Le Mossad – Michel knafo-Les institutions culturelles
Les institutions culturelles
l'Association des Anciens Elèves de l'Alliance était très active avant l'Indépendance dans l'organisation de rencontres, conférences, soirées dansantes et activités sportives. Elle est restée active même après l'Indépendance, lui valant es hommages des recteurs des universités et du ministre de l'Éducation. Elle a organisé des concerts et des conférences données par des
conférenciers de renom mondial auxquels étaient également conviés des intellectuels musulmans et même français. Le club de basket-ball de Casablanca était d'un haut niveau reconnu. Avant l'Indépendance, le mouvement "Charles Netter" comptait des centaines de jeunes adhérents prenant part à ses activités culturelles, sociales et sportives. L'activité sociale a baissé après l'Indépendance, ne laissant place qu'aux activités sportives – en plus du bal annuel dont les recettes servaient à financer la branche sportive. Le Cercle de l'Union est un club plus fermé, réservé aux notables dont activité principale est le jeu de Bridge et de temps à autre des conférences. Il existait à Casablanca et avait des filiales à Rabat et Tétouan.
Autres institutions sociales
l'O.S.E. Oeuvre de Secours aux Enfants sous la direction de M. Marciano a organisé les soins médicaux pour l'ensemble de la population essentiellement pour les élèves des écoles de l'Alliance et d'autres enfants.
Au centre social de Casablanca se trouvaient à l'époque 200 enfants dont les parents ne pouvaient s'occuper pour une raison ou une autre. Il y avait dans les diverses communautés des asiles pour vieillards et de soupes populaires. "Em Habanim" à Casablanca était à la fois une école et un orphelinat avec quelques 400 pupilles. Il faut aussi ajouter l'orphelinat du "Home Bengio" avec 50 enfants. Les enfants pauvres des écoles étaient nourris par l'œuvre de "l'Aide Scolaire". Elle organisait aussi des colonies de vacances.
Quelques 23,000 enfants bénéficiaient chaque année de ses services. Il faut y ajouter l'œuvre "Malbich Aroumim" fournissant des vêtements aux démunis et l'œuvre d'aide aux petits artisans par l'octroi de prêts, la Caisse Israélite de Relèvement Economique.
Les rapports avec la communauté française du Maroc
Les relations avec la communauté française étaient en général amicales. Les familles juives de la classe bourgeoise entretenaient des liens d'amitié avec des familles françaises, le plus souvent par l'intermédiaire de familles juives françaises du même cercle social.
La majorité des juifs avaient surtout des liens économiques avec les français. Il convient de souligner le rapport favorable de la communauté française envers la communauté juive. Sans doute à cause du sentiment de communauté de destin. Cette communauté était inquiète des restrictions à la liberté de circulation imposées aux juifs et avait partagé leurs craintes lors de la visite de Nasser à Casablanca. Ils avaient apprécié la libéralisation dans l'attribution des passeports. Ils comprenaient les motifs de l'émigration juive, attribués à l'appauvrissement du pays dans lequel les juifs avaient jadis joué un grand rôle et de grandes responsabilités en particulier dans les entreprises françaises, ce qui leur donnait à réfléchir sur leur propre avenir au Maroc.
Manifestations d'antisémitisme
Sans aucun doute y avait-il des manifestations d'antisémitisme de la part d'individus isolés. La jalousie de la fortune réelle ou imaginaire des juifs faisait son effet. Dans les articles de la presse, plus particulièrement celle de l'Istiqlal. n'étaient pas rares les allusions à la domination économique des juifs. Le mépris traditionnel du Marocain des villes et des compagnes – pour le juif est resté vivace. mais il conduisait plus à l'isolement qu'à l'hostilité et au sentiment de la nécessite de protéger le juif inférieur, le dhimmi.
Tout cela est loin de constituer l'infrastructure à une propagande antisémite, ou à la formation de mouvements faisant de l'antisémitisme leur raison d'être, l'ancienneté de la présence juive au Maroc – ne pouvant ainsi être accusés d'avoir pris la place de quiconque contribuait également à cette absence d'antisémitisme à la mode européenne.
La propagande menée par les palestiniens et l'ambassade de la République Arabe Unie au Maroc, avec la distribution de tracts en 1959, ne devait pas avoir d'effet notable. Les tracts reproduisaient le Magen David comme symbole de la domination juive sur le monde. Des tracts de ce genre devaient de nouveau être diffusés au cours de l'été 1960, mais les autorités étaient déterminées à punir les responsables. Au moment de la flambée de l'antisémitisme en Europe en 1960, le Maroc est resté calme. Une croix gammée tracée sur le mur d'une synagogue devait être aussitôt effacée par la police qui a activement recherché les coupables. Les Marocains, et leur roi en tête, ont toujours été fiers d'avoir refusé l'application des lois raciales de Vichy au cours de la Seconde Guerre mondiale. Malgré cela, les germes de l'antisémitisme existent et la politique pro-arabe extrémiste des années 1959-60 qui avait entraîné la rupture des relations postales avec Israël, avait provoqué une psychose de peur au sein de la population juive. En 1960, les autorités ont conseillé aux juifs de ne pas porter de couleur bleu-blanc, et des policiers à Rabat devaient interdire aux bijoutiers juifs de vendre des bijoux en forme d'étoile de David. C'était une initiative privée locale d'excès de zèle. A la même époque, la presse s'était attaquée au Magen David, qualifié de symbole du sionisme. Au cours de l'été 1960, le pacha de Salé devait demander d'effacer les nombreuses étoiles de David sur les tombes du cimetière de la ville pour ne pas indisposer les musulmans – et les juifs durent s'y plier.
Il convient de ne pas oublier la facilité avec laquelle il est possible d'enflammer les foules par une bonne propagande et combien il fut facile aux musulmans d'Oujda et de Djérada de massacrer des juifs en 1948, suite à la proclamation de l'État d'Israël. Il convient de souligner que les autorités s'efforcent de prévenir la diffusion de termes et de thèmes antisémites, estimés contraires à l'esprit de la nation marocaine, mais cela ne devait pas prévenir les campagnes de presse incontrôlées présentant un grand risque de débordement. C'est ainsi que le journal Al Fajar devait aller jusqu'à remettre en cause le statut juridique des juifs au Maroc.
כבאראת עלא כואננא בארץ ובגולה

תרגום
קבוצת יהודים מאוזה –O.S.E …ארגון להצלת ילדים – Oeuvre de secours aux enfants– שממונה-אחראי- על ריפוי ילדים ולעולים בכל העולם, התאספו הבכירים בימים האלה בפריז, והחליטו שהעזרה הראשונה שיגישו תהיה לישראל. השנייה היא לעולים והשלישית עבור מרוקו, אלג'יריה ותוניס. הנציגים ממרוקו שנכחו באסיפה הזו בפאריז הם דוקטור בן זן ואדון ש.ד.לוי, נשיא של החברה ונשיא קק"ל של מרוקו…..
