Benwaich-Benwalid-Ben Yair-Benyamin-Benzachar

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BENWAICH

Nom patronymique d'origine arabe, formé de l'indice de filiation Ben et du prénom masculin Waïch ou Yai'ch, un des nombreux prénoms votifs souhaitant longe vie à son porteur, équivalent de l'hébreu Hayim et de l'espagnol Bibas. Le nom est attesté en Espagne, en Algérie et au Maroc dès le XVème siècle. En Algérie la famille Ben Ouaich fut parmi les cinq premières familles juives installées à Oran avec les Stora, Cansino, Marques (Messis?) et Sasportas. Autorisées à rester dans la ville après l'expulsion des Juifs par les Espagnols en 1509, elles jurèrent fidélité à l'Espagne et dirent préférer mourir plutôt que de tomber entre les mains des Musulmans qui s'attaquèrent souvent à la ville, en état de siège permanent. Mais cette fidélité ne devait pas leur épargner l'expulsion définitive en 1669, comme tous les autres habitants juifs du port alors sous domination espagnole. Autres orthograpahes: Ben Yaïch, Benouaïch, Benyaich, Ouaich, Vais. Au XXème siècle, nom moyennement répandu, porté au Maroc (Marrakech, Meknès, Casablanca, Rabat, Safi, Mogador); en Algérie (Oran, Tlemcen) et très peu en Tunisie où le patronyme proche Belaïche était plus répandu.

ABRAHAM: Naguid des Juifs de Marrakech et percepteur des impôts du sultan Saadien Moulay Zidan qui régna à Marrakech au XVIème siècle, alors que son frère régnait sur le nord du pays. 11 détenait du sultan le monopole de l'exportation du sucre aux Pays-Bas. A l'époque le Maroc était connu en Europe comme le pays de l'or – apporté d'Afrique Noire, et du sucre de canne – cultivé dans le Sous et dont les Juifs expulsés d'Espagne avaient contribué à améliorer la qualité par un meilleur raffinage. La rivalité entre les deux frères devait se terminer par la défaite de Moulay Zidan en 1612, à la suite de quoi la communauté de Marrakech fut soumise à de fortes amendes, comme punition du soutien que son chef Abraham avait apporté au souverain déchu. Son épouse fut enlevée, soumise à la torture et ne fut libérée que contre une très forte rançon.

ABRAHAM: Naguid des juifs de Meknès au début du XVIIème siècle. D'une grande intransigeance religieuse, il devait édicter en 1611, avec le soutien du pacha, la Takana interdisant à ses coreligionnaires d'imiter les coutumes chrétiennes de port de moustaches. Les réclacitrants furent condamnés à la prison et à la bastonnade, mais il faut croire que la mode fut difficile à déraciner puisqu'en 1640 le nouveau Naguid, Habib Tolédano, devait de nouveau demander, et obtenir l'aval des autorités à la même mesure et qu'en 1702 le nouveau Naguid, Itshak Benouaïch, reprit avec encore plus de vigueur cette interdiction de "faire comme les autres".

  1. SHEMOUEL (1738-1817): Rabbin, kabbaliste, astrologue mohel, grammairien et scribe, il fut l’illustration vivante du proverbe "mille métiers, mille misères". Pressé par les créanciers, il fut contraint de fuir sa ville natale de Meknès en 1805. 11 passa quatre années à errer dans l'est du Maroc et en Algérie: Tlemcen, Mascara et Blida. D'une grande curiosité intellectuelle, il devait profiter de son séjour forcé en Algérie pour recueillir les coutumes particulières de ses communautés juives et les consigner dans son carnet de voyage. Il revint à Meknes en 1809 et il y fut considéré comme un des grands érudits de sa génération. Son enterrement est resté dans toutes les mémoires en raison des pluies torrentielles qui interdirent toute oraison funèbre sur sa tombe.
  2. YEOSHOUA: Talmid Hakham né à Meknès en 1845. Refusant selon les recommandations du "Pirké Abot" de faire de la Torah une profession, il s'adonna au commerce. Vers 1870, il monta à Tibériade où il poursuivit ses activités commerciales. En 1903, il fut invité par la communauté de Safed à lui servir de guide spirituel.
  3. ITSHAK: Célèbre rabbin et poète à Mogador. Il fut le premier à éditer un recueil des Bakachot au Maroc, "Roni Vesimhi", paru en 1900 et qui devait servir de référence aux compilateurs du receuil classique "Shir Yédidout".

