Joseph Dadia – L'Ecole de l'Alliance de Marrakech Historique

ALLIANCE

En 1920, écrit M. Alfred Goldenberg, l'école s'installe pour la rremière fois à l'extérieur du mellah, près de la place des ferblantiers dans une maison appartenant à M. Meïr Amzallag, négociant. M. Falcon est revenu ; il est veuf, sa fille est son adjointe.

En 1922, l'école retourne au mellah rue Fracisco ou Francisco. C'est le nom d'un commerçant qui habite la rue. Elle s'appelle en réalité derb Attias. Jacob Attias, grand bienfaiteur de ses frères, est décédé le 15 septembre 1933 le jour de Rosh Hashana. Il entretenait des relations d'affaires et d'amitié avec le pacha de Marrakech. Ma mère, encore petite, a rencontré le pacha grâce à son proche parent, le distingué Jacob Attias. L'école est une formation Franco-Israélite installée dans la maison de M. Jacob Benhaim, rabbin de l'école de 1901. Cette maison est carrée à un étage, dont la galerie surplombe le patio. Elle est conçue selon les mêmes principes que les écoles franco-arabes : enseignement primaire donné par des instituteurs français, l'instruction religieuse étant dispensée par un rabbin. Le protectorat envoie des instituteurs à Marrakech : M. et Mme Dubascoux, M. et Mme Callandry, Mme Deschaseaux, Mlle Aymard qui, mariée, s'appellera Mme Prabis, et enfin Mme Durand. Cette école pouvait recevoir 450 élèves, selon le chiffre donné par José Bénech.

Il m'est impossible, en l'état de mes investigations, d'établir la date exacte de l'installation de l'école de l'Alliance à l'extérieur du mellah. Mais je sais depuis longtemps, par d'anciens élèves, que cette école était bel et bien installée du côté de la place des Ferblantiers. Je sais aussi que l'école a bien occupé une maison de derb Francisco. Je connais bien cette maison située au début de la me Francisco, juste en face de derb Bensimhon. La maison qui abrite l'école est sur une pente qui décroît doucement. Ce qui fait que la maison est surélevée par rapport au restant de la rue, donnant l'impression qu'elle est le plus haut bâtiment du mellah. Juste en face de cette maison-école se trouvait, dans les années 1940, le local des Bnei- Akiva que je fréquentais, tant pour les activités que ce mouvement organisait, que pour l'office du vendredi soir et de l'oneg shabbat de samedi après-midi.

Remarque de l'auteur ; II n'a pas été facile d'établir toutes ces indications en raison des sources consultées. Aïemy Haïm Hazan dit que l'école près de la place des ferblantiers fonctionnait parallèlement à celle de la rue Francisco, où il a été élève, sans autres précisions quant aux dates. Je relève différentes dates, quelque peu contradictoires, dans les écrits de M. Alfred Goldenberg : cf. le texte déjà cité p. 47-48, et son livre Souvenirs d'Alliance, éditions du Nadir de l'A.I. U., 1999, p. 50-51. De son côté, José Bénech, op. cit., p. 296 écrit : « Puis ce fut 1914 et la guerre. Pour des raisons financières, l'Ecole de l'Alliance dut fermer ses portes. En 1919, le Protectorat ouvrait dans une maison du Mellah une école franco- israélite… Cette école franco-israélite disparut en 1925. » Je pense que José Bénech a parfaitement raison quant à la date 1919.

A quel moment l'école de la place des Ferblantiers a fixé ses classes à derb Francisco, il y a des dates qui se contredisent. Me référant à un témoignage indirect, l'école de derb Francisco existait déjà en 1919, au plus tard début 1920. Les frères Tharaud dans « Marrakech ou les seigneurs de l'Atlas » consacrent le chapitre VII de leur livre au « Ghetto marocain ». Ils décrivent leur rencontre, dans sa propre maison, avec « Le patriarche de cet enfer hébraïque (qui) est le bonhomme Ischoua Corcos, l'argentier des Sultans, le millionnaire du Mellah ». En l'occurrence, c'est la suite de leur récit qui nous intéresse : « Par la fenêtre, arrivent d'une école voisine où l'on enseigne le français, des phrases qui entraînent l'esprit dans un rêve dément, et que répètent, comme un verset de la Loi, les enfants du Mellah ; « Nos ancêtres les Gaulois » ou bien encore : « Mon père, ce héros au sourire si doux… ». Alors tout danse devant moi, les deux Lions de Juda, l'arbre de Jessé sur le mur, et la fausse pendule peinte et sa clef peinte elle aussi, pendue à un clou imaginaire. Je n'écoute plus le père Corcos. Je n'entends plus ni le piano, ni la machine à coudre, ni les cris du poulet. Je n'ai d'oreilles que pour ces phrases folles, qui résonnent d'une façon tout à fait extravagantes dans ce ghetto saharien. »

La première édition de ce livre date de 1920. L'on peut présumer que la rencontre entre l'écrivain et le président Corcos a eu lieu en 1919. La distance, à vol d'oiseau, de la maison du patriarche à celle de l'école est de 50 mètres environ. Je précise que la maison Corcos est en contrebas par rapport à celle de l'école.

En 1922, trois classes quittent l'école de la rue Francisco et s'installent dans les locaux d'une nouvelle école appelée à s'grandir en quelques années. Cette nouvelle école est établie sur une parcelle de Jnan el Afia, dans le voisinage de derb el Bhira. Ces classes sont tenues par M. et Mme Dubascoux et par une monitrice, Mlle Rachel Benaïm. En 1924 arrive à Marrakech en tant qu'instituteur, âgé de 18 ans, M. Nessim Lévy, originaire d'Edrine/Andrinople (Turquie). Seuls, le directeur Falcon et lui sont juifs à l'école Francisco. En 1925, les autres enseignants appartenant au cadre métropolitain de l'Education Nationale s'en vont ; c'est toute l'école de la rue Francisco qui est transférée à Jnan el Afia. M. Falcon est le directeur de ce nouveau groupe scolaire, aidé par M. Nissim Lévy et des moniteurs : Mlle Sété Coriat, M. Nessim Sabbah et M. Boujo.2 Dans la classe du Brevet, il y avait des élèves du même âge que Nessim Lévy, aussi grands de taille que lui. En cette même année 1925, une grave épidémie de :yphus s'était déclarée au mellah. M. Falcon et les élèves les plus âgés de "école, faisant preuve d'héroïsme et bravant la contagion, ont jugulé le mal, sur les indications des médecins, en pénétrant dans les maisons pour zépister les cas douteux et épurer les centres d'infection. Leur action courageuse a sauvé le mellah et la ville d'une immense catastrophe.

(A suivre)

Joseph Dadia

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