ביאורים: אוזה הינו ארגון להצלת ילדים בכל רחבי העולם, בכל מקום הקים בית חולים קטן וכמו כן גם בקזבלנקה..מקום זה אינו מעורר בי רגשות טובים, כיוון שכאן במקום המקולל הזה עברתי אני ושני אחיי טיפול בגזזת עוד במרוקו….הייתי חייב לציין את זה…
אנו רואים כאן את הרב לשוניות השולטת בכתבה הזו ובשאר דפי העיתון. כותב הידיעה נזקק לשפה הצרפתית בעיקר, כמו כן המרכיב העברי בכתבה הזו שולט ביד רמה…ניכר על כותב הידיעה הזו ששלט בכל השפות, כולל בשפה הערבית הספרותית….
מדהים לראות כמה העיתונים במרוקו, לא היו מנותקים מהנעשה ברחבי העולם, וכפי שנראה להלן, לא רק בישראל וצרפת, אלא גם ברחבי אירופה…קיבלתי הסבר לדבר הזה, שהכותבים וגם אנשים משכילים אחרים, היו מנויים על עיתונים מחו"ל, שמהם כנראה הכותבים שאבו את ידיעותיהם….
הדוקטור המדובר כאן, הוא ליאון בן זקן היה רופא יהודי ושימש גם כרופאו האישי של מוחמד החמישי סבו של המלך הנוכחי…כיהן כשר היהודי הראשון בממשלה הראשונה שלאחר קבלת העצמאות במרוקו….
AZERAD-AZEROUAL-AZIZA
AZERAD-AZEROUAL-AZIZA
Nom patronymique d'origine arabe, indicatif d'un métier: le fabricant de cottes de maille. Le nom est attesté au Maroc dès le XVIème siècle, figurant sur la liste Tolédano des patronymes usuels dans le pays à l'époque. Au XXème siècle, nom peu répandu, porté au Maroc (Meknès, Fès, Taza, Rabat, Agadir) et en Algérie (Alger).
- YAHYA: Rabbin célèbre en son temps à Meknès, mort en 1598.
- SHELOMO: Rabbin à Alger, fin du siècle dernier et première moitié de notre siècle. Auteur d'un livre de commentaires: "Sefer Néoré Or", (Alger, 1893).
ELIAHOU: Notable de la communauté de Meknès, il avait maintenu vivante, jusqu'au milieu des années cinquante,la tradition familiale de fournir gratuitement à la fête de Pessah, le "harosset", à une grande partie des membres de la communauté, harosset qu'il fabricait lui-même à ses frais, après s'être rituellement purifié.
YAACOB: Violoniste et fondateur d'un orchestre de musique andalouse à Meknès. Il a enregistré un grand nombre de disques et, après sa alya en Israël dans les années soixante, il a continué à se produire dans des concerts et mariages. Il accompagne la chorale "Tsfon Maarab" de l'Université de Haïfa, spécialisée dans le répertoire juif marocain, fondée par le professeur Yossef Chétrit. Mort en 1997.
AZEROUAL
Nom patronymique d'origine berbère, porté dans tout le Maghreb, aussi bien par les Juifs que par les Musulmans, textuellement multicolore, indicatif d'une particularité physique: celui qui a les deux yeux de couleurs différentes. Le nom était déjà porté en Espagne dès le XlVème siècle, sous la forme proche de Zareyal, mais il ne figure pas sur la liste Tolédano des noms usuels au Maroc au XVIème siècle, ce qui confirme que ce ne fut au départ qu'un surnom, un sobriquet. Dans ma ville natale, Meknès, il y avait une famille Bensimon qui n'était connue que sous ce sobriquet, mais qui tenait jalousement à conserver son véritable patronyme et voyait dans ce sobriquet une injure ! David Corcos rapporte qu'il y avait aux XVIIème-XVIÏÏème siècles, une riche famille de marchands de ce nom à Taza, dans l'Est du Maroc. Autre forme, précédé de l'indice de filiation: Ben Azeroual. Au XXème siècle, nom peu répandu, porté au Maroc et en Algérie.
- AYOUCH: Rabbin-juge à Fès au XVIIème siècle. Il fut un des signataires de la Takana de 1698 limitant le montant de la dot pour tenir compte de l'appauvrissement d'une grande partie de la commu nauté, suite au poids excessif des impôts levés par l’empereur Moulay Ismael, pour fmancer ses guerres et ses travaux gigantesques de construction. L'ordonnance limita le montant de la dot et interdit tout apport supplémentaire de la part de la mariée – les notaires reçurent l'ordre d'inscrire obligatoirement ces clauses dans tous les contrats de mariage, Ketoubot qu'ils auraient à rédiger.
DANI AZRIELI: Juriste et administrateur israélien, né au Maroc. Militant du parti – sépharade Tami fondé par Aharon Abehséra, il fut nommé, au début des années quatre-vingts, directeur général du Bitouah Léumi, les Assurances Nationales. A la fin de son mandat, il reprit son cabinet d'avocat à Jérusalem.
YVES: Journaliste français, né à Paris en A la fin de son mandat, il reprit son cabinet 1964, dans une famille originaire d'Al- d'avocat à Jérusalem, gérie. Auteur (en collaboration) d'un livre qui fit grand bruit à sa sortie en 1994, "Mitterand et les Juifs", et en 1996, de "Foi et République", entretiens sur les rapports entre la politique et la religion avec les représentants du judaïsme, rabbib de France joseph Sitruk; de l'Islam l'imam de la mosquée de Paris, D. Boubakeur, et de la chrétienté, Monseigneur Delporte et le pasteur Jacques Stewart.
AZIZA
Prénom féminin arabe qui a pour sens la chérie, la bien-aimée, porté encore de nos jours aussi bien chez les Juifs que chez les Musulmans au Maroc. Autre explication, partant de l'origine berbère du nom: l'homme aux yeux bleus. Le patronyme ne figure pas dans la liste des noms de famille usuels au Maroc au XVIème siècle, il a donc dû être introduit plus tardivement. Selon David Corcos, le berceau de cette famille du sud du Maroc, est au Sahara. Autre forme: Aziz. Au XXème siècle, nom très peu répandu, porté au sud du Maroc et à Casablanca, en Algérie (Oranais, Constantine) et en Tunisie.
GERMAINE: Femme de lettres française originaire d'Algérie, auteur du roman "Les Chambres closes" (Paris, 1980).
CLAUDE: Historien français, né en Tunisie. Auteur d'une étude sur l’empereur romain Tertulien: "Tertulien et le Judaïsme" (Nice, 1977).