 

BENWALID

Nom patronymique d'origine arabe, formé de l'indice de filiation Ben et de walid, le père, procréateur, porté déjà en Espagne au XIIIème siècle. Une branche de la famille est arrivée à Alger au cours de la première expulsion d'Espagne, en 1391 et faisait partie des cinq familles espagnoles les plus illustres de la ville avec les familles Barchechet et Duran. Benhaim et Ayache. Pour les distinguer, on disait de ces trois familles dernières familles qu'elles étaient " ma vie (Benhaim), mon fils (Benwalid), et ma nourriture, ce qui me fait vivre (Ayache). La famille Benwalid du Maroc est arrivée avec les expulsés de 1492 et s’est particulièrement illustrée à Tétouan. Autres orthographes: Ben Oualld et Oualid (que nous étudierons séparément), et sous la forme hispanisée: Bengualid. Au XXème siècle, nom peu répandu, porté au Maroc (Tétouan, Tanger, Larache, Casablanca, Rabat, Meknès) et en Algérie (Alger, Oran).

SHELOMO: Grand propriétaire terrien à Meknès, associé au conseiller du sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah, le constructeur du port de Mogador, Samuel Sumbal, seconde moitié du XVIIIème siècle. Ses démêlés avec ses compatriotes sont évoqués dans le livre de rabbi Binyamin Elkrief, "Gvoul Binyamin".

