXème siècle, nom moyennement répandu, porté essentiellement en Algérie (Alger, Tlémcen, Médéa, Oran, Relizane, Berroughia, Sahara), mais aussi au Maroc (Oujda, Berkane) et en Tunisie.

טולידאנו

  1. YEHOUDA:

 Rabbin et médecin à la réputation légendaire, déjà de son vivant à Alger, au XlVème siècle. La tradition, rapportée par rabbi Yossef Messas dans son livre "Nahalt Abot", raconte que le fils du roi local tomba gravement malade, et tous les médecins de la Cour se déclarèrent impuissants devant le mal mystérieux qui le paralysait. Seul rabbi Itshak arriva à un diagnostic et à prescrire le médicament nécessaire, qui fit miracle. Dès lors, le roi l'attacha à sa Cour, au grand dam de ses pairs musulmans qui n'attendaient plus qu'une occasion propice pour se débarasser de lui. Elle arriva quand le fils de l'un des Grands du royaume tomba très gravement malade et était à l'article de la mort. Les médecins jaloux s'acquirent la complicité du père du malade pour tendre un piège mortel à rabbi Yéhouda. Le plan était d'appeler en consultation le médecin juif et de changer la prescription qu'il donnerait par du poison, et de l'accuser ensuite d'avoir volontairement provoqué la mort de l'illustre patient. Rabbi Yéhouda fut effectivement appelé au chevet du malade, mais jugeant son état désespéré, il s'abstint de toute prescription. Dépités, les conspi­rateurs n'en décidèrent pas moins de mener à son terme leur sinistre projet. Ils adminis­trèrent donc au malade un poison qui l'acheva, accusant le médecin juif de l'avoir prescrit. Accusé d’empoisonnement, rabbi Yéhouda fut condamné à mort et jeté dans la fosse aux lions. Les animaux, affamés, voulurent se jeter sur lui, mais il poussa alors un cri si terrible que les lions recu­lèrent d'effroi et n'osèrent plus s'approcher de lui. Le roi vit dans ce prodige un signe divin. Il fît remonter le rabbin de la fosse, le grâcia et y jeta à la place ses accusateurs qui eux, furent dévorés de bon appétit