יהודי האטלס-שורשים במרוקו-מנחם פורטוגלי
יהודי האטלס היו שונים במראם ובמנהגיהם לא רק מיהודי הערים במרכז המדינה או באזור החוף, אלא לעיתים גם
משכניהם באזורים סמוכים. היו אזורים בהם היו דומים לשכניהם הבֶרְבֶרִים אך במקומות אחרים, כמו בטילין השוכנת על רכסי האידא אולתיתי – IDA OULTITI -חי שבט יהודי שאנשיו היו גבוהי קומה, בעלי אפים פחוסים ועיניים כחולות כהות, שלא היו דמוים להם בכל מרוקו.
יהודי תאהאלא – TAHALA – ויהודי תאפראות – TAFRAOUT- שבמחוז אמלן -AMMELIN- בולטים בעורם הבהיר ובנשיהן היפהפיות. הגברים בשבטים אלה הם בעלי שיער ועיניים שחורות ובדרך כלל הם נמוכי קומה.
Meknes – Joseph Toledano Portrait d'une communaute juive marocaine
ÉPANOUISSEMENT
La surprenante rapidité avec laquelle la communauté se remit de cette profonde crise
messianique sans laisser de séquelles visibles, tient autant à la qualité de sa direction spirituelle, qu'au changement fondamental du décor politique. En faisant de Meknès sa capitale, le plus illustre des souverains Alaouites, Moulay Ismaël, devait favoriser et accélérer l'épanouissement de sa communauté juive, en ajoutant à son titre de centre de Torah, la couronne de la prospérité matérielle, confirmant l'adage des Maximes des Pères promettant à qui accomplit la Loi de Dieu dans l'indigence, de le faire un jour dans l'opulence.(4,11)
- UN EMPEREUR, UNE CAPITALE
Faute de règles de succession strictes incontournables – le trône revenant non au fils aîné comme dans les monarchies européennes, mais au plus "méritant" des membres de la famille royale – la passation de pouvoir obéissait le plus souvent à la loi du plus fort. Cette fois le plus "méritant" fut le plus rapide. Gouverneur de Meknès, Moulay Ismaël fut le premier des postulants potentiels à apprendre la mort près de Marrakech au cours d'une fantasia, de son demi -frère Moulay Rachid. Informé par les soins de son conseiller financier, le Naguid de la communauté juive Yossef Maimran, lui -même averti de l'accident par son agent commercial et membre de la famille dans la capitale du sud. Il s'était aussitôt rendu vers minuit chez le gouverneur et lui avait avancé la somme nécessaire pour lever une troupe et devancer tous les autres prétendants potentiels. Le 16 avril 1672, Moulay Ismaël se fit proclamer sultan à Fès, à l'âge de 26 ans. Des délégations des oulémas et des notables de toutes les villes et contrées affluèrent les jours suivants dans la capitale pour reconnaître le jeune souverain et lui prêter serment d'allégeance. Ne devaient manquer à l'appel que les délégations du sud. Et pour cause, son neveu, le fils du sultan défunt, Ahmed Ben Mahrez, s'était fait parallèlement proclaimer sultan à Marrakech. Cette première révolte rapidement matée, Ben Mahrez s'enfuit au Sahara, mais il devait encore lui tenir tête pendant 14 ans – ce fut le tour des habitants de Fès d'entrer en rébellion comme le rapportent les Chroniques de Fès :
"Cette expédition terminée, il revint en paix de Marrakech. Après cela, il voulut conduire sa mhallah en un autre endroit et demanda aux tireurs de Fès -la -Vieille de le suivre et envoya le caïd Zidan pour les enrôler. Mais ils tuèrent le caïd aussitôt qu'il arriva et lui coupèrent la tête qu'ils envoyèrent au sultan. Ils demeurèrent en état de rébellion un an et demi…Les gens de Fès couvrirent le sultan de malédictions, dont il leur tient toujours rigueur encore aujourd'hui, leur impose un lourd impôt et chaque année les punit de leur crime…"
Cette aversion pour les Fassis élitistes et frondeurs, la méfiance envers les débordements de force des Marrakchis jamais réellement soumis, les tendances séparatistes de certaines tribus berbères du sud, devaient l'amener à décider de s'en éloigner et à transférer la capitale dans une ville toute à sa dévotion qu'il pourrait façonner à son image.
Par sa situation géographique stratégique, la richesse de sa région agricole, l'abondance et la qualité de ses sources d'eau réputées les plus pures du pays, une population fruste à fond berbère sans prétention élitiste, Meknès dont il avait été le gouverneur, se prêtait parfaitement à un tel dessein. Il commença par élargir le périmètre de la ville, renforça les remparts du côté ouest et à cet effet fit abattre des maisons pour dégager une grande esplanade qui porte jusqu'à ce jour le souvenir de cette destruction : Place El hdim (les ruines). Les gigantesques travaux de construction – palais, mosquées, écuries, jardins; plans d'eau, souks, logements; camps militaires, remparts – durèrent des années sous la direction personnelle du souverain qui fut son propre architecte et s'y adonna avec passion, faisant la prospérité de ses habitants et enrichissant sa population juive.
הרמב״ם מבחין בין שתן המלך לשתן פרה-בעברית, ערבית-יהודית מצרית והערות על הסיפור
- 8. הרמב״ם מבחין בין שתן המלך לשתן פרה

נתפרסם הדבר בקרב הרופאים, וקינאו ברב משה יותר ויותר. התאספו הרופאים, יצאו אל המלך והודיעו לו, שיהודי אחד שאינו מבין דבר ברפואה פתח מרפאה במצרים. רצה המלך לראות בעצמו מיהו הרופא הפיקח הזה. המלך הודיע בעצמו שהוא חולה ואסף את כל הרופאים, וביניהם הרב משה. הביא להם המלך צנצנת מלאה שתן של פרה והורה לרופאים שכל אחד יסתכל על השתן, ירשום את מחלת המלך וירשום את התרופה שתועיל לו. ראו את השתן, וכל אחד רשם את מחלת המלך ורשם את התרופה שתועיל לו. ביניהם רשם הרב משה בר מימון: לבעל השתן הזה נחוץ לאכול… פולים, ואחרי זה אבקש מן המלך שלא ימנע ממני מלאכול את בשר בעל השתן הזה. מיד ירד המלך ואמר להם: איש מכם לא ידע שזהו שתן של פרה ! נתן את הפרה לרב משה, ומינהו להיות רופא המלך. והיה הרב משה רופא המלך.