  1. YAACOB: Rabbin dont le tombeau, ainsi que celui de son fils Moché, étaient un lieu de pèlerinage à Rabat.
  2. HAIM: Fils de rabbi Ménahem. Rabbin originaire de Rabat, il fit partie du grand groupe qui monta de la ville portuaire marocaine en 1854 sous la direction de rabbi David Bensim'on avec qui il était apparenté. Il fut un des premiers émissaires envoyés recueillir des fonds pour ses oeuvres au Maghreb par le Comité de la Communauté Maghrébine de Jérusalem, fondée vers 1860. 11 connut quelques difficultés en arrivant à Oran, le tout- puissant chef de la communauté, Simon Kanoui lui en interdisant l'entrée, refusant de reconnaître la scission de la communauté maghrébine de la communauté sépharade. Rabbi David Bensim'on demanda alors au parent de Simon Kanoui, le grand philanthrope Yomtob Abergel de Gibraltar d'intervenir, en soulignant que les originaires d'Algérie émargeaient comme les Marocains de la caisse du Vaad. 11 eut plus de succès à Tunis en y instituant en 1877 un fonds permanent pour le financement d’une Yéchiva sous sa direction à Jérusalem. La communauté de Tunis s'engagea à lui transférer chaque année le montant d'une taxe d'abattage spéciale de 15 francs par semaine, instituée à cet effet. Les transferts devaient effectivement s'opérer sans entraves pendant 22 ans, avant d’être interrompus par la réforme de la taxe d'abattage instituée par les nouvelles autorités du Protectorat fiançais. Après avoir en vain rappelé à ses devoirs la communauté, il se décida en 1907 à revenir lui-même à Tunis réclamer son dû et la communauté lui réserva bon accueil et le dédommagea partiellement. Entre­temps, il avait été envoyé en mission de quête, en 1893, au Portugal, au Brésil et au Maroc.
  3. ITSHAK (1777-1870): Fils de rabbi Shemtob. Son père mourut précocement alors qu'il était encore enfant, Un des plus illustres rabbins marocains du XIXème siècle, surnommé par ses contemporains "la lumière du Maghreb". Disciple du grand maître de Tétouan, rabbi Samuel Barchilon, il se distingua par son extrême piété, son intelligence et sa bonté qui lui valurent de son vivant l'admiration et la vénération de ses compatriotes, aussi bien juifs que musulmans. Le Pacha de Tétouan n'hésitait pas à le consulter et à lui soumettre les cas difficiles. De tout le Maroc, de Londres, de Lisbonne on s'adressait à lui pour les questions de Halakha. Excellant scribe, il écrivit de sa main le Sefer Torah de sa synagogue qui est restée intacte jusqu'à ces dernières années. Sa très riche bibliothèque a été transférée en 1978 à la Yéchiva qui porte son nom dans la vieille ville de Jérusalem, dirigée par l'ancien député de Shas, rabbi Shlomo Dayan, lui-même originaire de Tétouan. D'une humilité exemplaire, on aimait raconter comment il s'enfuit de Tétouan en 1830 pour Gibraltar quand il apprit qu'on voulait le nommer président du tribunal rabbinique. Il finit pourtant par accepter le poste à condition de ne pas juger seul et il forma un tribunal de trois juges. Il fut le guide incontesté et vénéré de sa communauté à la période cruciale de l'occupation de la ville par les Espagnols à la suite de la guerre hispano-marocaine de 1859-60. Ouvert au monde moderne, il favorisa l'ouverture en 1862 à Tétouan de la première école de l'Alliance Israélite Universelle. Pour donner l'exemple, il y inscrivit ses petits-enfants. Il décida de monter en Terre Sainte rejoindre le grand nombre de ses compatriotes installés à Haïfa, mais au bout de quelques mois de séjour, il revint pour une raison inconnue au Maroc, après un pèlerinage sur les tombeaux des saints – sans doute pour ne pas abandonner sa communauté qui avait encore tant besoin de lui. Poète, écrivain, son livre de commentaires sur le Shoulhan Aroukh, "Vayomer Itshak" (Livourne 1855-1876), en deux volumes, était connu de tous les rabbins marocains et sert aujourd'hui de référence aux historiens pour les détails qu'il contient sur son époque. 11 vient d'être réédité à Jérusalem par le rav Shélomo Dayan. Après sa mort, son tombeau est devenu un lieu de pèlerinage connu fréquenté également par les Musulmans. Sa Hiloula est célébrée chaque année le 9 du mois de Adar. De nombreuses légendes se sont créées sur ses pouvoirs miraculeux. Sa canne est précieusement conservée comme une relique dans son ancienne chambre d'études, estudio. Deux de ses fils. Shemtob et Vidal, furent rabbins à Tétouan. Le troisième, Yossef, fut rabbin à Oran et auteur d'un livre de commentaires talmudiques "Sefer Shem Yossef’ (Jérusalem. 1907). 11 mourut en 1906 sans laisser de descendants.
  4. ITSHAK: Fils de rabbi Shemtob. Né à Tétouan, il fut appelé à servir de rabbin à Tanger où il mourut en 1914.

SHEMTOB: Fils de rabbi Itshak. Né à Tétouan, il s’installa à Tanger où il devint un des grands notables de la communauté. 11 fut élu à plusieurs reprises comme l'un des trois représentants de la communauté juive à l'Assemblée Legislative établie par le statut international de la ville.

LEON: Fils de rabbi Itshak. Un des grands notables de la communauté de Tanger, membre pendant plusieurs années de la Junta dont il fut vice-président, puis président dans les années soixante. 

