Brit-La vie Juive a Mogador-Les villageois

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Quant aux villageois, leur gagne-pain provenait de petits métiers. En premier lieu, le métier de savetier : les indigènes usaient rapidement leurs savates Blgha étant donné qu'ils marchaient beaucoup sur des routes qui n'existaient pour ainsi dire pas.

Les hommes préféraient user la plante de leurs pieds plutôt que le fond de leurs savates. Les femmes également usaient leurs savates brodées, richement ou pauvrement, selon la situation du mari. Ceci amena un nouvel article d'importation. C'est le cuir fait de peau de buffle, qui tout en étant dur, épais et durable, était assez souple et maniable après avoir été trempé dans l'eau. (Par la suite, il fut remplacé par les pneus des voitures automobiles).

Un autre métier consistait à fabriquer le bât des bourricots et les harnais pour mulets et chameaux. Il y avait parfois des villageois qui pratiquaient deux métiers. Le matelassier était également fabricant de harnais. D'aucuns fabriquaient d'affreux bijoux en cuivre ou en argent. Les tailleurs ou plutôt faiseurs de confection débitaient des cotonnades blanches et bleues ainsi que des burnous en laine blanche. Ainsi les colporteurs de Douar en Douar (petit village) vendaient les épices, quelques petits articles de bonneterie et des breloques.

Les souks se tenaient une fois par semaine, dans chaque région, et prenaient le nom de l'endroit où ils avaient lieu, par exemple : le dimanche, le souk se tenait dans la région du Drâa, (ne pas confondre avec la grande région du Dra) on disait El had dl Drâa ; le lundi on disait Tnin d'Imin-Tlit, le mardi on disait Tlata des Helchane et ainsi de suite. Dans ces souks, dis-je, les Juifs avaient des magasins ou des étalages et là, on faisait des échanges de marchandises, on vendait les calicots, l'épicerie, le sucre, le thé et les bougies et surtout la confection dont je parlais. En retour, on achetait des amandes, des œufs, des gommes, de la cire d'abeille en brèches etc. Dans chaque région, existait un Mellah, où habitaient les Juifs, avec leurs synagogues, leurs boutiques et leurs ateliers. En principe, ils étaient protégés par le Caïd (gouverneur) local mais seulement dans les limites de son territoire. Passé ce territoire, il ne répondait plus de la vie de "ses" Juifs. Si par malheur un Juif était volé ou même tué par les Arabes sur un territoire appartenant à un autre caïd, il était presque impossible de trouver le coupable, par conséquent il n'y avait pas lieu de prétendre à des indemnités. A la campagne, le problème commercial se posait dans les mêmes termes pour les indigènes du bled et ceux de la ville. L'Arabe était obligé de cacher sa richesse à cause de la grande part qu'il était sommé de payer au Caïd, alors il avait toujours recours aux Juifs. Il se faisait remettre une somme par le Juif devant notaire et s'engageait à faire bénéficier le Juif du résultat des moissons ou de l'élevage du bétail. Lorsque le Caïd faisait le recensement des récoltes, le propriétaire déclarait que tout appartenait au Juif. Il payait alors une dîme, et il était quitte en donnant bien entendu, sa part au Juif. Il y avait des propriétaires riches et respectés par le Caïd, qui se faisaient adjoindre un Juif par ce qu'ils croyaient que l'argent du Juif leur porterait bonheur.

Il y avait aussi des cas sociaux.

Il me semble que la mendicité, inéxistante au début, a pris de l'extension au fur et à mesure que le progrès scientifique a été introduit au Maroc.

Car tous ces portefaix, ces petits artisans ont perdu leur raison d'être. Les charrettes, les camions ont tué les transporteurs, les charretiers, les âniers etc.

Les machines ont fait de même pour la main d'œuvre. L'ouverture de deux ou trois tanneries dans notre ville, a diminué l'exportation, bien que la main d'œuvre dans l'industrie locale ait augmenté. L'importation des petits objets fabriqués, jadis faits sur place, a anéanti la petite industrie. Le pourcentage même approximatif de ces cas sociaux, secourus par la communauté juive, est difficile à évaluer. Cela dépendait de la ville, des moissons, de la période ou de l'époque. Le chiffre des cas sociaux qui n'étaient que de cinq à dix pour cent de la population est arrivé à vingt-cinq pour cent. Il faut dire aussi que le nombre allait en augmentant, car les secours étaient considérés comme un bien individuel, transmis par voie d'héritage. Quand "le cas social" décédait, il léguait la pension qu'il recevait à ses héritiers directs.

Les recettes qui alimentaient la caisse communautaire seront indiquées dans la question organisation.

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