סיפור מספר 8 בערבית
פי בלג׳ אלכבר לל חוכמה פי ג׳ארו מן אלרב משה זייאדה ואנגמ(ע)ו אלחוכמה וטלעו לילמלך אכברוה אן ואחד יאודי פתח דוכאן חכים פי מצר ולא יפהם שי פל חכמיה. פי אראד אלמלך ישוף מן הווא חכים שאטר. פי נפסו אלמלך אכד ביאן מתשוויש וגמע גמיע אלחוכמיה ומן גמלתהום אלרב משה. ונזל להום כופא מלייאנה שוכאך מן שוכאך אלבקרא וארסל אלמלך יקול לל חוכמה אן כל ואחד ישוף אלשוכאך ויכתב תשוויש אלמלך ויכתב איש ינפעו מן אלדווה. פי שאפו אלשוכאך וכל ואחד כתב תשוויש אלמלך וכתב אלדווה אלדי ינפעו. מן אלגומליה כתב אלרב משה בר מימון אן צאחב האדא אלשוכאך יריד להו יאכול … פול ומן בעדו נתמנא עלא אלמלך לם יחרמני מן אכל לחם צאחב האדא אלשוכאך. פי אלחין נזל אלמלך וקאל להום לם אחד מנכום חזר האדא שוכאך בקרא ואעטא אלבקרא ללרב משה ולבסו יכון טביב אלצולטאן וצאר אלרב משה חכים אלמלך.
הערות על הסיפור
- הרמב״ם מבחין בין שתן המלך לשתן פרה
לסיפור זה לא מצאתי מקבילות מדויקות. בסיפורים אחדים מסופר על המלך שביקש לבדוק את השתן שלו כדי שידעו מהי מחלתו, אך סיפור מקביל ממש לסיפורנו לא איתרתי. סיפור קרוב לסיפורנו הוא הסיפור במחזור הסיפורים מקרב יהודי עיראק (ראה להלן סיפור 22). המשותף לשני הסיפורים הוא, שהרמב״ם בודק את השתן של המלך כדי לאתר את מחלתו, והוא מגלה שהשתן הוא של בהמה (בסיפורנו השתן הוא של פרה ובסיפור היהודי־ העיראקי — של סוסה). אולם לפי סיפורנו התחכם המלך ורצה לבדוק את חכמת רופאיו, וביניהם הרמב״ם, ואילו לפי הסיפור היהודי־העיראקי הרופאים בחצר המלך, מתנגדי הרמב״ם ובנו, החליפו את שתן המלך החולה בשתן סוסה כדי להפיל בפח את ר׳ אברהם ואת אביו הרמב״ם. ועוד הבדל: הסיפור העיראקי הוא אפיזודה הקשורה בסיפור אחר, ואילו הסיפור המצרי הוא סיפור עצמאי.
סיפור אחר שיש בו ניסיון להכשיל את הרמב״ם בבדיקת שתן הוא הסיפור שמוצאו מתורכיה, ״בשתן חמור – חמור חמורתיים״. בסיפור זה מסופר על יהודי שפקפק ביכולתו של הרמב״ם לקבוע את המחלה על ידי השתן, ורצה להכשילו: התחפש לחולה והביא בקבוק של שתן חמור, ואמר שזה שלו. הרמב״ם זיהה את השתן, והורה לחולה לאכול שלוש פעמים ביום שעורה בלבד ([לוינסקי] 1954, עמי 202 ב). הסיפור תורגם לספרדית (ראה אלכסנדר-רומירו
Langue et folklore des Juifs marocains – Pinhas Cohen
Expressions idiomatiques
Entendues dans la bouche des Marocains, Juifs et Musulmans confondus, certaines expressions propres au parler des juifs marocains et à l'arabe dialectal en général, traduites littéralement dans une autre langue et en l'occurrence en français, aboutissent à des formulations pour le moins cocasses et beaucoup s'en amusent. Il faut les intérpréter pour en dégager le sens. Nous en avons relevé un certain nombre à titre d'exemples.
Cet exercice qui présente un aspect essentiellement linguistique n'en a pas pour autant un caractère ludique. C'était aussi notre intention.
לפנינו אמרות שאנו משתמשים בהן ביום-יום מבלי אולי לשים לב לדו המשמעות שלהן..לדוגמא מכּתובי, יכול להתפרש כמו –כיסי—וגם גורלי…כפי שהמחבר מציין, אלה אמרות ייחודיות, ניביות בעלות סגנון אופייניות לשפה היהודית מוגרבית(א.פ)
tleq rasek
Lâche ta tête=dépêche-toi
nemsi ' lik ana
Je partirai sur toi=puissé-je mourir pour toi
b-tay-tay o-z-zit-l-khdar
Avec tay-tay ( ?) et l'huile verte !=au vu et au su de tous
ma ka-nqolha-s hna
Je ne le dis pas ici=qu'à Dieu ne plaise !
ka nqolha l-khla
Je le dis au désert= (précaution de langage, pour éloigner le mauvais œil)
hna ndeqq el -kemmon
Ici, je pilerai le cumin !=je ne bougerai pas d'ici !
t-t-beb 'tani zoz d-el qresat
le médecin m'a donné deux petits aplatis=il m'a donné deux
comprimés
l-qre' ai -s- sghar b-el-lhem d-elghelmi
Des petites bouteilles avec de la viande de mouton (=petites courgettes( cuisinées )avec de la viande de mouton)
bezzaf- d- shab f-es-sma
Beaucoup de camarades dans le ciel=beaucoup de nuages dans le ciel
zozfrank u s-sqaf 'la berra
Deux francs en dehors du plafond=deux francs sans la consigne
(des bouteilles)
l'instituteur demande à un élève : que fait ton père ? Réponse :
kayekhdem f-el-fras=il travaille dans le lit ( Il fabrique des lits )
khanfosa b-es- saya
Un cafard avec une jupe=allusion à une femme disgracieuse et mal
fagotée
skon 'bbaha feh ?
Qui l'a prise dans lui?=qui lui a prêté attention ?
dkhel f-soq rasek
Entre dans le marché de ta tête=mêle-toi de tes affaires
זוהאר תא טאח מן פמהא-פיה מפיק מרגליות-יעל לזמי
- "אבּי'אצ' די חצ'אר – ונדאם
או אבּיאצ די מא חצ'ר
תרגום – אשרי [האדם] שנוכח [השתתף] – ושרד ואשרי מי שלא שרד.
הסבר – בביאת המשיח האדם שנשאר חי וראה את הקורה בעולם ושרד לביאת המשיח, ומאידך, אשרי מי שלא שרד לראות. האמונה אומרת כי בימי ביאת המשיח העולם יתהפך וההפכים יהפכו לנורמה. הדעת לא תבין את העולם ההפוך שנוצר. כמו ריבוי גניבת הדעת, רצח ללא סיבה. האדם יראה ולא יאמין למראה עיניו.
מי שנוכח וראה כל זה שרד, יש לו מזל. מי שלא נוכח לראות נחסך ממנו סבל.
