ארכיון יומי: 2 בנובמבר 2019


Le Mossad et les secrets du reseau juif au Maroc 1955-1964 – Michel Knafo- La création de la Misguéret-Isser Harel

 

La création de la Misguéret

Isser Harel

Isser Harel était le patron légendaire du "Mossad". Né en 1912 comme Isser Halperin à Vitbesq en Russie Blanche. Son père était un rabbin. A la fin de ses études secondaires, il s'est joint à un groupe de pionniers dans une ferme de préparation près de Riga et un an plus tard il débarquait à Jaffa. Un des fondateurs du kibboutz Shfaïm, où il devait rencontrer son épouse, Rivka.

Comme membre du kibboutz, il s'engagea dans la Hagana et trouva sa voie dans le service de renseignements clandestin (Le Shaï). En 1947, il fut nommé chef des Services de Sécurité au district de Tel-Aviv.

En juin 1948 il fonda le Chabak (D.S.T.) et en septembre 1952 il accéda au commandement du Mossad et du Chabak.

En 1963 il devait rencontrer Méir Knafo et accepter de l'aider à renforcer l'organisation qu'il venait de créer en Israël avec les anciens de la clandestinité et d'en être le guide spirituel.

Depuis les premiers jours de l'Etat d'Israël, et surtout depuis ma nomination à la tête du Mossad, j'ai été le témoin attentif de l'évolution des relations entre le peuple juif et l'Etat juif. Quelles sont leurs obligations réciproques? Les juifs de la diaspora sont censés, naturellement, monter en Israël et participer à sa construction, alors que les juifs d'Israël se doivent de les accueillir et de les intégrer avec joie jusqu'à ce qu'ils ne forment qu'une seule entité. Mais jusqu'à ce que la majorité des juifs montent dans leur pays, quel sera le sort des communautés juives dans les zones de danger et de détresse? Quel est le devoir de l'Etat juif envers eux? Doit-il rester sur la touche ou se porter à leur secours de toute manière possible? Ma réponse était que l’Etat d'Israël ne pourra jamais rester indifférent en cas de tel danger et de telle détresse.

Ces idées, je les ai exposées au début des années cinquante aux deux chefs du gouvernement sous lesquels j'ai servi, David Ben-Gourion et Moché Sharet. Tous les deux étaient absolument d'accord avec elles et avaient adopté ma position de fixer parmi les fonctions du Mossad de telles missions nationales.

Le chef de la junte militaire égyptienne, le colonel Abdel Nasser, s'était imposé comme le chef du monde arabe, du monde islamique et du continent africain.

Il n'avait épargné aucun moyen pour arriver à ce but. Son slogan – qui à ses yeux devait lui permettre d'atteindre l'objectif visé – était la destruction de l'Etat d'Israël. Et c'était bien son intention. Sa propagande virulente contre Israël était arrivée jusqu'en Afrique du Nord. Au Maroc, sa propagande était relayée par le parti nationaliste extrémiste de l'Istiqlal. L'hostilité à Israël, s'était muée, sous l'impulsion de Nasser, en une campagne contre les juifs du Maroc, qui ne cachaient pas leur lien et leur sympathie pour l'Etat d'Israël. Cette communauté était forte en 1954 de quelques 200,000 âmes.

Le pouvoir au Maroc était entre les mains des Autorités Françaises, mais toutes les parties menaient leur politique dans la perspective de l'indépendance jugée à terme inéluctable. Comme je connaissais bien les tendances de Nasser et ses combinaisons, j'étais arrivé à la conclusion qu'avec l'indépendance, la grande communauté juive marocaine pourrait se trouver confrontée à un danger physique. Dans le temps qui restait à notre disposition jusqu'à cette indépendance annoncée, nous avons décidé de prendre les mesures nécessaires pour y faire face. Il fallait d'abord vérifier de près et de manière approfondie deux questions: les juifs d'Afrique du Nord – et les juifs du Maroc en particulier – avaient-ils le même sentiment du danger potentiel? Et dans l'affirmative, y avait-il une infrastructure suffisante au sein de la jeunesse juive pour construire une force d'auto défense? Je décidai d'envoyer en Afrique du Nord, un homme compétent pour mener cette enquête. Son séjour en Tunisie, Algérie et au Maroc dura plusieurs mois et est revenu avec des conclusions positives sur les deux questions. D'abord, il y avait bien dans ces communautés un sentiment d'appréhension et de crainte de ce qui suivra le départ des Français. Secondo, il y avait bien dans ces pays une excellente jeunesse sur laquelle il sera possible de construire le programme d'auto défense. Cette seconde réponse était particulièrement importante et encourageante.