  1. YEHOUDA (1705-1761):

Le plus célèbre des rabbins d'Algérie des deux derniers siècles. Sa naissance, raconte la tradition, tint déjà du miracle. Ses parents, qui habitaient Médéa, et se querellaient sans cesse, avaient finalement décidé de divorcer et s'étaient présentés devant le grand rabbin d'Alger, rabbi Shélomo Seror. Il réussit à les convaincre de reprendre la vie commune en leur prédisant la naissance d'un fils prodige. Yéhouda naquit à Médéa en 1705 et, pour lui assurer la meilleure éducation, ses parents transférèrent leur domicile à Alger. Il fut pris en charge par le grand rabbin, qui veilla personnellement à ses études qui furent brillantes. Nommé grand-rabbin d'Alger, il assuma ses fonc­tions avec fermeté et compétence pendant plus de 28 ans, consacrant de grands efforts à la diffusion des études sacrées. C'est ainsi qu'il accueillit, avec de grands égards, rabbi Hayim Benattar lorsqu'il quitta Salé en 1740 en route pour la Terre Sainte, et lui accorda une préface à son chef-d'oeuvre, "Or Hayim". Mais la crise morale de la haute société juive d'Alger, enrichie dans le commerce de connivence avec les grands du royaume, allait finir par rendre sa mission impossible, la dépra­vation des moeurs n'épargnant même pas les rabbins, comme il devait l'écrire dans la préface à l'un de ses ouvrages: "j'ai vu de mes yeux des rabbins prêter en vain serment sur la Torah, profanant ainsi le nom de l'Eternel aux yeux des gens du peuple qui ne se privaient pas de les accuser de n'être mûs que par leurs intérêts et ceux de leurs patrons, interdisant ou autorisant selon leur bon vouloir, et non en conformité avec la Halakha. Les mécréants et les insolents se sont multipliés, refusant avec ostentation d'obéir aux injonctions de notre tribunal. La médisance, la haine gratuite et bien d'autres turpitudes qui méritent le silence, s'étalent, hélas, partout au grand jour.Le poste de Mokaden, le chef de la communauté et son porte-parole auprès des autorités, au lieu d'être au service des fidèles, était devenu la source de toutes les calamités, vendu au plus offrant par le dey. Pour se rattrapper des dépenses engagées pour obtenir son titre, le nouveau Mokadem levait des impôts de plus en plus lourds sur la communauté, s'acharnant sur les plus démunis. La situation devint si intenable que rabbi Yéhouda jura de quitter son poste et son pays pour la Terre Sainte. Alarmés par cette décision, les notables promirent d'amender leurs actes et lui envoyèrent une lettre d'excuses et demandèrent à ses pairs rabbins de le relever de son serment irrévocable de départ. Il finit par accepter de rester à son poste à deux conditions – qui furent acceptées: ne plus rendre la justice en matière commerciale et finan­cière, et avoir la liberté de se consacrer uniquement à l'étude et à l'enseignement. Mais au bout de quelque temps, la situation ne s'améliorant pas, il profita de la première occasion pour quitter Alger en 1758 pour Livourne. Sa renommée était déjà très grande, et il y fut reçu avec les plus grands égards comme il l'écrivit lui- même: "Alors que j'étais encore en quarantaine au Lazarito, on me fit parvenir un message, que l'un des notables de la communauté m'invitait à m'installer chez lui à ses frais pendant tout le temps que je le souhaiterais. Je fus efffectivement logé dans une maison spacieuse et parfaitement meublée, pleine de livres sacrés et doté de plus d'une généreuse pension mensuelle…" Il fit la connaissance du célèbre émissaire de Jérusalem, rabbi Haim David Yossef Azoulay, Hahida, qui on le sait, sa mission terminée, avait fixé sa demeure dans le grand port italien qui abritait alors la plus prospère communauté sépharade d'Europe après Amsterdam et était devenu le centre de l'imprimerie hébraïque. Au bout de quelques mois, rabbi Yéhouda reprit sa route, et arriva finalement à Jérusalem en 1759. Dans l'ambiance de la ville sainte, il se consacra uniquement à l'étude et à l'écriture. La tradition raconte qu'il étudia dans la yéchiva "Knesset Israël", fondée par rabbi Haïm Benattar peu avant sa mort, et que l'illustre rabbin marocain venait étudier avec eux, mais que seul, rabbi Yéhouda pouvait le voir, les autres n'ayant pas le privilège de sentir sa présence. Il devait y mourir deux ans plus tard, laissant une oeuvre littéraire considérable, en tout une dizaine d'ouvrages. Son chef-d'oeuvre le plus connu dans tout le monde juif, "Bet Yéhouda" (Livourne, 1746), est un commentaire du Shoulhan Aroukh et contient le recueil le plus complet des coutumes religieuses particulières à la communauté d'Alger, devenu la source de référence par excellence de tous les rabbins du Maghreb. Il laissa quatre fils qui furent tous des rabbins célèbres: Yossef, Abraham, Moché et Itshak.

  1. YOSSEF:

 Fils aîné de rabbi Yéhouda, il édita à Livourne un des derniers livres de son père, "Kol Yéhouda".

  1. ABRAHAM:

fils cadet de rabbi Yéhouda. Il monta enfant avec son père à Jérusalem en 1759. Après de brillantes études dans la Yéchiba de la ville sainte, il fut envoyé comme émissaire de Jérusalem au Maghreb. A la fin de sa mission, il décida de rester à Alger, où il mourut en 1792.