הפועל حاضر חאצ'ר, משמעותו גם מוכן…כאשר רוצים לרצות דובר שפה ערבית,מחזירים לו ב"חאצ'ר יא סידי" מוכן אני אדוני….
- ״אבי׳אצ' לי ענדו בוהּ –יתקקי"
תרגום – אשרי [האיש] שיש לו אב להישען [היכול להישען על אביו].
יתקקי נאמר גם באדם שהלך קצת לנמנם…
כאליה יתקקי סווייס—הנח לו לנום קמעא
Joseph Toledano-Epreuves et liberation-Les juifs du maroc pendant la seconde guerre mondiale
Les incidents de Meknès
Des centaines de Musulmans envahirent le mellah, se livrant à des violences contre les femmes et les enfants. L'émeute se prolongea plus de quatre heures avant que la police n'intervienne, ne rétablisse l'ordre et ne positionne des gardiens à la porte du mellah.
Pour le Président du Comité de la Communauté de Meknès qui exprimait la position de tous ses collègues notables, la leçon à tirer de ces incidents restait toujours le repli sur soi. Il s'agissait d'éviter comme le feu toute activité et même pensée politique. Il en faisait ainsi la recommandation dans un tract diffusé au mellah et lu dans les synagogues : Celui qui garde sa bouche et sa langue, garde son âme de la détresse. (Les Proverbes) "
« Or ce n'est pas sans une légitime émotion que nous apprenons par la voie des autorités que certains de nos coreligionnaires commentent des sujets d'ordre politique. Nous n'avons guère besoin de faire ressortir le préjudice considérable qui pourrait résulter pour les auteurs des cas en question, attendu que pour nous, Israélites marocains, le devoir et l'obligation les plus stricts commandent d'observer un respect absolu des autorités de la nation protectrice, et nous devons nous écarter nettement de tout ce qui a trait, soit à la politique, soit aux affaires publiques. Chacun sait malheureusement la situation de nos coreligionnaires d'Europe et, par contre, combien nous-mêmes sommes heureux de proclamer hautement que les Israélites placés sous la protection de la France sont des êtres heureux, libres et indépendants. C'est imprégnés de ces idées que nous nous adressons à vous, en vous conjurant d'éloigner de votre esprit, de votre milieu, de votre foyer, tout rapport, toute idée, toute conversation, tout sujet d'ordre politique, de n'entretenir aucune relation équivoque, et de demeurer toujours dans la voie de la droiture qui est celle d'observer rigoureusement les prescriptions de nos protecteurs. Notre population rendra avec nous un respectueux hommage aux autorités qui, par marque de bienveillance, ont bien voulu attirer notre attention sur ces faits, prévenant ainsi toute sanction. »
Ainsi, l'incident de Meknès demeura heureusement local et sans suites dans le reste du pays. A peine la communauté juive allait-elle commencer à goûter à cette tranquillité générale dont parle André Julien, en cette seconde moitié de 1939, que les rumeurs venues d'Europe sur l'approche d'un nouveau conflit alourdissaient à nouveau l'atmosphère. Les Juifs du Maroc ne craignaient pas tant que les hostilités ne les atteignent directement. A vrai dire, ils se sentaient totalement en sécurité, à l'abri, protégés par la puissance réputée invincible de la France émancipatrice mais ils s'inquiétaient davantage pour leurs frères d'Europe. Pourtant, restés encore largement isolés du reste du monde juif, repliés sur eux- mêmes, les Juifs du Maroc pouvaient difficilement saisir la portée de la montée des périls.
C'est ainsi que passa totalement inaperçue, en dehors des cercles évolués de Mogador, la publication en septembre 1939, par un intellectuel de la ville, d'un petit opuscule prémonitoire, oeuvre d'un poète-pamphlétaire. Isaac David Knafo, descendant d'une des illustres familles des martyrs d'Oufrane, avait lors de son séjour en Europe, pris la mesure de toute l'horreur du nazisme et du terrible danger qu'il représentait pour l'ensemble du peuple juif. Dans son pamphlet publié à compte d'auteur, à 2500 exemplaires : Les Hitlériques, il dénonçait l'indifférence de ses compatriotes et pour les sensibiliser, il criait son indignation et son angoisse :
Au lecteur
J'ai vu fleurir la haine au pays des nazis
Et toute une nation subir la virulence
De l'acide rongeur qu'en ses discours lui lance
Un bouffon démentiel en guise de lazzi
Ce pitre malfaisant, par la fureur saisi,
Prêchant la délation, le meurtre et la violence
J'ai senti que mon front, malgré sa nonchalance
De honte et de dégoût, devenait cramoisi
Le fouet satirique, entre mes mains débiles
A fustiger Hitler se montre malhabile,
Du moins exprime-t-il mon aversion.
Et c'est pourquoi lecteur, dussé-je te déplaire
Et pour exhaler ma peine et ma colère
Je t'offre cet écrit rempli d'indignation…
Tout là-bas, dans la triste Allemagne,
L'Enfer est dénommé Camp de Concentration.
Pour les seuls innocents, ce lieu de détention
Est, ainsi qu'il se doit, plus cruel que le bagne…
N'étant jamais repus de suprêmes délices
Que procure à leurs sens la souffrance d'autrui
Ils savent rappeler au moderne Aujourd'hui
Ce que l'Age barbare inventa de supplices.
Un jour leur cruauté deviendra sans objet.
Travaillant pour la mort au visage livide,
Chaque jour, un peu plus, le vaste camp se vide
Perdant par extinction ses malheureux sujets.
Contre toute attente, les Juifs du Maroc n'allaient pas tarder à être rattrapés par les événements tragiques de l'Europe auxquels ils n'étaient nullement préparés par leur histoire.
Fin du chapitre 1- la montee des perils
Nessim Sibony Extrait de journal de famille-Brit no 35
Nessim Sibony
Extrait de journal de famille
Cette présentation au public n 'est qu 'un extrait de notre journal de famille, une aide pour cette famille qui peut y retrouver ses parents, voire ses aïeux.
A la mémoire de Reine Sibony Zaoui, 1900-1983
Cet arbre généalogique n'aurait jamais vu le jour, sans la contribution majeure de ma tante, Reine Zaoui qui avait connu mon ancêtre le plus éloigné mentionné dans l'arbre généalogique : David Sibony, père de Moshé Sibony qui fut veuf en première noce et épousa ensuite une femme dont il eut 3 enfants. On découvre ainsi que les mariages entre cousines et cousins ou petits cousins étaient une tradition qui se perpétuait de génération en génération. Ma famille n'y a pas échappé. Les Sibony de Safi tenaient jalousement à conserver leur rang et avaient même leur carré réservé au cimetière juif de cette ville et il en est de même pour le reste de la famille, installée entre Marrakech et Casablanca. Il faudra attendre les grands mouvements migratoires de la fin du XXe siècle pour voir les Sibony se mêler aux ressortissants des communautés juives du Maroc et d'ailleurs.