Sur la base de ces données, j'ai décidé de préparer l'équipe israélienne avec pour mission de poser les bases de l'organisation d'auto défense. Vingt volontaires ont été sélectionnés, tous anciens de Tsahal, avec un passé de combattants et l'expérience de l'activité clandestine, parlant français, certains originaires des pays arabes. Au cours de l'année 1955, après un entraînement intensif, ils étaient dépêchés en Afrique du Nord, la majorité au Maroc, et là ils se sont attelés à poser les bases de la Misguéret (nom de code donné à l'auto défense).

Début 1956, l'activité pratique de la Misguéret a commencé. Des jeunes volontaires locaux ont été recrutés, au départ essenciellement parmi les membres des mouvements de jeunesse sionistes.

Des cadres ont été désignés et envoyés suivre des cours, au début en France, puis en Israël, en profitant des vacances d'été. L'accent était mis sur la clandestinité et la jeunesse locale devait faire preuve d'une maturité et d'une discipline exemplaires. En Israël les recrues ont subi un entraînement intensif – dans le cadre du Mossad et de Tsahal – incluant une préparation militaire et l'usage des armes, le travail dans la clandestinité, parallèlement à des activités éducatives et idéologiques. Tous les instructeurs ont été impressionnés par la qualité et le niveau des volontaires. A ma demande, le chef du gouvernement David Ben-Gourion, devait accepter de venir parler devant eux, ce qui devait leur causer une grande émotion. Ben-Gourion de son côté, devait être impressionné du projet et de ce qu'il avait vu. A leur retour dans leurs villes, ils devaient insuffler leur enthousiasme à leurs camarades. Malgré la clandestinité, la création de la Misguéret ne devait pas rester un secret parmi les communautés juives, ce qui devait accroître leur sentiment de sécurité et de fierté. Ainsi était atteint, déjà à ce stade, l'objectif de base pour lequel avait été créée l'organisation d'autodéfense.

Début 1956, les Français quittaient le Maroc, et au milieu de l'année, les autorités marocaines donnèrent l'ordre de faire cesser la Alyah officielle. Les juifs du Maroc se trouvaient d'un coup coupés de l'Etat d'Israël. Dans le monde juif, et plus particulièrement en Israël, ce fut une grande inquiétude quant à leur sort. La décision de faire sortir les juifs du Maroc par tous les moyens possibles fut donc prise en Israël. La responsabilité de l'application de cette décision fut confiée au Département de la Alyah de l'Agence Juive et à celui qui était à sa tête, Zalman Shragaï.

Après maintes recherches et bien des hésitations,

Zalman Shragaï s'est adressé à moi et a proposé que le Mossad se charge de cette mission. Je n'ai pas hésité à lui répondre positivement et avec enthousiasme. Nous avons conclu entre nous que le Département de la Alyah sera l'instance suprême et exclusive sur le plan politique, et le Mossad le responsable exclusif de l'application sur le terrain.

Il devait s'avérer que c'était le meilleur arrangement possible entre deux organismes partageant le même objectif sacré: tout faire pour sauver les juifs du Maroc et les faire monter en Israël.

En Shragaï j'ai trouvé le partenaire idéal sur tous les plans: il était passionné pour

la Alyah, il aimait les olim, dévoué à la cause et de plus un homme fidèle et loyal. Un lien aussi rare devait beaucoup contribuer au succès de toute l'opération.

Les hommes de la Misguéret au Maroc accueillirent avec enthousiasme la nouvelle mission. L'heure était arrivée pour eux de mettre en pratique ce qu'ils avaient appris à faire en cas de danger. Cela devait être le début de l'une des opérations les plus extraordinaires et les plus passionnantes, une opération qui devait durer neuf ans et produire des fruits incomparables: la sortie de plus de 100,000 juifs – hommes, femmes et enfants – et leur arrivée au pays de leur rêve et de leur choix: Israël. Au départ, on se servit de passeports déjà utilisés et adaptés par nous aux nouveaux besoins et aux nouveaux candidats. Cette méthode était par nature limitée à quelques individus et il fallait trouver les voies pour la sortie de milliers de juifs. La solution fut trouvée dans la ville de Tanger qui avait encore un statut international – et dans les deux présides espagnoles de Ceuta et Mélilia. Alors commença le passage clandestin d'immigrants vers ces villes, par voie de terre et de mer, et on y établit des centres de transit temporaires dans lesquels ils furent logés jusqu'à leur départ vers la colonie britannique de Gibraltar ou l'Espagne. Les autorités anglaises et espagnoles étaient disposées à apporter leur aide à cette opération secrète, malgré les protestations des autorités marocaines. Aussi bien à Gibraltar qu'en Espagne, les autorités devaient faire preuve d'un grand humanisme, sans obstacles bureaucratiques, permettant ensuite aux olim de partir pour Marseille et de là vers Israël, par voie aérienne ou maritime.