  1. YAACOB-MOCHE:

 Le plus célèbre des fils de rabbi Yéhouda. Il monta enfant avec son père à Jérusalem. Il fut envoyé en 1778 comme émissaire de la ville sainte au Maroc où il fut reçu comme le fils d'un grand saint. C'est ainsi que lors de son passage à Meknès, le grand poète, rabbi David Hassine, lui dédia un poème élogieux, reproduit dans son recueil "Téhila lé David". L'accueil fut encore plus chaleu­reux et émouvant lors de son retour dans sa ville natale, Alger, en 1782, où il retrouva son frère Abraham. A la fin de sa mission, il fut appelé par la communauté de Ferera, en Italie, à lui servir de guide spirituel, poste qu'il occupa pendant plus d'une vingtaine d'années. Son rêve de revenir à Jérusalem put enfin se réaliser avec l'aide du grand mécène italien, Yéhizka Manouah״ qui finança la création d'une Yéchiba sous sa direction. En 1806, il fut le premier originaire du Maghreb à accéder au poste de grand rabbin de Jérusalem, le Richon-le-Sion. C'est à ce titre qu'il reçut, lors de son passage à Jérusalem, le grand écrivain français Chateaubriand, qui relate sa rencontre avec le grand rabbin dans son livre "Itinéraire de Paris à Jérusalem". D'une extrême humilité, il interdit dans son testament d'exagérer ses mérites dans les élégies et demanda de n'inscrire sur sa tombe que la mention: "Il a toujours recherché la justice et préservé son bon renom." A sa mort, en 1817, il laissa une oeuvre considérable, dont "Derekh Haïm" (Livoume, 1790), le recueil de ses sermons, qui rencontra un grand succès et fut réédité à plusieurs reprises. Citons encore, "Hatarat nédarim", sur les serments, publié à Livourne en 1790. Il laissa deux fils: Abraham et Yossef.

  1. ABRAHAM:

 Fils de rabbi Moché Yaacob. Il continua la tradition familiale, et fut envoyé comme émissaire de Jérusalem en Afrique du Nord.

JOSEPH:

Fils de rabbi Moché Yaacob. Il commença par aller dans les pas de son illustre père et fut envoyé comme émis­saire de Jérusalem en Europe. A la fin de sa mission, au lieu de revenir à Jérusalem, il devait se convertir en 1832 au christianisme et resta en Europe.

LEON AYAS:

 Un des premiers Juifs engagé comme soldat-interprète par les troupes d'occupation françaises dès 1830. Il participa à un grand nombre de combat contre les rebelles, et réussit en 1845 à capturer un des lieutenants d'Abdel-Kader. Il trouva la mort en 1846 près d'Oran, à la suites de blessures sur le champ de bataille.

GERMAIN:

Historien et professeur d'histoire à l'Université de Rabat, né à Berkane en 1915, mort à Rabat en 1990. Auteur de nombreuses études sur l'histoire du Maroc dont sa thèse de doctorat: "Les origines de la guerre du Rif' (Paris, 1979). "Le Maroc: bilan d'une colonisation" (Paris, 1956), "Etudes d'histoire maro­caine" (Paris, 1979), recueil de documents d'archives. Il dirigea jusqu'à sa mort la prestigieuse revue d'études historiques marocaines, Hesperis-Tamuda. Au collo­que d'Identité et Dialogue, tenu à Paris en 1978, il fit une communication sur la recherche au Maroc sur le judaïsme marocain.

GIL BEN AYCH:

Ecrivain français, né à Tlemcen, auteur de la "sépharadité comme handicap". Son cycle de quatre romans sous le signe "de la découverte de l'amour et du passé simple" a pour cadre, Paris et pour nostalgie, une Algérie imaginaire. Le premier est un roman inspiré du folklore pied-noir: "L'essuie-main des pieds" (Paris, 1981 ), sur "Le décalage et la réinsertion en France d'un enfant pied-noir avec son accent et son jargon". Le livre fut adapté au theatre et joué sur la scène parisienne. Le second livre, "Le voyage de mémé", récit d'une vieillesse déracinée, est un roman au style hilarant qui rappelle Albert Boujenah, sur une grand-mère qui ne veut rien oublier de sa Tlemcen natale.

ALAIN:

 Fils d'isaac. Journaliste, directeur de journaux et éditeur à Paris, né à Alger en 1930. Fondateur et directeur depuis 1961 de l'agence de presse Alain Ayache, qui édite des titres aussi populaires que "Spécial Dernière", "Le Meilleur", "Lettre juridique du Commerce et de l'Industrie", "La Gazette de la Bourse", "Réponse à tout", "Le journal des courses". Auteur de plusieurs romans, essais politiques et critiques d'art, dont "Monsieur Y." (Paris,1965)

  • "Le guide de Colombey" (Paris, 1966)

,  "Les citations de la révolution de Mai" (Paris, 1968), "Paysage de l'art contemporain" (Paris, 1989), "Le visage dans l'art comtemporain" (Paris, 1990).

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