Mon père avait attendu ma Bar-Mitzva pour me raconter succinctement l'origine de notre famille. «Notre nom, à l'origine était "Les Sibעony" et nous ajoutons "Hanisrafïm", les martyres, brûlés vifs, en souvenir de nos ancêtres qui avaient préféré le bûcher à la conversion. » Il poursuivit : « Quand nos ancêtres vinrent au Maroc, ils vécurent près d'une tribu musulmane qui exigea que toute la communauté juive se convertisse à l'Islam. Les notables de cette communauté avaient réclamé du temps pour préparer leurs enfants à une telle conversion et ils avaient profité de la période de "préparation" pour faire évacuer très discrètement de nuit vers le Nord tous les jeunes et toutes les femmes. Quand le chef de la tribu et ses soldats s'en revinrent visiter les tentes juives, ils n'y trouvèrent que des vieux qui s'étaient préparés à leur supplice. Ils préférèrent être brûlés vifs plutôt que de se convertir ». J'étais jeune et ce récit resta lettre morte, au point que je n'ai jamais posé de question concernant la date ou le lieu exact de cet événement.
C'est bien plus tard, quand mon intérêt pour l'histoire de notre famille s'éveilla, que j'ai voulu en savoir davantage, notamment à la suite de la lecture de l'ouvrage de Pierre Flamand sur les communautés juives du Sud du Maroc. Pour ce chercheur qui s'était inspiré des récits du Colonel Justinard parus en 1930, cet événement se serait déroulé à Eufrane, palmeraie autrefois célèbre sur l'une des routes qui menaient de l'Afrique du Nord vers le Soudan. C'est un chef de tribu parti à la conquête du Sud marocain qui aurait réalisé ce massacre vers 1765. (Aucune preuve historique n'existe sur l'événement.) Le même événement est relaté dans "Ner Maarav" (La lumière de l'Occident), rédigé par Moshé Tolédano de Tibéria et publié à Jérusalem en 1910. C'est en guise d'introduction à l'histoire des Juifs du Maroc que l'auteur a essayé de rapprocher l'histoire des Juifs de "Borion" ( ?) décrite par l'historien Procop dans De Adificius VI, 2 de l'histoire des Juifs d'Eufrane. Il situe l'événement de ces martyres et la fuite du reste de la communauté juive, non plus à "Borion" investie par Justinien, mais à Eufrane au Maroc en 535. Une synagogue devenue église ? Cela reste difficile à concevoir pour qui connaît ce village de pisé.
Dans son introduction, l'auteur cite le cimetière d'Eufrane (même un cimetière à ciel ouvert est appelé caverne par les Juifs du Maroc) et mentionne les martyres d'Eufrane en se référant à un document rédigé selon la tradition locale : il rapporte la liste des stèles du cimetière d'Eufrane avec dates et noms présumés.
Cette liste, antérieure à 1910 mentionne les tombes de quatre Sibony dans le cimetière d'Eufrane : Shoshan Ben Amghar Sibony, avec ses deux enfants et Waich Ben Ihya Sibony, appelé aussi Rabbi Waich Ben Abbou. Le nom Sibony reporté sur ce livre s'écrit avec samekh
ainע et ס
סיבעוני -oniעSib
ד"ר דן אלבו "תפיסת הצדיק בארבע זְכִירוֹת לרבנו עד"ן". מתוך: "ברית – כתב העת הדו-לשוני של יהודי מרוקו" בעריכת אשר כנפו-
ד"ר דן אלבו
"תפיסת הצדיק בארבע זְכִירוֹת לרבנו עד"ן".

המלוב"ן בנסים רבי עמרם בן דיוואן
מתוך: "ברית – כתב העת הדו-לשוני של יהודי מרוקו" בעריכת אשר כנפו
למעט פירורי המידע שניתן ללמוד מהטקסטים של הקסידות, אין בידינו נתונים ביוגרפיים נוספים על המחברים. שלושה ממחברי הקסידות מקורם מדרום מרוקו, אין בנמצא מאספים של קסידות או לקסיקונים של מחברי קסידות עממיות. היצירה העממית של יהדות מרוקו לעת עתה, טרם נחקרה באופן נרחב ומקיף, וטרם כונסה ואין יוזמה מוסדית באקדמיה בכיוון זה. נראה שרק יוזמות פרטיות מצומצמות, כמו זו שלנו, בהצטרפותן יוכלו אולי להציל מעט מזעיר מהיצירה בסוגה זו.
אברהם בן עלון, מחברו של "פיוט לכבוד רבי עמרם דיואן זיע"א" מעיד על עצמו שחלה במחלת עיניים שטיבה לא ברור ובזכות ההשתטחות על קבר רבי חיים בן דיוואן בנו של רבי עמרם נרפאו עיניו. מהכתוב בבית כ״ו אנו למדים שמקורו מאזור אנראז, אזור שהיהודים שגרו בו נהגו לעלות לרגל לקבר של רבי חיים דיוואן. יש להניח שהקסידה חוברה בשליש הראשון של המאה ה-20 ושבעת ביקורו בוואזן בציון של אביו ר' עמרם בן דיוואן, היה אדם בוגר.
עיוש מויאל, מחברה של "לקצידא די סידי עמרם" מוסר את מועד חיבור היצירה בבית השלישי, "מאה ששים ותשע שנים מאז בוא החכם למערב" אם כך, הקסידה נכתבה חודשים מספר או שבועות ספורים לפני ההילולה של שנת 1932 [1763+169], לפני 24 במאי 1932 מועד קיום ההילולה בל״ג בעומר בוואזן. משום שהקסידה הנה מודפסת, יש להניח שהכתיבה וההדפסה בוצעו לפי חג הפסח אותה שנה. פרט ביוגרפי נוסף שעולה מהכתוב בבית 31 בקסידה הוא שם המחבר, "שמי [הפרטי] גלוי הו אנשים עיוס (עיוש- חיים) ושם משפחתי מויאל" מבית 32 אנו למדים על מקורו ״ ממוגדור מקור אבותיי, ישמור את ילדכם ואת יְלָדַי". כמו כן, מהכתוב ניתן ללמוד שבעת חיבור היצירה המחבר היה נשוי ואב לילדים. אברהם ח' הלוי מחברה של הקצידא ,פיוט די רבי עמרם בן דיוואן זצוק״ל." כבר בכותרת מוסר לנו שני פרטים ביוגראפיים, האחד שהיה מחבר בלאדות בעיסוקו, ומקום מגוריו הוא במוגדור. ולפיכך הוא קורא לעצמו צוירי אלקצאיידי, בתרגום חופשי הבלדיסט מאצויירא – ממוגדור.