Une des missions principales de la Misguéret était d'établir le contact avec les candidats au départ, de les préparer, d'assurer leur transport et de les infiltrer dans les enclaves. Il n'y avait aucune difficulté à recruter ces candidats. Au contraire; l'aspiration au départ pour Israël était supérieure aux possibilités de la Misguéret de la mettre en pratique. C'était une sorte de mouvement messianique, sans calculs, sans conditions, sans exiger de préavis plausible pour liquider les affaires. Et il faut se souvenir qu'il ne s'agissait pas d'individus isolés, mais de familles entières avec leurs personnes âgées et leurs enfants.

Le Mossad et les secrets du reseau juif au Maroc 1955-1964 – Michel Knafo La création de la MisguéretIsser Harel-page 98

Le bateau Egoz – ses traversées et son naufrage-Meir Knafo-Revelations inedites

 

DOCUMENTS

Révélations inédites!!!

[Une partie des documents qui apparaissent ici sont dévoilés pour la première fois. La chose sera précisée dans le titre de chaque document]

Le naufrage du bateau Egoz

Michel-Méir Knafo

Le Mossad se préoccupa de la destinée de la communauté juive du Maroc, et investit beaucoup de forces et de réflexion dans la défense des communautés juives et leurs institutions ainsi que dans l'organisation de l'immigration clandestine. Ces comptes-rendus nous montrent que le "Mossad" fit en sorte d'arriver à la vérité maximale dans l'enquête du naufrage du bateau Egoz.

A quel point ses agents réussirent-ils à réunir toutes les informations sur cette tragédie, il est difficile de le savoir, comme il est difficile de savoir si nous possédons tous les comptes-rendus à ce sujet.