BEN YAIR

Nom patronymique d’origine hébraïque, formé du prénom biblique Yaïr qui a pour sens qui brille, qui éclaire, précédé de l'indice de filiation: le fils de Yaïr. Dans le Deutéronome, il est conté que Yaïr, descendant de Manassé acheva la conquête du Galaad. en Galilée (Les Nombres, 32; 42). C'est un prénom qui était encore porté de nos jours, mais rarement et il n'est devenu nom patronymique qu'assez tardivement puisqu'il ne figure pas sur la liste Tolédano des patronymes usuels au XVlème siècle. Autres formes: Yaher, Yaïr, Benyaher. Au XXème siècle, nom très peu répandu porté au Maroc (Marrakech, Safi, Casablanca, Mekttès ) et en Algérie ( Oran, Mascara ).

MEIR: Educateur et administrateur né à Casablanca. 11 fut au milieu des années quarante un des animateurs du mouvement de jeunesse Charles Netter, puis un des chefs du mouvemnt des Eclaireurs Israélites de France. Son nom de totem: Ours tenace. Militant sioniste fervent, il monta en Israël au début des années cinquante. 11fut parmi les signataires en 1956 du mémorandum présenté par les anciens dirigeants du mouvement sioniste au Maroc, aux délégués 25ème Congrès Sioniste à Jérusalem, mettant en garde contre les difficultés d'intégration et les discriminations dont étaient victimes les originaires du Maroc en Israël. Emissaire du département de la Alya en Algérie en 1956-57. Membre du Comité Central du parti Mapaï, il fit partie en 1965 du tribunal chargé par le parti d'exclure David Ben Gourion en raison de ses attaques contre ses dirigeants sur fond de l'affaire Lavon. Il fut secrétaire du Conseil Ouvrier de Beer-Cheva, puis directeur régional la caisse d'assurance maladie de la Histadrout, la Koupat Holim dans le Neguev. Emporté par la maladie à la fleur de l'âge en 1975.

BENYAMIN

Nom patronymique d'origine hébraïque formé du prénom hébraïque devenu nom patrony­mique dans certaines communautés. C'est le prénom donné par le patriarche Jacob à son dernier fils, le second fils que lui donna son épouse préférée Rachel qui mourut en lui donnant naissance près de Bet Lehem. Avant sa mort elle l'avait appelé "Ben oni", c'est-à- dire le fils de ma peine, de ma douleur, mais le patriarche changea son nom en Benyamin, le fils de ma droite, pour montrer qu'il lui était cher comme sa main droite, ou selon une autre interprétation le fils de la chance. La tribu de Benyamin dont le territoire était proche de la tribu de Juda, avait fini par se fondre presque totalement avec elle après la scission entre le royaume d'Israël et le royaume de Judée. Toutefois elle avait conservé sa personnalité jusqu'à la destruction du Temple, les Juifs les plus anciennement installés au Maroc se disant en être en majorité descendants, alors que les premiers Juifs installés en Espagne se disaient les descendants de la tribu Juda. L'équivalent français de ce prénom est Benjamin, devenu, par allusion au récit biblique, synonyme de dernier enfant dans une famille. Le nom est attesté au Maroc au XVIème siècle, figurant sur la liste Tolédano des patronymes usuels à l’époque. Au XXème siècle, nom très rare, porté en Algérie (Oran, Sidi Bel- Abès, Alger) et au Maroc.

PAUL: Fils de Henry Benyamin, adminis­trateur français né à Oran en 1933. Il commença sa carrière comme professeur d'anglais à Alger. Après son installation en France, il fut détaché au ministère des Rapatriés, au Service de l'Orientation professionelle. Inspecteur général de l'Industrie et du Commerce depuis 1984. Président directeur général de l'Institut de Chimie Appliquée depuis 1990.

BENYAKAR

Nom patronymique d’origine hébraïque, littéralement le fils chéri, à rapprocher du patronyme espagnol qui a le même sens Caro, et de l'arabe Aziz ou Boaziz. Au XXème siècle, nom très peu répandu, porté au Maroc.

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