המרחק ממוגדור לוואזן בקו אווירי הוא 600 ק"מ. בתנאים שלפני סלילת רשת הכבישים המודרנית על ידי הממשל הצרפתי, בשליש הראשון של המאה ה-20, הנסיעה על בהמות ארכה עד שבועים, כולל עצירות להצטיידות,תזונה, מנוחה ולינה. וגם לאחר סלילת מערכת הכבישים המודרנית, לארכה ולרחבה של מרוקו בשנות העשרים והשלושים, הפעלתה של חברת אוטובוסים לאומית כלל ארצית של מרוקו C.T.M בנוסה "אגד", יש לשער שעולי הרגל עצרו למספר חניות ביניים בדרכם, באגדיר, סאפי ובקזה-ובלנקה, והמשיכו למחרת לוואזן. הגעתם של עולי רגל מיישובים מרוחקים, מלמדה על המוניטין של הצדיק רבי עמרם בן דיוואן, שהגיעו מאלג,יריה, גיברלטר פורטוגל, ספרד, האיים האזוריים ולארצות דרום אמריקה, קהילות שנוסדו על ידי יהודי המגרב או שבהן היו יהודים ממוצא מוגרבי. בזכות היותו יליד ארץ ישראל, חכם ארץ ישראלי, בוגר ישיבת הברון. ביקוריו וישיבתו בחיק כלל הקהילות היהודיות במערב הפנימי, במסגרת מסעות ההתרמה שלו, כשד"ר של קהילת חברון, עם היוודע דבר מותו, רבי עמרם בן דיוואן הפך במהרה לצדיק נערץ בהיקף כלל ארצי. ההערצה כלפיו חצתה דימויים הדדיים בין יהודי הצפון והדרום, בין ספרדים-מגורשים וילידים, בין עירונים וכפריים, שוכני חוף ושוכני פנים, עשירים ועניים ושאר שסעים בתוך הקהילה היהודית המוגרבית. בזכות נסיו או לחילופין בזכות הניסים שיוחסו לו ומוצאו הארץ ישראלי שמו יצא למרחקים.
מבית יא האחרון, עולה שהמחבר אכן היה כותב קסידות בעיסוקו. בית יא הנו עדות נדירה מבעל הדבר עצמו, למנהג שרווח במחצית הראשונה של המאה ה-20, לאחר ייסודם של בתי דפוס עבריים בעריה הגדולות של מרוקו, לסחור בקסידות, סחר שהתנהל בהילולות השונות, שהתקיימו ברחבי מרוקו. כותבי קסידות נהגו להדפיס את הקסידה שכתבו על דף- עלה (Leaf) בבית דפוס, כמו פלייר פרסומי בימינו, ומכרו את הקסידות לעולי הרגל בסכומים פעוטים. בזכות מכירת אלה, יכלו להרוויח את לחמם. יש להניח שהקסידה הודפסה באלפי עותקים ובהילולה הגדולה של רבי עמרם בן דיוואן, אולי גם בעשרות אלפים, וגם אם נמכרה במחיר פעוט [שווה ערך לחמישה – עשרה שקלים בימינו] המחבר יכול היה לחזור לעירו עם רווח שיצדיק את המיזם ואת הנסיעה ארוכה. המניע – של עולי הרגל, נשים וגברים, עשירים ועניים כאחד – לרכוש פיוט או קסידה בצורת עלה, נעוץ בעובדה שהקסידה שימשה תזכורת ומזכרת לחוויית העלייה לרגל לציון הצדיק. הקסידה המודפסת תפקדה כמזכרת, כפי שתיירים קונים דגמים ממוזערים של מגדל אייפל בפריז מפליז או נחושת לדוגמה. הקסידה המוגרבית, נכתבת בהשראת דמות מקראית או צדיק או כתיעוד לחוויית עליה לרגל לקברו של צדיק. בעיקרה זו שירת שבח עממית שמחה, הסובבת סביב תיאורי נסים ונפלאות ודברי שבח לגדולת הצדיק (התנא או האמורא) מושא הקסידה. כמו הבלדה הקסידה היא שיר סיפורי בו קיימת עלילה אך גם מקצב, שורות קצרות, בתים וחריזה. בלדה מהווה מסורת בעל-פה, שעוברת מפה לאוזן בין הדורות והקהילות. הקסידה הושרה על ציונו של הצדיק בלחן עממי מוכר. העלה אפשר לכל הנוכחים השתתפות בשירה בציבור, ותפוצה קלה ונרחבת, לכלל שדרות העם, ללא הבדל מעמד, גיל או מגדר, של תכניה, בזכות לשונה היהודית מוגרבית, המובנת לכל.
הספרייה הפרטית של אלי פילו – חוברת ברית מספר 35 בעריכת אשר כנפו
ברית מספר 35
כתב העת הדו לשוני של יהודי מרוקו
עורך: אשר כנפו
כתובת: קרן היסוד 11/49
אשדוד
077-7854456 – 054-7339293
תוכן
מך המערכת 3
האיש שאול בך שמחוך ז״ל רפאל בן שושן 4
בכו לאבלים ולא לאבדה רפאל בך שושן 8
שימור הזיכרון של יהודי במרוקו
קברי רבי יוסף כנאפו ובנו רבי דוד
וחנוכת בית כנסת סלאת לקהל לאחר ששופץ אשר כנפו 10
מוזיאון הזיכרון של יהודי מוגדור סידניי קורקוס 29
כל דָּוִד והפתק הסמוי שלו פרופ' אריאל כנפו 38
עיון
תפיסת הצדיק בארבע קסידות במוגרבית ד"ר דן אלבו 43
'חותם מלכותי' לבית דוד באיגרת שליחותו של יהודה מזרחי צורף
הרב דוד אסודרי מטבריה למרוקו צמרת-רבקה אביבי 62
חגים ומועדים בפתגמים מרוקאים עם רכיב עברי ד"ר יעל לזמי 69
ברכת בונה ירושלים בברכת המזוך יובל אביבי 74
צורה צבע וצליל – שיטה ללימוד הקריאה יצחק תורג'מן 80
מקורו של העם היהודי הלא תנ״כי טרז זריהך-דביר 86
עבירות שבין אדם לחברו רוני ארז 96
קורות משפחת קדוש דוד קדוש ז״ל 100
כסא אליהו (פרק מספר) דייר דן מנור 105
צריבה כפולה בחותם ההורים הרצל ובלפור חקק 118
האיש שכרת ברית עם השטן בצלאל דהן 132
היין הסמוק ד"ר משה כהן 135
שירים ופיוטים מאת ר' רפאל אהרך מונסנגו ד"ר מאיר נזרי 141
על אשר כנפו
147 עם קבלת פרס גאון – נאום תשובה אשר כנפו
"עברו עליי עשרה חודשים נהדרים" דוד גדג' 152
על ה״כינור ואני" לאשר כנפו ד"ר דן אלבו 157
על ספרו של אשר כנפו "הכינור ואני" דוד גדג' 160
מהך אותך מלים … שירים וחרוזים לאשר כנפו אמנון אלקבץ 163
שירה
167 הרהורים על השירה חווה צוטרין נתך
שירים חדשים מתוך "מעגל המתופפות" ציפי שחרור 171
זמך אחר שושנה קרבסי 172
שירי שורשים דורית שירה-ג'אן 178
מראקש שלי סלומון לסרי 181
קדושי אופראן ד״ר דורית סראפיאן 184
קוראים יקרים