  • Après le naufrage d'Egoz et à ce jour, il n'y eut aucune initiative du "Mossad" d'effectuer des recherches et de localiser l'endroit du naufrage, je pense que ce n'est pas la fonction du "Mossad" – il ne peut être qu'un facteur d'assistance et de stimulation.
  • C'est pourquoi j'ai pensé qu'il était juste de m'adresser à deux officiers anciens des commandos de la marine expérimentés dans des recherches de ce type. Nous avons même trouvé un financier, dont l'unique condition était l'obtention d'une autorisation pour les recherches délivrée par les autorités marocaines, par l'intermédiaire du gouvernement israélien.
  • Ces officiers, ayant pris conaissance des documents et cartes géographiques en ma possession, dressèrent un programme de travail et son coût – programme qui reçut l'approbation de la marine israélienne, dans une rencontre triangulaire qui eut lieu avec le représentant du bureau du premier ministre et un des deux officiers de la marine. Lorsque je dis autorisation, je pense à une autorisation d'un programme professionnel, sans entrer dans son coût – car ce ne sont pas les affaires de la marine.
  • Le bureau du premier ministre prit sur lui d'arriver à une entente avec le royaume du Maroc, qui permettra des recherches pour localiser l'endroit du naufrage d'Egoz.
  • Nous, de notre côté, nous mîmes en action de la façon la plus discrète qu'il soit un homme, fidèle et fiable, qui visita plus d'une fois la région du naufrage du Egoz et vérifia des données particulières, à la demande des professionnels. Ces vérifications nous amenèrent presque avec certitude à l'endroit du naufrage.
  • Après que nous ayons obtenu un programme d'action fiable et aussi un financier, il nous manquait encore l'autorisation du royaume du Maroc et ceci resta sous la gestion du bureau du premier ministre.
  • Dans les contacts que nous avons eus avec ce bureau nous n'avons entendus à aujourd'hui que des explications du type: "nous sommes encore en train de vérifier', "le moment n'est pas encore venu", "on verra après les élections (de juillet 99)", "le sujet se trouve en traitement" et bien d'autres explications…
  • Au moment où sont écrites ces lignes, il n'y a aucun changement des autorités marocaines quand à l'obtention des autorisations exigées pour entamer des recherches. Je suis sûr qu'à leur obtention, la marine israélienne accepterait d'y participer.
  • DOCUMENTA Première révélation
  • Compte-rendu sur l'affaire "petit poisson'
  • 16 novembre 1958 à: Issar Harel
  • de: Dov (Bertchik) Maguen
  • Fin septembre 1958, j'ai reçu l'ordre du Mossad d'arriver à Gibraltar dans le cadre de l'opération "petit poisson"
  • Un homme qui nous était connu a acheté un moyen de navigation du genre "bateau de débarquement', et qu'il désire transporter des juifs du Maroc à Gi­braltar à un prix raisonnable.
  • D'après les données, tout était valable et en règle, et il m'incombait de vérifier ce bateau du point de vue de la conformité à la tâche assignée, la sécurité en mer. le nombre de passagers à chaque voyage, la météo et tout ce qui était lié a l'opération du point de vue maritime.
  • La date supposée pour le début de l'opération a été fixée pour le 11-12 octobre. Je suis arrivé à Gibraltar dans la nuit du 7 au 8 octobre. La première rencontre avec le propriétaire de la dite embarcation, a eut lieu le 11 octobre, pendant laquelle j'ai reçu des renseignements sur le bateau par l'homme qui tenait en main une lettre descriptive avec des données. Ce n'était pas un bateau ne débarquement mais des détails sur un bateau à moteur rapide qui a servi au sauvetage de pilotes en service à la R.A.F. Après avoir discuter sur différents détails il fut convenu, que l'homme arriverait avec le bateau à Gibraltar le 20 octobre, autant pour des réparations que pour la vérification. Après cela, et seulement alors, dans le cas où le bateau conviendrait, on examinerait les autres détails et engagements mutuels.
  • La date supposée pour le début de l'opération fut repoussée à la nuit entre le 26 et le 27 octobre.
  • Jusqu'à la date à laquelle nous avons attendu l'arrivée du bateau à Gibraltar, selon l'accord passé, j'ai cru en l'homme et en ses paroles – dans la mesure où on l'avait recommandé – mais le bateau n'arriva pas à Gibraltar comme convenu, non plus après d'autres accords pris lors de rencontres supplémentaires.
  • Il y avait différentes raisons: au début des difficultés pécuniaires et finalement à cause d'un manque d'attestations de vente et de propriété. Déjà le 23-24 octobre avait cessé ma confiance en cet homme, en raison de son comportement fuyant et son manque de sérieux, donc la possibilité de l'acquisition du bateau, n'existait qu'en théorie. J'ai continué à être en contact avec cet homme jusqu'à fin octobre. De par la puissante volonté d'agir, nous nous sommes bercés d'illusions, et c'est pourquoi je ne m'étais pas pressé de rompre le contact sans en connaître les raisons ultimes et claires. Notre annonce finale était: "Le bateau n'arrivera pas en raison d’un manque d'attestations de vente et de propriété".
  • Conclusions: j'ai quitté Gibraltar sans voir le bateau, sans savoir s'il existait seulement un bateau qui était la propriété de cet homme. Il n'y eut aucune étape à laquelle nous aurions pu être sûr de cette opération, sans que nous n'ayons vu en fait le bateau. Je ne connais pas la base sur laquelle les préparatifs de cette opération ont reçu une diffusion même à l'extérieur du cadre des hommes qui s'en occupaient directement. Je ne me suis pas étendu sur les détails du processus de négociations et la réflexion qui ont conduits aux décisions telles que nous les avons prises, car en fait il n'y eut aucun résultat.
  • Le bateau Egoz – ses traversées et son naufrage-Meir Knafo-Revelations inedites
  • Page 421