הנה שוב מונח לפניכם גיליון נוסף של 'בריתי. בפתה הגיליון אנו נפרדים מאחד האישים הגדולים של יהדות מרוקו בארץ ישראל, הכוונה לשאול בן שמחון המייסד של 'ברית יוצאי מרוקו' ומי שהיה יושב ראש ארגוני יהדות מרוקו. שאול ז״ל ניהל מאבקים רבים למען יהדות מרוקו והטביע את חותמו בכל הנעשה בארצנו. שבועות ספורים לפני מותו זכיתי להשתתף בישיבה האחרונה שניהל בביתו שבאשדוד. במהלך כל הישיבה, הוא היה הדובר הבלעדי כמעט והיה נראה כאילו הוא מכתיב את רצונותיו האחרונים. למרות מחלתו וחולשתו דיבורו היה בהיר וחד. אחד הנושאים שהועלו בישיבה היה ייסוד פרס על שמו בשיתוף אוניברסיטת בן גוריון. כאשר זרק אהד הנוכחים: "הפרס יינתן לאחד מבני יוצאי מרוקו" הזדעק וענה: "לא, זה יהיה פרם אוניברסאלי והטובים ביותר יזכו בו!" ואכן, כמה ימים אחרי כן התקיים באוניברסיטת בן גוריון טקס חלוקת הפרס בפעם הראשונה והוא ניתן לפרופ' בום, חוקר יהדות מרוקו ממוצא אמאזיגי החי בארה״ב.
מקום ניכר בחוברת הוקדש להתחדשות בתי הכנסת באצווירא מוגדור: סלאת לקהל-רבי יוסף כנאפו מחד, וסלאת עטייה בתוך בניין בית הדין הרבני לשעבר מצד שני. שיקומו של סלאת לקהל כבר הושלם ואילו סלאת עטייה אמור להיות מוכן בסביבות חודש דצמבר או ינואר. אם נוסיף לשניים אלה את סלאת רבי חיים פינטו שלא נסגר מעולם יהיו בעיר זו שלושה בתי כנסת. היות וישנו רק יהודי אחד בעיר, יש להניח ששני בתי הכנסת החדשים-ישנים ישמשו כמוזיאונים של מה שהייתה בעבר יהדות מוגדור.
בהמשך תוכלו למצוא מאמרים מחכימים של משתתפים חדשים ביברית": האמן יצחק תורג'מן המציג שיטה מקורית להוראת הקריאה, ד"ר משה כהן המטעים אותנו מיין סמוק, הסופרת טרז זריהן- דביר המחברת ספרים בשלוש שפות ומציגה לנו כאן תזה על מקורו של העם היהודי 'הלא תנכ״י' ועוד רבים שבעזרת השם יסבו לכם הנאה רבה. ויסלחו לי הקוראים אם עבדכם הנאמן אשר זכה השנה בפרס חשוב על שם רנה ונסים גאון ז״ל ואשר זכה להוציא לאור, השנה, שני ספרים חדשים: "הכינור ואני – וריאציות לכינור ולביוגרפיה" ו״מהן אותן מלים… ״ יוזכר כמה פעמים בגיליון באמצעות נאום התשובה שלו בקבלת הפרס ורצנזיות שנכתבו על ספריו על ידי ד"ר דן אלבו ודוד גדג' (על הספר "הכינור ואני") ואמנון אלקבץ על הספר "מהן אותן מלים… ״
אשר כנפו
העורך
Table
Aux lecteurs 3
Extrait de journal de famille Nessim Sibony 4
Ma scolarité à l'Ecole Yéchoua Corcos Joseph Dadia 19
A la recherche de la Ménora du Temple de
Jérusalem Prof David Bensoussan 35
La beauté des femmes juives Joseph Dadia 40
L'origine des Juifs du Maroc Jacques Hadida 54
La cuisine électorale Pol-Serge Kakon 57
Premiers juifs de la Nouvelle-France Prof David Bensoussan 59
Une rue paisible en 2012 Pol-Serge Kakon 64
Othello Régine Knafo 64
Combien de Kadish ? David Bensoussan 68
Le bleu du firmament Joseph Dadia 72
Une page d'histoire Asher Knafo 73
Notre périple à Mogador pour la restauration des tombes
de nos aïeux… Edna Handali 75
Chers lecteurs
Voici un nouveau numéro de Brit. Pour vous ! Le numéro 35.
Cette fois nous avons le plaisir d'accueillir Nessim Sibony de Los Angeles. Il est né à Marrakech et a écrit plusieurs livres, surtout sur l'enfance au Maroc. Dernièrement il a édité un magnifique "Messages dans les tapis et autres contes de mon enfance".
Notre ami Joseph Dadia nous propose un article sur sa scolarité à Marrakech, article qui éveillera certainement chez nombre d'entre nous beaucoup de souvenirs, mais ce n'est pas tout ! Nous pourrons jouir aussi de son article intéressant sur la beauté des femmes juives et, pour la première fois, d'une poésie de son crû. David Bensoussan aussi participe dans ce numéro avec trois articles : tout bon Juif se demande souvent où est passée la Ménora en or qui illuminait le Temple de Salomon à Jérusalem, Bensoussan nous donne peut-être une réponse à cette énigme, il nous parle également de l'histoire des premiers Juifs au Canada et nous amuse avec une histoire drôle qui lui a été inspirée pendant son dernier vol vers Israël. Pol- Serge Kakon, mon cher ami d'enfance, nous enchante avec un nouveau conte et nous dévoile les dessous des élections en France, Jacques Hadida de son lointain San Diego nous a envoyé un article sur l'origine des juifs du Maroc et Edna Handali nous fait participer à ses sensations lors de son périple à Mogador pendant le périple de la famille Knafo à Mogador pour y visiter les tombes rénovées des Rabbins Knafo et l'inauguration de Slat el Kahal – Rabbi Yossef Knafo.
Claire Castagnou Myara – Grande dame au grand cœur nous a quittés. Elle nous manquera beaucoup. Que Dieu ait son âme. (Voir page 53) Asher Knafo