אלישע אחר השני-ד"ר דן מנור

באזור סוס הדרומי-מזרחי של מרוקו משתרעים שני כפרים מקבילים. אחד בשם אגמאד שתושביו מוסלמים, ואחד בשם תילין המאוכלס יהודים. שניהם שוכנים על שיפוליהן של שתי גבעות כשערוץ צר מפריד ביניהם. השם תילין הוא מונח גיאוגרפי בלבד, כי השם השגור בפי היהודים הוא מללאח. אפילו המוסלמים מן הכפר שממול מכנים אותו ״אִיגֵמָּה וּדֵאיִן״(הבית היהודי) בשלוחית המדוברת. בין שתי האוכלוסיות שררו יחסים חברתיים. המוסלמים (ערביי מרוקו מכונים מוסלמים בפי היהודים. זה הכינוי השגור גם בפי הערבים עצמם. למעט הצרפתים שהשתמשו בכינוי ערבי). נהגו לבקר בתמידות במללאח בשעות הערב, במיוחד בערבי הקיץ. הם חוברים לכמה יהודים יושבי קרנות ומנהלים שיחה קולנית מתובלת בדברי לצון. מדי פעם זוקפים את ראשם ומישרים מבט לעבר הגגות שעליהם יושבות נשים כדי לפוש מעמל היום, נשים צעירות ויפות גוררות מיד קריאות ייחום. אף שלשון הכפריים באזור סוס היא שלוחית המדוברת גם בפי היהודים, הרי במפגשים אלה מדברים ערבית יהודית. תושבי הכפר אגמאד הם היחידים מכל גויי האזור שדיברו ערבית יהודית על כל ניביה העבריים, כמו: ״שבח לאל״, ״השם יצילנו״ ״יימח שמו״, ״חס ושלום״, או למשל כשילד נתקף בהלה ממשהו, האימא מיד משננת: ״אל שדי" כסגולה להרגעה. וכן: "פסח הוא לה׳״ על מנת להסיר דאגה כלכלית מהלב ועוד. הם הכירו כמה ממנהגי ההווי היהודי וידעו את שמות כל החגים. לעומת זאת, היהודים מדירים את רגלם מהישוב המוסלמי. השם אגמאד הוא סמל להתאסלמות. "הלכת לאגמאד?״, מטיחים כלפי יהודי שחטא בעבירה כלשהי.

שני מבואות צרים חוצים את הישוב היהודי מצפון לדרום, ומבתרים אותו לשלושה גושים. במזרח גוש של בתים שפלי קומה בנויים מאבן וטיט, שאותות הבלייה ניכרים בהם, לעומתם בגוש האמצעי והמערבי מזדקרים בתים בנויים מאבן צור מסותתת. וחזיתם חרוטה תבליטים הבוהקים בצבעם הכחול. בין התבליטים נמתחת שורה של קערוריות בצבע אפור – מעשה ידיו של גלף, המשמשות מקום קינון לציפורים. בצד האחורי של הבית שבשני הגושים האלה משתרעת חצר מגודרת אבנים, או שיחים קוצניים המשמשת מקום למשחק ילדים, לתרנגולות המשוטטות כבני חורין ומנקרות כל שבא בדרכן, וחלק ממנה מוקצה לגינת ירק שצמחייתה העיקרית היא כל מיני תבלינים. החצר נקראת בעגה המקומית אגנוי, אולי שיבוש של השם גן נוי. הבתים בשני הגושים הם בני שלוש דיוטות. הדיוטה התחתונה מחולקת לשניים. החלק הפנימי כולל חדר הריחיים, מרתף חשוך וקריר שבו מאחסנים פירות יבשים ושמן בתוך כדי חרס, ומחייה (ערק) בכדים מזכוכית. והחלק החיצוני משמש כמעין טרקלין המכונה ״אסאראג״ שבו חוסים בימות הקיץ מפני החום הלוהט. הדיוטה השנייה היא מדור המגורים העיקרי וכוללת כשישה חדרים, לרבות חדר הנפישה. היא בנויה בצורת מלבן, ומוארת דרך צוהר רחב שבתקרה. למעלה ממנה הגג הגדור מעקה בגובה קומת אדם, ובו חדר עלייה, מטבח ומתקן כביסה. הגג משמש כמקום נופש ומרגוע בלילות הקיץ.

ההבדל הזה שבין הגוש המזרחי הישן לגוש המערבי החדש ניכר גם במבנה של בתי הכנסת. זה שבאזור המזרחי בנוי בקצה הגוש ומוקף שיחי צבר. ההיכל והתיבה עשויים מעץ פשוט שלא הוקצע, ספרי תורה כתובים על גוויל גס ודהוי. הכול טבוע בחותם של קדמות. בעבר הרחוק זה היה בית כנסת יחיד, כך מספרים. אלא, שבמרוצת הזמן התגלעו חיכוכים בקרב הקהילה, שהניעו את תושבי הגוש המערבי לייסד בית כנסת משלהם. הם החליטו שהחלקה בין ביתו של יצחק ישראל למקווה מתאימה לכך. זה היה שדה נטוש שבו צמחו עשבי בר, קוצים וברקנים למיניהם. יצחק ישראל שש על הזכות שנפלה בחלקו והביע את רצונו לשאת בכל ההוצאות. הוא טרח להביא בעלי מקצוע מהעיר הקרובה כשהם מצוידים באבני גזית, בעץ מהגוני, סיד, מלט וצבעי שמן, ותוך זמן קצר עמד בית הכנסת על מכונו. הם קבעו את הבימה בחלק הקדמי של המבנה במרחק שווה משני הקירות, וליד כל אחת מזוויותיה הציבו עמוד גלילי מן הרצפה עד התקרה, ומירקו את העמודים בצבע שמן חום. הבימה נועדה כמקום ישיבה לנכבדי הקהילה. בין שני עמודים ניצבת התיבה מעץ מהגוני שלידה מתפלל שליח ציבור. בחזית בית הכנסת מתנוססת כתובת בהאי לישנה: ״בית הכנסת ״אוהל שם״ הוקם על מכונו בראש חודש אלול בשנת: ׳ותפ״ק לרעב נפשך (ישעיה, כה, י) לפ״ק׳. לימים שככו המריבות בין הצדדים, העוינות נדחקה מפני יחסי אהבה ורעות שהתעוררו בעקבות קשרים משפחתיים, והוחלט לשים קץ לפילוג מבלי לפגוע במעמדו של אחד מבתי הכנסת, באופן שכל בית כנסת ישרת את הקהל במשך שבועיים לפי התור. בו בזמן בית הכנסת הישן ישמש חדר לימוד לילידים.

לא שפר חלקו של הכפר לזכות בבתי ספר שבהם לומדים השכלה כללית. האליאנס ייסדה בתי ספר כאלה בערים בלבד. גם הציביליזציה הצרפתית פסחה על הכפרים. לכן, החינוך בכפר היה תורני, ותו לא. שנת הלימודים מתחילה אחרי סוכות ומסתיימת בערב ראש השנה. החודשים תשרי וניסן הם ימי פגרה מלימודים. בחדר לומדים תורה לפי מחזור הפרשיות החל מפרשת בראשית וכלה בפרשת ברכה. ספרי נביאים וכתובים אינם זוכים ללימוד אינטנסיבי לא בחדר ולא בישיבה, הללו נלמדים מתוך ההפטרה, או מקריאת חובה לפני תפילת מנחה של שבת. משבת ״בראשית״ עד שבת ״זכור״ קוראים פרקים מספר שמואל, בשבת זכור מגילת אסתר. ״בשבת הגדול״ שיר השירים, בשבתות שבין פסח לשבועות ספר משלי, בין שבועות לט׳ באב ספר איוב, ובין ט׳ באב לראש השנה ספר דניאל. שאר המגילות נקראות בהתאם למועד. רות סמוך לשבועות, איכה סמוך לט׳ באב וקהלת סמוך לסוכות. זהו המגע היחיד עם נביאים וכתובים. ילדי החדר לומדים תורה בליוויו שראה (תרגום ערבי), שנועד, כביכול, להקל על הילד את הבנת הנקרא. אלא, שהלהג הערבי המדובר בפי קהילה זו שונה לגמרי מלשון השראת כלשון ערביי המזרח, ומבחינה זו השראה מחטיא את מטרתו, אך לימודו התקיים כחובה דתית. משהילד מסוגל להבין את פרשנות רש״י לתורה, הוא עובר לישיבה. הפרשנות של רש״י הנלמדת על פי הדיאלקטיקה של קושיות ותירוצים מכינה את התלמיד לשלב הגמרא. לעתים מסתייע המלמד גם בפירושו של החיד״א – ״חומת אנך״. וכשתלמיד מגיע לרמה של הבנת הפירוש בכוחות עצמו הוא נספח לתלמידי הגמרא. רב הישיבה נוקט סלקציה קפדנית, ללא עוררין. משום כך מגיעים ללימוד התלמוד בודדים בלבד. המסכתות העיקריות הנלמדות בישיבה כפרית זו הן: ברכות, שלוש הבבות, גיטין וחולין.

אלישע אחר השני-ד"ר דן מנור-עמוד 10

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